‹ Leçons de logique [microforme] (volume 2)Chapitre 29 sur 51 · L'interrogation captieuse. — L'interrogation · texte numérisé non relu

L'interrogation captieuse. — L'interrogation

captieuse consiste à poser à quelqu'un une ou plusieurs questions, de sorte que sa réponse, ou affirmative, ou négative, est toujou’s prise en un sens défavorable. Ex. : Vous avez ce que vous n'avez pas perdu ? Si vous répondez oui — l'interlocuteur reprend : Vous n'avez pas perdu mille piastres, Donc vous les avez. — Si vous répondez, non : Vous n'avez pas perdu les veux, ct cependant vous les avez. — Cette autre question. La vertu et le vice sont-ils bons ou mauvais ? — Si vous répondez : ils sont bons, alors il faudra dire que la paresse, l’orgueil sont bons. Si vous répondez : ils sont mauvais — alors il faudra admettre que la douceur et la charité sont mauvaises. L'interrogation captieuse est surtout employée par les avocats en cours de justice. Ainsi on demande à un accusé : pourquoi avez-vous volé? Cette question captieuse suppose au préalable que ie prévenu a volé. 4

238. Les préjuges. — Au nombre des sophismes — avec raison -— on met les préjugés. Ce sont des marimes, des opinions courantes, adoptées sans examen, et Pour ce motif, accueillies sans défiance, mais qui n'en sont pas moins erronées ou équivoques. Ex. : Le grec et le latin ne servent à rien. Il faut être de son temps. Tous les hommes sont égaux, etc., etc. Les préjugés se rencontrent partout. La vie individuelle, familiale et sociale en est saturée, (

239. Le paradoxe. — Sans être absolument un sophisme, le paradoxe, cause de multiples erreurs, trouve ici tout naturellement sa place. C'est « un jugement qui contredit une opinion cor-mune ». Cette opinion contredite peut être v ‘aie vu fausse. Pour être véritablement paradoxe, le jugement énoncé doit contredire une opinion vraie. ‘Ainsi il est vrai de dire que nous sommes essentiellement supérieurs aux animaux brutes,

c'est la vérité commune, c’est l'opinion courante. Et lorsque Montaigne prétend le contraire, il commet un paradoxe, ou mieux, une erreur.

Les grandes vérités de la religion contredisent des opinions dominant en certains milieux. De prime abord, elles semblent être paradoxales, mais elles ne le sont pas. (:)

® Cfr. Mercier ouv. cit, p. 246. ® Mercier, ibid. p. 268.

G Mercier, ibid. p. 270.

FIN DE LA DiALEcrIQUE

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