Définition de la philosophie La philosophie
est la science rationnelle de l'ensemite des cho
“ par
leurs causes ullimes.
La philosophie est une science. Le propre de la science est chercher les causes des choses, d'en étudier les principes intrinsèques et d'en découvrir les fins. La simple connaissance 1 contraire, est superficielle, elle ne s'arrête qu'à la constatations faits sans en dire le pourquoi. Aussi bien est-elle le partage de fout le monde, tandis que la science est le privilège du petit aombre, À
e de soleil, mais peu en ont rablement ces conditions
tous il est possible d'obserrer une éclif la science, La philosophie réalise ad
Les vérités qu'elle enseigne, elle ne se contente pas seulement de
à les énoncer, mais elle les démontre, elle en donne le pourquoi, les * causes.
: Science acquise par les seules lumières de La raison, Wa philosophie
est pour cela appelée science rationnelle. Ainsi elle se distingue de la théologie qui a pour fondement les vérités de la foi.
La philosophie — contrairement aux autres sciences — ne s'ouccupe pas seulement d'une classe d'êtres en particulier où d'une seule chose : elle embrasse l'universalité des ‘rex, Vense mbie des choses pour en trouver les causes.
Et ces causes qu'elle cherch Les autres scienc la philosophie
» sont les causes ultimes et dernières.
s'arrêtent aux raisons prochaines et immédiates,
monte aux premiers principes, aux raisons les plus simples et les plus générales.
sida:
2. Objet de la philosophie. — L'objet d’une science est matériel et formel. Comme son nom l'indique, l’objet matériel est ce qui fait la matière des recherches d’une science. Ainsi l’ensemble des choses constitue l’objet matériel de la philosophie. Mais le philosophe étudie l’universalité des êtres, l’ensemble des choses, à ce point de vue spécial, qu’ilen veut connaître les causes ultimes et dernières. Ce point de vue spécial s’appelle objet formel. Et donc les causes ultimes et dernières sont l’objet formel de la philosophie.
Ce qui spécifie une science, ce qui lui donne son caractère distinctif, ce n’est pas son objet matériel mais bien son objet formel. Au reste, l’objet matériel est souvent le même pour différentes sciences. Les corps sont la matière de la physique et de la chimie : celle-ci étudie leur composition intrinsèque, celle-là considère leur mouvement. C’est donc le point de vue spécial (objet formel) de leurs recherches qui distingue ces deux sciences.
3. Utilité de la philosophie. — La sanurarme INFLUENCE que la philosophie exerce et sur les individus et sur la société, les PRÉCIEUX AVANTAGES qu’elle Procure et aux sciences et à la religion chrétienne, prouvent sa grande utilité. É
À. INFLUENCE DE LA PHILOSOPHIE. — ! Sur les individus. Les deux plus nobles facultés de l’homme, ce sont l'intelligence et la volonté : celle-ci tend vers le bien, celle-là vers le vrai. Et tout ce qui permet à ces deux facultés d’arriver plus facilement et plus sûrement à l’objet de leurs tendances, cela leur est profitable. Or tel est le rôle de la philosophie. En donnant à l'esprit humain les règles pour bien juger et bien raisonner, non seulement elle lui montre le chemin qui conduit à la vérité, mais, de plus, elle le
science
ndique, ! met en possession de moyens capables de lui faire herches À surmonter les obstacles qu’il rencontrera sur la route. nstitue Faut-il ajouter que, grâce à la philosophie, l’intellilosophe 1 gence acquiert beaucoup de connaissances. N'est-ce 1oses, à À Pas là un grand avantage? Aussi bien la recherche causes À des causes premières est encore pour elle une excellente appelle gymnastique qui lui fait contracter peu à peu l’habi-
tude de la réflexion. Quant à la volonté, elle subit la direction de l'intelligence. Nous voulons bien ou mal suivant que nos idées sont bonnes ou mauvaises. C’est la
es sont
gr dis- 4 philosophie qui fournit à l'intelligence les saines notions
ie que l’homme fait passer dans ses actes. — ? Sur la société. ences. . . . te
celle-ci En exerçant sa salutaire influence sur les individus, la
mouve- © philosophie, nécessairement, ne peut manquer d’atle leurs À teindre la société, parce que celle-ci est un tout dont les individus sont les parties. — Au surplus, telle vie telles mœurs. Cet adage est encore plus vrai pour la
TAIRE a - Er £
de société que pour les individus. Certes, en elles-mêmes,
qu’elle dans leur forme abstraite, les idées ne sont guère contagieuses, mais elles se concrétisent dans le journal,
prou- É RSR É î dans le livre, et ainsi pénètrent dans les foules qui —
l'expérience le prouve — vont toujours au bout de leurs principes. Comme l'écrit Lamennais dans son Essai sur l'indifférence, { tout sort des doctrines : les mœurs, la littérature, les constitutions, les lois, la félicité des États et leurs désastres, la civilisation, la barbarie et ces crises effrayantes qui empertent les peuples ou les renouvellent.» C'est pourquoi, si l’on
indine, ce ers le met à
plus Ir est
: En veut comprendre l’histoire d’un peuple, que l’on exa- Juger mine bien sa philosophie.
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lle le B. AVANTAGES DE LA PHILOSOPHIE. — 1 Pour les
sciences. Ces avantages sont généraux et spéciaux selon qu'ils sont propres à toutes les sciences ou à chacune
d'elles. x) Avantages généraux. Les sciences supposent certains principes premiers, certaines notions fondamentales qui sont comme leurs bases. Ces principes, ces notions, c'est la philosophie qui les fournit. Tels sont les principes d'identité : ce qui est, est ; le principe de contradiction : une chose ne peut pas être et n'être pas en même temps ; le principe de causalité : fout effet a une cause. y) Avantages spéciaux. Les sciences mathématiques, les sciences physiques, les sciences naturelles, les sciences morales et sociales sont aussi tributaires de la philosophie. Celle-ci en effet dit au mathématicien ce qu'est l’étendue, le nombre, la quantité; elle enseigne au physicien les notions de substance, de cause et de loi ; au géologue et au zoologiste elle donne la définition de la vie, du genre et de l'espèce ; enfin, elle initie le moraliste et le sociologue aux idées de bien, de devoir, de liberté et d'autorité.
Qui contestera les services précieux que la philosophie rend au médecin, à l’orateur, à l’écrivain-et à l'homme d'état? À cause de l'union intime qui existe entre le corps et l'âme, la psychologie vient au secours de la science médicale. Et le médecin, pour réussir dans ses traitements, devra être au courant de l'influence du moral sur le physique et réciproquement ; par exemple, il devra connaître le rôle de l'imagination et des passions auprès du système nerveux et du cerveau. C’est pourquoi Bacon avait coutume dé dire que «la médecine non basée sur la philosophie est une bien petite chose » ; et Leibniz formait des vœux pour que «les médecins philosophassent ou que les philosophes médicinassent.»
Pour convaincre, plaire et persuader, l’orateur doit connaître les lois du raisonnement (logique) et le
mécanisme des passions (psychologie). Quant à l’écrivain, avant que d'écrire, il doit apprendre à penser. Or l’art de penser, c’est la logique qui l'enseigne. Et la morale montrera à l’homme d'état, au politique, la science si difficile du gouvernement. — ? Pour la religion chrétienne. La philosophie démontre les vérités qui sont les préambules de la foi, telles sont l'existence de Dieu, l’immortalité de l’âme. Ces vérités, solidement prouvées, acheminent l'esprit vers la croyance aux dogmes de foi. — Elle fait voir aussi tout le bienfondé de nos mystères en expliquant qu'ils sont non contraires mais au-dessus de l’humaine raison.— Comme la plupart des objections contre le christianisme viennent des sophismes courants, lesquels, ni plus ni moins, ne sont que de fausses définitions, la philosophie rend encore un signalé service à la religion en restituant aux vérités leur saine et juste notion.
4, Division de la philosophie. — La philosophie comprend trois parties qui sont la logique, la métaphysique et la morale
L'ensemble des êtres, l’universalité des choses, objet matériel de la philosophie (2), peut se diviser en trois classes. Il y a d'abord les êtres de la nature qui existent indépendamment de nous. Ces êtres nous les étudions, nous ne les créons pas. La recherche du dernier pourquoi de cette réalité dont nous ne sommes pas les auteurs, s'appelle philosophie spéculative, réelle. Viennent ensuite les êtres qui dépendent de nous, que nous produisons, que nous pratiquons. L'étude approfondie de ces êtres se nomme philosophie pratique.
La philosophie comprend donc deux parties : la philosophie spéculative et la philosophie pratique. Chez les anciens, la philosophie spéculative se divisait en trois classes distinctes : Physique, Mathématiques et Métaphysique. Mais aujourd'hui, à cause de la spécialisation des sciences, on a fait de la physique (étude du mouvement)
@) Cfr. Lahr — Philosophie, T. I, pp. 8, 9, 10.
et des mathématiques (étude de la quantité) des sciences à part ; de sorte que la philosophie réelle ou spéculative n’est plus que la métaphysique (étude de la substance). La philosophie pratique se partage en deux groupes appelés : Logique et Morale. Ces êtres, en effet, que nous causons, sont des actes de l'intelligence (Logique) et de la volonté (Morale).
L'ensemble des êtres, l’universalité des choses se divise en trois classes : êtres réels ou métaphysiques, êtres logiques et êtres moraux, d'où les trois grandes divisions de la philosophie : Métaphysique, Logique et Morale.
Ces trois parties se subdivisent à leur tour. La Métaphysique est ou générale ou spéciale. Dans le premier cas, elle se nomme Ontologie, dans le second cas, on l'appelle Métaphysique spéciale. De leur côté la Lonique et la M orale se divisent, chacune, en deux parties qui sont, pour la Logique : la Dialectique et la Critique ; pour la Morale : la Morale générale et la Morale spéciale. La métaphysique spéciale comprend trois parties : la Cosmologie, la Psychologie et la Théologie naturelle.
Comme la Logique est une science dont dépendent toutes les autres, c'est par elle que doit commencer tout traité de philosophie. N'est-elle pas un «instrument de savoir »? Or l'instrument préexiste à l’acte de celui qui s’en sert. Si la Logique est le commencement de toute étude philosophique, la Morale en est la fin puisqu’elle nous enseigne les moyens d'arriver à Dieu, terme ultime, but dernier de toutes choses. Et, tout naturellement, la Métaphysique se trouve entre les deux.
Le tableau suivant contient toute la matière de ce numéro d’une façon plus brève et plus simple.
Physique
Spéculative Mathématiques Générale ou Ontologie Métaphysique Cosmologie Psychologie Théologie naturelle.
Philosophie Snéciale
Logique | Dialectique Pratique Critique Morale Générale Spéciale
INTRODU CTIGN 7
Il est à remarquer que la division moderne de”la”philosophie, due à Wolff, philosophe allemand (1679-1755), eut pour résultat une séparation regrettable entre les sciences et la philosophie. C'est depuis ce temps que la philosophie pure, aux yeux des prétendus savants, passe pour une simple divagation de l'esprit, une connaissance dont l’objet est le vague et le conjectural. Hâtonsnous de dire que cette séparation, jugée opportune, n’est pas un divorce complet. Aussi bien, la spéculation philosophique, pour ne chercher, dans la réalité sensible, que l’immuable, l’absoiu, n ’enŸa pas moins des attaches nécessaires avec cette même réalité*qu’elle suppose et sans laquelle elle ne peut exister. (1
(1) Cfr. Mercier — Logique, pp. 27-28.