L'autorité divine produit la certitude
Pour qu’un témoin détermine un assentiment ferme à ce qu’il dit ou écrit, il doit avoir la science et la véracité.
Ici le témoin, c'est Dieu. Qui pourrait contester sa science et sa véracité? Bien plus, Dieu est la science et la véracité mêmes. Il possède donc à un parfait degré les conditions nécessaires pour produire la certitude.
254. La certitude divine est une certitude métaphysique. — Lorsque nous croyons aux vérités que Dieu nous a révélées, c’est Parce que nous savons qu’il connaît toutes choses et qu'il ne peut nous tromper. La science et la véracité de Dieu sont bieu les causes de cette adhésion ferme que l’on appelle certitude. Mais la science et la véracité divines sont l'essence même de Dieu. Notre assentiment est donc appuyé sur l'essence de Dieu, et pour ce motif, il est une certitude métaphysique.
255. Le rationalisme. — Sont rationalistes ceux qui, exagérant les droits de la raison humaine, proclament qu'elle peut tout comprendre, et partant, qu'il n'y a pas de mystères. Les prétentions du rationalisme se réfutent en démontrant que, dans l'essence divine, en Dieu, il y a des vérités connues de lui seul et dépassant toute intelligence créée, soit humaine, soit angélique. En ce monde, il y a certaines intelligences supérieures, d’autres moyennes, et beaucoup de médiocres. C’est un fait indéniable. Les intelligences supérieures comprennent certaines choses qui échappent aux intelligences moyennes et médiocres. Tous l’admettent. S'il y a des différences si grandes entre les intelligences humaines, de même nature, après tout, il doit en exister aussi de plus grandes encore, entre des intelligences qui n’ont pas la même nature, ou spécifiquement distinctes. Or l'intelligence angélique diffère spécifiquement de l'intelligence humaine : les anges ont donc des connaiss ces que ne possèdent pas les hommes.
Et l'intelligence divine est infiniment au-dessus de l'intelligence angélique, elle est d’une nature tout à fait différente. A fortiori, l'intelligence divine est de beaucoup supérieure à l'intelligence de l’homme et doit contenir en elle-même des vérités que les humains ne peuvent pas comprendre. Ces vérités, ce sont les mystères.
256. La science et la foi. — Toutes deux venant de Dieu, la science et la foi ne sauraient se contredire. La science a pour objet ies vérités démontrées, évidentes d’une évidence intrinsèque. La foi porte sur les vérités non démontrées, admises sur le témoignage divin, évidentes d’une évidence extrinsèque ou de crédibilité. Dans la science, l'intelligence donne nécessairement son adhésion : elle ne peut résister à l'évidence intrinsèque. Dans la foi, l'intelligence peut résister, parce que la vérité de foi n’est que cr. x “ble, ou évidente d’une évidence extrinsèque, et seule l’évidence intrinsèque est capable d'entraîner, d’une façon irrésistible, l’assentiment de l'intelligence. La science est un acte de l'intelligence seule ; ia foi est un acte émis par l'intelligence obéissant au commandement de la volonté. Étant deux actes absolument distincts, la science et la foi, ne peuvent donc pas exister simultanément, dans une même intelligence, par rapport au même objet, mais successivement. — Pour être distinctes, la science et la foi ne s’excluent pas. La foi n’est pas contraire à la science, et partant, à la raison, mais elle est au-dessus. La foi rend un double service à la raison : elle élargit le champ de ses connaissances et elle lui est un puissant appui. Sans la foi, en effet, jamais ia raison ne pourrait atteindre les vérités surnaturelles. Quant aux vérités naturelles, démontrées
par la raison, la foi les corrobore, les confirme, puisque plusieurs d’entre elles, comme l’immortalité de l'âme, l'existence de Dieu, sont aussi révélées.