CHAPITRE XVI
Lés méthodes particulières
278. Définition de la méthode particulière.—La méthode particulière est la marche que doit suivre l’esprit humain pour arriver à la possession de telle ou telle vérité. La méthode particulière conduit non à la certitude en général, mais à une certitude spéciale, soit métaphysique, soit physique, soit morale.
279. Les différentes méthodes particulières. —Il y a autant de méthodes spéciales qu’il y a différentes espèces de vérités à conquérir. Or les vérités peuvent se diviser en deux groupes : les vérités d’ordre abstrait et les vérités d'ordre concret. A ces deux groupes de vérités correspondent deux méthodes distinctes: au premier, la méthode déductive, au deuxième, la méthode inductive. (Celle-ci en effet part du particulier, du concret, celle-là part de l’universel, de l’abstrait, pour arriver, toutes deux, à des conclusions quantitativement différentes.
280. Emploi des méthodes déductive et inductive. — Dans les sciences abstraites comme les mathématiques, on fait usage de la méthode déductive. On part d’un principe, d’une définition, d’un axiome (l’universel) pour résoudre tel problème (particulier). Dans les sciences concrètes, comme les sciences plysiques, naturelles, c’est la méthode inductive qui est en honneur. Ces sciences sont basées sur l’observation des cas particuliers, et de ces cas rigoureusement expérimentés, on infère une loi générale qui peut s’rppliquer à tous les phénomènes non encore constatés. Quant aux sciences morales. soit sociologiques (science de la
société humaine, de sa constitution, de ses lois), soit historiques, elles font usage et de l'induction et de la déduction. En résumé nous pouvons dire que les sciences métaphysiques sont déductives, les sciences physiques inductives, et les sciences morales inducodéductives.
281. La meilleure méthode. — Quelle est la meilleure méthode? Les uns voient dans l'induction, la seule, la vraie méthode. En général, c’est ce que croient les physiciens, les naturalistes, et tous ceux qui ont voué un culte aux sciences expérimentales. D’autres donnent leurs préférences à la déduction. Ce sont les mathématic':ns, et, eni générai, ceux qui ne voient dans la seule et »ure raison que l’unique moyen d’arriver au vrai. Ces deux opinions extrêmes ne sont pas l'expression exacte de la vérité. Celle-ci réside dans un juste milieu. Aussi, bien que l'induction convienne à certaines sciences, et la déduction à d’autres, cependant la meilleure méthode est celle qui est à la fois inductive et déductive. En effet, la méthode inducodéductive répond le mieux à la nature humaine. Composés de corps et d’âme, nous percevons par nos sens d’abord et par notre intelligence ensuite. Les sens connaissent Le sensible, le concret et l'intelligence perçoit l’abstrait, universel. A la connaissance sensible correspond l'induction, à la connaissance intellectuelle, la déduction (.
La méthode induco-déductive est employée dans la première et la plus utile des sciences, la philosophie.
282. La méthode scolastique. — La méthode scolastique — méthode de l’école — est celle qu'ont
(1) Cfr. Farges et Barbedette, ouv. « " pp. 236-237.
employée les grands docteurs du moyen âge dans l'exposition et la défense de la vérité. Elle consiste à faire usage tour à tour et de l'induction et de la déduction. Elle est basée sur ce principe : La connaissance intellectuelle suppose toujours la connaissance sensible. Son procédé est généralement le syllogisme qui, sagement employé, rend de précieux services. Il ne faut pas confondre la méthode scolastique avec la philosophie scolastique. On peut faire de la philosophie scolastique sans se servir de la méthode scolastique, et réciproquement. La philosophie scolastique se caractérise par les solutions données aux différents problèmes qui intéressent Dieu, le monde et l’âme humaine (». La méthode scolastique est la manière d'exposer ces solutions Cette manière est ordinairement le syllogisme. Parce que inductive et déductive, la méthode scolastique est donc la meilleure méthode.
‘** Cfr. A. Robert, Histoire de la philosophie, pp. 131-137.
TABLE DES MATIÈRES
Avant-Propos INTRODUCTION
Définition de la philosophie Objet de la philosophie Utilité de la philosophie. .
Division de la philosophie
Définition de la Logique
La logique : science et art A La logique est une science pratique. .........,......... Objet de la logique
Uülité de la logique
Division de la logique