‹ Leçons de mécanique animaleChapitre 11 sur 23 · s/C- \ri · texte numérisé non relu

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anormale, à mesure que l’on remplit le seau, c’est-à-dire à mesure que la masse pesante s’accroît (Pig. 55), encore, dans cet exemple, 1 ’ at t i tude vi c i eus e e s t elle diminuée par l’écart du bras opposé.

!•’ action de la masse pesante sera, toutes choses égales d’ ailleurs , d3 autant

plus grande, que sa distance à la ligne de gravité sera elle-même

plus grande. Ainsi, l’homme portant des altères, les bras tombant verticalement le long du corps, a une attitude presque normale, sinon tout à fait normale. Au contraire, (Pig. 56), s’il les élève et

s’il tient les bras horizontalement , son attitude devient très-anormale. L? attitude de la femme qui porte une crache sur la tête est à peu près normale; au contraire , si la meme cruche est portée sur la hanche, l’attitude est anormale. C’est pour cette raison que les

Fig o 56 o -

lourds fardeaux sont portos instinctivement dans des points aussi rapprochés que possible de la ii g ne de g ravi t é , Ai nsi les porte-pièces dans les chantiers de construction, portent les lourdes pierres sur la nuque; le sac du soldat devant effectuer une longue marche, doit être aussi plat que possible et contenir les objets pesants sur la paroi du sac accolée à l’épaule. On pourrait citer d’autres exemples où Inobservation de ce principe est tout . , . , ,

a aussi évidente.

Deux masses égales symétriques ne déforment que trèspeu l’attitude, car on peut les remplacer par une résultante passant par la ligne de gravite; il eij. est de même d’un certain nombre de masses disposées de telle façon qu’elles puissent être remplacées aussi par une résultante sembl-able .

9i la massa ajoutée au corps est une masse organique, pathologique ou physiologique, les mêmes lois s’appliquent de la même faÇon0 Ainsi, la déviation produite est nulle ou à peu près, pour un anévrisme même volumineux, de la crosse de l’aorte; eL le est peu considérable pour un épanchement pleurétique, tandis que au contraire, elle peut être très-grande, pour un lipome volumineux des fesses, un fibrome, ou dans la grossesse avancée.

l^a&dütion d’une masse organique peut modifier* l 'attitude, mais encore la soustr&ction d’une semblable masse; ainsi par exemple, les amputés d’un bras ont une attitude di-syraétrique; la lordose de la femme enceinte cesse apres l’accouchement» La distribution anormale des parties pesantes autour de la ligne de gravité cause des attitudes anormales beaucoup plus fréquentes, et surtout d’une durée plus longuë, puisque souvent la modification du squelette est définitive, ainsi que l’attitude vicieuse. Presque toutes les mas-ses pesantes sont comme appendues à la co lonne vertébrale qui en est le soutien; si le soutien est déformé, les parties pesantes seront distribuées d’une façon anormale et l’at titude deviendra vicieuse, l’équilibre pourra même, dans certains cas extrêmes, être définitivement rompu a Donc, la plupart des attitudes anormales de cette seconde catégorie sont causées par une déformation de la colonne vertébrale.

Mais, toutes ne pourront être rapportées à cette déformation primitive du rachis; il en est d’autres dans lesquelles la déformation de la colonne-soutien n’intervient que secondairement.

La cause première est le déplacement des organes, le relâchement de leur moyen de contention ou de suspension au rachis 0 Ainsi s par

sidérer ici la cause de ces déviations, elles peuvent être congénitales* acquises ou pathologiques, peu nous importe, au point de vue mécanique, les résultats sont toujours les memes; nous considérerons seulement les modifications dans l’attitude normale de l’homme, qui en sont la conséquence »•

exemple, dans la lordose consécutive à la paralysie des muscles de 1.’ abdomen, de lîuchenne (Pig ^ 57 ),

ü?ig<> 57,-

hous avons vu plus haut

quelles sont les courbures norma-

les de la colonne de soutien; les

courbures anormales ont reçu des

noms en pathologie, qui sont les suivants: On appelle cyphose, les

déviations antéro-postérieures du

rachis, dans lesquelles la courbure a 02L convexité tournée en. ar-

rière; on appelle lordose, les d évi at i ons ant é r o -p o st é r i eure s dans lesquelles la convexité est tournée en avant 0 jfênfin le terme

de scoliose sert à désigner la clé

D.’une manière générale, que la distribution anormale des parties pesantes soit causée par une déviation' primitive du rachis ou que toute autre cause active interveinne, les mases pesantes organiques, muscles, viscères etc, ont été déplacées; l’équilibre du corps est compromis et ne pourrait être maintenu dans quelques cas, que par des efforts musculaires contraires au principe d’économie organique. Aussi, pour rétablir cet équilibre compromis, il se fait un déplacement en sens inverse, d’autres organes, d’autres parties du corps, c’est ce que l’on peut appeler le déplacement #0. compen* Ration.

Ce déplacement peut porter suivant les cas, sur la colonne vertébrale, et alors il se produit une courbure de compensation au niveau des parties de cette colonne restées normales* Ainsi par exemple, d'après Kirmisson, dans la 'cyphose de l’adolescence, on observe une voussure exagérée de la région dorsale (Fig. 58), les épaules font en arrière une saillie anormale, la tête et le cou sont projetés à l’avant. Tantôt la colonne cervicale est directement portée en avant, tantôt elle se recourbe en formant une courbure .à

concavité postérieure, lordose de compensation; souvent, il s’ajoute

à cette déformation une saillie anormale du ventre en avant, tenant à une courbure de compensation de la région lombaire en sens inverse de la courbure dorsale.

Mais, lorsque la cyphose est généralisée, c’est-à-dire lorsque la colonne vertébrale a été déformée de façon à piro jeter en avant tous les organes du thorax et de l’abdomen, aucune courbure

de compensation du rachis ne peut intervenir pour rétablir l'équilibre? alors le déplacement de compensation s’effectue sur les membres inférieurs, dans ce cas, les malades fléchissent les cuisses

Fig „ 58*-

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et les genoux avant de repohter le bassin en arrière et de rétablir l’équilibre, mais ce déplacement de compensation peut ne pas suxfire

et 1 5 équilibre ne peut plus être rétabli, alors le malade ne peut plus se tenir debout qu’à l’aide de bâtons (Fig. 59),

Ce déplacement de compensation pourrait aussi bien etre démontré dans les cas de scoliose, c’est toujours le meme mécanisme qui intervient.

Fig « 59.-

Les déformations du thorax et du bassin, concomitantes des déformations du rachis, peuvent également être expliquées par la né-

nécessité â ’ une modification compensatrice et la tendance à la conservation de l’équilibre sans effort musculaire =,

Mais, ce n’est pas seulement dans l’étiologie des déformations qui causent les attitudes anormales du corps de l’homme que les considérations mécaniques peuvent être utiles* elles le sont encore' peut-être davantage, dans la recherche des moyens orthopédieques de prévention ou de guérison; il faut combattre par des moyens mécaniques la production des attitudes vicieuses chez les enfants, on y arrive en étudiant convenablement la hauteur du siège de l’éco« lier, l’inclinaison de son pupitre, la méthode de son écriture, etc, Quant aux moyens curatifs, ils sont à peur près tous mécaniques; tantôt ils utilisent l’action de la pesanteur pour redresser la colonne vertébrale et la faire se rapprocher autant que possible de la ligne de gravité, tantôt ils substituent à l’action de la pesanteur des forces extérieures permettant d’arriver au même résultat, tels que: extension continue, lits et corsets orthopédiques, immobilisation dans appareils plâtrés etc.*

lûe Leçon

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