‹ Leçons de mécanique animaleChapitre 3 sur 23 · autre par leur rayon de courbure · texte numérisé non relu

autre par leur rayon de courbure

Fig. 14

( Itce ep\jL^

cc^drujw,

f &|2jïû ceix-Ue/

Soient M et W (fig. 14) ces deux fibrilles. D.? après ce qui a été exposé plus haut (fig. Il) les deux forces composantes F et F’ vont avoir pour résultante la force R déterminée en grandeur et en direction par la construction du parallélogramme des forces.

Faisons la même construction pour M* ;nous aurons également une résultante r , mais dont la grandeur, c’est à dire l’intensité.

b-aiv sera beaucoup moindre. L’efficaci

té du raccourcissement de la fibre sera donc très-différente dans les deux cas; l’on peut dire que cette 2FFICACIT2 sera d’autant plus grande que le RAYON de courbure sera plus PrETIT.

Oes considérations permettent de donner une raison mécanique à certains phénomènes pathologiques atteignant les muscles creux. Si pour une raison quelconque le coeur, par exemple, se laisse distendre, 3’ efficacité du raccourcissement de ses fibres ou de sa contraction tendra à diminuer à mesure que la dilatation augmentera.

Donc à toutes les autres causes, presque toutes mécaniques, de la dilatation excentrique du coeur s’ajoutera celle-ci, diminution de l’efficacité de la contraction par le fait même de la distension p ro dui t e .

II en est de même dans la distension de l’utérus au moment de l’accouchement, soit par un excès de liquide amniotique, soit par le fait de grossesse gémellaire. Les accoucheurs constatent dans ces cas une inefficacité de contractions utérines, inefficacité qui doit être attribuée en partie à la raison mécanique exposée plus haut.

Il en est encore de meme certainement dans la dilatation de l’estomac qui ne va pas sans une diminution quelquefois considérable de sa motricité. En plus de toutes les autres causes de cette diminution d’énergie motrice, la même cause mécanique intervient.

Enfin dans la rétention d’urine par la distension vésicale, la même cause doit être mise en ligne de compte.

3me Leçon

machine- a iotale

nécessite d’un caracniîrss' dxltoïctips de la

MACHINS ANIMAL S - SLO DS DSS PIECES DS LA MACHINS. - STRUCTURE MECANIQUE DSS OS.- AVANTAGES DSS CYLINDRES CREUX.- RESISTANCE DSS OS A LA COMPRESSION.- A LA FLEXION - A LA TORSION - ARCHITECTURE DSS SPIPHYSSS . -

NECESSITE D’UN SQUELETTE.- Après l’étude du moteur c’est-à-dire de l’organe, s^ule source de l’énergie mécanique chez l’animal, doit venir l’étude de la machine proprement dite qui sert à transmettre ou à utiliser cette énergie mécanique. Oe n’est que dans de rares circonstances que le travail du muscle est utilisé directement et sans transformation. C’est qu’en effet ce travail ne pourrait jamais être considérable, de plus pour produire de-s déplacements, même avec des muscles très- longs, ces déplacements seraient petits (l/5 de la longueur du muscle a.u maximum) et pour produire des effets notables de force, de pression, d’arrachement, il faudrait des muscles d’une très grande épaisseur. Aussi ne trouve-t-on l’utilisation directe du travail musculaire que chez les êtres inférieurs; chez ceux qui peu élel/és au point de vue de leur organisation morphologique, le sont tout aussi peu au point de vue biologique. Ces

etres sont de mandais producteurs de travail mécanique, comme ils sont d’ailleurs de mauvais producteurs de chaleur; leur puissance biologique est faible . Tels les- Vers, les ÜSoophytes, etc.

11 en est autrement chez les êtres qui possèdent en même • temps que des muscles, un appareil de transmission et d’utilisation du travail musculaire, c’est-à-dire un squelette, Que ce squelette soit osseux ou chitineux d’ailleurs, peu importe, et l’on pourrait, au point de vue mécanique, rapprocher les Insectes des Vertébrés, en faire une classe unique de bons producteurs de travail.

. Le squelette est donc nécessaire pour transmettre et utiliser le travail du muscle dans de bonnes conditions, pour obtenir des effets de mouvement de grande amplitude et des effets de force d’une grande intensité. S’il existe encore, chez les vertébrés supérieurs, des muscles n’ayant pas d’insertion osseuse, ces muscles ne sont qu’une exception; ils sont affectés à des actes tout à fait secondaires, et le travail mécanique qu’ils produisent e.st négligeable. Tels les peauciers.

Mais bien que le squelette serve surtout à la transmission et à l’utilisation du travail musculaire, on ne peut pourtant pas dire que le squelette entier niait que cette fonction. Parmi toutes les pièces du squelette il en est qui ne sont, à vrai dire, que des organes de machine, bielles, leviers etc. Mais d’autres, tout aussi résistantes ne servent que tout à fait secondairement de pièces mobiles, tels sont les os du crâne. Leur fonction est surtout de protéger les centres nerveux. Il y a donc un squelette de protection

et un squelette mécanique, le premier constitué par les os du crâne, le second par les os longs des membres, les ceintures scapulo-claviculaires et pelviennes et la colonne vertébrale qui les réunit.. La cage thoracique sert à la fois comme organe protecteur et organe mécanique, et par le fait de cette adaptation insuffisante, elle protège mal les organes qu’elle contient et n.’ est douée que de mouvements peu étendus et sans force.

CARACTERISTIQUE DE LÀ MACHINE ANIMALE.- Examinons donc le squelette mécanique de l’homme constitué, comme nous venons de le voir par les os des membres, les ceintures s capulo -claviculaires et pelviennes, et la colonne vertébrale. Ce qui frappe tout d’abord c’est que dans cet ensemble de pièces de transmission et d’uisilisation du travail mécanique,, on ne remarque aucune glissière, aucune came, aucune poulie fixe, aucun pas de vis étendu, tous organes mécaniques qui servent à guider, à limiter ou à reproduire toujours semblable à lui -même le mouvement des pièces mobiles dans les machines. Ici plus de trajectoire fixe qu’une bielle mobile soit nécessairement obligée de parcourir, plus de mouvement circulaire décrivant un cercle inévitablement parfait, plus de came taillée pour une oscillation plus ou moins complexe, mais invariable, partout au contraire des pièces ayant des points de butée très limités et des axes peu fixes. Oe qui fait précisément la caractéristique de la machine animale, c’est que les mouvements qu’elle est capable de produire sont très-étendus, très variés, presque tous différents. L’adaptation exacte de pièces mobiles à tel ou tel mouvement exclusif n’existe

ZI résulte de cette constatation qu’en meme temps qu’une

grande simplicité d’organes, nous trouverons dans la machine animale une grande complexité de mouvements. O5 est en effet ce qui rend la construction des automates si difficile et si merveilleuse à la fois; difficile, car les mouvements reproduits n’ont jamais la variété, le moelleux qu’ils ont chez le modèle; merveilleuse, parce que l’ingéniosité qu’il faut déployer dans leur construction mérite bien ce nom. Elle tend en effet à remplacer par un mécanisme complexe (rouages, cames, vis etc) mu par un moteur simple et souvent unique (ressort), une machine à moteur multiple et varié (muscles) et à mécanisme simple (os articulé)

ETUD& DSS PIECES DS LA MACHINE.- Malgré cette 'simplicité d’organes à peu près tous semblables entre eux, l’on peut cependant distinguer dans la machine animale les machines simples, composantes que l’on retrouve dans toute machine complexe; c’est à -dire des leviers, des poulies et des plans inclinés. Mais la machine simple de beaucoup la plus commune est le levier „ Or le levier est constitué matériellement par une barre rigide assujettie à tourner autour d’un point fixe; étudions donc ces barres rigides qui constituent les leviers de la machine animale.

Ce sont les os longs qui forment surtout ces barres rigides. Leur structure au point de vue anatomique est importante à connaître car nous verrons qu5à chaque détail de cette structure se rattache une adaptation mécanique correspondante. Rappelons qu’ils

présentent deux extrémités ou épiphyses et une partie moyenne appelée corps ou diaphyse. Oette diaphyse, dont nous nous occuperons

d’abord, a la forme d’un prisme irrégulier, triangulaire souvent, quelquefois sa forme est celle d’un demi -cylindre ou d’un cylindre

presque circulaire» la coupe transversale d’une diaphyse perpendiculaire à l’axe de l’o-s permet d’y distinguer (fig.15) trois Zones,

une de tissu compact, la seconde de tissu spongieux, la troisième

Fig, 15

de tissu réticulaire®, lu centre est un large espace, vide de tout

O'i/ù-'OlA- \ j. • i / . , /

V Ki\jLc\j\Xo^AA/ ayant une résistance rneca-

m nique, et appelé canal médullaire

WrSlF ~ “ -..aras»

gn résumé la diaphyse de l’os est s / a analogue à un cylindre creux, un

&s tube, dont l’épaisseur est quel»

a. quefois très-faible err proportion

cl/IjL- de son diamètre (os des oiseaux

A Jt grands voiliers, échassiers»]

l’épiphyse continue généralement la forme de l’o.s, mais elle est beaucoup plus volumineuse et de plus sa section révèle une structure différente. La diaphyse se renfle au point où elle rejoint l’épiphyse de manière que le passage de l’une à l’autre se fait d’une manière insensible»

PROPRIETES MECANIQUES B3S OS.- les os longs étant assimilables dans certaines limites à des cylindres creux, il suffira de

connaître les propriétés mécaniques des cylindres creux pour en déduire celles des os. Or les principaux efforts mécaniques auxquels les os puissent etre soumis sont: la compression, la flexion transversale, le cisaillement et la torsion* Quant à la traction, il est îxkus rare de voir un os. soumis à une traction dangereuse, car les articulations ont bien plus vite atteint la limite compatible avec leur intégrité que les os qu’elles servent à unir (Arrachement traumatique des membres.

RSSXSTAJTC 2 A LA C'OEfFRSffSX'ON . - Un solide prismatique comprimé résiste à la compression différemment suivant que toutes ses dimensions seront comparables entr’ elles ou que sa longueur sera Fig. 16 très-grande par rapport à ses

deux autres dimensions.

Oe dernier cas est le cas des os longs. Dans ce cas, lorsque les solides sont comprimés par des charges croissantes, ils résistent jusqu’à une charge li-

àjL '■'V' W

^(XaÜC^JL A-\aX^\aX (AaAJL/-

mite dite charge de rupture. Cette charge de rupture est proportionnelle au diamètre du

solide supposé cylindrique, et inversement proportionnelle au carre

de sa hauteur ou longueur.

Donc plus un os sera gros, toutes les autres circonstances, restant les mêmes, moins il risquera de se rompre sous des efforts de compression. C’est là un premier avantage de la structure tubulaire des os. Pour vous montrer la différence de diamètre, par conséquent la supériorité au point de vue mécanique d’un os de fctructure normale sur un autre os contenant le même poids de tissu osseux par unité de longueur, mais plein, nous avons dessiné ci-dessus (fig 16) les sections de ces deux os, trouvées par le calcul.

Lorsque la charge de rupture est dépassée, le solide soumis à la compress-ion peut se rompre en des points différents suivant

Fig. 17

la manière dont ses extrémités sont disposées-* La fig. 17 indique

les points où la rupture a lieu dans ces divers cas» Qn nomme ces points les sections dangereuses du solide comprimé.

On voit que ces sections dangereuses sont situées au milieu, au tiers ou aux deux tiers de la longueur du solide. Pour les

os, il en est certainement de meme chirurgiens au tiers supérieur, au Fig. 18

et les fractures dites par les tiers moyen ou au tiers inférieur, sont bien nommées lorsqu’elles sont produites par une compression B’ autre part les lois qui régissent la résistance des matériaux indiquent que dans le cas A ,1a charge de rupture est un quart de celle qui est nécessaire en B ,et celle-ci deux et quatre fois moindre que celles qui sont nécessaires en C et en B .

Ceci permet de se rendre compte des charges énormes que peuvent supporter les os lorsqu’on empeche leur extrémité libre d’osciller comme en A ,sous la charge.

I*’ exemple d‘une acrobate que vous avez pu voir (Miss Athleta) , était

démonstratif à ce point de vue. Elle pouvait porter deux chevaux

sur ses tibias et ses os de 1 ’ avant bras formant les quatre piliers d’une plateforme . Les efforts musculaires ne servaient qu’à maintenir la verticalité des os et à les fixer, c’est-à-dire à augmenter le plus possible leur résistance.

La forme des os longs est encore au point de vus mécanique à considérer. Il n’y a pour s’en rendre compte qu'à comparer l’un de ces os avec la forme du solide ci-rjoint, la meilleure pour résister à une charge placée à sa partie supérieure (Fig 18).

RESISTANCE A AA. FMŒF.l v:PANSVj!iRSALS . - On démontre en mécanique que la charge P, (Fig li>) qui produit une certaine flèche de Fig 1% flexion f, sur une barre cylindrique de longueur

L et de rayon r est proportionnelle à la quatrième puissance du rayon (r4) et inversement proportionnelle au cube de la longueur (L3):

L’on voit par cette formule, quelle est 1’ impor-r tance de l’augmentation du diamètre des solides soumis à la flexionaussi l’emploi des tubes de grand diamètre et quelquefois de très petite épaisseur est-il aujourd'hui courant dans l’industrie lorsqu’il s’agit, sous un faible poids, de fabriquer des tiges fléchissant très peu sous de grandes charges. (Ponts tubulaires, cadres de bicyclettes, châssis de voitures5) Or les os longs sont précisément constitues d’après ce principe, quelques-uns me me, tels que ceux des oiseaux grands voiliers qui doivent résistée a des efforts de flexion

sont quelquefois des tubes fort minces et fort légers. Chez l’homme cette adaptation quoique beaucoup moins marquée , permet cependant aux os de résister à des flexions transversales considérables .

Fig™ 20 Voici un péroné qui est i }os du

squelette le plus long pour un diamètre très petit. Il est soumis à un effort de flexion considérable et vous pouvez voir par l’ombre de l’expérience portée sur l’écran, la hauteur de la flèche de flexion produite.

Quelquefois les efforts de flexion peuvent être produits sur les os par les muscles euxmêmes auxquels ils servent de

points d’insertion. Il se produit alors des déformations passagères des os qui sont fléchis alternativement en sens inverse , par exemple dans certains mouvements d’extension et de flexion. Mais

quelquefois ce mouvement alternatif peut ne plus exister par le fait de la paralysie de tout un groupe, celui des extenseurs par exemple* Alors des flexions répétées se produisent toujours

dans le meme sens et l’os peut en conserver une déformation permanente. (Fig. 21) Tel est le cas dans la tumeur dorsale du poignet (Grubler) chez les saturnins ayant depuis quelques temps déjà de la pralysie des extenseurs. Cette turnetir me parait devoir être attribuée

à une déformation mécanique des os du métacarpe, par les flexions

Fig. 21» répétées auxquelles ils sont sou-

mis par le fait de la contraction des fléchisseurs dont les antagonistes n’ont plus aucune action» Ce qui vient à l’appui de cette opinion, c’est que:

I/IA > . n » , ‘ 10 Quelle que soit la

llUco* de

\ p l i o « , t, cause de la paralysie des exten-

&A- Zc~ j’àC'ic^YttV

t seurs, meme en dehors du satur-

i , CM- XAsÇjC C <> »V O Lê ''V0U

j& „ . . . « x, p nisme, on peut retrouver la dé-

“rO T-C-C jwo

pA . formation en question; 2° cette

‘ déformation disparaît quelque

temps après la disparition de la paralysie des extenseurs.

RESISTANCE DSS OS Aü CISAILLEMENT ST A LA TORSIOîT.- La ré-

sistance des os au cisaillement et à la torsion est bien moins importent© à considérer bien que la forme de certaines fractures indique qu’il y a eu des efforts de torsion produits en meme temps que d’autres. Qu’il nous suffise d’indiquer que là encore la résistance à la torsion est proportionnelle au diamètre de l’os»

ARCHITECTURE DES' KPTPHYSES . - Nous avons vu que les épiphyses des os par l’augmentation progressive de leur diamètre leur donnent la forme optima pour résister à une compression dans le sens de leur axe (Fig. 18). Mais là ne se borne pas leur rôle et les dispositions anatomiques qr’ elles présentent sont err rapport avec les

efftxrtré mécaniques quelles ont à supporter.

Tout d’abord l’étendue des surfaces articulaires est toujours considérable dans un plan perpendiculaire à la direction des pressions'. Il en résulte une diminution d’autant plus grande de la pression par unité de surface au niveau de l’articulation et par conséquent des conditions de moindre fatigue et de meilleure nutrition. De plus cette pression relativement faible par unité de surface, empêche la synovie d’être chassée d’entre les cartilages articulaires dont elle favorise le glissement. On peut donc conclure que la cause de la si grande étendue relative des surfaces articulaires a pour cause le rôtie mécanique de ces surfaces.

De plus, si l’on fait une coupe suivant l’axe de l’os, on trouve dans les dispositions des travées osseuses une adaptation encore plus marquée du rôle mécanique des opiphyses. Ordinai rement en effet > (Fig; 22) on cons tate que ces travées affectent deux dispositions principales.

Un premier système de travées suivant A B ,est parallèle à la surface articulaire et chacune des

tracées a la- forme drune voûte plus ou moins surbaissée. Le deuxiè*< me système, forme comme le^ uiliers de ces -nombreuses voûtes, Ils vont s’appuyer soit sur le tissu compact de la diaphyse, C D ,soit sur une travée en voûte plus épaisse que les autres HP. Ce sont là d’excellentes dispositions mécaniques pour résister aux efforts de compression appliquée sur la te te articulaire.

4me Leçon

mécanique les arpïotla^xons.

Articulations mobiles et immobiles.- Amplitude du mouvement. Sa variation avec la grandeur des surfaces en contact.- Olassi fication géométrique des surfaces articulaires.- Articulations en sphère.- Rôle de la pression atmosphérique.- Articulations dérivées du cylindre. -

Après l’étude des os, tiges rigides constituant les leviers de l’organisme, nous devons étudier les points d’appui ou centres de rotation de ces leviers, c’est-à-dire les articulations.

Au point de vue mécanique on peut donc définir les articulations les centres de rotation des leviers formés par les os.

Dans cette étude des articulations, il convient tout d’abord de faire une distinction et de laisser de côté les articulations qui ne permettent aucun mouvement ( synarthroses ) , ou qui ne permettent que des mouvements fort limités ( amp hi arthroses ) , aux os qu’elles unissent. Ces articulations, dites Immobiles par. les anatomistes, sont constituées par des surfaces articulaires réunies entr’ elles . par du tissu cartilagineux ou fibreux qui s’opposent à leur libre mouvement. Nous ne nous occuperons donc ici que des articulations constituées par des os n’ayant entr’ eux que des rapports

de contiguïté ou de contact, et libres de toute union cartilagineuse ou conjonctive 9 Ce sont là les s-eule-s vraies art iculat ions , les articulations mobiles; elles ont reçu le nom de diarthroses.

Cherchons dans la description anatomique de ces diartrhoses, les renseignements que nous pouvons utiliser au point de*vue de leur étude mécanique» Une diarthrose est une articulation dans laquelle les surfaces épiphysaires encroûtées d’un cartilage dit cartilage articulai re, sont parfaitement polies et s’épousent exactement. Le frottement de ces surfaces articulaires est considérable ment diminué par l’état lisse de ces dernières et par l’interposition d’un liquide onctueux et filant appelé la synovie, liquide cons titué par de 1’ albumine, de la mucine, de la graisse, et une grande quantité d’eau» Cette synovie qui augmente l’adhésion entr.’ elles des surfaces articulaires, joue dans la machine humaine le même rôle que l’huile dans les rouages de nos moteurs industriels.

Lorsqu’une diarthrose fonctionne, il est absolument nécessaire que la contiguïté des surface-s reste permanente et que le volume de 1.’ articulation n’àugmente pas». S’il y a écartement des surfaces ou augmentation de volume, l’articulation pe fonctionne plus normalement, et il peut y avoir luxation.

Lorsqu’une articulation se meut, on peut mesurer l’amplitude, ou comme on le dit., 1„’ excursion du mouvement produit (Beaunis et Bouchard, Anatomie descriptive). Cette amplitude se mesure par la distance angulaire ou linéaire qui sépare les deux positions extrêmes que peut o-ccuper l’os mobile.. Prenons comme exemple

1? art icailai ion coxo-tfemonalë f fi g;. Fig* S3.

23): On peut la considérer comme constituée par deu£ sphères, dont l’une pleine, se déplace dans une autre creuse, plus ou moins complète. Soit OA 0 B les deux positions extrêmes occupées par l’axe du fémur, l’amplitude a du mouvement sera l’angle formé par ces deux positions extrêmes.

P t Vl4

Les centres des deux sphères sont confondus et le sommet de l’angle a est à ce centre commun. Si,

au lieu d’être constituée par des surfaces de révolution, comme dans le cas précédent, 1.’ articulation est constituée par deux plans glissant l’un sur l’autre (Fig* 24),

Fig. 24.

YÆ//Y/A

J i du **.0lMS<4/YltAi t/fcr

Ji'ÙAt l/i AA/K. CUv'C<£?L<'H CTIaÀ

A'rlûJfifiA

l’excursion est mesurée par la distanoe linéaire a entre les deux positions extrêmes de l’axe de l’os mobile .

Qu.’ une articulation soit plane mm en surface

de révolution, on doit toujours distinguer son amplitude théorique de son amplitude vraie.

L’amplitude théorique atteint sa

limite dès que l’os mobile a rencontré certains points de 3’ os fixes qui 3’ empêchent d.’ aller au-delà» Ainsi, le fémur vient buter dans ses deux- positions extrêmes, contre le rebord de la cavité cotyloide, c’est là l’amplitude théorique ou l’amplitude maxima possible du mouvement.»!’ amplitude vraie est toujours moindre que l’amplitude théorique, car les deux os, l’os fixe et l’os mobile, sont réunis par des ligaments et par des muscles qui s’opposent à ce que l’ amplitude théorique puisse être atteinte* Les ligaments sont distendus, les muscles agissent par leur élasticité propre, et leur tonicité;

enfin, la présence des parties molles est un obstacle qui empêche l’os mobile d? atteindre la position extrême indiquée comme possible dans l’amplitude théorique.»

Toutes ces causes s’ajoutent donc pour assigner à l’amplitude vraie une valeur quelquefois très-inférieure à l’amplitude théorique»

Les surfaces articulaires étant dans le plus grand nom ore des articulations exactement juxtaposées, il s’ ensuit que, si l’une est plane, l’autre l’est aussi et que si l’une est concave, 1.’ autre, par opposition, est convexe, et récoproquement . Cette règle absolument générale, semble cependant présenter quelques exceptions » Ainsi, dans certaines

2?ig.* 25.

cL’uaw. ft/ufct ouJlcJcîôH.

<W*X' 'Wk'Oû- UXAÀrilo^e -MvWc\a)cC c*jJLûl+ji4* ^

articulations, les surfaces des deux os ne s’épousent pas exactement, mais on trouve alors interposé entr* elles un f ibro -cartilage dit fi** bro-cart ilage inter-articulaire, qui épouse la forme des os< Il est doublement concave (Fig* 25) si les surfaces articulaires de ces deux os sont toutes les deux convexes, d’oli son msfli de ménisque articulaire* On a là plutôt à faire à une articulation double (articulation tempo ro-maxillaire, dù genou, etc.)

L’étendue des surfaces articulaires influe sur l’amplitude des mouvements que cette articulation permet; prenons par exemple une

Fig ,26 .

jbi w\\ vnvKuw JJ 'VA

-ta. -Ama^xc*. tsJt.'cxJL oa^j, dt, -V o-J .

articulation constituée par deux sphères,. (Fig* 26) dont l’une est pleine et l’autre creuse; si l’on supposé que la surface de la sphère creuse augmente, c’est-à-dire que l’ouverture M M.’ ,qu2elle nrésente pour laisser passer l’os mobile, dimirste de plus en plus, A;B;0,

il arrivera un moment où l’a? mobile sera arreté dans ses mouvements de latéralité et de circumduct ion et ne pourra plus avoir qu’un mouveinent de rotation sur son axe (C ) .Donc, 3’ amplitude dininuwafe lorsque la surface articulaire fixe augmente, l’on pourrait également démontrer que cette amplitude augmente lorsque la surface articulaire mobile diminue; et l’on peut tirer de cette constatation la loi suivante:

que l’on peut traduire en langage ordinaire de la façon suivante: l’amplitude A d’une articulation donnée est proportionnelle à l’étendue S ta. surface articulaire de l’os mobile, et inversement prom

portionnelle a la surface S de l’os fixe; K est un coefficient

numérique .

Cette loi est absolument générale et l’on peut donner de son application les exemples suivants: La cavité glénoide de l’omoplate n’a que le 1/4 en surface de la te te de l’humérus, elle permet par cela meme des mouvements de très-grande amplitude. La cavité cotyloide a à peu près la moitié comme ébendue, de la surface de la tege du fémur, aussi les mouvements de la cuisse sont-ils d’une amplitude bien moindre que ceux du bras.

Classification des surfaces articulaires au point de vue mécanique.- Les surfaces articulaires dérivent de siirfaces géométriques très-simples et on peut les rapporter à trois surfaces géométriques principales:

1°.- La sphère, jr°.~ Le cylindre,

3°.- Le plan.

Articulations se rapportant à la Sphère.- Ces articulations, de beaucoup les plus parfaites^ et dont les mouvements sont les plus variés, ont reçu en anatomie le nom d’ énarthroses, les ar~

Fig. 27

c t> |^<^'ovv t>C ts<\A ÙOVu f^B o/dctu tfrvb n fin*

ti dilations s capulo -humorale et coxo-f émorale en offrent des exemples, leur amplitude est considérable, car les parties molles permettant à l’amplitude vrais de se rapprocher de 1’ amplitude théorique .

Si l’on prend l’une qe ces articulations et que l’on cherche à déterminer le solidq qui limite toutes les positions que peut occuper l’os mobile, on trouve qu’il suffit pour avoir ce solide, de décrire un cône (Fig. 27.) qui a pour sommet le centre de 3 ’ articulât ion ou de La

sphère mobile et pour courbe directrice le bourrelet cartilagineux qui forme l’ extrezae'-hord de la sphère creuse, fin réalité, cette limite esÿ trop large, à cause du diamètre de l’os mobile qui ne peut

etr® réduit à son axe; cet os mobile pourra se mouvoir sans sortir du cône limite et prendre toutes les positions possibles , dès c-u’il sortira de ce cône, il y aura luxation ou fracture.

Les mouvements possibles sont les suivants:

1°.- Tout d’abord, un premier mouvement consistera à faire parcourir à l’os l’un des diamètres ou l’une des cordes de la base du cône; ce mouvement sera pendulaire lorsque l’os ira de A en B et de B en A .

Pour deux diamètres parcourus convenablement choisis et perpendiculaires l’un à l’autre, les mouvements ont reçu le nom de flexion et d’extension, d’abduction et d’adduction.

Par exemple, si le parcours du diamètre C D est un mouvante nt de flexion, le parcours en sens inverse D 0 sera un mouvement d- extension. Le parcours de À vers B sera un mouvement d’ad duction et le parcours de B vers A sera un mouvement d’abduction.

2°.- L.’os mobile pourra décrire une courbe quelconque (cercle, ellipse, etc), à la condition que cette courbe soit contenue dans la base limite du cône, on aura alors un mouvement de circumduction MNP. Le plus étendu de ces mouvements serait obtenu si l’os parcourait le cercle AC B D, ce qui n’est pas possible, l’amplitude vraie étant toujours plus petite que l’amplitude théorique .

3°.- En combinant un mouvement de flexion et un mouvement de circumduct ion, on aura un mouvement composé.

4 ° . - L’os peut effectuer une rotation suivant son axe,

et- cela sans. -déplacement latéral. ‘Ce mouvement peu important, est cependant très-commun; ainsi, l’humérus tourne sur son axe dans les mouvements extrêmes de supination et de pronation de l’avant-bras.

Comment les surfaces articulaires sont—elles maintenues en contiguité l’une avec Vautre? Nous savons l’action qu’exercent les ligaments, les muscles et les parties molles, mais à ces forces actives et passvies, on doit ajouter deux forces physiques, la pression atmosphérique et la force adhésive.

Rôle de la Pression Atmosphérique.- Les frères Weber ont démontré l’influence importante de la pression atmosphérique dans le maintien en contact des surfaces articulaires. Ils ont fait leurs expériences sur l’ art iculation coxof émorale: ayant placé un cadavre les jambes pendantes, et sectionné toutes les parties molles reliant le fémur à l’os coxal, muscle, ligament, capsule articulaire , ils ont constaté que la te te du fémur n’abandonnait pas la cavité cotyloide, malgré le poids total du membre qui l*y sollicitait. Si l’on supprimait l’influence de la pression atmoèphéri que ,* soit en laissant rentrer l’air par le fond de la cavité forée à cet effet, soit en plaçant l’articulation convenablement préparée, sous le récipient de la machine pneumatique, la tête du fémur abandonnait aussitôt sa cavité. Ces faits semblent démontrer que même sans le secours des parties molles la pression atmosphérique peut maintenir la tête fémorale dans sa cavité articulaire, et soulager pendant la marche de tout le poids du membre inférieur, l’action des muscles le la cuisse. Cependant une autre force doit être mise en ligne de

compte, c* est l’adhésion: d’après Bordiei*, elle setile serait en jeu» üffèt de 1' adhésion»- Si l’on prend deux fragments -d’un corps quelconque, dont les surfaces ont été polies, et si on les applique très-énergiquement l’un contre l’autre, la pesanteur est vaincue par l’attraction moléculaire, et les deux, fragment s restent en contact* L.* expérience réussit très-bien avec des morceaux de

plomb.* Ôn peut démontrer également. le fait avec deux plans de verre dépoli (Pig. 28); mais, si entre ces deux plans de verre dépoli, avant- de les appliquer l?un contre l’autre, on interpose un liquide épais tel que la glycérine, l’adhérence des deux plans de verre est beaucoup plus forte qu’ auparavant * Or la synovie agit de la meme façon, lorsque on applique l’une contre l’autre les deux surfaces art! cul-aires de 1.’ articulation coxofémorale , et l’on peut joindre l’attraction moléculaire à la pression atmosphérique comme causes du maintien en contact des deux surfaces articulaires •

Articulations dérivées de la Sphère-- les autres articulations dérivées de la sphère sont:

Fig. 28

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