‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 29 sur 54 · DIX-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME LEÇON

Après avoir examiné les différences que présentent dans les fœtus mort-nés et dans ceux qui ont respiré, le thorax, les poumons, le cœur, le canal artériel, le canal veineux, le cordon ombilical et le diaphragme, nous croyons devoir indiquer Xes conclusions suivantes, comme solution de la question énoncée à la page 255 (i).

1 On affirmera qu’un fœtus à terme z. respiré, si le canal artériel , le canal veineux et le trou interoriculaire ( de Potal), sont oblitérés , et si le cordon ombilical est détaché ou prêt à tomber, quelle que soit la manière dont les i)oumons se comportent lorsqu’on les place sur l’eau.

2 On pourra egalement affirmer qu’un fœtus a terme a respiré, lors meme qu’il n’offre aucun des caractères

(i) Il importe de ne faire aucune recherche avant d’avoir pris exactement le poids du corps du fœtus et celui des poumons.

qui précèdent , si le thorax est voûté , le diaphragme plus ou moins refoulé vers l’abdomen , les poumons d’un rouge peu foncé, recouvrant plus ou moins le pi^icarde, éi plus légers que Veau dans leur totalité ou dans quelques-unes de leurs parties j pourvu toutefois que la légèreté de' ces organes ne dépende ni de leur putréfactidn , ni d’un état emphysémateux , ni dé leur insufflation; V. page 269.)

3° Lors même qu’il sera prouvé qu’un enfant à a respiré, ori'ne concluera-pas qu’il ait vécu après sa naissance, car il a pu respirer et périr pendant l’accouchement.

‘ 4° On ne niera :pas qu’un, enfant a terme ^ chez lequel les canaux artériel- et . veineux , et le trou interoriculairene sont pas encore oblitérés , n^ ait pas rei- -jOîVéy parce que les poumons sont d’une couleur rouge et peu -volumineux , qu’ils se précipitent au fond de l’eauj que le- thorax est à peine voûté, et que le diaphragme n’est point refoulé vers l’abdomen ; car la respiration a pu être assez faibl^ pour ne déterminer dans ces parties aucun des ehangemens qu’elle produit ordinairement. Lefait suivant mérite d’être làpporté à l’appuide cette coriclusion. Madame S***accouche le 25 février 1809 , d’un- enfant à terme, qui meurt le mars à deux heures du matin, sans avoir tété, et ayant eu la respiration peu aisée. En examinant le cadavre , on voit que le thorax , au lieu d’être ^oüté^j est tout plat ; le cœur est à , la convexité du diaphragme très-

saillante QU haut'., les poumons , nullement développés, sont ramasses de chaque côté de là colonne vertébrale 5 leur couleur est d’un hrunjbncé, excepté le gauche qui

offre une traînée d’environ deux poucès de long sur un demi-poùce de large , d’un roiigë pâle ÿ le lobe inférieur droit est très-enfoncé dans l’abdomen : placés sur l’eau, sèùls ou unis au cœur, ils se précipitent; cependant la traînée, d’un rouge pâle, a une tendance différènte/ les vaisseaux qui se rendent à cet organe sont et contractés sur eux-mêmes ; le trou intér ôricuîaire et lé canal artériel sontor^perfi:;l’insufflation dë veloppe très-bien les poumons, ce qui prouve qu’il n’y avait point de vice organique tous les viscères abdominaux sont dans l'état naturel ; il y a un peu de méconium dans lé gros intestin; la vessie est vide parce que 1 enfant avait évacué ; les vaisseaux sanguins du basventre sont remplis de sang. CSchenkius, Bibl. médicale, année 1810.)

5*^ Si, chez un fœtus à terme, le trou interoriculaire et les canaux artériel et veineux ne sont pas oblitérés , et que les poumons se précipitent au fond de l’eau, on n’affirmera point qu’il n’ait pas respiré, ou que les poumons n’aient pas été insufflés ; car le défaut de légèreté de ces organes pourrait dépendre dé l’engorgement de leur tissu , ce que l’on reconnaîtrait en les coupant par tranchés et en les exprimant dans l’eau; les fragmens des poumons ainsi dégorgés surnageraient si la respiration ou l’insufflation avaient èu lieu.

6® Si les poumons d’un fœtus à terme n'oiîvent aucune trace d’éngbrgèment , qu’ils se précipitent au fond de 1 éau , et que les canaux déjà mentionnés hé soient pas oMîtérés bn affirméra que le fœtus n’a point respiré , mais oh né cdncluera pas qù’il n’ait pas vécu , car il a pu naître enveloppé de tés. mémbi’anes-,

ou dans un étal d’asphyxie; il a pu être submergé im- ^3^/bat'^nient après sa paissance ,,,etc. {V. page 277.)’

. 7,*^ Lorsque, chez un foetus qui n est pas a terme ^ les tous leurs fragmens se précipitent , pu se gardera bien de conclure que ] a respiration n’a pas eu lieu, puisqu’il est démontré que dans un assez grand nombre de cas les poumons de ce.s individus,ne parviennent, pas à surnager , lors même qu lis ont respire pendant plusieurs heures. Si la masse des poqmons allait pu fond de l’eau, et que quelquesuns des fragmens eussent une tendance contraire ou ^e^stassent à la surface du liquide, comme on l’observe quelquefois phe?,les fœtus âgés de plus de sept mois, qui ont respiré, on établirait des présomptions en faveur de la respiration ou de l’insufflation.

8° Toutes les fois que l’on conservera, le moindre dpute sur la cause qui détermine la surnatation des poumons , c est-à-dire, lorsqu’on sera embarrassé pour décider si cet effet est le résultat de la respiration ou de 1 insufflation, il faudra comparer le poids des poumons à celui du corps entier , et se rappeler les rappprts qui ont été indiqués aux pages a5g et 260.

9° En supposant que l’on soit parvenu à établir de la ynaniere la plus positive, que l’enfant a respiré , soit pendant, soit après la naissance,, et même qu’lia vécp pendant plusieurs heures,, on se gardera bien de con< dure ^ qu’il a été tué. Cette vérité est tellement frappante , que l’on s’étonnera peut-être que nous l’ayons consignée : nous avons voulu la mentionner parce que «ous sommes. convaincus que plusieurs médecins attachant au,x expériences qui ont fait l’objet de cet ar-

ticle, toute l’importante qu’elles méritent,; ont soü+.s.i vent été entraînés à soupçonner le crime, par cela s;.; seul que l’enfant avait vécu : comme s’il ne fallait pas .iji avant d’établir un pareil soupçon , déterminer si l’en- , faut n’était pas mort pendant l’accouchement ou à la . suite d’un engorgement des poumons ou du cerveau , )

d’un épanchement ou d’une de ces maladies auxquelles les nouveaux-nés succombent le plus ordinalrement. D’ailleurs , ainsi que: nous' l’avons dit à la: page 2485 la véritablepierre de touche, dans la question -t; qui nous occupe, est de reconnaître s’il existe sur le ; 0 fœtus des traces qui indiquent qu’il a été victime de^^ t manœuvres criminelles. - >à:

Déterminer si le fœtus est mort en naissant. . . „ ,

Le médecin ne saurait attacher trop d’importance à reconnaître dans une accusation d’infanticide, quelle ^ est la partie du corps de l’enfant qui s’est présentée; la première au détroit supérieur du bassin, quelle était sa position; en un mot, quelle a^été la nature, , la durée de l’accouchement : cet examen suffit quelquefois pour éloigner toute idée, de crime. Ainsi, lorsque l’accouchement est prompt et facile, l’enfant . peut naître dans un état de stupeur tel, qu’on le regarde comme mort; ici la femme a été surprise, surtout si elle était, primipare, et il y aurait de l’inhumanité à ne tenir aucun compte de l’écart de la marche que la nature suit le plus ordinairement. Dans le cas où le travail aurait été difficile et long , ne serait-il pas à présumer que l’accouchement n’a pas été

clandestin , qu’une ouplusieurs personnes ont assisté la femme , ce qui diminuerait nécessairement les probabilités du crime? On peut même supposer la difficulté de 1 accouchement telle, que les secours de l’homme de 1 art aient ete indispensables , ce qui éloignerait encore davantage toute présomption de culpabilité, à moins que l’on hadmît, cequi n’est guère probable , la complicité du médecin.

Pouf être à même de déterminer siun enfant est mort en naissant , il faut connaître les causes innocentes qui peuvent le faire périr pendant le travail j l’examen de ces causes jettera un grand jour sur cette question. Voici les principales :

1° La longueur du travaîL Si le travail est long et pénible , èh -supposant même que le sommet de la tête se présente dans une bonne position , le fœtus peut périr, parce que les contractions de la matrice sont fortes et longues , que là tête sé trouvé poussée contre le bassin, et que le cordon ombilical et le placenta sont comprimés î on conçoit qu’alors le sang soit refoulé vers le cerveau ét détermine rapoplexié. Les principales causes de la longueur du travail dans le cas dont nous parlons, sont rétroitesse des détroits dubassin, la dureté et la rigidité de l’orifice de l’utérus ou de la vulve, le volume dé 1 enfant , le défaut d’intensité des douleurs , etc.

Examen du cadavre. Pour mieux faire ressortir les lésions produites par la longueur du travail, il importe d établir , en peu de mots , ce que l’on remarque dans les diverses espèces d’accouchement. Si la femme est jeune, bien conformée, primipare , et que l’enfant.

d’un voiume ordinaire, présente, comme cela a le plug souvent lieu , l’extrémité occipitale de la tête , on voit sur la partie qui s’est engagée une tuméfaction plus ou moins considérable 5 le tissu cellulaire sous- cutané de la portion tuméfiée est infiltré de sérosité jaunâtre - les vaisseaux sanguins sont engorgés ; les autres parties de la tete sont dans l’état naturel. Si la femme est déjà accouchée plusieurs fois, et que le travail soit de peu de durée , la tuméfaction , l’infiltration et l’engorgement dont nous avons parlé sont à peine marqués. Si , au contraire, l’accouchement a été plus long , au lieu d’une simple tuméfaction , on découvre à la partie de la tête qui s est présentée , une tumeur molle contenant de la sérosité sanguinolente ou du sang; le périoste peut être détaché et soulevé par du sang noir et fluide; les os du crâne sont quelquefois mobiles , les sutures relâchées , et la portion de l’os qui correspond à la tumeur est brume par du sang. Les altérations seront encore plus marquées, si le travail a été plus long et plus pénible; la tête pourra être allongée dans son grand diamètre et aplatie en sens contraire ; l’un et l’autre des pariétaux, quelquefois tous les deux , ainsi que le frontal , poiirront offrir des enfoncemens avec ou sans fracture, ou des fractures longitudinales , anguleuses ou en étoile ; la peau du crâne, de la face et du col pourra être d’un rouge violet et comme contuse; les muscles orbiculaires des paupières, le masseter, etc., seront quelquefois livides et ecchjmosés; les vaisseaux qui rampent a la surface du cerveau, pourront être fortement gorgés de sang , ainsi que les plexus choroïdes ; une quantité plus ou moins considérable de ce fluide

pourra s’être épanchée entré la dure-mèré et les os du crâne, entre les lames de la pie-mèré, entre la tente du cervelet et le cerveau , dans les ventricules ou à la base de ce dernier organe.

Ce n’est pas seulement lorsque la tête se présenté au détroit supérieur, que l’on observe de pareilles lésions; quelle que soit la partie du tronc qui s’engage la première, si le travail a été pénible , ôn trouve des altérations semblables. Il n’y a pas encore long-temps que nous avons eu roccasion de disséquer un foetus à ferme qui avait présenté l’épaulé gauche dans la quatrième position ; on fit la version et 6n amena l’enfant vivant après dix-huit heures de souffrances ; il périt peu d’insîans après. L’épaule gauêhe , lé bras , fâvant-bras et la main du même côté étaient livides; le tissu cèîluiâire sous -cutané était infiltré de sang brunâtre; les musclés du bras étaient comme macérés par le sang; mais ce qui paraîtra plus extraordinaire , le pëficrâde était le siégé d’une foule dé petites ecchymoses rouges, étoilées:; en r incisant on Voyait que le pariétal gauche et la moitié gauche du frontal étaient couverts de sang.

Déjà M. Ghaussier avait noté Un fait semblable en décrivant les altérations du fœtus qui présente \ë siège. Si le travail a été pénible , disait-il , on trouve à la partie qm s est engagée une ëcchyrhôsè plus éù moins éténdue (i) ; les muscles sous-jacensdnt une teinte brunâtrë. « On remarque seulement dans Vépàisseur dé Vaponé-

(i) Assez souvent c’est dans le scrotum' que f on trouve cette

ecchymose , lorsque l’enfant présente les fesses.

vrose qui l’ecouvre le crâne, ou dans le tissu du pé-^ rioste ^ quelques petites ecchymoses rougeâtres, lenticulaires , disséminées ça et là , ce que l’on trouve également dans tous les cas où l’on a été obligé de faire la version de l’enfant , surtout lorsque la tête a été arrêtée quelque temps au passage, et qu’elle est sortie difficilement. Dans les cas qui ont nécessité la version, et si elle n’a pas été opérée immédiatement après la rupture de la poche des eaux, on trouve une ecchymose plus ou moins étendue à la partie qui s’était d’abord engagée. Souvent aussi on en trouve sur les membres qui ont spécialement supporté les efforts nécessaires pour l’extraction de l’enfant. »

2® La compression du cordon ombilical ou son entortillement autour du cou peuvent déterminer l’apoplexie et la mort : le cadavre présente alors tous les signes delà congestion cérébrale dont nous venons de parler à l’occasion de la longueur du travail, et en outre des taches circulaires rougeâtres autour du cou, sans altération de l’épiderme, s’il y a eu entortillement. Il e^t inutile de dire que la compression du cordon s’observe lorsqu’il sort prématurément et qu’il est serré par le col de l’utérus ou par la tête du fœtus, qui appuie sur les os du bassin , dans les cas où le tronc étant soi'ti jusqu’au cou, la tête est long-temps arrêtée au passage; enfin , lorsque après la sortie de la tête, les épaules sont loiig-temps arrêtées , parce qu’elles se présentent directement au détroit abdominal, ou diagonalement au détroit, périnéal.

3** Une hémorrhagie considérable ^ produite parle dé- ■eollement total ou partiel du placenta ,par la rupture de

la matrice ou du cordon ombilical. Dans ces différens cas le fœtus est exsangue, pâle comme la cire; les muscles et les viscères sont décolorés; les artères, les veines, les oreilléttes et les ventricules du cœur sont vides et affaissés.

4° La faiblesse du foetus , résultat de son immaturité ou de quelque maladie.

5° La nécessité ou l’on a été de terminer l’accouchement, parce que la femme éprouvait des convulsions ou d’autres accidens qui pouvaient la faire périr; que le placenta était inséré sur l’orifice de la matrice ; que le travail ne faisait point de progrès, ou que le fœtus se présentait mal. Comme, dans ces différentes circonstances , on est obligé d’employer la main, et quelquefois le forceps, les crochets et les perce-crânes, on voit sur les parties du corps du fœtus qui ont été atteintes , des traces non-équivoques de l’impression des doigts ou de ces instrumens.

Après avoir indiqué les causes innocentes qui peuvent faire périr le fœtus pendant l’accouchement, il importe d examiner si les effets produits par -ces causes sont assez caractérisés pour qu’il soit impossible de les rapporter à des manœuvres criminelles, ou, en d’autres termes, sil on ne peut jamais confondre le cadavre d’un fœtus qui est mort naturellement en naissant, avec celui d un fœtus qui a été assassiné. Nous pensons que , s’il est des cas où cette distinction est fort difficile à établir, le contraire doit avoir lieu dans le plus grand nombre de circonstances; en effet, supposons qu’xme main homicide parvienne à fracturer le crâne d’un fœtus , à déchirer un assez grand nombre de vaisseaux san-

guins pouf produire un épanchement notable dans sa cavité, à meurtrir la face et les autres parties du corps au point de donner lieu à une foule d’ecchy^ moses J certes, ces lésions pourraient être confondues au premier abord avec celles qui sont quelquefois la suite de la langueur du travail ; mais on évitera souvent de les confondre, à l’aide des considérations suivantes :

assez généralement les altérations cadavériques graves , qui sont le résultat d’un travail long et pénible, supposent un rétrécissement du détroit abdominal supérieur, produit par la saillie de l’angle sacro-vertébral , et ne correspondent qu’aux portions du crâne, qui appuyaient contrôla proéminence du sacrum et le-rebord du pubis ; 2® la partie de la tête qui s’est présentée offre une tuméfaction ordinairement peu étendue, circonscrite, souvent de même couleur que la peau, ou peu foncée ; 3° il est rare d’ailleurs que la respiration ait été assez complète pour que les poumons ou leurs fragmens soient plus légers que l’eau ; s’il y a eu manœuvre criminelle après la naissance de l'enfant, les désordres sont presque toujours plus grands et ne se remarquent pas précisément aux mêmes parties ; ainsi rinfiltration sanguine et la tuméfaction du cuir chevelu peuvent être placées dans un lieu très-éloigné du vertex ; dans la plupart des cas elles sont irrégulières, profondes, étendues, d’une teinte rouge ou noirâtre; elles peuvent coi-respondre à un décollement de la dure-mère , à une lésion du cerveau ; d’ailleurs la respiration peut avoir été assez parfaite pour que la plupart des fragmens pulmonaires surnagent ; 5° ajoutons à ces considérations qu’il n’est pas impossible que l’homme de l’art apprenne, dans

beaucoup de cas, que la femme n’était point primipare, que là tête s’est présentée dans une bonne position que ses diamètres n’étaient point disproportionnés à ceux du détroit supérieur du bassin ; circonstances qui tendent à éloigner l’idée d’un travail long et pénible.

Il serait impossible de rapporter à une cause criminelle l’apoplexie déterminée par l’entortillement du cordon ombilical, lors même que l’enfant aixrait respiré au passage, comme Mahon l’a supposé; il suffirait, en effet, d avoir égard à la longueur insolite de ce cordon et aux taches circulaires rougeâtres qu’il a produites sur le cou.

On serait plutôt tenté de confondre Y anémie qui est le résultat du décollement du placenta ou de la rupture du cordon , avec celle qui serait la suite de 1 hémorrhagie ombilicale que la mère aurait provoquée après la naissance, de l’enfant, dans le dessein de le faire périr. Mais il n’est guère possible de méconnaître le décollement du placenta a.ux symptômes qui caractérisent l’hémorrhagie apparente ou cachée qui en est 1 effet necessaire ; le diagnostic est surtout facile a établir lorsque le placenta s’insère sur l’orifice de 1 utérus: il arrive d’ailleurs quelquefois que la mère succombe. Quant à la rupture du cordon pendant le travail, on sait que si elle a lieu, les bords de la solution e continuité sont inégaux et irréguliers , tandis que 1 hémorrhagie ombilical, après la naissance, suppose , lorsqu’elle est assez considérable pour faire périr le toetus, que la section du cordon a été opérée avec un instrument tranchant : en effet, l’écoulement ne erait pas à s arrêter dans un cordon qui aurait été

déchiré ou rompu, et qui serait exposé à l’air; or il est aisé de distinguer si le cordon ombilical a été coupé avec un instrument tranchant, à l’aspect lisse et uni des bords de la section.

Ce que nous avons dit à la page 291 nous dispense de chercher à déterminer si le fœtus a été victime des manœuvres entreprises par l’accoucheur , dans le dessein de sauver la mère , et quelquefois même de coii-^ server la vie de l’enfant.

L’homme de l’art appelé pour juger si un fœtus à péri pendant l’accouchement, devra examiner attentivement : 1° s’il a respiré et jusqu’à quel point la respiration a été parfaite : en effet, il n’est pas ordinaire de voir les fœtus qui meurent en naissant respirer assez complètement pour faire surnager les fragmens des poumons : la surnatation complète de ces organes serait donc un indice qui militerait en faveur delà vie après la naissance; 2° si la mort ne peut être rapportée à aucune des causes innocentes dont nous avons fait mention : c’est ici qu’il étudiera avec soin tout ce qui pourra l’éclairer sur la nature et la durée de l’accouchement ; 3® s’il n’existe point de traces manifestes d’assassinat ( -voyez page 3og ) ; 4° si la mère et l’accoucheur assurent avoir senti les mouvemens de l’enfant peu de temps avant 1 accouchement , tandis que ces mouvemens ont cessé d’être sensibles au bout d’un certain temps; 5® si les pulsations des artères, qui étaient distinctes au commencement du travail , ne l’ont plus été quelque temps après.

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