‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 46 sur 54 · III · texte numérisé non relu

III

Des épreuves q^ue Von a proposées pour constate^ si Içl mort est réelle.

La plupart des épreuves conseillées jusqu’à ce jour pour distingiiéf la mort réelle de la mort apparente, sont équivoques et insuffisantes ; nous allons les éxamiriéf séparéniént , pour mieux faire juger la valeur de châcühé' d’ellès. On à cru pouvoir reconnaître si l’irtdividu relj9/m/ï éhc6re , éh plaçant devant la bouche et les narines la flamme d’une bougie, un briii de paille, des filàméns de laine ou de coton , un miroir, etc'.; la respira tiori est suspendue , a- t-on dit, si le miroir ri’ est pas terni èt si les autres corps restent immobiles; dans lé cas 'çohtrâite j il faut admettre qu’il ’se dégage des poum^phs de: l’âif et de la vapeur' pulmonaire, et par cbrisêquent què rindividu f espire. Mais hé sâit-bn pas qil’il Suffit*! de inbdérér la respiration , pour que lés corps ïëgéfà, placés devant la bouche èt les riarihes, h’éprouvéht aticiiri mouvement , et rie voit-ôn pas tôus les jours la surface d’un miroir être tërriié par la vapeur qui s’exhale des poumons d’uri cadavre éricôVe

chaud ? Winslow voulait gue l’ou mît sur Te cartilag^e de l’avant dernière côte un verre contenant de l’eau ; le corps étant couché sur le côté opposé , on pouvait juger, d’après cet auteur, si la respiration s’exercait encore par roscdlation ou l’immobilité du liquide; déjà avant lui oh avait imaginé de coucher la personne sur le dos et de placer le verre sur le cartilage xyphoïde , pour atteindre le même but; mais ces expériences doivent souvent induire en erreur, non-seulement parce qu’elles supposent que les côtés se meuvent constamment pendant la respiration , tandis que celle-ci peut très-bien s’exécuter à l’aide du diaphragme , mais encore parce qu’il est des circonstances où d.es gaz, dégagés dans l’abdomen d’un cadavre , impriment un mouvement manifeste a l’eau , quoique la personne soit morte depuis plusieurs heures. Ajoutons à ces considérations qui prouvent déjà combien cette épreuve est fallacieuse , que la respiration est suspendue pendant l’asphyxie , et qu’alors on ne doit observer aucun des caractères mentionnés ; l’individu est pourtant vivant.

Lies èattemens -du cœur e% des arferes ne laissent aucun doute sur l’existence de la vie. Que l’on explore attentivement, a-t-on dit, les pulsations de ces organes , en couchant l’individu sur le dos, sur l’un et r autre côté, afin de mieux apprécier les mouvetnens les plus légers du cœur, qui le plus souvent se font sentir à la région gauche du thorax , mais qui dans cl autres circonstances sont sensibles à droite ; et pour ce qüi concerne les- artères , que l’on cherche à apprécier les baitemens du tronc fémoral , de l’artère temporale et de la carotide externe , en plaçant le doigt I- * 33 *

( So6J:

au milieu de l’espace compris entre J’épine ante'rieure et supérieure dé l’os iliaque et l’épine du pubis, ou dans la région temporale au-dessus de l’arcade zygol v matique'^' ou enfin entre le larynx et l’angle de ï’os^ maxiliairé inferieur : que l’on explore tes battemens dè^ l’artère radiale à son origine, c’est-à-dire à la partie^ antérieure et externe du pii du coude, au poignet, et apres Iqü’elle s’est enfoncée sous les lendons des^ müscîes extenseurs du ppuçe , entre le premier, et le second os du métacarpe , et non entre le pouce et le premier os, comme on l’indique mal à propos. Cesr épreuves son t aussi propres à induire en erreur que le| précédentes, parce que lès mouvemens peuvent êtrer

assez faible^s pour ne pas pouvoir être appréciés 7 et" surtout parce qu’ils sont suspendus dans la syncope, quoique l’individu soit vivânt. - ^ i

Ùemploi des stimulans et des fr/’/to/zs a été regardé ' comme up moyen certain de distinguer la mort réelle de la mort apparente : aussi a-t-qn proposé tour tour ^ de titiller la luette, d’appliquer des stepnutatoires sur^ pitqitaire , de placer.sous les naripe7df,7 liquides volatils et irritans , comme l’ammoniaque ^ l’acide acétique, etc. , d’introduire dans les intestina l des lavemens de tabac , .de sel commun ,^etc. , de foire„ usage des yésiçptplres , d’avoir recours à rurtic^é iQn ,, à la piqûre avec des aiguilles , à la cautérisatiqn'qyeqj

d’Espagne, etc, L’in effiçacitXcji é pl>^ieprs dq^es rpoyens est tellement éyidente j.qBjl s est. inu|ilq^dç oiçcuper : quant aux cpiisr

tiques, il.spfdy^.dê^dire que. dés personnes qpijétaiprî.^Q dans un état de mort apparente ont .été, profondé-

nïénf Tàrùiëes sans donner °le '*rnoinàr,e s^ne de \de. Un ;■' '-■ iïL\‘iri;qÿ! i eut:."u;: «o . sjt ,

apoplectique, âge a environ trente-six ans, . dit M'. Fo-

dére, fut apporte à Thopital des Marti^nes^n 189^ :

« L’épouse du malade, trouvant lés moyens, don£ j’avais fait" usage trop lents , appliqua' pendant la nuit , sür répaulé paralysée 'une rouelle Lrûîanté' de gaïac , puis l’abandonna à son sort. U’od'eur dp" linge brûlé aÿant'attiré'les' servàns prés dû lit du malade^ au bout dé' quelques héufes', ils troiiverent ùnè' partie de la cSêmisé et des' dfàps'de lit consumée , son bras et son épaulé’ à demi-brûlés'^ sans qu’il eût été détourné de sôn s^ommeil , "et même sans qu’il éprouvât la moindre doüleur lorsqu’onde réveilla. .11 futpansé de cette brûlure pTendant trois mois et n"en resta pas moins hémiplégique.'» (Tome lî, page 366.) Que penser maintenant de l’application des vésicafoirésVd^ ventouses scarifiées de l’urtication, du moxa, et de fa piqftre parTâigûiîfè : sans doute il j aura des cas où l’individu pourra être réveillé par l’action de l’un ou l’autre de ' cés irrilans, mais dans combien de circonstances ces HÎoÿeTîs ne seront-ils pas, sans effet! l^biis eb dirons autant des incisions légères que l’on a conseillé de pratiquer : quant aux incisibns profondes , éilespburfÔrit ne pas être plus efficaces , et leur danger est trop gràrfd' pour qu’on' doive y avoir récours.- F'ôubèrr' trouvétâ-" t-îb des imitateurs , lorsqu’il proposé de rfiéttf é létœür à tïù par une incision , afin de détèfminePsil 'éi.écûte " encore quelques mouvemens ? Nous de ié"crdyÔTlà pas!

De 'l''eléctt'icîte^})oltaique. Si après avoir disséqué une-"' portion d’un muscle locomoteur superficiel , on le soumet à l’action de la pilé électrique , et qit’il né se con-

tracte point, 'on peut assurer que l’inclividu est Tftori; car, ainsi que rfoüs'l’avon'S déjïdit ','léfe' Tutiscles ne eesis'ent dé se contràcter soûs rmfluen(^>de la'pileljüelcyfsique la' rigidité cadavérique s’est mànlFeé'tééliSr'^ à’ù contraffe', on'^obtrerit des "^contractions', il éât ^qjas -certain que 'la vléf ‘seif éteinte 'et l’ôfr doit cîïéféît^cî* ^Vahimer^e^^ â^ïiverïrens dès poumons et dttèoèuè/pàr ^ô'us lés “'Tnbÿâis' qui' sont aü pou'voir de l’artf^cèpéndànt dri aurait tbT^t d’ assurer' que lïndividti est vivânl, Tes müscïestFes" cadavres jouissant de la .prapFrétë'îléle cdutràctér''sÔiïs“'l’inflî?en'ce‘ der la ' pilé ]■ depuis'iés moment de jusqu^à celui où ils s6n¥ devenus

"raides r-l sup r- • o; .i

Nous croyons pouvoir oonclure -de cè^jutpr^ëde, I® que de toutes les epreuves'propdséés pour disbn^uer SI la-'rnort est reétïe ou apparentiez eellé'^iédns&tè à soumettre un muscle ' a l action dé fa ië$îl^^2^dàùs ^*Vef tains ^das , ia'plus valable;“ a®' qüé pâïrôPî^QrÉ^^ ,

* il~en^est^qué^^n rïfe^oit jamais empldyèép

auctu¥?néÙ’uvliSént?a rnettrééif û^gê^célîëi^^uPW ^preséiiféfet^iféfflï" lïï^n^er j " ^ ^iiè’ dâusf'dés&eâf ^^feux viâ fauPdifférer îHnbümationj.- " ^ 3* snp 53 aîeia gnsyaesnoo no înesaibio dai ?8 è&ivroiio aab 3'îfiXvifq bI ael SHsijBTjjoiJ 98 oiisir-ritRrrcnE xotjîeoq ai

0g aenaBî aef snp ,jionî - ~ , t,* 'r

^qUK Soni le qruj^ol^i^tW^m^ées ol mdiyiduSf VW^s ^ ou

^ -,-^..'30108,: ". -, i , ,i‘'iij.'t9q9Td!:a9V.

Les alteràtions' dont nous devQus'nousLOCçîjpiefsd^f*

- eet urtieie sdn t des lividités CRdav^i^ues jjles fvprge-

c^’lain*

gaz,Ja çx>lo/a,tion de,plusi£Mrs yiscères^et des vaisseaux ^Dguins,.;^^, congestions de^ang pt lea épanchemens

# s, .. -kibi-^h !;

ca,m^erj,q.ue,s.S:in , déaigeOç.ainsr desjaçhés ^nticulaires , gMpi Pâques

RÎUs.pjf. nioiu| et d’une

lubies., do Couleur

yjWl^#e,;<jui QijtX^pt^^ioge de^

3l%3’f?lî?(e5.5ur sont Je. résul|at ,deJ^^Gpp"g^stion du les réseaux capiÙajj^es, eoÆ^ime ôn peut s’en

^i^pv^in^e^enjcoiipant à l’endrçit ‘d3"^es"Uviditéÿn^

lame mince de la peau; on verrai que la couleur lividu

, aijxqiarties 5o.us^jacentes.^, IV

. n’obgerye- Je plus souvent les lividités cadavé-

3 SSffêgSjqu^^ dos^ aux fesses et auxjparties sur lesquelles eitecpri^ ef^t ^puçhé^au moment où il s’est Refroidi - , #^^Paène,qji;iL sera facile de^cpnceyoir JèslqSej'oa

y admettra que le ^ng est entraîne par sa ppsanieur dans s4es, parties, les plus déclive^, otq^e.i’ùjflpence de cette - ^pesanteur ne surfait sentir queAant.^ue'la;çhaleur subsiste et que le sang reste fluide i9c’,^t,don.p parce '^ue . la plupart des cadavres se refroidissent^ en conservant la position horizontalé dans laquelle se trouvaient les

fâhêÈ ïnon ’on4|Vr^tït%es ,

lavres, de manierl^ac'e quTlsIlistæ^gKùais^ur le ventre pendant leur rëîiordissf4^n\f^émàîfes^^Dccu-

du il^spit que

' .l-dn ^eut.1^arger,HPapies eps^taches, la

position du corps au monient à moins qu’on

n’ait la certitude ^ que le cadavre a, été retourné peu de temps après -qu’elle’afeu lieu.rfTiQuelquefpis JeSjl;i,yidit^s cadavériques s’étendent plus;particulièreni,ent àla tete,, au cou et aux parties génitales ; dans d’autres, circonistances la^peaurpsti livide dans toute son étendue.-. ,, , , Les lividités cadavériques paraissent le plus ordipaj.rement lorsque le cadavre commence à se refroidir j il est des cas cependant ou, les ongles, les mains, les pieds, le nez , les lèvres et les lobes des oreilles, offrent un^>tein,te violacée pendant l’agonie, de . diverses, maladies ; dans certaines circonstances au con traire, la peau ne devient livide que plusieurs joursaprès la mort, ce qui paraît tenir à la stagnation.du sang dans l’oreillette droite, ducœur et dans le troue des yeines caves : la couleur, livide ou noirâtre qui se- manifeste alors dans quelques, parties, de la peau, est accompagnée, de phénomènes trop importans pour, ne pas devoir fixer xtn, instant notre ^attention.' Supposons que le sang ait perdu isa çonsisr tance, fet qu’il soit aecumnlé dans l’oreillette droite du cœur etidpns le tronc des veines caves ; admettons en même- teinps que l’estomac soit distendu par des gaz, comme- pn .jrobserve particulièrement pendan t félé ** 4ans les Gadavres des nojés , de ceux qui meurent peu dp temps, après nyoii^ mangé etc., le diaphragme, sera i^foùlé danS ila yppitrinè, et le sang dont nous avons parlé sera diri^: vers les parties supérieures,ct inférieures ; de là"; une, série de phénomènes qui,i:ont jéjBé parfaitement , déems par M. Chaussier : les vcines4c la tete et du jcop: se rempliront, la- -faee se colorera > et finira par prendre une: teinte foncée jdes yenx j -déjà

^%sculÆis%t affaissas, &e-réB3'pliront et sembleront s’anï- %ier, ''4à' àë'Feâ^éWer'a ; il’ pourra s’écouler par les nàrihOs^ du^sà^g-blair et brunâtre provenant de la ruptdré-dè' c^'el'ques vaisseaux de la membrane pituitaîré'/-^éü du muëùs '-visqueux et 'écunifeux , poussé depuis lés -poumons justpi’aû debors le?§an g"- pourra :égai'émént refluer dés veinés de rabdomén vers les organes ; ■gémtâux ylie sémtUUi et -le pénis dëViendrôht- hoirs au dte- faire cVèirê ' quu t a -éü- Violence pendant la

%iè.“Pôür ^u’il rieVéstât àueùn doutë^strr' la vaîe.ur de fcêttfe:èxplrcàt5btf>^m’.-(3hâ'ussîëf'^énta des expériences qui doivent p'âràîtrè'éohelufeihtéë tîP introduisit dans Festomae ou*^ dans- l’intestin des cadavres, un mélange fait a:véc de la farine" et deHa levure de bière délayées daiîs'uhe 'süffisanté quantité' d eau ; il s^établit'bientôt férinéiitàtion qui donnâ lieun u-n dégagement de gaz; Fâbdéuhen ne tarda pas à s’élever;' à se distendre, et-, bientôt après, la boiiehe et les na'rines-sè remplirent d’un ’fluidé'écümeux qui sortit en bulles plus ou moins -abondantes par ces ouvertures. Mais, commè'les mâ- -choires sont fortémeht rapprocliéès^ dit ce- sàvahl; 11 arrivé quelquefois qu’une partie des suLstanées qui regorgent dé l’estomac, entré par la glotte dans la tfâehéé-^ârtèî'é, èt remplit toutes les' bronches, ^surtout %ic la- t^te est' élevée et le ^entondiîcliné: surde cou-; squelqüLéfoîs aussi on a irouvé'dés Vèrs dans la bôüché, -dans tes-, cavités nasales et même- dans dès bronck€"s. dSh MsantTouverture du corps d’Un -hommé qui ; queloquesiiieures auparavant, avait mangé. avèe appétit dû -pameet du fromage de Gruyère, on vit da'ris la trachée un'moreeau'de fromage semblable au précédènt; uiiè

autre foison y trouva des haricotsCuits et à'demi digères;::,;.

Les v ergetures so rit - autre j^chôse^ qixe deSi livîdites;î>:

cadavériques traversées par des/ligtîes^^jdes sillons fodfn des plaques blancliâtres plus ou^ moins.profondes ÿeües’p sont évidemment le résultat de la pression exercée sur r les partiesdivides par les vêtem.ens , les ligatures , -étev^c: qui entourentde cadavre , ou par les aspérités du^solfij^ sur lequel il reposerll est- donc impossible de les- confondre avec les ecchymosesiqui auraient été faites aved-.î des verges du- vivant de i’individup;(-./^^ Ecchymose^ii arti Blessures^) - - . .i

Ecchymoses, Lorsque les cadavres se pourissent à lairv ou dans la , terre’ f il arrive une-dpoque où le sâng, rer? ' prenant sa fluidité, se- rassemble sous la peau et forme, des espèces delumeurs noirâtres auxquelles on a donné, le nom . Ges ecchymoses.pour-: .

ront être souvent distinguées de celles qui nuront étéfaites du v'ivant ded’individn, I® à; leur situation: en effét-j'en supposant, cdmme il arrive presque toujours que le cadavre soit couché horizontalement sur le dos , on les remarquera pai^tieulièremént à l’occiput et aux^ lombes; -il n’est pas rare cependant d’en observer dans les p^pièresÿetdans le scrotum , parties dont le . tissu lamineus^-sous-cutané est fùrt lâche et dacile à , distendre ; 2? al’odeur de putréfaction qu’exhalera lei; corps jet -ùTétat dcrdissolution de. toutes les- parties si à iavérité eecaractère , pris isolémeiït * serait insuffisants ; pour établir ladistinction dont, il s’agit , parce qu’iL pourrait arriver que le;S ecchymoses eussent été faites" pendant la vie;? et quede cadavre ne fut examiné que lorsqu'il sei ait déjà pouri; 3° à runiformité de la cou-

îemJ-ïl^iaxpîBiti^-.ewhyjBQsée.^ on sait que les ecchymesBsxfaitt^éliBezaiïir individu^yivant n’offrent point la niémeoEdüieiîft dansi^dutes leurs^ parties surtout lorsqu’elles ne^sont pasarëcentes j; on- y remarque plusieurs nuances ,fd.autaEEt.qpdus’ foncées qu’on s’éloigne dayan-j tage d3e,la.cireoTîférence, phénomène quedon.h’observe jainaisJdans les ecdbymoses'Xadavériques.^

^^eue^ppementd& certain gaz- Ainsrque nous l’avons déjà/diteytiMè^émac/ot les intestins sont, quelquefois distendu^pafl des gaz,..proyenant de; la fermentation des matières qu ils renferment. La plèvre ^ le péricarde, «les cavités; droites dm- eceiu:,^iesü veines caves et d autresiparu.es duLiSyslèmeE vekienxG^ lîutérus, la cavité . du péritoine et les .aréoles: du tissu- cellulaire peuvent également être distendus par des gaz qui sont le résultat de lardécomposition éprouvée paries fluides : c’est ce que l’on -observe particulièrement après des mprts ,promptes' et, violentes^ precédeesr, .de = douleurs ..vives y ; de grands -efforts , etc. ^ et il suffît, alors ‘qrt^quefois ^ de deux ou trois heures pour rendre le-oorps emphysé* c mateux au point de le faire, nager sur: LeaurOu.ne ddlte pas hésiter à rapporterai! développement de des bulles i gazeuses dans les veines , un, phénoriBèneieu .appareiïee I: fort extraordinaire et dontles anciensjavaient prétendu tirer mne induction juridiqueÿ-nousvo'ulôna parler de L la cruentation , c’est-à-dire du sumtenientet inême du jaillissement de sang par les pki es ié:£aut-iL s’étonner é que le sang contenu dans les veines s’échappèi par les ouvertures des. vaisseaux d’uneplaiè, lorsqu’il est poussé -

par les gaz, développés :dans.i le système 'vemeux ?< ; ' . ^oîomtiOjvdcplvmeur:SÈajiiceres<p^des\-^^^ san-^.-

guins, etc. Il suffit d’avoir ouvert quelques cadavres d’iiidividus mo;cts depuis deux, quatre ou six jours j pour ne pas attribuer la coloration insolite de divers tissus à une maladie de ces: tissus, ou à des violences exercées contre los individus , mais bien, aux transsuda^ tions des différens: fluides, qui se font après la moTt: au reste il est aisé de se convaincre par des expériences dî^ rectes , qu’il doit en être ainsi. Que l’on introduise dàiiS un uretère , dqut: la couleur est parfaitement blànche ) une certaine quantité de sang^ fluide, on ne tardera pas à observer j après avoir lié ses deux extrémités 5 que le tissu derce.éonduit acquiert une couleur rouge. Cela posé, on se rendra aisément compte de la^ présence de stries de la même couleur le long de la par^ tie interne des veines, de la coloration en rouge de toutes les tuniques de ces vaisseaux, de la surface interne des oreillettes, des ventricules du ceeur . et des troncs artériels qui contiennentjdu sang , de la couleur rouge du tissu cellulaire sous-cutané lorsque ses aréolès contiennent une sérosité sanguinolente , des taebes rougeâtres ou brunâtres des portions de l’estomac qui sont en contact avec.le foierct la rate. C’est à la transsudation de la bile qu’il faudra rapporter les taches d’un jaune verdâtre que l’on remarque sur la portioni droite et ascendante du colon , sur. le duodénum. L& 5 matières stercorales finirons?

également par injprégner de leur odeur et deleur ccnfe leur Içs parties -qui lea environnent. La coloration -deà' divers tissus dont nous venons de parler est d’autanJfc plus marquée que le sang etdes; antres fluides offrentj est-elle très-manifeste lorsqné'

Icî cadavre est déjà 'putréûé , ou que l’individii a suc?çpiubé à. une de ees affections dans lesquelles lé sang reste fluide. - -

^-Congestions de sang^ etiépanchemens de jlmdes séreita:. Les vaisseaux à.\x cerveau quelquefois gorgés de' sang par 1 effet, de la mort, ce qui tient à la distension d.e 1 estomac pac des gaz , et au refoulement Cri haut du tliaphragine et .du sang contenu dans le côté droit du cœur. Les: v£iTies:àvL>rachls peuvent également être le siège d’un pareil engorgementy surtout éhez les veillards et à la suite de certaines- maladies : ce phénomène que I on aurait tort d! attribuer à une violence an térieure , à une commotion de la moelle épinière,- peut n’êîre qu un effet de lamort , d’autant plus facile à concevoir que le plus souvent le Cadavre reste couché horizontalement sur le dos.

Maisc estparticulièrement dans les poumons cpie l’on remarque les congestions sanguines dont nous parlons;

V agonie n-' a pas été longue ^ la portion dès poumons qiiietaitla plus declive aurao ment du refroidissemeTVt à\x cadavre^ sera engorgée ; si. Comme il arrivele plus ordinairement, rindividu est couché sur le dos au moment de la mort , et que le cadavre n’ait pas été retourné , la congestion sanguine se trouvera dansla portion dorsale des poumons ; elle occupera au contraire leur partie antérieure ou leur partie inférieure ,'si au m om enlf de la mort l’individu était couché iéÜr -lé? ventre Ou dans une situation verticale, comme dans la suspension, et que i on n’ait point changé l’attitude du càdavre pendant le refroidissement. Si on retourne le cadavre: immédiatement après la mort, les .poumons

présenteront à peiné qtiëlquës‘ trâ^cés"' d’engorgeméri t dans la partie qui était la plus déclive quand riridîvidu a cessé de vivre j tput.le ^apg s’acçpmulera dans les portions les plus décrives’aü moment du refroidissement. Si Y agonie a été longue pu que le malade ait succombé à une affection du thorax avec gêne considérable de la respiration , la congestion sanguine occupera la partie des poumons la plus déclive au moment dè%a Tfzûrt :^on:'3i hèâvi retourner sur le ventre le corps d’un pareil individu qùî voient d’expi¥ér étant coucHe sur le dbs, l’éhgbr^émént sang'uîri sè trouvé dans la portion dorsale dè'îapartie tîiorâchique des poumons; celle qui est la pins déclive au moment du refroidissement offre à peine quelques traces de congestion. Il suit de ce qui précède que l’on se tromperait en voulant jdger d’après la lividité de telle ou de telle autre partie dés poiimons , la situation de Tindividu au moment^dè^îa mort ou du réfroidissenrent du cadavre , *pnisqCL*â.' est évident que Fon dait tenir compte aussi de tâ' düreé de l’agonie. ' - - ^ ^

'Nous avons 'mis les épanchemens 'dê-fluidés séreux au nombre dés pberionlènes câdàvëfiques";'-ën êffëtles •'cavités dè'H’arabbnîiïd'é, de la plèvré ,"d'u"p'éricard^^, dn 'péritoine; dé'ia tûniqué vaginale éf^dè'tdutll^fes “p'artiePair^é"§ang 'est accumulé'; sont ■“sié'gè; dé"'pàïéîlâ^Ié|)aricbeniens; la gaine -ffiéTiîripefâie -dir raiâîiè'lpéuï^ëgàîèment "contènir unè cetÎËtîâ¥^uânti té de sërdsTtéiîînpide , jaunâtre où viSquénsé;"<lft?ân-' tiéè 'varialib/^sûivant'la constitution du'’sùjét"*^^4e temps du 1^'bn^‘èn fait l’ouvertüre' : ‘ééfte' indicaSèn doit suffire pour éviter de ràppôrter à une cdSséSPid-

nérante,ou, à un^inalaslie.^rganique^^e qui est l’effet de la mort. ^ ,

THÈNTE-DEUXIÈME LEÇOJN;

ArTÏCL'E'ÏIÎ.

- -Pe l’oui^erture des cadavres -J z ' .

ju^id/que, d’un cadavrl "ne Tdoit être %te qu’eu présence du magistrat ou de son commissaire. Le médecin doit procéder lui-mçme à cette opé-

ratîon,^.. Ce. n’est,ordinairêmept que.vingt-quatre heures

ap/es la mort Men constatée la loi permet d’ouvrir un cadavre^ quoiqu’un.éta(avajicé de putréfaction genre de mort excluant tout soupçon de vitaîi^e^pujsvent faire avancer le^ moment de cette oujertupj mais on peut se Hvrer de suite à l'examen .Ç^térieqr du cadavre. Quand bien même le corps serait dans un état très-ayancé de putréfaction ,^ce. noterait pas une raison pour se dispenser de l’examiner. Les xn^gifti^ts appellent quelquefois l’homme de l’art pour faire un rapport sur des cadavres enterres depuis longt^emps , ou qui ont séjourné dans l’eau ou dans des ^|os||s d’aisance J il arrive spuvent alors que les lésions molles ne peuvent êjre .constatées, mais continuité dan s les parties,, dures sont -BlW^f^mnt reconnaissablés"; il .est même possible de -p^P^llir ^ans les cavités , malgré leur émt avancé de ,^ecoi,pos.tion putridp, des liquides, ou 'dqs„ solides dopt l analj^ç .peut sers irà résoudre la question d’ero-

pq^q^uemfnt.(/^qyazpage496, et tom.II', pag. 4a5.)

Il n’est pas nécessaire de dire qü’on' ne doit jamais fairé ' sur un cadavre d’incisions inutiles , ni briser le^ oi ,ni ‘ déchirer les parties molles 5 il faut au contraire que les coupes soient, nettes , afin de ne point altérer lÿ"

forme du corps, la face, etc. On doit tenir noté dé éë-' que l’on observe và mesure que l’on opéré. Le local choisi pour faire l’ouverture sera, autant que possible, spacieux , aéré.,^ bien éclairé ; toutefois il con vient faire la première visite dans l’endroit même où lé cèrps a été trouvé-, le transport dérangeant nécessaireùiéhtfi l’attitude, et pouvant changer l’état d’une-plaié,d’ûhë fracture, d’un engorgement sanguin , etc.^ Les insfru^ ^ mens nécessaires sont : une table solide assez longue pour y étendre le,Gorps, des scalpels, des eiseaùxv dés H érignes, des pinces, un tube, des bougies, des sondés>^^ des stilets, un compas , une seringue , un mécomètré, f des aiguilles courbes et droites , de la ficelle, du ^grés’-" fil, des épongeis, des vases remplis d’eau , un côùteati'"'

' ] ^ ^ ^ aï

(i) Mécojnètre longueur, et de/«srfiay, .niesnre.o'?

Instrument inventé par M, Cliaussier, et composé d’une règlÇ:; ;: en bois où tige carrée , longue d’un mètre, divisée sur deux côtés opposés en décimètres , etc. ; une lamé dé ciilvre qui est , arrêtée il angle droit à une extrémité dé cette tî^ê , donné un ^ point-fixe^ il y ^ enbptre un curseur de même fôrme et'dé' ® même métal qpi glisse sur la tige , et que l’on peut à vôloiltéï iî écarter et rapproclier ùu. point, fixe , et même, arrêter^ artoa moyén d’une vis; ou peut avoir par ce moyen la . longu^nS* '*"du corps qüéd’ôn' mésurè , et la division exacte en centimètres^ millînïëtres^ etc; (Chaüssièr , thèse de Lecieux.) Â défaut de cet: instrument , bn peut en employer un semblable à celui dont les cordonniers se servent pour prendre mesure. "

droit fort bien : tra«ehai^t ^<-mî«^.s:cie=?dÊôite/ uné-ati* tre convexe sur son tranchant, un trépan avec ude large couronne ,, une lame tronquéei d’un tranchant ferme et bien- affilé, un couteau mince et fle^ble, un éléyatoire, un coin , un marteau.-

PK^Çf^Mions h prendre avant Vàüverture du cadavre.

le; lieu. où le corps a'-été trouvé" est éloipé ou non de la voie publique, des' habitations j sijc’estune mare, une fosse d’aisancè, un é'ndroit sec, humide, chaud ou froid; si le cadavre était dans l’eau ou sous terre; si on voit auprès dè lui dés lacets, des cordes, de la charpie, de l’étoupe,, ou^'un instrument meurtrier; quelle est la situation de celui-ci par rapport au corps : s’il est placé dans l’unu des mains dù cadayr-e,,il-faudra.s’assurer s’ilaélé bîèn saisi par lui, ou s iln a été. placé ainsi qu^aprês coup ;' circonstance^ forf i|nportante pour distinguer l’homieide- du suicidev et.quirpent être singulièrement^éclaircie- par le degré de pontrac^ ,des .doigts Lr. le corps vulnérant. S’il y a du sang répandu dans le voisinage, les traces en seront suîviés,“ et la quantité quia qm s’écouler des blessures s“èra approiimativement calculée. On notera l’heure précise à laqueliêi le cadavre a été découvert, sa position, son attitude; s il est. enveloppé, on recherchera si les vêtemehs offrent des traces de sang ou de tout aûtre fluide, s’ils sont déchirés-fet souillés de boue, d’excrément ou de poussière. On lé déshabillera avec précaution et on examinera avec Ja plus grande attention quelle nst la couleur des différentes parties du corps, • si la peau est couverte d’un enduit sébacé, si l’épiderme se dé-

tache. Si on observe des contusions, des excoriations, des piqûres ou d’autres blessures (^'vojez Blessures), on en indiquera la situation , la forme , la longueur, la largeur et la profondeur, à l’aide des doigts, des sondes, desstilets, des bougies, du compas, etc. On aura soin de déterminer si les taches livides que l’on remarque sont des ecchymoses , des lividités cadavériques, ou des vergetures. ( Voyez Mort. ) Pour ne rien laisser à désirer à cet égard, on étudiera successivement toutes les parties du corps : ainsi on notera si la tête n’est point déformée, si elle ne présente point de tumeur, d’enfoncement, de lésion extérieure, aux fontanelles, aux sutures; si les oreilles, les yeux, le nez, la bouche, ne contiennent aucun corps étranger, comme du foin, de la paille, de la boue, de l’étoupe, etc.; si le col n’offre aucune tache circulaire, oblique, ou digitale, ou des traces d’une autre impression , si l’articulation de la tête avec la première vertèbre cervicale ne jouit point d’une mobilité insolite ; si le thorax est bombé ou aplati ; s’il n’existe point au dessous du sein , dans la région du cœur, quelque trace de piqûre; si en appuyant sur le sternum et sur l’épigastre, on ne voit point sortir par la bouche ou parles narines des fluides écumeux, séreux, sanguinolens, etc.; si l’abdomen est tendu J résistant, mou; si le cordon ombilical est détaché ou non, et dans ce dernier cas, s’il est flétri, desséché ou mou, gros, etc.; si le nombrilest rouge , en suppuration , cicatrisé , etc.; si les membres présentent la disposition , la forme et consistance qui leur sont propres ; s’ils sont luxés ou fracturés, ce que l’on connaîtra en les pi’essant avec

les doigts , en leur imprimant divers mouvemens , et surtout en les incisant; cette dernière opération est encore indispensable pour juger s’il y a du sang épanché sous les aponévroses , dans le tissu des muscles, et meme à la surface des os longs. L’état plus ou moins avancé de putréfaction dù cadavre sera soigneusement remarqué, et on devra avoir égard aux circonstances de température , de climat, de localité qui ont pu avancer cette désorganisaticm ( page 4yy.)

Si la nature peu favorable de l’endroit où le corps a été trouvé ne permet point d’en faire l’ouverture, èt que le transport soit jugé indispensable, le médecin n’abandonnera pas un instant le cadavre ; il aura soin que dans cette opération , rien ne puisse Tendommager ou en augmenter les lésions ; il le fera en conséquence transporter de préférence sur une civière , le cahotage d’une charrette pouvant opérer des chan^ gemens dans le rapport des parties - si l’autorité n’a point de brancard à sa disposition , le corps sera placé dans la ^iture sur un Ut de paille, et la tète sera fixée de manière à rendre les mouvemens mdirts sensibles • on bouchera avec soin les ouvertures par ou peuvent s’écouler les liquides dont il est important de faire l’analyse. Le corps arrivé au lieu de sa destination il

fouc^,sil’oncroitnéeessairedefùireminouvelexamen

des; blessures , chercher à le mettre dans la même situation que celle pù Ua été trouvé. Si l’heure avancée de la

journée, le défaut d’instrumens nécessaires, ou d’au très raisons, ne permettaient point de faire de suite

louverture, il faudrait prévenir la putréfaction du cn-

davre, en le plaçant, autant que possible, dans un en-

tlrôit frais } on pourrait même le couvrir de glace , de charbon , de sable bien fin , répandre sur lui des liquides alcoholiqu es.

Avant de procéder à l’ouverture du cadavre d’un fœtus , on lave et on essuie toutes les parties du corps; on le pèse, on détermine sa longueur ainsi que celle des membres thoracbiques et abdominaux , des pieds , de la tête; on note la. hauteur du corps de l’os maxillaire inférieur , et surtout on cherche à apprécier si l’insertion du cordon ombilical correspond au milieu ou à toute autre partie du corps ; on tient compte de l’état des cheveux, des poils, des ongles, des paupières et des proportions respectives de la tête, du thorax et de l’abdomen. '

S’il s’agit d’un adulte, on relève exactement le signalement, quand bien même il porterait sur lui des paj^iers indiquant son nom et sa profession; car ces papiers peuvent avoir été substitués par les assassins , pour donner le change. La taille est mesurée avec soin; on note la couleur des cheveux, l’état des dents et tous les caractères propres à faire juger l’âge de la personne et l’époque de sa mort. ( ^ ojyez âges. )

Supposons maintenant le cas où l’autorité ordonnerait l’exhumation d'un cadavre , plusieurs jours ou plusieurs mois après la mort de l’individu : il faudrait alors prendre des précautions d’un autre genre qu’il importe de faire connaître : on emploierait un nombre d’hommes suffisant pour que l’exhumation fut faite promptement ; 2® on se servirait de préférence de bêches , afin que la face des ouvriers ne fut pas trop rapprochée du sol où gissent les cadavres; et, à mesure qu’on

fouillerait , on aurait soin d’arroser avec Une liqueur composée de six onces de chlorure de chaux dissous dans quinze à dix-htiit livrés d’eau (i); la bouéiié èt les narines des fossoyeurs seraient garuiés d’un mouchoir trempé dans du vinaigre j on laisserait un mtervaiie marqué entre chaque arrosement j 3" lorsqu’on serait arrive à l’endroit ou se trouve lé cèrcueil Ou lé cadavre , on y jetterait sept ou huit ^res de la dissélutîdn mentionnée; si le cerceuil n’était pas endommagé , on le retirerait tout entier; s’il était brisé et qu’il répandît une odeur infecte, on en dérangerait avec précaution une des planches , et Fon ajouterait assez de liqueur désinfectante pour le côuvrir , ainsi que le cadavre : il suffit , dans la plupart des cas, dé laisser ih acerèr ainsi le corps pendant quelques minutes, dans trois cents livres d’eau tenant en dissolution trois ou ^uatré livres de chlorure dé chaux, lui donner plus dé‘ consistance e^ détruire Fedeür fétide; on retirerait le cadavre du cerceuil, on l’exposerait à Fair pendant quelques minutes , puis on commencerait les recherchés; 5° si la putréfaction était moins avancée, où que par un motif quelconque il fût impossible de plonger le corps entier dans le bain dont nous parlons, on répandrait sur sa surface quelques verrées de la même dissolution : c’est ainsi que nous avons procédé lors

(i) On prépare ce chlorure en mettant dans l’eau de la chaux etemte , ét en poudre fine , et en la saturant de chlore gaz^x: il ne s’en produirait pas un atome si l’on employait de la chaux vive ou du marbre.

de l’exhumation que nous avons été chargé de faire le I®' août 1828 ( Voyez page 496). A peine avionsnous jeté deux ou trois pintes de cette liqueur sur le cadavre, que l’odeur fétide avait disparu comme par enchantement.

Maniera de procéder a V ouverture du cadavre d’un adulte. On nous accusera peut-être de prolixité, en nous voyant consacrer quelques pages à la description d’une opération en apparence si simple, et que l’on pratique tous les jours : un pareil reproche ne serait point fondé, car il est démontré que, dans la plupart des cas, les ouvertures juridiques des cadavres sont faites avec très-peu de soin , et d’après une méthode vicieusn; ce qui empêche d’en tirer tout le parti convenable. Voici comment il faut procéder.

Crâne. On rase ou on coupe les cheveux, puis on fait deux incisions qui pénètrent jusqu’à l’os : l’une, longitudinale, s étend depuis la racine du nez jusqu’à la partie postérieure du cou ; l’autre, transve^ale, commence à une oreille, et se termine à celle du côté opposé , en passant sur le sommet de la tête. Les quatre lambeaux provenant de ces incisions sont détachés, à l’aide du scalpel, et renversés; alors pn trace, avec la pointe du bistouri , une ligne circulaire qui doit passer un peu au-de/sous des arcades surcilières , de la racine des arcades zygomatiques et de la protubérance externe de 1 occipital. On scie les os dans la direction de cette ligne, que Ion doit considérer comme une sorte de conducteur, et l’on évite soigneusement d’entamer les méningés; pour cela il est préférable de rester en deçà que dè dépasser l’épaisseur de l’os dans certains

( SaS )

points , d’autant mieux qu’il suffit de frapper légèrement avec un marteau sur un coin ou sur un couteau tronqué placé dans les parties qui n’ont pas été atteintes , pour diviser celles-ci. On soulève alors la calottè du crâne avec un ciseau , et on détruit les adhérences de la dure-mère en faisant glisser entre cette membrane et les os un couteau mince et flexible. Pour mettre le cervelet à découvert , on enlève la calotte dont nous venons de parler, et on applique deux traits de scie qui se dirigent obliquement de chacune des régions mastoïdiennes vers le trou occipital. La plupart des anatomistes , après avoir incisé les parties molles du crâne jusqu’à l’os , enlèvent la calotte à coups de marteau : ce procédé , beaucoup plus expéditif que celui qui vient d’être décrit, offre des inconvéniens tellement frappans , surtout lorsqu’il s’agit d’une ouverture juridique, qu’il nous semble inutile de les signaler : toutefois, comme il pourrait se faire que l’homme de l’art n’eût pas à sa disposition les instrumens nécessaires pour faire l’ouverture d’après la méthode que nous avons indiquée, il importe de savoir qu il est préférable en pareil cas d’employer un marteau non fendu.

Après avoir ouvert le crâne, on incise la dure-mère pour mettre le cerveau à nu.

Rachis. Le cadavre étant couché sur le ventre , de manière à ce que la tête et les membres abdominaux soient pendans , et l’abdomen et le cou soulevés , l’ori pratique deux incisions, l’une longitudinale, qui s’étend du milieu de l’occipital jusqu’à l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre des lombes; l’autre ttans-

versaîe, qui va de l’apophyse mastoïde d’un côté à celle du côté opposé ; on détache la peau et la masse des muscles jusqu’à l’origine des côtes; puis , avec la scie, on divise les lames des vertèbres , eti se rapprochant autant que possible des apophyses transverses. Si , comme il arrive le plus souvent, la séparation de cette portion osseuse n’était point complète , il faudrait l’achever en frappant avec xin rharteau sur un coin ou sur un couteau tronqué place obliquement dans les traits de scie. On incise le canal delà dure-mère et l’on voit la moelle épinière ; mais , comme l’observe M. Béclard, on ne peut apercevoir, en suivant ce procédé , que le quart ou tout au plus le tiers de sa circonférence: a il ^udrait, dit-il, pour pouvoir étudier convenablement cet organe, détacher les côtes de la colonne vertébrale , et diviser celle-ci dans le pédicule de la masse apophysaire de chaque vertèbre. » L’ouverture des autres cavités aurait du précéder celle du rachis.

Thorax et Abdomen, pratique de chaque côté une incision qui va de la partie moyenne et supérieure du sternum jusqu’aux pubis, en passant par la partie moyenne des côtes et par bépine antérieure et supérieure de l’os iliaque : ces incisions ne doivent comprendre aü niveau de l’abdomen que les tégumens. Alors on scie toutes les côtes, excepté la première, en ayant soin de les soulever à mesure qu’on les coupe , pour ne pas intéresser les. poumons. A l’aide d’un autre trait de scie, on divise transversalement la partie supérieure du sternum , que l’on renverse eusuite en coupant les attaches du diaphragme, le ligament suspenseur du foie , et la faux de la veine oxnbilicale ;

il ne reste plus alors qu’à soulever le lambeau et à couper les muscles de l’abdomen qui n’avaient pas été incisés. Ce lambeau étant renversé sur les cuisses , on aperçoit les viscères dans une grande partie de leur étendue. Si par hasard on ne voulais ouvrir que la poitrine, on procéderait comme il vient d’être dit, excepté qu’^n ne scierait point les deux dernières côtes, et qü’pn ne couperait ni le diaphragme ni les muscles abdominaux : il serait donc inutile de prolonger l’incision jusqu’aux pubis. L’examen du canal digestif, dans un cas d’empoisonnement , exigerait un certain nombre de précautions que nous ferons, connaître plus tard. tome II, page Sji.)

Pharynx , Trachée- artère. Le cou étant fortement tendu,, on fait deux ipcisions, l’une longitudinale, qui s étend du milieu de la lèyre inférieure jusqu’au sternum; l’autre transversale, qui va depuis un des angles de la mâchoire inférieure jusqu’à l’autre : après avoir détaché les lambeaux qui en résultent au cou , on scie la mâchoire dans sa partie moyenne ; les deux portions de l’os sont alors facilement écartées , et l’on n’a plus pour découvrir toute l’étendue du pharynx, qu’à abaisser la langue et à diviser les piliers du voile du palais. Il suffit, pour parvenir jusqu’à.l’interieur du larynx et de la trachée - ar^ere , d’inciser 1 isthme et la glande thyroïde par sa partie moyenne , et de renverser les deux lambeaux.

Bassin. On fait une incision qui va dé la branché supérieure du pubis jusqu’au delà de l’ischium , en passant vers le milieu du trou obturateur ( sous-pubien ) ; on scie la branche du pubis et l’ischium dans

la direction de cette ligne; bn coupe les muscles, et on peut apercevoir les organes contenus dans l’excavation du bassin.

Il est toujours indispensable d’ouvrir les trois cavités splanchniques ; la plupart dés rapports pôurraient être frappés de nullité si on avait négligé ce précepte. L’homme de l’art qui n’aurait point rempli cette formalité serait beaucoup plus coupable encore, s’il se permettait de décrire l’état des organes renfermés dans une des cavités qu’il n’aurait pas ouverte. M. Briand rapporte qu’en i8i6, les sieurs D. et N., officiers dé santé, furent appelés pour faire l’examen juridique du cadavre de N. , meunier dans la commune de P. , lequel avait été trouvé debout ^ la figure appuyée contre ta pente tr'es-douce de la chaussée de son étang , les bras étendus , te chapeau sur la tête , et seulement recouvert de deux ou trois pouces dé eau, tes pieds étant enfoncés de six pouces dans la vase. Ces experts omettent d’ouvrir le crâne , et disent néanmoins qu’ils ont trouvé le cerveau engorgé. Ce sujet n’offrant aucune trace de violence extérieure, il était naturel de conclure que la submersion avait eu lieu par accident ; mais la clameur publique , qui ne cherche que des coupables , dirige des soupçons sur le sieur H, , voisin et ami du défunt. Une contre-visite est ordonnée , et il est constaté que Y ouverture du crâne n^a pas étéfaite. 'hQs premiers rapporteurs sont traduits devant la cour d’assises du département d'Ille-et-Villaine , accusés Savoir constaté comme vrai un fait faux , dans un procès verbal qid ils rédigeaient en qualité d’’ officiers publics : parce qu’ils oyaient déclaré qu’ ouverture faite dit cadavre, dont ifs.

étaient chargés de constater l’état et les causes de mQrt, ils avaient donné une attention particulière aux viscères et organes de la tête y ainsi qu’ aU' cerveau y qu’ils ont trouvé engorgé.... (Extrait de l’acte d’accusation.) Ils furent acquittés , par la raison que , les gens de l’art n’étant point des officiers publics , mais de simples arbitres , il ne pouvait y avoir lieu à condamnation contre eux, en vertu de la disposition de l’art. i46 du Gode pénal. Le sieur H. fut aussi déclaré innocent. Une longue détention, des débats toujours pénibles pour les accusés , une procédure dispendieuse , tel fut le résultat de l’oubli du principe le plus simple de la médecine judiciaire.

S’il y avait épanchement de sang dans une des cavités dont nous venons de parler, on enlèverait avec la main les caillots qui pourraient s’y trouver, et, avec une éponge, on absorberait toute la portion fluide, afin de découvrir plus facilement l’ouverture du vaisseau lésé.

Manière de procéder a V ouverture du cadavre d’un fœtus ou d’un erfant nouveau - né. Pour " examiner 1 encéphale, il faut, d’après M. Chaussier, après avoir dénudé le crâne, comme il a été dit, faire avec la pointe du scalpel une petite incision à la commissui’e membraneuse qui unit l’os frontal au pariétal 5 à l’aide de cette ouverture, qui comprend l’épaisseur de la duremère, on introduit la lame des ciseaux, et on coupe successivement les commissures qui l’unissent à l’os frontal, au temporal et à l’occipital; mais il faut éviter d ouvrir le sinus latéi’al de la dure-mère, qui est toujours rempli de sang fluide; il importe pour cela de ^ s éloigner de 1 angle mastoïdien du temporal. Lorsqu’on

a coupé les commissures membraneuses sur les trois bords de l’os, on le soulève, on le renverse vers le sommet de la tête, et on le coupe dans son épaisseur à quelque distance de la ligne médiane , afin de ne point ouvrir les veines qui se rendent au sinus longitudinal ; on enlève avec les mêmes pi’écautions la portion de l’os frontal; l’on découvre ainsi la plus grande partie d’un des lobes du cerveau; on fait ensuite la même opération sur le cqté opposé.

L’ouverture du rachis , du thorax , du bassin , de l’abdomen et de la bouche se fait comme chez l’adulte, excepté que l’on emploie des ciseaux , au lieu de scie , pour couper les os.

Plusieurs des procédés dont nous venons ^e parler doivent être modifiés suivant les circonstances. Ainsi, s’il y avait une blessure au côté droit de la tête, ou que l’on soupçonnât un épanchement du même côté, il faudrait n’enlever d’abord que la partie gauche du crâne, afin de conserver entière toute la partie droite; après avoir détaché les tégumens, on ferait avec la scie, ou avec les ciseaux, une coupe demi -circulaire qui s’étendrait du milieu de Vos frontal à la partie moyenne de l’occipital, et une autre longitudinale dans la direction de la ligne médiane , qui commencerait à l’os frontal pour se terminer à l’os occipital : en enlevant cette tranche osseuse, on aurait une ouverture assez grande pour détacher et enlever facilement toute la partie gauche du cerveau. Si la blessure était au front on procéderait de manière à conserver toute la région frontale, c esî-à-dire que l’on ferait deux coupes, l’une transversale , qui , de la région temporale d’un côté .

s’étendrait à l’autre en passant par Te sommet du crâne; l’autre, demi-circulaire, qui, de l’os occipital j s’étendrait, à droite et à gauche, aux deux régions temporales, et se réunirait aux extrémités de la coupe tranversale.

Si l’un des côtés du thorax était le siège d’nne fracture , d’une plaie pénétrante, etc. , il faudrait couper les côtes du côté sain avec la scie ou les ciseaux , depuis la seconde jusqu’à la huitième; puis, avec le scalpel courbé en serpe, on couperait près du sternum les cartilages des seconde, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième côtes, et, avec la pointe du scalpel , on achèverait de séparer en haut ce large segment, .que l’on renverserait du côté de l’abdomen ; on procéderait ensuite de la même manière à l’ouverture de l’autre côté. ( Chaussîer, Tableaux synoptiques, et Reftard^Dissert. inaugurale suiT’ouverture des cadavres.)

Il est inutile de dire que le médecin doit noter exactement toutes les lésions qu’il découvre dans les' muscles, les nerfs, les vaisseaux, les viscères, etc., à mesure qu’il fait l’ouverjure du corps ; il ne doit jamais manquer d’examiner le genre de ces lésions, la direction précise des plaies, les organes qui ont pu êti’e atteints ; il doit surtout noter s’il y a phlogose , suppuration, gangrène, épanchement, etc., : nous avons déjà indiqué dans l’article précédent, quelles étaient les altérations des solides et des liquides , que l’on serait tenté de regarder, au premier abord, comme étant la suite d’une violence extérieure, et qui sont l’effet de la mort.

Manière de procéder a l’ouverture d’un animal quadrupède. L’homme de l’art est requis, dans quelques

cas de médecine légale, pour ouvrir un quacirupède. La méthode indiquée pour faire l’ouverture du crâne et du rachis peut être suivie sans inconvénient; quant au thorax et à l’abdomen, il faut, après avoir couché le corps sur le côté droit et avoir soulevé le membre antérieur du côté gauche, couper transversalement les muscles qui se rendent de l’épaule au thorax; alors on renverse ce membre en haut et en dehors , pour découvrir toute la paroi gauche de la poitrine ; on scie les côtes à leurs extrémités dorsale et sternale, ce qui donne un lambeau fort large que l’on renverse du côté de l’abdomen. Pour examiner les viscères abdominaux, on fait une incision longitudinale qui s’étend depuis la derniere fausse cote, et près des vertèbres des lombes, jusqu aux pubis, en côtoyant la crête de l’ilium.

Précautions a -prendre apres avoir fait l’ouvertuÿ^ du cadavre. Le docteur Renard a consigné dans sa Dissertation inaugurale , un : certain nombre de propositions relatives à cet -objet, qu’il nous semble utile de faire connaître, Les recherches faites sur le cadavre étant terminées, on rassemble toutes les parties, on les remet dans leur situation première , on fait coudre à grands points toutes les incisions , on nettoie le corps,, et on l’enveloppe dans un grand drap que l’on fait coudre, et qui est ensuite scellé par le commissaire; on le dépose dans le cercueil. 2° C’est à tort que, dans le dessein d’absorber des liquides épanchés, on remplit les cavités splanchniques de son-, de sciure de bois, de cendres, de chaux vive, etc.; car ces poudres changent tellement l’aspect des parties, que Ion aurait beaucoup de peine à retrouver ce qu’on-

aurait annoncé dans un premier^rapport, si on était obligé de faire de nouvelles recherches sur le cadavre. 3® On doit éviter, autant que possible, d’emporter un viscère ou toute autre partie du cadavre et, si l’on y était forcé, il faudrait en faire mention dans le procès verbal. 4° La partie ainsi détachée serait enveloppée dans un linge que l’on renfermerait dans un pot bien bquché dont on ne confierait le transport qu’à des personnes sûres ; sans cela la pièce pourrait disparaître ou être changée. 5° Les parties molles du cadavre que l’on croirait devoir conserver seraient nettoyées et placées dans un hocal que l’on remplirait d’alcohol, et que l’on boucherait fort exactement. 6® Si pendant l’ouverture du corps le médecin s était fait quelque piqûre aux doigts, il devrait cautériser les parties entamées, et rester sans inquiétude

sur les suites i eette précaution serait indispensable surtout SI on faisait l’ouverture d’qn sujet mort depuis quelque temps , ou atteint d’une maladie putride et contagieuse. 70 Les précautions à prendre dans le cas d’empoisonnement seront indiquées à la page Syi dutomell.

trente-troisième leçon.

Présomptions de survie.

Lorsque plusieurs membi-es d’une famille périssent a la suite d un incendie , d’un écroulement ou de tout autre accident , il importe de décider lequel est mort le premier , afin de régler l’ordre des successions : on conçoit, en effet, que celui qui a péri le dernier a hérité , et que la succession doit être transmise à son

héritier légitime. Voici l’état de la législation actuelle sur cet objet.

« Si plusieurs personnes respectivement appelées à la succession l’une de l’autre périssent dans un même événement sans qu’on puisse reconnaître laquelle est décédée la première , la présomption de survie est déterminée par les circonstances du fait , et à leur défaut par la force de l’âge et du sexe. »( Code civil, art. 720. ) ,

« Si ceux qui ont péri ensemble avaient moins de quinze ans , le plus âgé sera présumé avoir survécu.

« S’ils étaient tous au-dessus de soixante ans , le moins âgé sera présumé avoir survécu.

« Si les uns avaient moins de quinze ans , et les autres plus de soixante , les premiers seront présumés avoir survécu.

« Si ceux qui ont péri ensemble avaient quinze ans accom- • plis , et moins de soixante , le mâle est toujours présumé avoir survécu lorsqu’il y a égalité d’âge , ou si la différence qui existe n’excède pas une année.

« S’ils étaient de même sèxe , la présomption de survie, qui donne ouverture à la succession dans l’ordre de la nature , doit être admise; ainsi le plus jeune est présumé avoir survécu au plus âgé. » ( Code civil, art. 721 et 722..}

Chabot ( de l’Ailier ) remarque , à l’occasion de ces articles , que la loi n’a point prévu le cas où l’une des personnes péries dans le même événement , avait moins de quinze ans, et l’autre plus de quinze , mais moins de soixante. Il est évident , dit-il, que celle-ci doit être présumée avoir survécu, parce qu’elle avait plus de force : cela résulte nécessairement , et de la disposition de l’article 720, qui porte , que la présomption de survie doit être déterminée par la force de l’âge , et de tous les motifs qui ont fait admettre les distinctions établies dans les articles 721 et 722. (Commentaire sur les successions, tome I , page 48. )

Il résulte évidemment de ces dispositions, que le législateur ne juge les questions de survie d’après la

force de l’âge et du sexe , qu’autant qu’il est impossible de déterï^iiner les circonstances du fait par la preuve testimoniale, etc. Adopterons-nous avec M.Fodéré , que l’autorité doit consulter les gens de Fart pour obtenir des éclaircissemens sur quelques-unes de ces circonstances , ou bien admettrons - nous , avec Belloc, Mabon et quelques autres auteurs que le problème dont il s’agit étant au - dessus des ressources de là médecine , fl vaut mieux laisser agir la loi en "aveugle, que de prétendre mal-à-p;ropos l’éclairer par des conjectures vagues ? La lecture attentive des observations et des raisonnemens mis en avant par le professeur Fodéré, qui est, sans contredit. Fauteur qui a. fait le plus d’efforts pour atteindre le but, nous semble prouver jusqu’à l’évidence qu’il est beaucoup plus raisonnable dé' partager l’avis de . Belloc . et de Mahon. Toutefois nous croyons devoir mettre le lecteur à même de juger la question, en lui présentant un sommaire rapide du travail de M. Fodéré. On parvient, dit Cet auteur/, à estimer que dans un accident commun tel individu est mort plus tôt que tel autre , i° en ayant égard à l’état et aux conditions des personnes; 2° en examinant les lésions que présentent les cadavres.

Etat et condition des personnes. Les indices que M. Fodéré croit pouvoir tirer de l’état et de la condition des personnes sont relatifs à l’âge , au sexe, au tempérament, à l’habitude du corps , aux maladies , aux forces corporelles et aux affections de l’âme. — Age. Les enfans , les impubères et les personnes très - avancées eh âge succomberont, en générai, plutôt dans un danger commun , que les adultes , les jeunes gens et ceux qui

se trouvent placés dans l’âge viril ou au commencement de la vieillesse. Cette règle peut avoir des exceptions. — Sexe. Tout étant égal d’ailleurs , les femmes périront avaùt les hommes, à moins quelles ne soient plus réglées , car , alors , elles doivent être assimilées aux hommes , sous le rapport de la mortalité. Cependant les femmes pourront résister plus que les hommes, parce qu’ayant la poitrine plus large , elles souffriront moins du défaut de respiration , et parce que perdant facilement le sentiment, elles évitent une grande partie des horreurs du péril. — Tempérament. Celui qui est doué d’un tempéraroment pituiteux meurt le premier, vient ensuite le rnélan colique , puis le sanguin, et le bilieux ; on doit avoir égard aux nuances qui les compliquent et aux diverses circonstances qui modifient la constitution élémentaire. — Habitudes du corps. On peut estimer qu’une personne grasse par l’effet de sa nourriture meurt avant celle qui l’est d’origine , et si un maigre et deux gras succombent dans un danger commun, le gras par nature meurt le premier, puis le gras par accident , ensuite le maigre de constitution. Il pourrait cependant y avoir une exception à cette règle , dans les . cas de naufrage ou de submersion ; c’est-à-dire qu’un gras pourrait survivre à un maigre. — Maladies. Il est naturel de penser que les malades opposent moins de résistance que ceux qui se portaient bien avant l’accident; dans le cas où plusieurs individus atteints de fièvre aiguë auraient péri, ceux qui étaient attaqués de fièvre maligne seraient morts les premiers. Parmi les maladies chroniques , celle qui accélère le plus la mort, est le scorbut ; viennent ensuite

îasthme, la dyspnée, l’hénioptysie, la phtisie, le catarrhe pulmonaire , rhydro thorax , la syncope , les affections du cœur ou des gros vaisseaux, les palpitations, les vertiges, les affections soporeuses , l’épilepsie, la catalepsie, le coma et les convulsions. — cor-

■ porelî es et affections de râme. On pourrait conclure, avec une sorte de fondement, dans le cas où des personnes élevées dans la mollesse , dans l’ignorance , dans le luxe et dans l’opulenpe , auraient partagé un péril avec des hommes instruits des sciences physiques , et forts de l’expérienco que donne l’éducation et les voyages, que ces derniers auront survécu aux premiers; qti’ainsi si le père et le fils étaient morts ensemble, le père encore dans une verte vieillesse' et doué de cette force d’âme qu’on acquiert ordinairement dans une fortune médiocre ; le fils devenu par un de ces jeux du hasard un personnage élevé au milieu des flatteurs , dans l’ignorance de tous les accidens de la vie humaine ; il y aurait la plus grande vérité k penser que le fils serait mort avant le père, et ainsi de suite dans les cas analogues. — Escamen dés cadaores. Les signes tirés de 1 examen des cadavres shnt équivoques ou certains, d’après M. Fodéré. Les premiers sont la coloration de la peau des cadavres , leur température, la rigidité ou la flexibilité des membres, l’obscurcissement des yeux, l’état plus ou moins avancé de la putréfaction , etc. C’est avec raison que M. Fodéré regarde ces caractères comme équivoques, puisqu’ils présentent des différences trop marquées par rapport à l’époque de leur apparition , à leur intensité , etc. , comme nous l’avons déjà dit en parlant de la mort: on

ne pourrait tout au plus fonder cpielques conjectures sur leur ens^mble,^ que dans les cas où certains individus seraient inorts plusieurs heures ou plusieurs jours aprèsjes autres,. «et encore faudrait-il alors tenir compte dhine foule de circonstances dilficiies à apprécier.— Les signes certains àei sont les vio-

l^éfe|^et les^bjessur^^ la tête et au cceur, pré¬

férablement à toute autre partie ; viennent ensuite les blessures du poumon , des' viscères de l’abdomen , puis celles dt;s membrès. « Ainsi, par exemple, lorsqu’eii retirant plusieurs cadavres de dessous des décom- .en les uns ont été maltraités , et

dont les ùutres sont intacts , on peut présumer que la nïort a frappé ici seule et par suffocation , et que là elle à été aîdée^de corps contondans , à l’action desquels' les individus se sont trouvés plus immédiatement exposés , ét l’on peut présumer aussi qu’en conséquence ceux-ci ont dû mourir les premiers'; que si tous ées cadavres sont maltraités, on pourra dire que portent des marques de vîolencé absolument mortellés, ont été plus exposés aux effets dû désasti-e que ceux qui n’ont que des plaies ou des lésions qui ne seràiént pas absolument mortelles. » — «'Lie mûme .j dans un incendié , lorsque nous voyons que telle personne n’a été que suffoquée par l’ardeur des flammes , que telle autre a été brûlée en partie, et qu’une troisième a la tete ou une autre partie considérable du corps entièrement consumée , nous ne pouvons que présumer quê cetté dernière est morte la préraièreÿ puis I autrè , et que celle qui est intacte a survécu aux deux autres. » La situation respective des personnes

(dans Fendroit de la scène , doit aussi fixer l’attention du médecin ; celles qui sont plus éloignees de Fintensité du fléau, ont pu èssaÿèr de sortir dé la maison , de la ville, et mourir dans l’attitiide des fuyards ; or, cette attitude seule indique qu’elles ont succombé les dernièrés^ * , - * -

Telles sont les règles générales qui, suivant M. Fodéré, doivent servir de guide dans la solution du problème qui nous occupe : ces préceptes, comme nous l avons déjà fait entrevoir , nous paraissént trop vagues , trop inexacts et sujets à un trop grand nombre de restrictions, pour pouvoir être de quelque utilité ; aussi ne sommes -nous pas étonnés « que les juges aient presque toujours donne la préférenœ aux lois positivé^ , et qu’ils, se soient rarement décidés , èn semblabîé fnatîèrè, d’après les avis des médecins. » ( Fo- M;éd. légâiè, tomélï, p. 226.)

Si de 1 examen dés principes généraux , nous passons aux applications faites par M. Foderé aux diffé- P^ï'ticuliers , nous aurons occasion de nous encore qu’il a\bordé un sujet que, dans 1 éta t actuel de la science, on doit regarder comme étant au-dessus des forces humaines.

^lort par privation de nourriture et de boisson. 1° Les personnes les plus jeunes meurent les prerùières. 2® Les hommes périssent avant les femmes. 3° Les individus d’une complexion maigre et d’un tempérament ceux qui sont dans des^onditions opposées. ^ Les personnes les plus vivaces et sujettes aux maux de nerfs, résistent plus long-temps que les autres. 5® Celles qui auront pu boire, et qui

seron t restées dans un lieu humide , périront plus tard que les. autres. 6® Les cadavres qui offrent les traces les plus manifestes de désorganisation , appartiennent aux personnes qui ont succombé les premières.

Mor^ par congélation. Les individus les moins accoutumés au froid, succombent lés preihièïs. Les hôramès valétudinaire^ ,,.les enfans, les vieillards avanéés en 4ge, les. femmes, et en général tous ceux qui sont

censés etre^le. moins defôrpés 'vitales^ périssent

avant les autres.

Mort par dephaleür. Oh doit établir les présornptiqns de survie, d’après les mêmés bases que dans de,.parag.rapbe précédent.

r^Subnpersion. Dans l’asphyxie par submersiôu àtéc .yngo,u^ement,.iï est présumable que l’on périt plutôt Inysqqe la tête tombe la première, qüé dans les cas du c'est une autre partie du corps qui plonge d’aÊdfd. Les individus qui viennent plusieurs fois à la surface de l’eap^ ayant d’être ensevelis par les flots , vivent plus iQU^rtemps que ceux qui restent constamment au fond, .pu au milieu du liquide. Les hommes qiii jouissent de la faculté dé suspendre Texércicé de la respiration , succomberont plus tard que les autres, et l’observation démontre que cette faculté est particulièrement le partage des personnes faibles et valétudinaires. Dans un combat sur mer , où tout le monde' aura péri’ à l’abordage, dit M. Fodéré , il est vraisemblablè que les individus les plus courageux seront nidrts" îês‘ premiers : si le vaisseau a coulé bas , les. .meilleurs nageurs etr ceux qui auront conservé leur sang-froid et leur présence d’esprit, auront péri les derniers ; parmi

ceux t£ui ne savaient pas nager, les plus poltrons seront ^ morts après les plus courageux , parce qTi’ils n’auront pas cherché à inspirer de l’eau. Si le vâîsséaü a sauté en l’air, le plus petit, le plus faible ellë’plus poltron de 1 équipage , aura pu succomber’ fe^^^dérti'ièî’'t dans les ondes, en faisant abstraction des ^violences matérielles. i/i. =CiT= i

Mort par incendie et par écroulemëhtl 1er àun&fém

juger le fait que d’après la situation des Cadavres et d’après les traces plus ou moîris moVfelfés' qu’ils présentent. ( Fojez page 538. ) ' ' ^ '

Hoinicidiés. Lorsque plusieurs" individus' auront été

assassines, on peut supposer que les plus coiirageüx des assaillis périssent les premiers , èt' qüë les plus poltrons sont égorgés ensuite. H peut arflvér toutefois dans une décharge d'armes à feu , que les personnes les plus faibles, succombent les premières^ : on doit alors avoir égard au degré de mortalité des blessures.

,( page 538. ) . : o;:,:

Lorsque la mere et l’efrfant périssent dans rdccoulequel des deuæ meurt le"premier P Géttë^^èsh pas plus facile à résoudre que les précédentes , si Faccouchement a eu lieu saiis témoins; aussi ^ tranché la difficulté , en déclarant

que la mère est présumée avoir survécu, si elle est âgée de moins de.soixante ^s^Fo^ez^è^Hu.) Commentaire de Chabot. ) La présomption de survie est au contraire en faveur de l’enfant, si la rnère à plus de soixante ans, d’après l’article 721 du Code civih^

;^p^ge 534.) Nous n’imiterons pas les auteurs de Médelegale , qui ont cherché à approfondir la question

^ et qui ont disserté longuement sur la validité des motifs qui portèrent la chambre impériale de Wetzlar, et dans une autre occasion des médecins célèbres , a décider que la mort de la mère avait précédé celle de l’enfant ; des discussions de cette nature n’auraient d’autre résultat que de prouver l’insuffisance des sciences médicales, pour résoudre le problème dont il s’agit, jet de faire sentir encore d avantage la nécessité de s’en rapporter aux dispositions de la législation actuelle. .

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