‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 47 sur 54 · TRENTE-QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-QUATRIÈME LEÇON

De V asphyxie.

On désigne sous le nom asphyxie l’état de mort apparente produite par la suspension de la respiration, quoique d’après son. étymologie , ce mot signifie 1 absence du pouls (de a privatif et de a-Ç)ûBjs pouls). L’aspbyxie peut avoir lieu parce que Vair ne pénétré pas dans les poumons , ou parce que celui qui y pénétre est impropre a la respiration (i). Dans 1 un et 1 autre cas, le sang veineux n’étant point changé en sang artériel dans le poumon, tous les organes reçoivent du sang noir, au lieu de sang-rouge, et finissent par ne plus exercer leurs fonctions : le défaut d’action du cerveau en traîne subitement l’anéantissement de l’innervation : aussi la mort qui termine souvent l’asphyxie doit-elle être attribuée

(i) Nous faisons abstraction de l’action des gaz délétèrejs-, sur, le poumon , parce qu’elle constitue un véritable empoisonnement. (Voyez tome II , pageSaS.)

au contact délétère dè. sang -veirièux: 'et a la‘ cessation de l’influenee cérebrâle. •*-' ' - - ■

Les principales^^uses qui empêclierit 1 air de pénétrer dans les- poumons sont , section de la por¬

tion cervicale de la moelle épinièré ; les fectures deda mêmeFportion du raèhis , la ligaturé- des nerfs phréniques, etc. : cés blessures dêterminênt én effet la. paralÿsie-dètous les' muscles inspirateicrs' on de quelquesuns d'entre eux, suivant le point qu occüpé la lésion (i) ; 2 la section des nerfs pneumogastriques. à la partie . inféiieure du cou, au-dessus dularyngé inférieurÿce nerf se distribue, corhm'e oh sait, aux muscles crico-aryténoïdiens postérieurs , Gricp-aryténo'idiens latéraux, et tbyroraryténoïdiëns, dont l’usage est de dilater la glotte : laparaly.siede ces muscles, tandis que les constrictéurs couser-vent toute leur énergie , doit amener néèéssaîrement l’occiusion de ia glotte; 5°-la paralÿsie tlu poumon-, résultat de la section des'-nerfs pneumogaV- “triques : dans ce cas , la mort n’est pas instantanée : pour s’assurer que les animaux auxqueU -on a pratiqué cette operation , peuvent périr parsiiité delà paralysie du poumon, ondoit-leur faire préalablement la trachée- ^mie > autrement -ils succortibéraiéht par le défout d’action dés müseleà dilatatéùrÿ de lavette; 4« le sé-

îîêrlfes: auteurs rapporten également au -défaut d’action de

des nouveau-nés, et les asphyxies par f tout phrte à croire que les in¬

dividus qui ontreté foudroyés ou congelés, ne périssent pas asphyxiés , mais bien que léur mort doit être attribuée à L-.

cessation soudaine de i’influéhce nerveuse.

;jour dans le vide où- dans rek'ù j "5° des- obstacles tnéeâniqùes , tels que la -Côiripréssîôn du dànal aérien éx'ércéè par’des tumèûrs, par une cordé où par un lacet'^ oomme dans rétranglement dans l'à' sùspensibn ; des"^ liquidés ^épanéb’és da^sda trachée-artère , des fausses ' mêmbraries développées dans le même' conduit , laruptureridu diaphragme avec refoulement des viscèrés abdôminauX dans ■M pbî'Êriiïé , etc.

:: Lasph3ùcîie* dé.tèrminéèV parce (pie i’ air qui pénètre dans 1 es^ P ou m on S est im prbpre à 'là- r éspiTation , recbnjiaît pour cause rinspûation du gaz azoté , dé l’air non renouveiéy du gaz aéidé -carhôniqué , du gaz hÿdrôgène , étc. -Nbus né parlerons dans cét article que dé l’asphyxie par submersion , par strangulation , et par suffocation , les autres espèces devant être traitées au:3È chapitre des hléssürés et de l’empoisonnément, ou né ' présentant aucun intérêt pour la médéciiié légale.

De V asphyxie par submersion.

L'histoiré médico-légale de l’asphyxie par submer- ’ sion comprend les deux questions suivantes r ^ L’in- ' dividu que l’on trouve noyé était-il vivant au moment dé son immersion dans l’eau ? S’il était vivant , éi^t^l tombé dans l’eàu par accident, s’y est-il précipité-, où bien a-t-il été noyé-par une main homicide? Avaiit-dé' chercher à résoudre ces problèmes , il ne sera pas iiiù- ' tile de jeter iun coup d’œil sur la cause de la mort de’snoyésp que F où a tour à tour rapportéeàl’introdüction de l’eau dans l’estomac , à l’abaissénient de l’épiglotte qui ferme exactement la glotte et empêche Fair

contenvL dans les -poumons d’en sortir , à l’entrée de l’eau dans les. raanfications^bronehiques , et à la vioiation d e Tair r^n ferm%4ans la p oitrin e : , parmi ees causes , les ^en^v Sjont ^YM^S^tment déniées de

fondement et ne^méritpnt pas de rfixér Aotre attention 9 nous érodons ne de:7oir nops eèeuper que des deux autres. •

Entrée de l’eau d.ans rqmificatiof^s bronchiques^ Louis ,.GoodwyB i le doeteur Berger et plusieurs autrès auteurs , affirment qu’iltetftre, eonstamment . de l’eau dans les poumons des animaux que rom a submergés vivans. D’un autre-cèté .Waldschmit,’ Becker, DetbarétCi , ont soutenu l’opinion contraire. Évers dit . ne pas avoir trouve de liquide dans les bronches de deux ivrognes qui s’étaientvnoyés. M. Desgranges, de Lyon , ne put apereeyoir aucune trace d’eau écuméuse chez un épileptique submergé vivant. Des assertions aussi contradictoires nous ont engagé à plonger un certain nombre d’animaux vivans dans de l’eau Colorée par de l’encre, du noir de fumée, de la boue, etc. et nous n avons pas tardé à reconnaître avec IqfdoÆteur Berger ( Disseï^. inaugurale soutenue à la Faculté de Pâlis , le 1 5 thermidor an i3) , que l’on peut-regarder . comme un fait constaf^^t certain qu’il entre de l’eau dans les pouinons des noyés , qu’elle ne s’y trouve, pas en grande quantité, mais quelle y. est toujours comri>inée eayeçv ram, sous, forme d’une matièrerécumeuse qu’on disîingim quelquefois à l’œil nu sous la plèvre-, et fiBiop peut^faire sortir par les bronches dans le ca- 4e la trachée-artère , en pressant un peu les poumons , lorsqu elle ne sort pas spontanément. Les au-

teurs qui ont nié ce fait , s’attendaient sans doute à: trou-ver dans les poumons de l’eau en nature , comme on en rencontre dans l’estomac , et n’ont pas cru devoir' regarder léau écumeusè qui y existe constamment comme une preuve de rintrodüction du liquide, ou Lien iis ont ouvert les animaux encore -vivans , et avant que les bulles d’air ne fussent expulsées : on sait en effet que l’eaii ne s’introdüît dans les poumons qu’au moment de l’expulsion dés gaz.

Mais peut^on considérér comme cause de la mort x\ojé?,^ Xeait qili périetre dans les poumons? Gardanne ^ Varnierj Goodvvyn ete. , après avoir introduit par une'incision faite â la traçhée-artère des cLiens, des ‘ lapins, etc,, quatre fois plus d’eau qu’il rien pénétré par la submersion, ont vu que la respiration était bord accélérée^ puis ralentie ; que .les animaux étaient incommodés et abattus, mais qu’ils ne tardaient pas se rétablir , ce qui leur a fait penser que la mort n’étaîï^ pas le résultat de l’intromission de l’eau dans lés pou- mons. 11 est aisé de voir que les animaux souiiiis à céS; ' expériences, ayant la faculté de-respirer, n’étaient point placés dans les mêmes circonstanees que ceux qui sont plongés dans l’eau , et- que la èonséquenee tirée par léi'l expérimentateurs n’est point r^fc)uréuse; Sans préteittlrâ'’" ' faire jouer xini rôle important à l’eau '"qui a- été intro^'-'^ duite’dans les poumons , il nous semble quel le dbüv'^ êtres régardéè- comme une cause secondaire de Pas^ phyxie par submersion.

VicîcLtion de V air renfermé dans la poitrine. ïuQ.T^rïti~ ci pale cause delà mort des individus qui périssent submergés , consisté dans l’altération qu’éprouve Pair can-*

tenu dans les ppuïUiOpji Çn tte opinion émise parMacquer ( Dict- de chimie , r tome.l®^, .278) n’est plus douteuse depuis les travaux du doçteuyc Berger, Presque tous les animaux que l’on a; ppyés , dit <îd: nîédeGin ,; rendent au bout d’une minuté et demie dé, s-éjouir dans l’eau , Tair contenu dans la poitrine, et meurent:, ce, qui fait croire à l’action d’une cnqse constaniment la même;, et agissant dans tous les cas | -eettetieausé,^ c/est le degré de viciation de l’air : on trouyevparrl’ânal jse Ldéfillair ex-? pulsé de la ppitriner des noyés? ; qn’au lieu de renfermer vingt à vingt-une parties d’oxygène V il: n’en contient, terme .mpyen.,: que quatre, à ; éiïiqL parties : or telle est, à peu près là conîpositipn dè l’air: des cloches vicié par les aniutaux qni ont: péri asphyxiés- par défaut de renpuyeliernent d’air-: r r

ï^9?:§-^rrop|:arvant les rech’erehes dont nous parlons. Je docteur PesSfaBges , de Bÿoné avair étahli aveoPourteau et quelques autres auteurs , que les: noyés péris-’ saient de deux manières différentes; : chez.des; uns il y

avait nerveuse, )£ans :rna:t£ere,.par défciillance

syncopale , t^ndis-que chez les autres* l’asphyxie était avec niatiere- pav suffocation , pavyoïzÿ&uement. Quel*^ ques années plus tard ,, le docteur Marc crut devoir *’®PP9rter la cause de ia mort; des noyés aux qu^re chefs suivans : i''’ Asphrscio de sid^rnersiom avec .matière par suffocation OM. par engouement :

3ui,est la plus commune, on considère l’eau introduite dans la trachée-artère comme une? cloisom qui empeche 1 air d arriver aux poumons 5 2^ Asphyxie: de submersion , saris engouement, nerveuse : i’individu; tombé en syncope , immédiatement avant d’entrer

dans l’eau, où dans- le même moment j la syncope qui finit par devenir mortelle , suppose la préexistence du danger et ünè prédisposition nerveuse; aussi s’obseive-t-elié principalement chez les femmes Hystériques , à rëpôqùe critique : elle est beaucoup plus rare que la suivante; Asphyxie de ÿuhmersiôri sans éngouèméiii par congesiton ééréhrale : lès causes qui la déterminent sont une température très - froide, une chute violenté’ sur la tête , une constitution apoplectique , Tivréssé , la colère , la plénitude de l’estomac , la compression du col par des cravates ou par d’autres Asphyxie de sUbtfiePsion- mixte:

chez la plupart des submergés , dit le docteur Marc , l’asphyxie de submersion avec engouement se complique avec l’aspliyxie par congestion cérébiaïe i îa suffocation et l’apoplexie peuvent, • selCn l’état des circonstances, dévenir; réciproqu-ement cause essentielle ou cause aggravante de la mort. ( Mémoire sur lés moyens de. .constater la mort par submersion , 1808. ) Nous admettrons volontiers avec- lé docteur Marc, 'que l’on peutuianger. les noyés ën^uatre groupes difféiens , en ayant égard à l’état dé l’individu avant la submersion j aux: circonstances qui oint précédé celleci la congëstidh des vaisseaux cérébraux, etc. ; mais nous ne pehsôn’s pas devoir adopter i qùè l’asphyxie puisse déterminér la mort dans aucun cas , saiis qu’il y ait eu introductidrr du liquide dans le poumon.

PÏLÉMIÈÏIÈ QÜÉSWÔjS'. L’iqdividu que i’on trouve noyé, était-il vivant aù moment de son immersion dansVe&n?

Lorsque les préuvés testimohialès manquent , on ne

saurait Tespudre rcette question difficile , que par l’examen attentif, du cadavre : aussi les aiiteurs de niédecine^egaîe se, sont -ils attachés partictxlièrement à décrire les signes que présentent les corps des noyés 5 mais les descriptions qujis nous ont données ne remplissent pas le but qu ils se proposaient, parce qu’elles sont beaucoup trop généj-ales. Nous avons vu à l’occasion de la putréfaction , que les cadavres laissés dans l’eau, présentaient des différences notables suivant le temps pendant lequel ils y pétaient restés,' suivant l’état tranquille ou agité du liquide, suivant l’époque où 1 on procédait à leur exa men , apres les avoir retirés de l’eau , etc. Pense-t-on, par hazard que l’état d’un cadavre qui n est resté dans l’eau qu’une heure , et que 1 pu , ctudie immédiatement “après-, ne- différera pas considerablernent de celui d un autrecadavre qui aura ptp poîitact avec le liquide pendant dix, trente ou quatre-yin gts jours, et que l’on n’examinera que plusieurs heures ou plusieurs jours après qu’il aura été exposé à l’air.? Deux cadavres qui aurpnt été retirés de l’eau yjngt-quatre heures après la mort des individus , eti,dont l’un aura été ouvert" de suite ^ tandis que 1 n aura été examine que douze et quinze heures

après, offriront-ils les mêmes caractères.? Les différpppps qqé présentèront ces corps dans leür volume , dans leur coloration , leur consistance etc.^ sont trop •'l’op multipliées pour qu’pn puisse les confcmdre dans une description générale.^ ’ '

Du reste , les faits suivans , auxquels nous pourrions en ajouter beaucoup d’autres, mettront ces assertions hors de doute.

( 5oo )

1° Quatre cadavres de Boyës qui n étaient restés dans l’eau qu’une, deux ou trois heures, n’offraient aucune altération à l’extérieur , même dix hfures après la mort; la coulélii*'dé la peau' était natiirèlfe ; l’épiderme n’était ni détaché ni soulevé ; les paupières étaient fermées, la bouché béante; la langue n’avancait pas jusqu’au bord des; lèvres; les doigts des rnàins étaient assez fortement contractés ; dn ne voyait qu’une petite quantité de vase entré lés ongles des mains et des pieds ét la peau qu’ils recouvrent; il n’y avait aucun indice de putréfaction ni de tuméfaction. (La température était à th. centigr. )

2° Trois cadavres de noyés qui étaient restés cinq à six jours dans l’eau , furent examinés deux heures après avoir été retirés de là rivière ; ils étaient à peine tuméfiés ; la peau était de couleur naturelle ^diVlovil , excepté près des genoux où l’on voyait deux ecchymoses livides; les paupières, la bouche, la langue, les doigts étaient comme dans les observations précédentes ; toutefois les ongles des pieds contenaient une beaucoup plus grande quantité dé vase; l’odeur était peu désagréable et différente de celle qu’exhalent les cadavres qui se décomposent à l’air. Le lendemain à midi, la face était déjà tuméfiée d’une manière sensible , les paupières surtout étaient gonflées et d’un rouge-brun ; les lèvres offraient une couleur verdâtre; les jouçs étaient brunâtres; la poitrine et l’abdomen étaient d’un vert sale; les membres n’étaient .pas colorés. Le jour suivant, la tête était énormément tuméfiée et verte; le gonflement de la face surtout était remarquable; les yeux sortaient presque entièrement des

erLites; le corps, extrêmement ballonné, «ait marbré

de jaune et de vert, et Je système veineux superficiel se dessmait à travers ces marbrures ; lés genoux étaiefit .dun brun noirâtre, la paume des mains et la pîanté des pieds conservaient leur couleur blanche, tandis que la face dorsale de ces parties -était, verdâtre • la couleur du dos, sur lequel le cadavre avait ’été couche , était à peine altérée : répiderme se détachait facilement dans plusieurs endroits, et il était séparé dans beauppupd-autres; l’odeur était infecte. (La température avait varié de i6» à i8-, th. centigr. , depuis que le cadavre était exposé à l’air, j

i iiïdiqués par les auteurs , comme

« uri individu a été submergé -vwantyû. en est un certain nombre qui n’offrent aucune valeur. Il importé cependant de Jef exposer somafin de les combattre , et de faire mieux

ressortir ceux qui peuvent être utiles.

État ^ de la face. La face est bouffie, rouge ou îivjdé, dit-on* lesjaupières sont entrouvertes, la pu- ^jll^ trè^dilatéé, la bouche close , la langue a;;n;e vers le^ bords internes des lèvres , qui sont xecouvertes dune bave éeùmeuse ainsi que les narines. Ces c^cteres ma^uent souvent chez les noyés, et l^s meme qu^ils existeraient constamment , ils ne prou- veraieat point que la submersion a eu lieu du vivant delWividu, les cadavres des personnes qui ont succombe a une foule d’autres affections, pouvant les présenter egalement.

2° Coloration de la^peau. Comment admettre parmi les signes dont il s’agit, la pâleur extrême du cadavre,

lorsqu’on sait combien la couleur delà peau varie, suivant que le corps est resté plus ou moins dans l’eau, et suivant le temps qui s’est écoulé depuis qu’il a été retir^du liquide ? D’ailleurs, rie sait-on pas que la peau des noyés est quelquefois d’un rouge livide, et que plusieurs autres causes de mort que. la submersion, peuvent déterminer sa décoloration?

3° Etat des eætrémités. Les doigts sont écorchés, dit-on ; on trouve entre les ongles etla peau , de la vase, du sabfe, de la boue, etc. « Si un homme a été noyé vif , il aura l’extrémité des doigts et le front écorché , en raison qu’en mourant il gratte le sahle au fond de l’eau, pensant prendre quelque chose pour se sauver, et qu’il meurt comme en furie et rage. ( Arnhroîse Paré,, Chirurgie , liv. a8). — Ce caractère, quoique meilleur que ceux dont nous avons fait mention jusqu’à présent, n’est pas aussi important qu’on pourrait le croire au premier abord;, en effet, il manque chez plusieurs noyés , chez la plupart de ceux , par exemple , qui périssent avant d’arriver au fond ; il peut exister chez un individu qui , ayant roulé d’un lieu élevé dans une rivière , aurait cherché à s’accrocher pôur.se soustraire au péril , et aurait succombé avant de tomber dans l’eau; on peut observer encore des écorchures aux doigts sans que la submersion ait eu lieu'' avant la mort, lorsque les cadavres heurtent contre des corps solides tels que des pierres , des moulins, des pjr lotis etc, qui excorient plus ou moins la peau : à la vérité , il est des cas où il serait permis de distinguer que les blessurés dont nous parlons, ont été faites après la mort.

4" Intérieur du crâne. Les vaisseaux veineux des parties supérieures du cerveau sont ordinairement trèsdéveloppés , engorgés ; quelquefois les plexus choroïdes, les veines de Galien , sont injectés; dans des cas encore plus rares, les ventricules latéraux renferment une petite quantité de sérosité; la substarïce du cerveau est dans letat naturel. Ces caractères offrent à peine de la valeur , parce qu’ils se rencontreraient également sur les cadavres des individus qui auraient succombé à une apoplexie , aune compression du cerveau, etc., et que l’on aurait placés dans l’eau après la mort.

5® Canal aérien. L’épiglotte est dressée et dans son état naturel , malgré l’opinion contraire de Detharding. La trachee-artère, les bronches et les poumons con^ tiennent une plus ou moins grande (j^uantité de matvere écumeuse f blanche ou sanguinolente ; la trachée-artère est quelquefois tapissée par un mucus rougeâtre, facile à détacher; il est rare que l’on trouve de l’eau en nature dans aucune partie de l’appareil respiratoire. Les poumons sont crépitans. L’existence d’une écume aqueuse et sanguinolente dans là trachée-artère, dit lé doctëur Marc , doit être regardée comme une marque des plus certainès de la submersion ; les liquides, ne pouvant pas s’introduire dans ce canal après la mprt ; toutefois, ajoote-t-il , Qu rencontre quelquefois déuine analogne après l’asphyxie par inspiration des gaz délétères, après des accès mortels d’épilepsie, après certains cas d’empoisonnement, etc. : nous savons en outre quà mesure que les cadavres se pourisséht , resîomac se distend, le diaphragme est refoulé en

iiaut, et qu’une pareille ecunie peut se former da^ns la trachée- artère; :IXpp il faut conclure qu’il peut être extrêmement difficile de décider, d’après ce seul caractère j si la suhmersion a eu lieu avant ou après la mort' le signe dont il s'agit acquerra beaucoup plus de ]paleur si le <^da:vre est inspecté avant d’être ppuri , si la trachée-artère^ les, bronches et le j^issit du poumqU contiennent outre Vécume^ de la vase , de la boue et d’autres corps étrangers semblables à ceux qui se trouvent dans l’eau : nous disons expressément , le tissu du poumon , parce que nous avons acquis ,1a certitude que l’eau s’introduit également dans la trachée-artère, et même jusqu’au commencement des bronches, lorsque les animaux sont plongés dans l’eau après da moEt(i). , - .-ïiaL

, 6“ Etat des organes de la circulation, l^es> cavités droi- ' tes du cœur, les veines caves, la veine eti’artère pulmonaires , sont distendues par une grande quantité dèsang noir j iby en a beaucoup moins dans les cavités et dans les vaisseaux aortiques , qui pourtant ne sont . jamais

: Lorsqu’on^ des chiens vivans dans . de l’ean c6-

par du noir de fumée, on trouvé de dans les d^nières divisions Ê'ronciiiques : si, éd •Contraire, les animaiix détint s^^ que dix , quinze ou vingt minüfes après ia mok^ dn nédedôuvrè plus, décuîUev inàis -bn voit ‘que la niatièré' notre a pénétré jûsquJà^’qrigmê 'des bronches , set mênie un peu plus IpimÆes trésultats , contredits par quelques auteurs reccrnimandabl^ ,^ne,rnpjis . paraissent pas pouvoir être révoqués. en doute. , ■ /'

vides , coTrane le prétendart Gurryi Le ventrièule droit est d’un brun noirâtre-, tandis que 4’aùtre est d’im rosé clair.' Les- ventricules et' Toreillette pulmonaires se contractent' presque toujours d’une -manière spontanée : ees-eontractions sont beaucoup plus rares dans le fVentricule -giaucbej et Jaeaueoup plus -en core ï da ns 1 oreillej;te-du-meHiè-côté 5 on observe quelquefois des m ouvemens analogues da ns là portion des. veines caves voisines du cœur. LeS contractions des cavités aortiques- «-cessent Ion g-^tenaps avant celles des cavités pulmonaires ; mais on. peut- exciter dcj nouveau les unes etles autres , en irritant l’organe- aU; en insufflant de 1 air dans les poumons peu-aprèsi^qu’elles put cessé. Ges-oaiactères sont constansj mais ils. manifestent dans presque tous les cas où la circulation . a été arrêtée=brusquemen't, emsorte qu’il est impossible de les regarder comme pouvant résoudre la question.; ^y.^rf^/BlzLidité du. sang. Le sang reste fluidetpendant -plusieurs^ -heures , même dans les vaisseaux qui pénètrent la-substance des os. Ge signe , runde céùx auxquels les médecins ont attaché le plus d’importance, manque rarement; cependant LÙfëssé dlfù^ùîr t^^^^ le^sang5poiÿpeux et concret chcT. quelques noyés; *d ailleurs^ comme l’observent plusieurs auteurs, la li- ^ scorbut, dan s certaines

® c caractère , etc.

^ diaphragme. La mort .des.poyés .arrivant -au milieu de l’inspiration , le diaphragme doit être refoulé vers l’abdomen, et la poitrine élevée. Assurémènt-lés choses- se passent ainsi dans la plupart des cas; mais le refoulement de ce muscle peut être têllé-

ment peu sensible dans beaueoiïp de circonstances, que l’on ait beaucoup de peine à le distinguer ; d’ail-^ leurs il faudrait prouver que certain^ gaz délétères ne lé produisent point. ‘

9*^ État de restGmae ëi dès intestins. L’estomac con-!’ fient quelquefois de l’eâu ; mais pour être certain que ce liquide n’a pas-été avalé avant la submersion, il faut prouver par rana}yse , qu’if est entièrement semblable à celui qui entoure le corps.. Les intestins, surtout le duodénum , ie jéjunum et i’iîéuim, conservent presque toujours leur mouvenieni; péristaltique,, qui sæteint tantôt avant , tantôt après les contractions du cœur. On ne; peut tirer aucumparn de ce caractère.

Coloration des\visceres de V abdomen. La couleur des divers organes de l’abdomen est en général plus foncée, que lorsque rindividu ne succombe pas à l’asphyxie. Ce fait est incontestable 5 mais il tend à établir tout au plus qu’il y a eu asphyxie , sans jeter le moindre jour sur la cause qui l’a déterminée.

, -Les moyens dont nous venons de faire l’exposition ne permettent point d’afêrrner que la submersion ait eu lieu du vivant de rindividu; quelques-uns d^ntre eux sont propï^ à établir des j lorsqu’ils se trou¬

vent réunisi ■ Mais le médecin ne doit point borner là ses recberches ; il examinera avec^. le -plus grand, soin,, si l’individu saurait pas été assassiné avant de tomber dans l’eau^ et si lesmeurti iers n’auraient pas eu recours à la submersion pour mieux faire prendre le changé j il déterminera en .conséquence s’il ne découvre point des traces d’empoisonnement, d’étranglement,' d^aspbyxîeparles gaz délétères, de blessures,;ete. : souvent

( SSy )

il trouvera sur le front , aux tempes et sur quelques autres parties du corps ^ des ; contusions , des plaies contusès , des ecchymoses; il s’attaçhera alors à décider si elles ont été faites ayant pu après la. mort. Si tout porte à croire que rindiyidu, ait été blessé avant la mort^ on recherchera d^prèêtia iOrme de bléssüres , celle de l’instrument, qui des d produites , en se rappelantstoutefois qüér des? lésions; decee genre peuven t être le résultat de la violenceaÿcsola.quelle l’individu qui s est jeté à l eaii a heurté contre aies corps durs qui se trouvaient aû fond du liquide, oudde la chuté d’ùn lieu élevé,} pendant laquelle le Corps aiirait frapim contre des pierres, des rochers:; en un mot, il aura égard à toutes les circonstances dont nous parlerons à l’occasion . ; . .

SE C O-ND E QU ES T I O:N:— - Lorsqu’uîir individu vivant a été subraergét, est-il tombé dans l’eau par ac-t Gident.P-Sydest-ii précipité ? ou bien a-t-ïLété noyé par une main komicMê P -

avec les auteurs modernes que dàns

la^submersiOn par accident^ la mort est la suite de Fas-r phy xie spasm odi que , et que rarement lès p oumon s sont le Siège d’un engouement, tandis qu’il. y a asphyxiepar engouement dans-lecas/de^zricz^e, parce que te noyéfait de^vains efforts: pour respirer, et qu’enfin dans la submersion pW./zoffzmrVfe , l’asphyxie esUspasmodiquesans engouement, , comme dans le. premier eas;-,.parceîque Findividmest surpris par une violence.imprévue.R Des assertions de ee genre, basées suedes: espèces d’asphyxie que - nous avôns -dit ne. pas exister avec lés caractères qiï on iêui' à âssignés^r voyez page o 43) ";ne peuvent satis'

faireaueun espritjuste, et ne dôivent jamais figurer dans un rapport médico-légal, ‘soùs péi'riede“vouloir passer pour n’avoir jamais ouvert ùn sêiircâdavre de noyé.'

Avouons francïiément que , datis Beaucoup de circonstances , l’art ne possédé aucun inôy en de résoudre le'problème l'fcômrrient Tcconnaître, par exemple, si le cadavre submergé appartient à un individu qui s’est jeté volontairement à l’eau ou qui s’est noyé en nageant, ou bien à iin autre individu qui aurait étepbussé dans la rivière ou dans la mèr , étant sur le bord de l’eau ? Confions aux magistrats le soin de déternainer jusqu’à quel point la nature du lieu, qui peut être désert ou babité , l’élévation des bords du prébipiee , l’existence d’un poids attaché au corps, d’un lien qui unit les màins, le désordre des vêtemens, été J , peuvent éclairer la question , et bornons-nous à rechèreber si 1 individu dont il s'agit ne devait pas être naturellement porte à se suicider ( suicibe ) s’il n’é¬

prouvait point des vertiges, s’il n’était point sujet à des accès d épilepsie, d’hystérie, etc. ; s’il n’offrait point des blessures ou d’autres lésion s qui annonceraient qu’il a été assassiiié , qu’il s’est précipité, qu’on l’a précipité, ou qu’il a voulu se détruire. { Vôjéz beesscres. )

TRENTE-CITNQUIÈME LEÇON.

V Asphyxie par strangulation. ' ' '

Nous rangeons sous ce titre tout ce qui se rapporte à la suspension ëi à \ étranglement. Dans ce genre de mort, il arrive presque toujours que les individus suo-

delà trachée-arterej-epœpliquée d£ la stagnation du sang dardes :y^isse^x dp ja tetGj stagnation qui rçcpnnaît pour pause la cpmpression des veines jugülânes ; quelque fois Iêi mort doit êty e a ttrib uçe à la syn-

certaines eireonstanee^^ei^fidî file est le xésultat de la Juxatipn cie la cplonne vertébrale et delà . lésion de la cesse alors dans

f nieine j , tandis-, qu on .observe le contraire dans

les autres cas. Ypiçi les questions dont la solution doit l objet de cet, article ; i° un individu que l’on a -trouvé ï>fndu jd.^I-rilété.ayant ou .après la mort 5 2® si kl«fnspensipn a eu lieu pendant ;la vie, est-elle l’effet du suicide ou de riiomicide.

QUE Un individu que l’on

' t^duyejpèndu. la-t-il été avant ou,après la mort ? r : lesquels il n’y a pas eu

iMXàtiop Âe la, çqlQune 'Vertébrale, fÿi l’indiyidu a. été . - pendu vivant, pn remarquera , d’après Micbèl AÎberti de|Hallè , et d’après tous les auteurs.dq, médecine dégale, des caractères anivanSi tdividifo et gpnflemeut de la face , et aurtoutdes lèvres, qui sont: cqmme tordues j paupières tuméfiées , à demi fermées et bleuâtres j rougeur, proéminence et même quelquefois déplacement des ;^u^5^ ^gi^ gonflée, livide,, reliée pu passant entre les dents qui la serrènt , et sortant souvent de la loucb^^^^p^s^guinolente dans le gpsfor, les narines et autour de la bouche ; impression de la corde , &tecçhyrnosée; peau enfoncée, et même fois excoriée dans un des points de la circonférence du couj déchirément des muscles et des liga-,

mens qui s’attaeLent à l’os Hyoïde j déchirure, rupturè ott cfOOtusion du larynx , et de^ pTénîiers segménsr de la tràchéè-artêre f eecKymoses dès brax et des cuisses j ; lividité dés doigts qui sont çontraçÉés cômnie pour, sërrfer fortërnetit un corps que l’on tieridraitl dans la. niaih 5 contusion et ecchymose dés poigiïëts et dé toutes > les parties du corps sur lesquelles on aurait appliqué dés liens ; raideur et lividité du tronc; engorgément ëbhsidéiable de sang dans les poumons , dans le cœur et déns leeèrvèaU. Ces signés n existant point chez les individus qui ontété pendus après là niort; d’après les àü-^; téurs'dôht nous parlons; ils oht conclu qüe la solution dë la question qui noUs occupé était quelquefois facile : Quand même, disent-ils, on trouverait des taches noirâtres autoUr du col d'une personne après la mort, ces' taches, qui sont lé résultat de la pression prolongée dé la corde, ne doivent être considéréès autieuient que bomme un phéribmène cadavérique , que l’oh né Saurait confondre avec îés theurtrissures faites sur le vivant.

On conçoit avec peine qtx’ün objet, d’une àussihaute importance ait été traité avéç aütant dé légèreté par des écrivains clprit les oU^vrâgés ont dû servir de '^Uide aux rnédecîns’jdï suffit; en effét, d’examinér. àvèc soin quelïjüé's cadavj.és dé personnes pendues vivantes, ppUr secbnvàiricfë qùéplÜsienrs des caràctèf es énoncés mah-;quèiït souvent, qti’il en est que l’on n’obsèrve qu’æcér-’ tainres époques et sôüs des conditions données, et que, d’àütées, téls que riropréssion de là cordé, recéhyinpseî du cou , etc. ont été décrits d’une maniéré inexaCte^L Déjà plusieUrséütétifS' avaient fait rémàrquér l’absénce

de réeuirie à la laouche dâûs plusieurs cas de suspettî^ sion pendant la vièf et'Belidc avait cru devoii* mieux préciser l’état de la langue" chez les pendus ; "si 'la~ compression de la corde,- idit-^il avec raison , s’exerce aü-des= sus du cartilage thyroïde", la langue ne sort pas, parce qu’elle est poussée en: arriére par la Cotti pression dé l’os hyoïde; si la' corde est placée aii-dessoùs du cartilage cricoîde , alors la langhe paraît plus ou moins âu dehors ; ell~e est en fiée ^ plus oû ■moin s rouge^ou violette. Mais c’est "surtout aux observations' récentes du docteur Esquiroi; queda’scieneé est redevable d’un certain nombre: de faits iftiportants;. qu’il nous semble d autant plus utile d: exposer Qu’ils s’aecordent sur plur sieurs points aveO Ceux que nous avions déjà recueillis et que rions ;â>’dns été à même dé -vérifier encore depuis la pUhHeation de son memoirè. ( Archives générales de médecine, janvier "

I Uné fernrae aliénée se suicidaen plaçant horizontalettienl derrière le cou une cordé dont les d.eux bouts, ramenés en avantj furent croisés sous le menton,, ét reportés derrière les oreilles et l'a tête, "pour les attacher à un pieu fixé à un talus sur lequel elle se glissa. Gn détacha-la corde; et le cadavre fut examiné immédiatement après la mort : la face n’était pas altérée, \ la peau n était ni décolorée' ni écchymôsée ; la corde, avait produit dèuximpressionsriihé horizontale ^ Y oblique ;\a. peau déprimée par la corden’etait pas changée de couleur, et il n’y avait aucuneecchpmose ni au-, dessus ni au-dess6us du sillon formé par rimprè^slon. Quelques heures après', le-'cadavre 66nserVait encore tous les trairs de fa vie. La Coloration, îa bouffissure

tle la face , la couleur violacée des pieds , la taidéüii’ des mèmHrés , né comiiiencèrént à se manifester que . sept'ou huit heures ctpfes la Vingt heures après la

suspension, la faCe était un peu boùffie, violacée, les membres étaient raides, lés pieds et la moitié dès jambes étaiènt" violacés , le ventre ballonné. Cë câdavre fut Ôuvërt vingt-cinq heures après la mort : àldrs les traits “de la' facë étaient peu àltérés , les yeüi biiverts et brillans; la double impression de la corde était j) eu profonde ; la peau subjaçente èvèàx. brune , comme ‘hriLÎêé y sans ecchymose yXçi tissu cellulaire souscutané qui ÿeorrespbndait était resserré et dense , et présentait uné bandelette d’une ligne et demie de largeur, d’un blanc brillant. Le cuir chevelu était injecté de sang noir. Les méninges l’étaient à peine ; lë tr^rv^eau ri offrait aucune trace d’injection ; les poumhhsj^et le cœur étaient 'vides de sang. .

2® Le cadavre d’une autre femme fut trouvé cinq à six héurës après la suspension ; la cordeyiavaitpàs^é^-core été détachée : la face était violette , les yeux entrouverts et brillans; ir y avait une écurné sanguinolente autour 'dés lèvres, qui étaient livides ; les membres, la moitié dés jàïnbés , les pieds, dans lextension j étaient violets'; tout le cadavre était refroidi ; le; sillbb Qcëasidne^par la cofdfe était très-profond ; la peaif <ÿuî le fec6uvfaît“étaiï , comme brûlëeyTcnâïS-b^/ï^

eecKfrhosej L’ouverture du Cadavfe-ne fut" "Êai^é^ vingt-neuf heures après la mort : alorS la fdcé' était bouffie , viol'âcéé , les yeux ouverts y lés extrémités des membres très- violacées , le ventré très-ballonhé ; le tissu cèllùïàirë sôûs-cütané correspondant amaillon

daos robservatioik précédente; il n’y avait aucutie, trace d’ecchymose a.urdessus et au-dessous de pi’pdhite par la corde. Le cuir chevelu étcii^ gorgé de sang; les méninges étaient un peu incer veau sain ; le cœjir était rempli de sang non; et fluide ; la portion inférieure et postérieure du poumon droit était infiltrée par du sang^ noir, ce qui tenait évidemment à la mort et à la position verticale du cadavre. ÇJ^ojr. .page 5 1 5 . ) " ‘ ' '

, . ^ se pendit en attachant les bouts d’un

mouphoir à l’espagnolette d’une des croisées de son appartement. On le décrocha peu de temps après , et on ; tous les secours pour ïe rappeler à la vie furent inutiles. Les traits de la face n’étaient point altérés; il n’y avait ni écume à la bouche ni ecchymose au cou. ^ " "

4° Chez un autre individu qui s’était pendu depuis plusieurs heures , la bouffissure et la lividité de la face disparurent aussitôt que l’on eut rompu le Uen^ il en , fut de meme delà hvidité du scrotum et du pénis^ qui dap^un état de demi-érection.

^Cqs laits ont porté le dopteur Esquirol à conclure, a p[uedes^ signes propres à faire reconnaître si le cadavp d’un homme trouvé pendu î’a été avant ou , api CS la mort, ne sont pas aussi positifs que lesméde- ,.,fi#ns:l’pnt,avancé; a» que l’ecchymose autour du „ n’es,t pas un signe constant , et qu’il faut la regarder, avec Dehaen, comme un signe équivoquTe de la suspeu- .,:Sipn avant la mort; a" que la bouffissure et la'couleur violacée de la lace, la présence d’une écume sanguinolente à la bouche, la rigidité des membres;ia cou»

leur violette de leurs extrémités, etc., sont des phénomènes qui dépendent de la conservation du lien autour du cou jusqu’à ce que le cadavre soit refroidi , puisqu’il suffit d’enlever ce lien immédiatement ou même plusieurs heures après la mort , pour ne trouver aucun dé cés phénomènes ; 4*^ signes indiqués

parles mêmes auteurs doivent se rencontrer moins souvent depuis que les préjugés et les lois ne s’opposent plus à ce qu’on donne des secours à une personne qui se détruit par la submersion ou par la strangulation; 5° que lorsqu’on est appélé pour visiter un cadavre que l’on a tfôuvé pendu , il faut tenir compte de l’heiifè à laquelle la mort a eu lieu, et du temps pendant lequel le lien a été maintenu, autour du cou : deux circonstances qui modifient les phénomènes cadavériques, lés*quels servent de base au jugement que l’on doit porter.

Rapprochons maintenant des observations faites pqr lé docteur Esquirol, celles qui nous sont propres. i®1ùn hômrnë’âgé de' cinquante-cinq ans, énfermé' dans ùp cachot dépuis trois' ôu quatre jours, après avoir coupé sa chèmiseén plusieurs lanières, avec lesquelles il briqüâ üné sof tè de corde , se pendit à un des bàrréàqx . dé là feuéïfé de la prison : il resta suspendu pendant sîk 'heuiès , èf l'é lien ne fût détaché que lorsqu’on fif rduvértüfè dit cadavre, c’est-à-dire trenté-^siæ heures dprè'^tasuspèhsibhrJZès^^ abdominaux 'prës^n-^

tàîèht un trés-grând iibinbrè dé petits poin-ts hdirafres q;üi cÔffésppn'dâièht à l’implanta tioh dès poilsjles doigts des mains étaient contractés. La face n’offraît rien (à ^ rémàfquable ; sa couleur était naturelle ; les paupières se touchaient parieüts bords, et la conjohctive h était

pas injectée; les lèvres étaient dans Tétât naturel • la langue portait Tempreinte des dents, mais elle était dans la touche ; on voyaitaucouun sillon large deGinqà six lignes^ et dune ligne et demie de profondeur; il était le larynx, et remontaij; pfeliquement et en arrière au côté droit et au-dessous de T'apophyse mastoïde, où le noeiid ,de la corde avait été appliqué;

revêtait ressemblait, par sa cQuïeur, à du, cette nuance était plus fpnçép aux parties qui avaient été çoinprimées; elle était sèche comme du P^f^^tpiuin, et considéx'ablement amincie; les muscles sous-jacen s n’offraient pas la moindre trace ^e,cçh^niose; le tissu cellulaire intermédiaire était spc , blanchâtre, filamenteux, et nulleTTLent ecchQrjjiosé. Les veines jti§n,^ interne et externe, ainsi que les thyroïdiennes du <^oté gauche , étaient gorgées et fortement distendues par du sang noir et fluide ; la jugulaire interne de l’autre côtp contenait ^quelques caillots mêlés à du sang fluide.

J^es poumons étaient grisâtres, légèrement maj’hrés %F9se; leur volume était très-considéiùhle, etne dh- ^Inuait pas sensiblement lorsqu’on les pressait, ce qui tapait probablement à de l’air infiltré dans le tissu celpoumon droit, incisé près des troncs veineux, donnait à peine une petite quantité de sang; cependant son tissu était brun à sa parlie pQstérieure, et fournissait, par la pression , un flurde sanguinolent; le gauche était gorgé de sang, et il s’en «coulait une quantité considérable lorsqu’on Tincisait près des gros troncs veineux ; du reste ils étaient l’un et l’autre crépitans. La surface interne' des , cerceaux cartilagineux de la trachée-artère présentait une mul-

titucle d’herborisations noirâtres qui semblaient appartenir aiüx câpiriairès veineux. î

Lés yâîssëâüx: qui ranîpént â la surface du cerveau étaient tellement gorgés de' sang noir, que, lorsqu’on détachait la dure-mère, il s’écoulait une grande' quanti te de ce liquidé : il y avait ’ un épahcheih eut sereuï

entre la dure-mère et le cerveau, surtout au niveah'àes anfràçtüosités (du cèrvèau' La substahcé céfébralè était piquetée de tachés fôugës plus considérahlés que dans 1 état naturel ; les ventriciilés latéraux coritenâreht environ une cuilleréè dé sérosité chàcun ; on en voyait à peiné dans lé quatrième' vén tricülé ; lés véihès tlu plexus choroïdién etàiënt injectées , ainsi que cellés qui s y rendent du corps strié et des parties voisines!" ces plexus étaient dilatés par des vésiculés séreusésl 11 ÿ avait une quantité assez considérable de sérosité sUÏ fa tente du cervelet; lès veinés qui rampent a là surface de cet organe étaient peu injectées, ainsi que celfés"qul travérsent sa portion médullaire. — L’épiplôon, l’éstoraaCet tout lé canal intestinal étaient injectés; le foiê et la rate étaiént' de' couleur naturelle ; lès' réins'étâiënt fortement injectés ; la mèmbrane interné dé la vessie était légêréniëUt rougeâtre. j

2^ Ou' obsérvà à peu près lés méniés àltéràtioiis^héà une femme agéè 'de' quarante ans , qui s’était pendUé avec une corde d’environ quatre lignes de diamètre, que Ion n avait détachée, et enlevée qùe sept fleures après la suspension. Le cadavre fut ouvert vingt-sept heures après la mort ; le tissu cellulaire" et les muscles qui correspondent au sillon n’étaient pas plus ecchy’^niosés que dans f ’observati on précédente. “ ' =

coinmissionnaire âgé de quarante-huit ans se pendit le 3 mai, à neuf heures du soir; il resta dans cette position jusqu au lendemain six heures du matin; la corde, dont le diamètre était d’environ quatre lignes, fut détachée alors , mais il nous fut impossible d’ouvrir le cadavre avant le 6 mai à dix heures du matin. La face était gonflée et livide , les yeux injectés, la langue ne dépassait point les lèvres; celles-ci étaient livides et tuméfiées. On voyait au cou un sillon circulaire, relevé et anguleux sur le côté gauche de la màchoirj inférieure, au-dessous du masseter ; il était à peine

manifeste ap niveau de l’os hyoïde , tandis qu’il était

beaucoup plus marqué sur le côté droit du larynx et du cou; la peau de ce sillon était brune à son extérieur; on , aurait erp qu’il y avait du sang épanché dans le |ssu cdlalairej cependant on vit bientôt qu’elle n’avait été que fortement froissée et desséchée; les muscles corre^pondansyétaientpasnon plus le siège d’aucune eepjiympse; les méninges étaient injectées; la partie inférienre des poumons était gorgée de sang; le cœur ne contenait qu’une petite quantité de ce fluide ; du reste le cadavre exhalait déjà une odeur fétide très-marquée 4^ Chez deux individus qui s’étaient pendus, et dont 1 nous fut impossible d’ouvrir les corps, nous observâpies^^ en disséquant les sillons, qu’ils étaient comme dans le^ observations précédentes; la face était ni tuméfiée; la langue ne aortaü paa de la 1^°"° U ** suspendu pendant deux

l’antre la corde’ nWit éti détachée qn au bout de cinq heures et demie : nous les examinâmes Tingt-quatre heures après la mort.

5° Douze cadavres d’individus de différens âges , ayant succombé à des maladies aiguës ou chroniques , ont été pendus avec des cordes de trois à cinq lignes de diamètre; on les a laissés dans éétte position pendant vingtquatre heures ; alors le lieii a été détaché. La face était ■pâle et de volume ordinairCj lés yeux nyAlevaenlinjectés; la langue était restée dans la bouche; le sillon fait par la corde , la peau de ce sillon et le tissu cellulaire soüscutané qui y correspond , étaient absolument tels qu’ils viennent d’être décrits en parlant de la suspension pendant la vie. Trois de ces cadavres avaient été pendus immédiatement après la mort , trois autres ne l’avaient été qu’au bout dé vingt- quatre heures, lorsque déjà ils étaient froids et raides; la suspension des àix autres avait eu lieu deux, six, huit, dix, quatorze, et dix-huit heures après la mort.

6° Quatre chiens vivans ont été pendus avec des liens qui avaient tout au plus une ligne et un quart de dia-» mètre ; deux d’entre eux ont été détachés dix minutes nprès la mort, tandis que les deux autres sont restés suspendus pendant vingt-quatre heures: on n’a observe ni injection de la conjonctive , ni de la langue; le sillon était peu marqué et sans la moindre altération de la peau ; les muscles du cou n’étaient point ecchymoses ; l’état despoumons, du cœur et des, viscères abdominaux annonçait que les :animaux étaient morts asphyxiés; les vaisseaux superficiels du Cerveau étaient injectés.’

' 7® Désirant savoir éi lé défaut d’altération à la peau du cou ne tiendrait pas à la présence du poil et à la petitesse du lien , on a pendu deux chiens , dont on avait préalablement rasé le cou , . avec une corde de

six lignes de diamètre. L’un di’eux a été examine immé. diatement après la mort : la pêau du sillon ne présentait aucun changement ; l’autre a été laissé suspendu pendant Yingt-quatre heures, et on a pu s’assurer que la peau du sillon était raccornie et desséchée, çommp cela a heu chez l’homme ; le tissu cellulaire sous-cutané était sec, serré, dense; du reste, la conjonctive et la langue n’étaient point injectées ,v il n’y avait aucune trace d ecchymose dans les muscles du cou ; l’état des organes contenus dans le thorax et dans l’ab^men prouvait évidemment que ;es animaux étaient morts asphyxiés.

Nous croyons pouvoir conclure de ce qui précède , et de plusieurs autres faits que nous passerons sous silenLe . 1° que dans la plupart des cas , la corde détermine sur la peau et sur le tissu cellulaire , qu’elle presse immédmtement , des effets semblables, que l’individu soit vivant ou mort,, que le cadavre soit chaud ou froid.

Que ces effets ne constituent point, comme on le répète tous les jours, de véritables ecchymoses puisqu’on ne trouve aucune trace de sang épanché dans le tissu ceUulaire sous-cutané , ni dans les muscles du cou.

^ 3‘> Que l’on a probablement été induit en erreur par la couleur brune de la peau du sillon, qui lui donne

en effet 1 apparence d’une ecchymose.

4° Que s’il ne nous est pas permis d’affirmer qu’on ne tvou.xe jamais à^ecchjrjnose^vi cou des individus qui ont ete pendus vivans , .il nous semble du moins pouvoir assurer que c’est un phénomène excessivement rare, lorsque la personne s’est pendue elle-même.

5® Qu’il est par conséquent iiDpossible d’étalrnr la ^é^ére présomption que la suspension ait eu lieu , avant ou après la mort , d’après l’état dans, lequel 'on , tvouvje le plus ordinairenient le sillon et les parties sous-jacentes , et qu’il faut nécessairement avoir recours ^ à des jjreuves d’un autre genre pour décider le fait. ^ T6° (Que dans les cas excesswenieni rares où l’on ob- * serve dés "écchymosès dans le tissu cellulaire sous-éù-'^ tané, dans les muscles sous-jâcens , ou. dan s le voisinage du larynx, elles sont une preuve certaine que la . suspension a eu lieu pendant la vie.

Que si la Bouffissure et la couleur violacée dé la - ' face , la présence d’une écume sanguinolente à labou- ' ché, la couleur violette des extrémités, dépendent, comme Ta annoncé le docteur Esquirol , de la conser- " vation du lien autour du cou, elles peuvent reconnaître quelquefois une autre cause, puisqu’on les a observées “ dans le premier fait rapporté parce médecin {voyez pag. 56i ) , quoique la corde eut été détachée peu de temps après la mort.

8® Qu’en attribuant ces phénomènes à la conserva- tion du lien autour du cou, il faut admettre qu’ils peu- / vent manquer chez des personnes pendues avant la J mort et qui sont i-estées suspendues pendant sept put^ huit heures ( Foj'. page 564- )

Que l’on ne détermine jamais de pareils phénomènes sur les cadavres , lorsmême qüé la suspension a", été prolongéë pendant vingt-quatre heures et que le" lien a été appliqué immédiatement après la mort : ce ' faitsembleràit au premier abord infirmer lés bonclüsîoris du docteur Esquirol , qui regàfde la bouffissure et là"

coloration comme un phénomène cadavérique pron duit par la conservation du lien ; mais il est insuffisant , les observations de ce m'édécih ayant été faites sûr des* caHàyrés d individus morts à 3a suite d’une ' affectibii lé. sang est accumulé dans les parties supériéùres du corps (asphyxie par suspension'), tandis que nous avons agi sur des cadavres qui n’étaient pas dans les mêmes conditions. - - ; ) '“.i

lo" Que si des faits nouveaux confirment que la bouffissure et la coloration dé la face se manifestent constamment chez les personnes pendues avaïit ïâ ?, 934 ^IIgs dépendent de la conservation du

lien qu de toute autre cause , on pourra conclurfe^ lorsque ces caractères seront appréciables, que l’individu ^ j puisqu’on ne les observe jamais

9«and les corps ont été pendus après la mort. r '

« * Q9 même qu’il en soit ainsi, "

comme ces phénomènes peuvent très-bien nêtr^ sen^ sibles, dansle cas de suspension , avant la mort, qùe heures après qu’elle a eu lieu, il est imde les faire servir à tirer une pareille conclusion dans les premières heures qui suivent la mort, et que le médecin doit attendre qu’ils se soient manifestés pour porter son jugement. '

12® Que s’il est vrai que dans la plupart des cas de suspension pendant la vie , on découvre l’engorgement PPPJ^pns , des vaisseaux cérébraux et toutes les altérations qui annoncent que l’individu a péri asphyxié, il n’en est pas toujours ainsi ( roy. l’observation prel mière, page 662.), et qu’il n’est par conséquent pas rigoureux d’indiquer les lésions que détermine Pas-

phyxie èomme catactéristiqires de la suspensioa avaet la mort,~qeôiqu’eiles èônstituent un des signes des plus importansi ©’ailleurs nobserverait^bn pas les naêmes pbénotnènes sûr le' cadavre d’une pereonne qui aurait ’ succoinbé à toute autre espèce d’àspbyxie, et que l’on aurait pendue après la mort pour, faire prendrie le change? “ 1 :ih

î3® Que dans l’état actuel de nos connaissances-, al éiX impossible d^a^rmer cpx xixi individu chez lequel il n’y a ni luxation des vertèbres cervicales ni aucune autre trace de blessure faite pendant la vie, ait pté pendu vivant ; qu’il est permis dlétahlir àe&probabiU^s dans certains cas,; surtout en ayant égard aux lésions qui . peuvent annoncer que la personne a succombé à d'asphyxie. . ‘ J

a 4“ Qu’il est également impossible d'affirmer que la suspension ait eu lieu pendant la vie, lorsquton découvre la luxation des vertèbres cervicales ou d’autres blessures faites du vivant de l’individu , parce que celui-ci aura bien pu n’avoir été pendu qu’après avoir été meurtri et tué J mais qu’il est souvent facile , dans ces cas prouver que la mort est le résultat de ces blessures.

Examen des pendus chez lesquels il y a eu lupçatipn dé la colonne 'vertébrale. Quelque difficile que soit la luxation des vertèbres, il est impossible de ne pas admettre qu’elle puisse avoir lieu chez un individu faihle, . lymph-atique, chez une personne ivre ou plongée dans le sommeil, surtout lorsqu’on exerce de violentes t^çactions. On sait que le célèbre Louis, frappé de laç^’api” dité avec laquelle le bourreau de Paris faisait . périr les individus qu’il pendait, apprit de lui qu’il déterroi-

nait la tuxaiioiï des vertèbres .cervixîales j en - Élisant; exécuter au tronc des mnuvemens de rotation , tandis., qüèP la tête était fixe. Le docteur Ricbpnd du Buy, et beaucoup d’autres obser^wateurs, ont opéré de Semblables luxations sur les chiens, les chats, etc., 'soit en tirant en sens opposé la tête et la queue, soit en tordant le cou, soit ,. enfin , en faisant exécuter au corps des mouvemens de rotation , la tête , étant fixe. Dans toutes les expériehces de ce genre, dit M. Richond , la moelle rachidienne a été lésée entre la première et la deuxième vertèbres cervicales; si la mort est arrivée instantanément , les viscères ont présente le même engorgement que dans l’asphyxie par suffocation ; quelquefois 1er cerveau a été injecté , et , comme la force du cœur est toujours diminuée, il y a eueoïjstamment décoloration de la peau, affaissement des. yeux j sans aucune; trace d’engorgement du cerveau. ( Dissert, inaugurale, iSaa , n**, Sa. )

On distinguera facilement que la luxation a été faite, avant la mort , aux ecchymoses profondes que l’on, remarquera dans le tissu cellulaire, dans les muscles voisins des vertèbres déplacées, et même dans leurs iigamens, et à 1 épanchement de sang qui a souvent lieu dans le canal vertébral. Les auteurs indiquent encore d’autres caractères qui n’offrent pas aumnt de valeur que les précédens^: tels sont , la décoloration de la face ,4 engorgement des poumons , qui annonCe la

mort par asphyxie , etc.; si le corps est extrêmement roide ^ peu de temps après la mort , pendant qu’il est encore chaud, la luxation n’a pas été faite du vivant de 1 individu, parce que la rigidité ne pai’aît qn® fort

î^rd lorsque le système ner^eux: a étô profondécient atteint ; ne, sait-on vpa,& ,::d-aij.leiirs-5 ajputeni;r;ils j, qu’au mbnient de la conapression de la moelle , tous les muscles sont paralysés , et que l’individu tombe brusqùec,ment? ■ v ■ ■ •

SECONDE QUESTION - : Si la suspension a eu lieu

pendant la vie > est-elle : l’effet du suicide; ou de Tbomicide? ;

. -Les, auteurs, qui se sont ocçùpés de cette question conseillent de -rechercher d’abord si la personne a été vnpendue avant ou après la mort , car il est .évident que si la suspension ha eu lieu qu’après j.on doit éloigner

- "toute idée de suicide ; mais nous venons de voir dans l^article précédent que c’est à tort qu’ils ont considéré comme facile la solution de cette première partie du

' prohlème. Us ont encore attaché une grande importance au nombre des sillons que l’on remarque au cou, à leur direction , à la disposition de la corde, etc. <r Si l’impression de la corde est à peu près circulaire, dit„ Bl. Fodéré, et- qu’elle soit placée à la partie inférieure du cou, au-dessus des épaules, U paraît clair que, dans ce cas, elle est une preuve d’assassinat non éqfii- Voque, puisque cette circonstance ne peut avoir lieu que dans la torsion, faite immédiatement sur la partie en forme de tourniquet. » Cette assertion est loin d’çtre

- d’accord avec l’observation ; on sait en effet' que des ^individus ont pu s’étrangler et périr en attachant une corde ou une cravate à un arbre devant lequelâls étaient assis , ou en se servant de l’ anse d’un pot de terre qu’ils avaient cassé pour servir de hillot 5 or^ dans l’un et 1 autre de ces cas , 1 impression de la corde sera à peu

.près circula.ire ^t^plaGce'èrJ.â-pârtiie- inférieure du csou. i^ Oü observera presque toujours , dans le. suicide , ajoute M. Fodéré, la portion ^de la corde qui entoure le cou, relativement -plus longue que dans l’assassinat ou la constriction a été violente : dans le premier cas , la tuméfaction des^patties au-dessus.de là corde sera -simple , unie , au lieu que dans l’assassinat il y a plusieurs plis à la peau, surtout auprès de l’impression eirculaire -faite par la corde; le cou est quelquefois rétréci dans cette impression au point que le diamètre du cercle décrit par:îa corde est à.peiue de dcuj^po-uees et demi ou trois pouces tout au plus. »13ette différence dans la constrictiontet dans la longueur de; la. cor^eme peut tout au plus être considérée que comme un car$c- -tère secondaire , l’expérience ayant démontré quç souvent la; constriction était plus forte et la corde moins longue dans le cas de suicide , que lorsqu’il y ava%eu homicide. « Lors mémaque l’homme quise serait pendu aurait placé en premier lieu la corde vers la partie inférieure du cou, elle aurait glissé nécessairement vers la partie supérieure, plus étroite que l’inférieure i; au premier instant de l’élancement. ( Fodéré, tome IJI , page iSg. ) Mais quelle peut être l’utilité d’un pareil caractère, lorsqu on sait que la corde détermine vsur les cadavres des impressions semblables' à celiés^ qui ont lidii pendantla vie? Ne pourrait-il donc pas arriver qu’un individu qued’on aurait tué eût été pendu après la moFt pour mieux-fàire prendre le change , et que la corde eût été placée, demanière à imiter ce que l’on remarque dans le suicide ? LAjouterons -nous- encore que des. assassins , pour r mieux assurer leur- coup et

pour éprouver moins de résistance;, commencent pair ijt étrangler Tindividu dont ils veulent se rendre maîtres lol et qu’ils le pendent ensuite? » Nous ne regarderoris uL l’existence de ce double sillon tout au plus que commeisffi une simple présomption d’assassinat^ parce que s’il est -, i, vrai qu’il n est pas commun d’observer deux sillons,. un î’un oblique et l’autre circulaire , dans le suicide , il: est ' "i certain qu’on peut les remarquer ; ( Voyez la première ; <' observation rapportée par M. Esquirol, page 56i. ) .

d’ailleurs le second sillon aurait pu être fait par la mal-, r veillance après la mort d’un individu qui se serait pendu. Il résulte de ce qui précède, que l’on ne doit guère compter, pour résoudre la question dont il s’agit, sur le nombre , la direction et la profondeur des sillons: toutefois, il importe de remettre la corde dans ces sillons , et de rechercher le point où le nœud ■ était appliqué , afin de s’assurer qu’ils ont été faits par elle ; le magistrat tirera quelquefois parti de celte con^ naissance. ::

Le désordre des vêtemens et de la coiffure, l’état des portes et des fenêtres, qui étaient ouvertes ou fermées en dedans ou en dehors; les déclarations écritesde l’individu qui annonçait l’intention de se suicider;, un état de démence antérieur , etc., sont autant de condérations propres à éclairer la justice, mais qui ne sont pas de la compétence du médecin.

Nous devons nous attacher à découvrir si la personne que l’on a trouvée pendue n’aurait pas'été empoisonnée ou blessée. On lit, eh effet, dans Devaux, que dans un cas de ce genre la face n’éîant point décolorée et le cadavre ne présentant aucun des caractères qui indiquent

là suspension avant la niort ; on avait aperçu une fort petite j plaie. à- la'partie latérale ' droite et antérieure du thorak y cachée sous raffaissement du corps dé la maiaelle y dans laquelle une petite- sonde avait eu peine à s insinuer; que cependant l’ayant dilatée , on reconnut qu elle pénétrait dans la capacité entré la cinquième et la sixième des vraies côtes , ce qui porta à faire 1 ouverture de la poitrine 5 pour-en reconnaître les progrès; on vit; alors que cette petite plaie était faite par un instrument rond, poignant et très-étroit ; qu’elle traversait lé cœur de part en part , et qu’elle avait occasioné un épanchement de sang dans la poitrine ; d’où il fut permis de conclure que e’ était la plaie qui etâitla causé de la mort , etque l’individu n’avait été pendu qu’ après. (Rapports en chirurgie j page oip. ) En supposant qué l’on parvienne à décider que la mort est le résultat d’une blessureôu de l’empoisonnement , et que la suspension n a été que postérieure, il faudrait, avant de conclure qu il y a eu homicide, s’assurer si lablessurem’aurait pas ete faite par 1 individu , si elle était dè nature à lui laisser assez de force pour se pendre, si l’empoisonnement n aurait pas été volontaire, etc. {J^oy^ez blés— Sûres et EMPoisoNNEMEN'r.^ Les meurtrissures, les con-^ tusions sur différens points de la surface du corps , annoncent bien en général que l’individu s’est défendu, et forment une présomption en faveur de l’homicide ; mais elles sont insuffisantes dès qu’il est avéré que des personnes mélancoliques ont commencé par se maltraiter àvant de se péndre. Dé Haen parle en effet d’un suicide qui s était meurtri là face avant de s’étrangler. L homme dé 1 art peut encore éclàrrër le magistrat dans

certains cas, en prduvaiit que rindividu qui fait l’objet du rapport était atteint d’ünd de c'és maladies qui portent avec elles l’ennui de la vie. ( suicide.)''

Nous ne terminerons pas cet article sans examiner si la luxation de lia colonne vertébrale, et notamraent celle de la première vertèbre cervicale sur la deuxième ainsi que les désordres qui l’accompagnent , pêüvént être l’effet du suicide , et , en cas d’affirmative j quels sont les moyens de reconnaître qu’il n’y a pas eti liomicide. La plupart des auteurs de médecine légale admettent la possibilité du fait, en se fondant sur L’obsèrvation du sabofier de Liège, dont il ne sera pas inutile de donner un extrait. Get homme fut trouvé pendu à une poutre d’environ quatre pouces et demi de large , de manière que la corde formait une anse qui , par tîtie de ses extrémités, embrassait cette poutre , tandis^^que l’autre extrémité , placée au-dessous du menton , passait derrière les oreilles pour aller se terminer vers le haut de l’occiput. Le docteur Pfeffer, qui examina le cadavre peu de temps après ,1a mort, trouva le visage pâtei et sans bouffissure, la langue dans la bouche, les yeux dans l’état naturel; la tête était prodigieusement renversée en arrière, et il sortait beaucoup de fumée de la bouche; l’autorité n’ayant point permis que l’ouverture du cadavre fût faite, le docteur Pfeffer regardales données qui précèdent comme suffisantes pour établir que la mort avait eu lieu depuis quelques instans , que les vertebres n étaient pas dans leur emplacement naturel-, et que lai moelle épinière avait subi quelque compression, Antoine Petit, chargé de l'édiger une consultation sur ce point, conclut que la iuxatîOn de

.la= colonne vertébrale avait entraîné la mort, et qu’à raison de la pesanteur du cadavre elle avait été le/ résultat du suicide, a Ce genre 4e rnç>r£ ditdl , rend raiijS#3n pourquoi le sabotier mourut très-promptément et ne présenta pas à Pfeffer les signes propres à la suspension avant la mort.>:Quelque incomplète que soit cette observation , on n’a pas moins, admis la possibilité de .4a luxation des vertèbres dans lé simple suicide, -et Ion a dit quelle aurait principalement lieu, chez, un , individu qui, après les préparatifs de la suspension; , se laisserait .tomber avec force , surtout s’il avait beaucoup d’embonpoint, s’il était d’une haute stature et .d’une faible constitution.

.. Le docteur Esquirol , n’ayant pas cru devoir attribuer la mort de ce.pendu à la luxation de la colonne vertébrale, s’exprime ainsi dans le mémoire: déjà cité : «Lorsque le célèbre Pfeffer entrepiût la défense de la femme et du gendre du sabotier, il n’avait pas vu un grand nombre de pendus et de suicidés; il vit lo cadavre du sabotier immédiatement après la mort^ et après

qu on eut enlevé du. cou le iieii avec lequel il s’émit pendu; il n’aperçut aucun des signes indiqués par les auteurs comme propres à caractériser la suspension X avant la mort ; cependant il était convaincu que ;eet homme étaitmort suicide. Il chercha à expUquer :,.^«r une supposition , l’absence

. eette absente des «gne^ et la promptitude de la inort ^prouvaient Qu’elle ; ^ait eu lieu par la luxation des Wtèbr^ cervicales ^ eomme.si l’asphyxie par l’occlu-

:§iOH des voies ariennes u’était pas un genre de mort

subite. Pfeffer n’eut pa§:e?vreepurs à cette explication ,

démentie par VoFservation , s’il eût tenu compte df® prompt enlèvement du lien, et de l’heure à laquelle il avait visité le cadavre ; s’il eut pu le visiter iramédiàtement après la mort, quelques heures après, et le lendemain , comme nous avons visité le. cadavre du sujet de la première observation. » page 56 r.)

Ces réflexions suffiront sans doute pour prouver que l’observation du sabotier de Liège ne peut servir à établir qu’il y ait eu luxation de la première vertèbre cervicale sur la deuxième, et par conséquent que cette lésion puisse être l’effet du suicide. On cherche en vain dans les auteurs des faits analogues; toutefois noüS avons entendu dire à M. le professeur Chaussier qu’il avait été témoin d’un exemple semblable à celui dont Pfeffer nous a transmis l’observation , et que le pendu s’était réellement suicidé. (Leçons orales. ) Il est à regretter que les détails d’un cas aussi intéressant n’aieiit pas été décrits.

Quoi qu’il en soit, les auteurs qui regardent lé suicide, dans le cas de suspension, comme pouvant être le résultat de la luxation de la première vertèbre cervicale sur la deuxième, indiquent les moyens de distinguer si une lésion de ce genre est l’effet de l’homicide ou du suicide. Si le cadavre qu’on examine a été trouvé pendu, dit le docteur Richond, et qu’on ait démontré l’existence d’une luxation, on doit commencer par s’assurer si elle a été faite avant ou après la mort. iéVoyez page 5^2. ) En supposant quelle ait «u lieu pendant la vie, si le cadavre est pesant, fort; si ses ligamens sont relâchés; si la figure est décolorée, les yeux teines et les membres ballottans ; si on ne trouve

P?,® des autres vertèbres^ et si. les oco-anes

intérieurs -sont engorgés, il est évident que la luxation mort, et on a de grandes probabilités contraire , on .trouve une altération étendue de la colonne vertébrale; si la trachée-artère est dilacei^ee, et-.si en même temps on trouve lividité de la face, injection de la langue, des yeux, il doit rester a peu près sûr que la luxation n’aura été que consécutive à l’asphyxie, et quelle a été le résultat des "^?.9lences employées pour accélérer la mort. L’homicide, dans ce cas, serait très-probablë; toutefois le médecin devrait se borner à. décider si la luxation a été faite avant ou après la mort, et laisser à la sagacité des juges la détermination de la cause de la luxation. ( pissertation inaugurale déjà citée.)

Nous n’imiterons point les auteurs qui dissertent ipP^^^hient pour savoir si, une, personne peut s’étrangler, le fait nous paraissant incontestable; nous ne ^^-^crcherons pas non plus si l’étranglement a précédé la suspension, cet objet ayant déjà été traité à la Page.575. .

De r asphyxie par suffocation.

On peut périr suffoqué par une multitude de causes que nous nous contenterons d’indiquer : la tuméfac- ^^4” tonsilles, de la langue, de la membrane muqueuse du larynx; la présence d’une couche couenneusé dans le larynx ou dans les bronches, ou dun corps étranger venu du dehors dans ces mêmes parties, dans le pharynx ou dans l’œsophage; l’afflux subit de sang ou de pus; la compression dé la trachée-artère

par des ràmïîiirs dé diverse nature, ou de la poitrine par des liquidés ’épancbés dans sa cavité, par lair, par " les viseèrès abdominaux , lorsque le diaphragme à été blessé ou rompu, etc. ' --ij

tl est inutile de faire Connaître les divers symptômes '' qui seront le résultat de ces causes, parcè qu’ils sont" décrits dans tous les ouvrages de pathologie : qu’il nous' suffise de savoir qu’en- pareil cas la nioft peut être le résultat de l’asphyxie ' quelles déterminent', et que l’ouverture du cadavre né tarde pas à les rendre manifestes. . . ' ; ,

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TRENTE-SIXIÈMÆ: LEÇON..

Des Blessures. i,:

En médecine légale on désigné sdüs le nom dè blessure toute altération localé d’une partie du corps produite par un acte de violence ou par l’application d’un caustique, soit que la cause ait été dirigée contre le corps , soit que le corps ait été poussé contre la cause vulnerante. Il suit de là que l’on doit rapporter aux blessures la contusion , là commotion , la fracture, la luxation, Y entorse, la brûlure et \es plaies. On voit tous les jours des médecins confondre, dans des rapports ' juridiques, des objets aussi différons, et désigner in- * distinctement sous le nom de blessures, de plaies ou de contusions, des lésions qui ne se ressembrent pas; il en est d’autres qui attachen t bien à chacun de ces mots le sens qui lui. convient, et qui néanmoins commettéht des erreurs graves lorsqu’ils décrivent les lésions dont nous parlons, parce qu’ils oublient dé noter des parti-

essentielles^ où parce qu’ils ignorêiit la valeur de certaines expressions qu’il est indispensable de connaître : c est ce qui nous engage à rappeler la définition de chacune de ces.lésions, et à décriredés.nuances peuvent présenter , avant de nous occuper de leur histoire médico-légale, que nous rapporterons aux six articles suivans : .

’î" Législation suv leà b „ , V ,

2® Classification deS: blessures j

3° Dangers des.Llessures, leur marche, leur terminaison; nioyen d’apprécier jusqu’à/ quel point léurs effets doivent être rapportés à la violence extérieure qui les a produit^;:

4*^ Signes propres à déterminer si lés blessures ont été faites pendant la vie; .

5® Signes qui peuvent faire distinguer si les bléssurés sont le résultat d’un accident, d’un meurtre ou d’un suicide ;

6® Règles de l’examen des blessures.

. . . De la contusion.

La contusion est une blessure sans entamure à la peau, faite par un corps obtus, dur, pesant; on l’appelle meurtrissure quand elle est le résultat d’une iixe entre deux ou plusieurs personnes. L’examen le moins attentd des parties cpntuses démontre qu’il peut y avoir au piQ^ins trois degrés de contusion : le premier, connu ^xis, le . nom de froissement^ n’entraîne que la.

quelques. Vaisseaux capillaires; dans la lacération J qui constitue Je second degré, les tissus

sont déchirés, et l’on aperçoit une foule de petites plaies plus ou moins rapprochées î eniLnXattrition, qui n’est autre chose que la désorganisation complète des parties molles, réduites en une sorte de bouillie, forme le troisième degré. La contusion, supposant toujours la rupture de quelques vaisseaux sanguins, ne saurait exister sans ecckjymose, cest-k-^dire sans épanchement ou infiltration de sang dans le tissu cellulaire, comme nous rétablirons incessamment, tandis que nous verrons que l’ecchymose ne suppose pas toujours la contusion. Belloc et plusieurs auteurs de médecine légale se.sont évidemment trompés en émettant une proposition contraire.

On évitera de confondre la contusion avec la rupture d’un muscle, d’un tendon, etc., ou avec la crevasse d’un viscère creux, altérations qui peuvent reconnaître pour cause une contraction violente incomplète, ou la distension que produit une grande quantité dé fluide accumulé dans la cavité d’un organe creux.

Toutes les parties du corps, même les plus dures, peuvent être affectées de contusion; mais le danger n’est pas toujours le même ; elles sont en général redoutables par la Commotion qu elles déterminent dans les organes les plus importans, par la rupture des tissus, ou par l’inflammation , la suppuration et le sphacèle, qui en sont souvent la suite.

; De r ecchymose.

Le mot ecchymose, dérivé de extra, dehors, et de suc, liqueur, est employé pour désigner l’in-

filtration ou 1 epanchement de sang dans les aréoles des divers tissus. Lorsque ce liquide est infiltré dans le tissu cellulaire sous-cutané, de mahière à nè former ^ une tumeur large, diffuse, peu élevée, on dit que Fecchyrapse est par y si, au contraire, le

sang, répandu en assez grande quantité, s’accumule en un foyer, et pmduit une tümeùf molle ou rénitente, comme on l’observe plus particulièremént après les coups et les chutes, sur la tête, l’ecchymose est dite par congestion I on lui donne aussi vulgairement' les noms de èosse et à.& thrombus. La plupart des auteurs de médecine légale ont cru devoir appeler 5wgillations les ecchymoses produites par une cause interne,- les taches scorbutiques, par exemple, comme SI les lésions dont il s’agît n’étaient pas entièrement semblables à celles qui sont le résultat d’une violence extérieure; Î1 est évident qu’il est inutile d’admettre une pareille dénomination, dès que la différence que l’on assipe ne porte que sur la cause ; il importe même de la faire disparaître du vocabulaire médical, parce qrnelle dérive du verbe sugere, sucer, et qu’on a’ voulu s’en servir pour exprimer toute autre chose que la succion.

Les causes les plus ordinaires de Fecchymose sont les chutes et les percussions; les plaies peuvent y donner lieu, lorsqu’elles sont étroites et que leur direction est oblique , circonstances qui s’opposent au libre écoulement du sang; certaines maladies caractérisées par l’atonie des solides et par la grande fluidité du sang, comme le scorbut , le morbus hœrnorrhagicus , etc., sont des causes évidentes d’ecchymose ; il ep est de

Tiiêrae de la pression du corps continuée pendant quelque temps, d’un mouvement brusque, d’un effort; on en voit même paraître à la suite du plus léger froissérnent de nos tissus ; il peut même arriver qu elles se développent sans l’action d’aucune de ces causes; il n’est pas rare , ditM. Çhaussier, de voir, des personnes se coucher avec l’apparence de la, meilleure santé , et se lever lé lendemain matin avec une tache rouge sous iaconjùnctive.

Le siège et V étendue de l’ecchymose ne sont pas toujours les mêmes; les unes sont superficielles et n’intéressent que le tissu cellulaire sous -cutané, d’autres sont profondes et alors le sang se trouve infiltré ou épanché dans la substance des muscles, sous le pé-r rioste, entre le tissu propre des viscères et la membrane qui les recouvre; dans le tissu de cés organes, entre les nerfs, les vaisseaux sanguins et le tissu cellulaire qui leur sert de gaine. Il en est qui occupent un trèsgrand espace ; d’autres sont excessivement bornées.

La marehe de l’ecchymose superficielle doit être parfaitement connue du médecin chargé d’un rapport juridique sur les blessures, puisqu’elle peut servir à indiquer l’époque où la lésion a été faite. Dans le plus grand nombre des cas la partie ecchymosée offre d’abord une tache rouge ou bleuâtre, qui ne tarde pas à devenir liftde , plombée ou noirâtre , et qui est produite par le sang répandu dans le tissu cellulaire sous-cutané : au bout d’un certain temps cette tache s’éclaircit graduellement, acquiert une couleur violette , verdâtre, jaunâtre , citrine et disparaît; à mesure quelle change ainsi de nuance, elle s’étend, et

Ton observe q^iie la partie centrale est toujours d’une couleur plus foncée que la circonférence ; ainsi dans une ecchjÂose qui marche manifestemènt vers la guérison , on remarque à une certaine période , de la ma- ^,adie , ùn point central violet, entouré d’une auréole d’un jaune foncé , bordée elle - meme d’«n, cercle de couleùr citrine. « fin trouvera la cause de cette série âe piiéno1mènes73it M, Chaussief, dans la nature du sang, la disposition et les propriétés du tissu lâmineux ; en effet, dès que le sang cesse d’être soumis à l’àction cirèulatpire , if perd par le repos sa couleur vive, devient brunâtre et tend à se coaguler; mais comme il sè fait continuellement dans les aréoles du tissu lamin eux une secrétion vaporeuse ; ses molécules sont . successivement délayées, dispersées peu à peu par l’action tonique du tissu , dans les aréoles cir^ convoisines , ce qui produit en même temps la diffusion de la tacbe ecchymosée, et le changement de 'Couleur que l’on y remarque et 'qui diminue chaque jour par l’absorption qui se %it successivement. » L age , la constitution du sujet, l’état des propriétés vitales, l’étendue, la situation de., l’ecchymose èt la qui l’a produite , influent singulièrement snr le temp^ nécessaire pour que la résolution soit complete; mais toujours est-il constant qu’elXe ne saurait avoir heu sans présenter la dégradation successive des couleurs dont nous avons fait mention.

Quand {ecchymose est profonde^ par exemple, lorsqu'elle a son siège dans les muscles qui sont maintenus Jones ^onévroses et qui recouvrent immédfàtcmentles os die la cuisse , de l’a vant-bras, tle la paume

des mains , de la plante des pieds on de la face spinale du rachis, le plus souvent on n’en aperçoit d’abord aucune ti'ace à l’extérieur; la peau qui a reçu le coup et qui correspond à la partie lésée ne présente aucune lividité ; quelquefois cependant on voit paraître au bout de cinq, six ou huit jours des taches sous-euta- :Bées plus ou moins étendues , d’une couleur violette un jaunâtre ; enfin , dans certaines circonstances , les Jtaches dont nous parlons se montrent sur un point assez éloigné de celui qui était le siège de l’ecchyntose, ce qui prouve que le sang infiltré a été délayé par le fluide sécrété par le tissu lamineux, et qu’il s’est répandu successivement dans les mailles du tissu cellulaire. La peau peut également ne présenter aucune altération dans sa couleur, lorsque l’ecchymose a son siège dans les différeus viscères, quand même ceux-ci auraient été déchirés en plusieurs lambeaux, et qu’un épanchement plus ou moins considérable de sang aurait été la suite de leur rupture. De là, la nécessité de pratiquer de longues et de profondes : incisions sur les cadavres , avant d’affirmer que des percussions qui n'ont fait subir aucune altération à la peau, n’ont rien changé à l’état des tissus sous-jacens» Le diagnostic des ecchymoses est facile à établir. On distinguera celles qui sont superficielles des lividités cadavériques y en ayant égard à leur siège {Kojez Mort), et en coupant une lame mince de la peau; en effet, dans la lividité il y a simplement congestion de sang dans les réseaux capillaires, de manière que la couleur -foncée ne s’étend point aux parties sous-jacentes. Les taches rouges ou violacées qui sont congénitales^ celles

que Fon remarque dans le scorbut , dans les exanthèmes aigus ou chroniques, celles qui méconnaissent; pour cause des excoriations superficiéltes , ou Faction d’un 'vésicatoire , \e& pétéchies, \es v arides sôus-çûtanées., iex.c.\ offrent un càmactère particulier, et ne présentent jamais les nuances de couleur que Fon observe dans l’ecchymose; d’ailleurs plusieurs d’entre elles ne sont que des symptômes de maladies qu’il n’est point difficile dé reconnaître. L’ecchymose produite par la sangsue ^laissé apercevoir à son centre la morsure triangulaire de far nimal. Les taches livides ou noirâtres, faites avec la mine de plomb , le sulfure àé antimoine, etc., disparaî-^ tront lorsqu on les lavera avec de Feau. U eschare qui a lieu chez le vivant, ne pourra pas être confondue avec Fecchymose superficielle, si l’on fait attention aux symptômes qui ont dû précéder la mortification , à la sensibilité delà partie, etc. : s il s’agissait de la distinguer des ecchymoses du canal digestif et du diaphragme, qui sont fréquemment le résultat de vomissemens opiniâtres , de convulsions , de Faction des poisons, iete. , on aurait égard a la mollesse des eschares, au peu de résistanoe quelles offrent, et à la facilité avec laquelle on les détache par le plus léger frottement ; tandis qpe que les éçehymosés ne disparaissent qu’après les avoir incisees, et avoir énleyé au moyen de Féau , le sàng extravasé dans lés tissus. Il est quelquefois pins difficile de juger si les ecchymoses que Fon observe, sur un . cathare sont lé résultat de rioiences-exerêéés du vivant de 1 individu, oü dé la putréfaction du corps : toutefois on parvient loüii^éht à établir èette distinction en ayant égard aux circônstauGés suivantes : Feèehymose

qui est la suite de là puttéfaction ne- se manifeste ordinairement que dans certaines régions du corpsyïet lorsque la décomposition putride est déjà bien caractérisée ; on n’y voit jamais ces nuances de jaune et de citrin qu’il n est pas rare de remarquer dans celle qui «st l’effet d’une percussion opérée dûvivant de l’individu;

lies applications que l’on peut faire à la médecine légale, de l’hisitoire de X ecchymose , sont assez nombreuses, pour que nous n’ayons pas besoin de nous justifier d’avoir détaillé tout ce qui s’y rapporte ; en effet, la contusion produite par une violence extérieure, par une chute, etc. , est toujours accompagnée d’ecchymose 5 or celle-ci peut être superficielle, ou profonde, se manifester peu de temps ou plusieurs jours après le coup, se montrer à l’endroit frappé ou beaucoup plus loin, présenter une ou plusieurs nuances, suivant l’époque où on l’examine; phénomènes qu’il importe d’étudier attentivement lorsqu’on cherche à apprécier l’intensité de la cause vulnérante , le moment de son action, etc. Dans certains cas l’étude de l’ecchymose peut apprendre que l’individu dont on examine le cadavre, n’a été ni blessé, ni empoisonné, et que les taches livides que l’on observe sont l’effet de la putréfaction , ou de vomissemens violens , de convulsions , etc. Ici elle fait connaître si l’enfant qui vient de naître a présenté les pieds, les fesses, ou le sommet de la tête, dans telle ou dans telle autre position. ( Voyez page 286. ) Là, elle fournit des éclaifcissemens importans pour résoudre la question de la suspension, suivant la forme quelle affecte , suivant sa situation , la couleur dés parties qui l’avoisinent, lies

. désordres d«s tissus , etc. ( Fojez ^asi-hyxie par, suspension, page- 558.) ..... ,;c

De la commotion. ' ■ ~ - ^'>

.; On désigne sous le nom commotion Y de sti^peurcdans lequel un .organe esç plongé., par suite d une .percussion , tLune chute , d’une secousse ou.dâm ébranlement. Tous les. organes peuvent être le siège de la commotion -toutefois celles du cerveau sontde^plus fréquentes. S’il arrive souvent que la cômmotiop a lieu dans 1 organe voisin de la partie frappée, il n’é^.t pas rare aussi de 1 observer dans un des organes^ éloignés de 1 endroit qui a reçu le coup 5 c’est ainsi par exemple , que la commotion du cerveau reconnaît popr cause une chuté sur les fesses, sur les genoux, sur les talons ou sur les pièds. Parmi les effets.de la cpmmqr îion, il en est de çonstans et de variables 5 lés premiers sont la suspension et rinterruption de la sensibilité Jet dé toute action nerveuse ; ils peuvent être momentanés ou persister pendant un temps plus ou moins long:ies autres sont relatifs à î’ altération que les tissus ont pu éprouver* tantôt les organes ont conservé leur intégfité 5 dans certains cas, leur volume est diminué et léUr densité augmentée, sans autre changement apparent . dans un assez grand nombre de circonstances , on ^ remarqué des ruptuïqs J des hémorrhagies, l’inflammation , des épanchemens , le sphacèle; il est des cas enfin, où les parties quiont étéle siège de la commotion conservent une grande faiblesse et ne remplissent plus leurs fonctions d une nianière convenable.: c’est ce qui arrive par exemple aux muscles, aux nerfs et aux vais-

(Sp. . .

seaux. Le danger des , commotions n'est donc pas le mêmej il en est qui sont immédiatement mortelles; d’autres ne déterminent la mort qu’au bout de plusieurs > jours, ou sont suivies de la guérison complète ou incomplète ; les plus dangereuses d’entre elles sont celles du cerveau et de la moelle épinière. Il est donc permis, dans certaines circonstanees, de rapprocher lés lésions dont nous parlons , des lipothymies , des syncopes ou morts subites , qui dans certains cas sont produites par une surprise , une frayeur excessive.

De la fracture.

Da. fracture doit être définie , la rupture d’un os ou d’un cartilage par une violence extérieure, un effort ou une chute : elle est caractérisée par le changement de forme , par la mobilité contre nature et la crépitation delà partie fracturée; phénomènes qui tardent plus ou moins à se manifester, selon la cause et le siégé de la fracture , et qui peuvent éprouver des modifications suivant que l’os a été cassé en deux ou eri plusieurs fragmens, qu’il y a ou qu’il n’y a point desquilles, suivant la disposition des fragmens, etc. Le danger des fractures est relatif à leur siège, à leur simplicité ou à leur complication, aux accidens qui les suivent , à l’âge de l’individu , etc.

De la ^luxation.

On peut définir la luxation^ le déplacement des surlaces articulaires, qui est le résultatimmédiat d’un coup , dune chute , d une violence extéfieure, ou de l’action

musculaire, et qui est toujours accôinpagné de douleur , d’une altération plus ou moiixs grande de la forme, delà longueur de la partie^ et de' l'impossibilité ou de la difficulté-de ses niouvemens. Ainsi , par sa cause, eé gènré- de lésion diffère essentiellement de cette, maladie- ehroniquè que l’on nomme improprement luxation spontanée.

, . ^ De r.entorse.

On désigne^SGus le nom , une affection des

articulations, caractérisée par un gonflement douloureux, et parla difficulté de ses mouvemens , et qui reconnaît pour cause la torsion , le renversement ou toute autre violence subite.

■ r -. De la brûlure^

La brûlure estmne lésion produite par le féU ou par un caustique, ét qui consiste tantôt dans la rubéfaction ou rinflamraation des tissus , tantôt dans leur carbonisation ou leur destr^tion totale. Lorsqu’elle est superficielle j elle présente peu de danger si elle est bornée, à moins que l’individu ne soit douéd’ùnegfandé susceptibilité nerveuse^ si elle est superficielle et trèsétendue, elle fait périr dans un court espacé de temps, tandis qu elle peut ne déterminer la mort que plusieurs-, jours après la cbute des escHares , si elle est profonde et moyennement étendue.

Des plaies.

La plaie est une solution de continuité accidentelle , plus ou moins récente, ordinairement sanglante 5 pro-

duite par iiné ca^a'iê' mécanique. On' là désigné sousM# noms difFéreris siiivàht la cause qui''Tà''déterrriin'é'ë^9 aihsi’ on rappelle '-éghdti'gnüî'ê , exconÙtioH ; piq'tLf'ë 'f,

' coupure^ plüie-cdnïù!ie , plaie d'àrme h Jéü^ moYsurl’^ plaie par arrachement plaie envéhiinée ^ Gtc. Ces déwôminàtions dont lé sens est parfaitenVent connu de toutes les personnes qui se livrent à l’étude de la chiruFgié; ne doivent pas être confondues dans un rapport'juid-’ dique. ■■ :in

Toutes les plaies ne sont pas également dangerèuséât Le danger des piqûres est en général plus grand qdè celui des plaies faites par des instrumens’ tranchantnon-seulement parce qu’elles pénétrent plus avant, mai? encore parce qu elles offrent une moindre issue au püS/ et qu’elles déchirent imparfaitement les ülets nervéusét les parties aponévrotiques. Les confuses et surtoW

celles qui sont faites par des armes afea^ pouvant donne# lieu à la commotion, au sphacèle, et à la destruction parties blessées et de celles qu^les avoisinent, sont beaîâ^ coup plus redoutables que les précédentes ; les bëmûrrhagies consécutives que l’on observe quelquefois à-îà chute des eschares, et la présence des corps étrangêrs qui entretiennent pendant long-temps la suppuration j viennent souvent augmenter leur gravité. Lé dàngér des morsures faites par des animaux vénimeux*, et 'dés’ plaies envenimées ^ est relatif à la nature du vèhin t)h' du poison qui a été appliqué sur nos tissus, ( EMPOISONNEMENT.) ' - i

Le médecin peut être appelé pour déterminër n'drfséulement la nature et le dangèr d’uhè plaie j aussi pour éclairer les magistrats eur son ancienneré

ft le temps^ néq^saire^à sa guérigoxL j il doit donc cqpnaître Æixaqtement les phénoraèri^ qui . açcompa-' gpent ces SQTtes,,<le, blessures aux; diycr^es/époques., les circonstances qui peuvent modifier j accélérer ou retarder, leur -guérison. , a .

LeSr plaies présentent des pbénomèn^s ; différens , suivant leur nature et les diverses époques auxquelles " on les examine. Quand une plaie a été faite par un instrument tranchant, et que ses bords non contus , ont été réunis exactement peu de temps après la division du tissu, elle petit guérir sans suppurer par pi’emière intention ou par adhésion primitive; l’hêmorrhagie s’arrête, par lapressmn que les lèvres affrontées exercent l’une contre l’autre , à raison des moyens mécaniques qui les maintiehnent en contact; ces lèvres ne tardent pas à éprouver un léger, gonflement inflammatoire, accompagné de rougeur, de.chaleur, et qui est suivi de l’exsudation d’une lymphe plastique , susceptible de s’organiser pour former la cicatrice : d’abord terne et transparente , la lymphe qui suinte des bords de la plaie , devient plus épaisse , plus tenace et blanchâtre le second et le troisième jour; plus tard elle se pénètre , de vaisseaux et constitue la cicatrice , ■■■ 0 véritable membrane intermédiaire aux bords de la division qu’elle réunit et avec lesquels^elle , finit par se confondre entièrement. La cicatrice paraît linéaire à 1 extérieur , quelle que soit son étendue vers les parties profondes, intéressées; elle est d’un rouge assez vif les premiers jours qui suivent sa formation, ensuite elle pâlit peu à peu , et après un temps variable prend \a couleur de la peau , et reste un peu plus blanche^

Quand la plaie ne doit se réunir que par seconàe intention ovl adhésion secondaire , c’est-à-dire, après avoir suppuré, les phénomènes de sa guérison sont différons des précédons : ce mode de réunion s’ observé lorsque la plaie est avec perte de substance, que sés bords sont, contus, ou que, long-temps exposés au contact de l’air, ils se sont fortement enflamiïi^ avant d’être réunis, que le malade présente quelque vice général et local qui entrave la guérison, etéi Après la cessation de l’hémorrhagie, le sang se colle à la surface de ces plaies, et forme une croûte ou coâgulum qui les défend du contact de l’air et des pièces d’appareil dont on les couvre. Vers le second jour, un suintement séro-sanguinolent plus ou moins abondant pénètre les pièces d’appareil et sè supprime vers le troisième jour; la plaie rougit et s’enflamme; il se fait un nouveau suintement séro-purulent. A cette époqué^ la surface de la plaie paraît gonflée, livide , blafarde, quelquefois comme marbrée de taches violacées, brunes ou verdâtres : cet aspect n’a rien de fâcheux pour les personnes qui ont l’habitude de voir souvent de lâfgés plaies; en effet, au bout de quelques jours, il se développe sur différehs points, et surtout vers la circonférence de la solution de continuité, de petits tubércules coniques pleins d’une matière épaisse, blanchâtre, comme lardacée ; ces tubercules grossissent:, dèviennent rougeâtres, arrondis , et forment Ce qti’on nomme les bourgeons charnus ; ceux-ci, en s’étëndaât de plus en plus, shmisserit par leurs bases’, et forment une membrane molle, plus ou moins rouge, qui finit par recouvrir toute la surface de la plaie; ils fournis^

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sent un pus d’abord séreux, puis plus épais, homogène, te| que celui qui s’écoule d’un phlegmon. Une fois que charnus sont développés et la suppura^ tiqn établie, la plaie se dégorge, ses bords s’affaissent, bourgeons charnus s’affaissent aussi vers la circonférençp de la plaie, fournissent moins de pus, et enfin forment, par leur affaissement, une pellicule d’abord rouge et assez épaisse j cette pellicule , qui n’est que la eiçatriçe, s étend de plus en plus vers le centre dé la, ,:^olution de continuité, qui se rétrécit à mesure quelle se forme; aussi la peau voisine, fortement tiraillée, dé? termine-t-elle des plis radiés autour de la plaie. Quand ,eeile-ci offre une grande étendue, la cicatrice devient de plus en plus mince, elle pâlit, et enfin finit par prendre unecouleur plus pâle que celle de la peau.Quand la plaie est fort large, la cicatrisation commence bien ordinairement par les bords , mais on voit aussi qu’elle adieu ensuite par différens points de la surface malade.

La cicatrice est donc un organe de nouvelle formation , G est une sorte de tégument qu’on, pourrait nom-, mer accidentel; elle se forme plus ou moins rapidement suivant une foule de circonstances, comme la nature des parties intéressées, l’étendue de la plaie, l’âge , ‘ létat sain ou maladif du blessé, ete. Toutes cho,ses égales d’adleui-s , la cicatrisation a lieu plus promptetnent quaird la plaie existe à la tête, aux bras ou au ; front, qu aux extrémités inferieures; les plaies trèsétendues avec perte de substance, dans lesquelles les tendons, les aponévroses , les os sont rais à nu, ne guérissent souvent qu après l’exfoliation de ces organes, et sont en général longues à cicatriser. Chez les jeunes

sîïjets j la cîcâtrrsatidn est plus prbinîpté què chez lëà^ adu]tè^*etlëé vîëilia¥cTs; quand lë mâlâd'e ëst d’une bonne cbnstîtutibn , lés plaies se guérissent avec' plus de promptitude que Ibrsqtrîl est débilité , cachectique bu affecte dé vérole, de scrofules, de dartres ou de scorbut : sou- ' vent, chez ces derniers individus, les plaies preniiéhten fort peu de temps üri caractère ulcéreux qui pour^‘ rait lés faire regarder éomme bea;ucoup plus àiiciehnes quelles ne le sont féeliement; c’est une circonstance à laquelle il faut faire la plus grande attention dans le^" rapports en médecine légale, lorsqu’il s’agit de .déterminer depuis quel temps une blessure a été faite ou combien devra durer son traitements II en est dé' même des plaies qui peuvent intéresser, d’a:ncienneà cicatrices; elles dégénèrent souvent en véritables ul-'; cères au bout d’un temps très-court: nous avons vu des malades chez lesquels on aurait jugé que cés lésions ■ existaient depuis fort long-temps , tandis qu’elles n’àvaientlieu que depuis quelques jours. Quand les cicatrices sontrrécemment formées , en général elles sont roses, vasculaires et comme injectées, plus ou moins tendres et: sensibles au toucher: plus tard, elles deviennent blanches, lisses, moins sensibles au toucher -et restent ordinairement plus colorées que la peau; eependant il est impossible de déterminer jusqu’à pressent le temps qui est nécessairre pour que ces changéméns s opèrent dans 1 état dès cicatrices ; chez les uns, il a lieu assez promptement ; chez d’autres, ce n’est •qu apres un temps fort long qu’on les observe ; chez quelques malades meme , surtout chez les scorbutiques et les vénériens , les cicatrices restent long-temps rou-

, pU| y ioleJ;te^ e t crouteuses , dp, sorte qpe. l’on pour^rait prendre; ppur'^réçentes çies; piç.'itrfiçe^ déjà anciennes. Il , est hop dp saypir aussi que çhez^un assez grapd uombre d’individus,, les cicatrices deyipnnent rouges ou y iolacpes, pendant iliiy er, par l’actlpn du froid , bien quelles existent depuis fort long-temps et qu’elles; soient blancbes dans l’état ordinaire. . .

,Xps -cicatripes, présentent aussi; des caractères différens , suivant la nature de la'spîutipn de continuité qui leur a donné lieu. Celles des plaies simples , celles qui^suecèdent à l’puyerturp d’abcès,, à 'diyéfses opérations, sont ordinairement linéaires , solides , et insensibles ; celles qui suivent les plaies- étèPdues avec perte suî^stanpe , , .sont , souvent enfoncées , adhérentes 4éébirént avec facilité.' Les cicatrices des bjulpres restent fort long-temps rouges, elles sont diverses directions , par des ^yides blapcb^ pu moins multipliées : les

cicatrices des bubons , des glandes lymphatiques, suppurées , sont ordinairement plissées , et présentent des stries radiées qui leur donnent parfois une apparence étoilée J les cicatrices des vieux ulcères, sont ordinairement lisses, pu couvertes de croûtes, qui. peüvent ^pqpérir beaucpup d’épaisseur.

malade à sucpombé pendant le traitement d,’une plaie, celle-ci éprouve des cbangémens rèmarquaples après la mort ; ses bords s’affaissent ainsi que v îes. bourgeons charnus dont elle est couverte , elle pâlit sensiblement, et f ouvent la cicatrice commençante , ne paraît plus apsfi distincte de la portion suppurante de la plaie que pendant la vie ; il est donc plus difEcile en

général, de distinguer après la raort, le degré de la eicatrisation et l’ancienneté de la blessure, que pendant la vie.

Les plaies contuses, dôns lesquelles l’épiderme ou ïé^ couches les plus superficielles du derme ont été, détachées , sé couvrent d’uiie croûte de sang coagulé , qui reste adhérente , pendant les trois ou quatre premiers jours, et se sépare lorsque la suppuràtion commence à s’établir dans la partie sous-jacente.

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