‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 51 sur 54 · QUARANTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTIÈME LEÇON

Blessures à la poitrine.

Nous distinguerons, comme la plupart des auteurs , les blessures non pénétrantes de la poitrine, de celles

qui sont pénétrantes, non pas que nous admettions que ces dernières soient constamment plus graves que les autres, car l’expérience démontre toiis les jours qu il est plus facile de guérir certaines plaies pénétrantes que d’autres qui ne pénètrent pas :1e danger des blessures pénétrantes dépend , en effet, uniquement de la, lésion des organes contenus dans le thorax. Il devient inutile à notre objet de rappeler les caractères dont l’ensemble doit faire croire qu’il y a eu pénétration , lorsque la vue est insuffisante pour établir le diagnostic, puisque nous venons d’établir que ce n’est pas la pénétration qui fait le danger de ces blessures : nous dirons toutefois que la sortie de l’air par la plaie n’annonce quelle a pénétré qu’autant quelle a lieu à chaque inspiration , car on voit sortir quelquefois une petite quantité d’air d’une plaie non pénétrante. L’emphyseme ne peut pas non plus, être regardé comme un signe pathognomonique de la pénétration, puisqu’il existe dans certaines plaies non pénétrantes, surtout dans celles qui occupent les environs de l’aisselle , comme l’a observé M. Lallemand.

Blessures non pénétrantes de la poitrine. — Piqûres. Si la piqûre des parois de la poitrine, n’est compliquée ni d’hémorrhagie, ni d'inflammation intense, ni de la présence de l’instrument vulnérant , elle constitue une maladie simple, facile à guérir. U hémorrhagie , si elle est le résultat de rouverturé des vaisseaux sous-claviers des grosses branches fournies par l’artère axillaire, peut déterminer une mort prompte , si l’art ne vient pas au secours de 1 individu, a moins que l’écoulement ne s’arrête de lui-même, soit parce que le blessé tombe

en syncope, soit parce qu’il y a formation d’un thrombus, ou changement de direction dans la plaie, c’està-dire que la piqûre extérieure ne correspond plus à la piqûre du vaisseau : dans ce dernier cas le sang peut s’épancher en grande quantité dans le tissu cellulaire, et on ne saurait trop se hâter de lui donner issue par des incisions convenables , afin de prévenir la formation de vastes abcès. \1 inJLammation. qui complique quelquefois les piqûres de la poitrine en augmente le danger, surtout lorsqu’elle se termine par suppuration : en effet , on sait que les abcès dans les parois de la poitrine tendent continuellement à s’agrandir, si on ne les ouvre pas dès qu’ils sont formés, La -présence du corps étranger dans la blessure n’augmente souvent pas sa gravité, parce qu’il est facile d’en faire l’extraction, et qu’alors la piqûre ne tarde pas à guérir ; il est cependant des cas où cette extraction ne doit pas être tentée, parce qu’on augmenterait les accidens, comme lorsque l’instrument pénètre dans la moelle épinière.

emphysème qui accompagne quelquefois les piqûres dont nous parlons , ne peut pas être regardé comme une complication.

Plaies par instrument tranchant. On peut appliquer à ces plaies tout ce qui vient d’être dit à l’occasion du danger des piqûres simples ou compliquées.

Contusion et plaies contuses. Le danger des contusions des parois de la poitrine est relatif à la force avec laquelle 1 instrument a agi , et aux désordres qu’il a produits. Un corps contondant ordinaire, dont l’action est bornee aux parois du thorax, détermine rarement des effets fâcheux, excepté chez les femmes, où il pro-

duit quelquefois l’inflammation des seins, leur suppuration, leur induration , et par la suite leur dégénérescence cancéreuse. Mais si la percusssion a été. assez forte pour agir sur les viscères tlioraciques , les ffomnons, le cœur, lés gros vaisseaux , peuvent être déçîiirés, enflammés, etc. ; lésions à là suite desquelles on, observe souvent des épancbémens sanguins mortels, la suppuration, et par Gonséquént des collections de pus ou desérosité purulente.

Les plaies, contus es ne* sont dangereuses qu’autant quelles se' compliquent d’hémorrbagie , d’inflammation j de la commotion des viscères thoraciques, ou de la présence d’ün corps étranger. Les contusions produites par un projectile sont suivies d’accidens plus fâcheux lorsqu’elles ont eu lieu sur le sternum ou. sur une côte, parce que les ‘parties molles sous-jacentes sont écrasées, que les os peuvent être dénudés et même fracturés y et qu’il y a épanchement de sang ; or, on sait qu’à moins de donner promptement issue à , ce liquide, oji a à craindre des abcès, la gangrène, etc.

Les plaies di armes a feu peuvent être pénétrantes et non pénétrantes : si la balle ne pénètre pas dans la poitrine, elle peut déterminer une forte contusion des viscères thoraciques, la fracture d’une ou de plusieurs côtes, ou du sternum , lésions qui ne font pas toujours périr le blessé; si, comme il arrive plus souvent, elles pénètrent dans cette cavité, et que le cœur ou les gros vaisseaux de cet ôrgane ou des poumons soient percés le malade ne tarde pas à périr. Toutefois les exemples de plaies produites par des balles qui avaient pénétré dans la poitrinë, ou qui l’avaient percée de part en

pai-t , et qui ont élé guéries sans açcitklis, ne sont point rares : quelquefois la guérison n’a pas été complète, la plaie ayant dégénéré en fistule. .

.Les. dangers des fractures des côtes méritent de fixer un instant notre attention : les côtes supérieures et inférieures exigeant, pour être cassées , un effort beaucoup plus considérable que les moyennes, la commotion des viscères thoraciques doit être plus grande dans le premier cas , et la fracture plus dangereuse ; on conçoit même difficilement lafràcture des dernières côtes asternales (fausses) sans qu’il y ait commotion du foie ou de la rate. En général, la fracture dite en dedans est plus grave que celle dans laquelle les fraginens se dirigent en dehors : en effet , elle expose le blessé à la déchirure et à l’inflammation de la plèvre et du poumon, à l’emphysème, à la lésion des artères intercostales, et par conséquent à une hémorrhagie qui peut être latente ou apparente; et si elle a été comminutive, les esquilles peuvent blesser les poumons et développer des accidens funestes.

La fracture du sternum n’est pas une maladie grave ^ s’il n’y a pas déplacement des fragmens, et si la contusioit n’a pas été considérable ; la mort peut arriver instantanément, au contraire, ou au bout de quelque temps, si la commotion éprouvée par les poumons pu par le cœur a été assez violente pour les déchirer- L enfoncement des fragmens dans la poitrine augmente considérablement les dangers de cette fracture,, parce qu il est ordinairement suivi d’épanchement de sang^^ du suc médullaire de l’os dans le médiastin, d’influprniatîon , de suppuration et de carie. Ajoutons à gela

que, dans les cas de fracture du sternum avec dëpîaeément des fragmens où la consolidation s est opérée sans que les fragmens aient été réduits, les blessés éprouvent pendant long-temps une toux sèche , de l’oppression, des palpitations et d’autres accîdens plus bu moins incommodes.

La fracture des vertebres dorsales peu dangereuse par elle-même, quoique le plus souvent elle détermine là mort du blessé dans un très-court espace de temps; ee qui tient à la commotion qu’éprouve la moelle épinière à la lésion physique dont elle peut être le siégé , ou à la compression qu’exercent sur elle le sang épanché ou les fragmens détachés des vertèbres. .Toutefois on a vu de pareilles fractures n’être pas suivies d'accidens graves, èt même guérir assez facilement : c’est ce qui a particulièrement lieu lorsque le projectile est petit, et mu avec beaucoup de rapidité.

Blessures pénétrantes de la. poitrine. L’observation démontre que, lorsqu une plaie de poitrine est pénétrante , et que les organes thoraciques ont été atteints, les poumons sont presque toujours lésés, et quelquefois le cœur, les gros vaisseaux qui tiennent à cet organe et l’œsophage : ces lésions expliquent suffisamment l’hémorrhagie, l’épanchement de sang et l’emphysème que l’on remarque souvent à la suite de ces blessures .

Blessures des poumons. Le danger de ces blessures est relatif à l’hémorrhagie et à l’inflammàtion qu elles peuvent occasioner, ainsi qu à la pénétration de l’air extérieur dans la cavité thoracique. Hhêmorrhagie peut être îfôsezconsidérable pour faire périr le blessé en trèspeu de temps, comme on le voit dans les blessures

profondes, ou lorsque l’instrument vulnérant a ouvert lèsr gros vaisseaux qui se trouvent à la racine des poumons; non-seulement il y a alors perte d’une quantité notabfe de. sang, mais encore compression' de ces viscères ;par le iiquide épanché : si la blessure est superficielle, l’hémorrhagie n’est pas à craindre. iion deS: poumons ne peut pas être considérée comtale essentiellement mortelle ,; puisqu’elle se terminé souvent par résolution, et que, lorsqu’elle' est suivie de suppuration ou d’induration, la; mort na pas' toujours lieu. ; Nous renvoyons aux traités de: pathologie, pour ce qui concerne les. suites fâcheuses que peuvent; avoir ces. sortes de lésions^ en nôus 'bornant à indiquer ici que. iiâ suppuration des poumons est d’autant plus à craindre, que la plaie est plus profonde j et le blessé, plus disposé à devenir; phthisique. La pénétration de Pair daps la cavité llioraci^ùe y reg.ardée autrefois comme très-dangereuse, ne l'est' réellement que lorsque la quantité d’air introduite est conside.rable , les, poumons se trouvant alors rétractés sur eux-mêmes,, et. dans l’impossibilité de se dilater; mais on sait que, .dans beaucoup de circonstances, l’air ,exr térieur éprouve des obstacles pour entrer dans la poitrine : ainsi, lorsque la plaie extérieure n’est pas trèsgrande, si elle, traverse obliquement les parties molles parois du thorax, l’air extérieur ne pénètre pas, parce que les plaiés des différens plans ne conservent plus leur parallélisme, et que les lèvres de ces plaies restent souvent appliquées lune contre l’autre. ■ S’il est vrai que la présence d’une balle dans. un des poumons constitue un accident grave, il est également

cerlciin quelle ne fait pas toujours périr le blessé sait, en effet , que des individus dontla poitrinè âvàit été percée de part en part ont expectoré une balle au l>out de plusieurs années, et que d’autreé dut ‘vécu pendant quinze, dix-buit ou vingt ans, sans éproüver d’incommodité notable, malgré la présence d’uiiè balle dans les poumons, comme on a pu s’en convaincre par les ouvertures des cadavres. - ^ :

Là sortie d’une portion du poumon par un des espaces intercostaux , ou ïe pneumatocèle^ est un accident fort rare, et peu dangereux si l’on se hâté de la faire rentrer avec lès doigts ou avec une sonde mousse : toutefois, si cette portion du poumon était gansfrénée, état qu’il ne faut pas confondfê 'avec la lividité et la sécheresse que cause l’impression de l’air, on devrait la fixer au dehors à l’aide d’un fil, ou l’exciser après avoir ligature afin de prévenir l’épanchement de sang dans la poitrine. L’observation démontre que les blessés qui ont subi cette opération n’éprouvent par la suite qu’une douleur légère sans oppression , et une toux peu incommodé.

Blessures du cœur: — Péricarde. La lésion delà mémbrané séreuse qui enveloppe en grande partie le cœur , abstraction faite de la blessure d’organes’ plus importans, n’est dangereuse que par l’inflammation qui peut en résulter , et par les collections de sang et de sérosité qui' en Æont quelquefois là suite ; sans doute, l’inflammation du péricarde est une maladie grave, d’autant plus quelle se propage facilement aux parties qüi l’avoisinent ; mais l’art possède des moyens de la prévenir ou d'en diminuer les efféts : c’est donc à tort que^.

Ton a considéré les blessures de ce genre comme essentiellement mortelles.

Cœur. Il importe d’établir , avant d’examiner la létbàlité des lésions de cet organe, que le plus souvent elles intéressent le ventricule droit ; dans certains cas les deux ventricules sont lésés à la fois , mais il est rare que le ventricule gauche seul soit blessé; enfin on n’observe presque jamais la lésion des oreillettes. Les blessures qui pemtrent dans les cavités du cœur déterminent instantanément la mort , si elles sont assez vastes pour permettre au sang de s’échapper facilement; tandis que la blessure n’est mortelle qu’au bout de quelques jours si, à raison de son étroitesse ou de son obliquité, le sang éprouve de la difficulté à sortir, ou qu il se forme des caillots qui s’opposent à son écoulement. Parmi les blessures qui hornent leur action à l’épaisseur des ventricules, il en est qui peuvent guérir, parce qu il n’y a point d’hémorrhagie et que l’inflammation est peu considérable, comme on le voit lorsqu une petite portion du tissu du cœur a été atteinte , et qu aucune des branches considérables des artères coronaires n’a été lésée. D’auti'es , au contraire , déterminent une hémorrhagie mortelle dans l’espace de quelques heures, ou font périr le blessé au bout de plusieurs jours , parce que les parois du cœur, affaiblies par la blessure, finissent par se rompre : toutefois 1 observation démontre que la mort n’est pas un résultat constant de ces lésions. Les blessures des oreil-r lettes sont en général plus dangereuses que celles des ventricules, à cause du peu d’épaisseur de leurs parois, qui ne permet guère de supposer qu’elles puissent être

pénètre dans leur cavité et donne heu a un epanchement de sang dans la cavité du,: péricarde. Les blessures des gros troncs artériels ou ?^,(?,ïU#ua?: C,ontenus dans la poitrine, qui partent du cœur Q4r,,qiu:,s,,y;, rendent, ainsi que celles de la veine azygs>s^, sojit constamment mortelles ; elles font périr subitement si elles sont considérables, et au bout de quelques jours, si elles sont étroites.

Blessures de l œsophage. On concevra faUilement combien il doit etre rare d observer la section complété et transversale de la portion thoracique de l œsophagé; : cette blessure est nécessairement mortellehi , comme al arrive plus souvent , 1 œsophage a été blesse^arain,, instrument aigu, la mort peut ne pas avoir iieu, lorsque la blessure est peu etendue et que le., poumon na pas ete intéresse. Payen . d Orléans , parvint-a guenr un individu dont 1 œsophage avait été ti averse de. part en part par un coup de baïonnette porte a la partie anterieure et supérieure droite de la ^ poitrine :Ja lésion de ce conduit musculo-membraneux etaitmise hors de doute parla sortie des boissons par la^plaieÿ cependant, comme les exemples de ce genre sont rares , on devra considérer de pareilles blessures Gomme^fortgraves-

,;; ,Il„a e^ souvenç .question . dans 1 histoire des lésions 14*? l^ pi>ttt4ne,,,cl^.l-neroorrhagie, de 1 epanchement sang.uie,,et-do .1 emphyseme quelles peuvent déterminer: il. impunie . de, lesj;etudier séparément. L hémorrhagie ppuLetrede résultat dqla lésion des vaisseaux artériels (lu . cœur, et «des poumons , de 1 aorte et de ses prmcidiMnonSj (les deux \cines ca\esj et de la v< me

azygos; nous ïiereyiendrons pas sur les dangers qui ïaècompagnent., Elle peut tenir à l’ouverture d’une ou -, de plusieurs artères intercostales ■: ici la blessure n’est*'jf. | pas de nécessité mortelle 5 parce que l’art possède .des moyens d’arrêter l’hémorrhagie -pu .d’évacuer le. sang

qui serait épanché dans la cavité du thorax. , y j

U épanchement de sang dans la poitrine, quelle que-,^. soit sa cause , ne tarde pas à faire périr le malade dans ta pkipart des cas, s’il est considérable; on peut, au contraire, espérer de secourir efficacement le blessé,; en pratiqu'ant une ouverture qui permette au sang, ; de sortir, surtout si la quantité de liquidé n’est pas grande. Mais ne dissimulons pas combien il est difficile, dans certains cas , d’établir le diagnostic d’un pareil =>1 épanchement. Les auteurs, il est vrai, n’ont pas mari- ; qué de donner une réunion de signes propres à lever r .. la difficulté dans quelques circonstances; tels sont la gêne de la respiration, la difficulté de se tenir couché rr; sur le côté opposé à celui qui est le siège de l’épanche- • ment , la plus grande élévation et le plus grand éva-. sement de la partie du thorax qui contient le liquide ù f épanché, le son mat de cette portion de la poitrine, ^ les ondulations du liquide épanché, l’apparition vers,. - r;? l’angle des fausses côtes' d’une ecchymose , d’un violet clair, qui paraît plusieurs jours après da blessure,,, et ; c que Yalentin avait regardée à tort comme constante,. -, la sortie du sang et de l’air par la plaie à chaque mou-r , vement d’expiration, la petitesse, la fréquenee etTir- / régularité du pouls, etc. Parmi ces signes., il en estun qui a beaucoup plus de valeur que les autres ; c’est ■ :>. îa sortie du sang et de l’air par la plaie. Les autres sont. .

trompèifrs ; • êepéiadant IteTir ènSëmble peut porter à croiré que Tépanclïenïént ' ékîste ; sans permettre ‘ de 1 affifmfer; Gé^bien- defoîs n’a^t-6n pî^s vù désdndivid iis succombèr "à'^cettê cairsè , sans aroir éprouve' de ’gën'e sensîble' dans là respiration-/ et ayant toujoUrs joui de la faculté de se coûeher indistinctement sur le côté sain'ët sur celui qui était malade? Ne sait-on pas, d’uné autre part , que des blessés ont été guéris par les soins ordinaires J lorsque 'tout concourait à prouver qu’ils étaient en proie à un épanchement considérable? L’horiime de l’art pourrait don c*^ être blâmé /s’il avait pratiqué des ineisions pour donner issiie au sang, avant d’avoir examiné avec le plus grand soin toutes les circonstaxrees susceptibles de réclairer.

11 s en faut -dé beaucoup que' Xemphyseme produit par une blessure de poitrine soir propre à faire apprécier là ^àvité de la lésion : admettons , en effet , quun emphysèmé'^^ considérable suppose que le poumon a été blessé dànsUiijénsSéz grande étendue , ihne faut pas conclure pour cela que la blessure est grave;; au contraire , tout porté à croire qu’il n’y a eu que de ^ très-petits vaisseaux ouvérts , et que l’épanchement de sang est léger ; car , sans cela , il n’y aurait pas de place pour 1 ali*. Oa sait d ailleurs que , dans eerîaines lésions peu etendues des poumons , suivies' d’un épanchementï considérable,' et par-eônséquént fort grave, il n’y a point d’emphysème-; d’une autre part, celui-ci peut exister, Gomme-nGusdavonS' déjà dit, sans que le poumon ait été -lese-ÿ- làir' extérieur s'introduisant dans la poitrine par la plaie, au moment de i inspiration, pour en être chassé pendant l’expiration.^ ^ =

Blessures du diaphragme. Il est impossible de révoquer en doute la gravité des blessures du diaphragme, à cause de la gêne qu épi’ouve la respiration , soit que les viscères abdominaux aient pénétré dans la cavité thoracique, soit qu’il y ait simplement inflammation de ce muscle : la première de ces causes peut même -être suivie d’asphyxie et d’une mort prompte, si les .poumons ont été fortement comprimés par les organes; de l’abdomen. Nous rappelerons ici, que la blessuredes; nevis diaphragmatiques est nécessairement mortelle. ,

Blessures du bas-'V entre.

Nous distinguons, comme pour les lésions de la ppi^ j trine , les blessures pénétrantes du bas-ventre de ç^kss qui ne le sont pas , tout en admettant que la pénétrar tion n’ajoute rien au danger que court le blessé : qu’un! ; porte, en effet, que l’instrument vulnérant ait pénétréj dans l’abdomen , s’il n’a lésé aucun des viscères abdo-^, minaux, ni les vaisseaux sanguins ni les nerfs? IJnei pareille blessure ne pourra-t-elle pas être moins danfegereuse qu’une autre dont l’effet aura été borné au%: enveloppes du bas-ventre? Ce n’est donc que pour pgps; céder avec plus de méthode, et pour simplifier rhis"?? toire de ces lésions, que nous adoptons cette divisiou, ;

Blessures non pénétrantes du bas~^entre. Plusietirar; circonstances se réunissent! pour faire regarder; blessures,, que Ion croirait au, premier abord, de v^pjjÎTj être fort légères, comme pouvant être dangereuses^.. Tantôt elles sont compliquées de; l’ouverture des ar"o Eères.mamraaires internes et épigastriqnes,

rhagie qui eu résulte peut être mortelle si le blessé p’est pas secouru à temps ; tantôt elles sput suj^ûes d’uue inflammation considérable , de fusées fistuleuses , de collections de pus latentes: dans certainescirconstanees, les organes génitaux sont lésés, ou l’on a a craindre des hernies et leurs suites , etc,

Piqûres. Les piqûres de l’abdomen qui n’atteignent pas le cordon spermatique , les vertèbres ou les os du bassin, doivent être regardées comme simples et fa-; ciles à guérir, à moins que des artères ou des fi-r ets nerveux ^n’aient été blessés, ou qu’il ne se soit développé une inflammation grave. En effet, supposons, comme on le voit souvent, qu’une artère d’un certain calibre soit puyerte, et qu’à raison de l’étroitesse de la plaie, de son obliquité , et d.u gonflement qui survient dans son trajet, il n’y ait point d’hémorrhagie extérieure , le sang s’épanche dans le tissu cellulaire et produit une tumeur qui s’enflamme si le liquide n’est pas résorbé : or, cette inflammation peut se terminer par suppuration ; et l’abcès qui en résulte n’est pas sans danger, comme nous le verrons bientôt. Admettons maintenant qu’il- n’y ait point de lésion d’artères, mais que la piqûre se complique d’inflammation , ainsi qu’on l’observe surtPut lorsqu’elle a^n siège dans l’épigastre ou dans les muscles droits, le blesse peut succomber à cette complication dans l’espace de sept à huit jours ; et, s’il ne périt pas, il se forme des foyers purulens aui^quels succèdent des fistules difficiles à guérir. Les dangers des dbœs de cette nature sont généralement connus : on sait qu’il faut les ouvrir aussitôt qu’ilssont formés, si on veut éviter des accL^

dens qui amènent souvent la mort dans très-peu de temps, ou empêcher le pus de pénétrer dans l’abdomen après avoir altéré le péritoine , et de s’étendre jusqu’au bassin! Nous parlerons plus bas des piqûres où le cordon des vaisseaux spermatiques , les vertèbres et les os du bassin ont été lésés.

Plaies par instrument tranchant. Les dangers de çes plaies sont de toute autre nature ; rarement rintlam-' mation qui les accompagne est assez vive pour constituer une véritable complication ; et s’il est vrai qu’elles donnent souvent lieu à l’hémorrhagie, celle-ci peutêtie facilement arrêtée , d’autant plus qu’il est aisé d’aper- . cévoir le vaisseau qui a été ouvert. Ce qu’il y a plus particulièrement à craindre dans ces sortes de blessures , ce sont les hernies : en effet, lorsque la plaie occupe la région ombilicale , et notamment les points inférieurs à 1 ombilic, la hernie peut avoir lieu sur-le-champ; et, en supposant même que le blessé guérisse sans que les viscères abdominaux soient sortis de leur cavitéi, la partie lésée reste faible et singulièrement disposée aux hernies : c’est ce qu’on remarque surtout lorsque les muscles abdominaux ont été coupés transversaler ment , parce qu’alors la réunion des bords s’est opérée fort lentement , et n’a pu se faire qu’au moyenj‘<l’di*.e substance celluleuse intermédiaire beaucoup plus faible que le tissu musculeux. Quoi qu’il en soit , -il résulte^ ce qui précédé, que les plaies de ce genre sont eb général moins dangereuses que les piqûres.

Contusions. Quelle que soit l’intensité d.es contusions des parois de 1 abdomen , si leurs effets ont été bornés à ces parois, la blessure n’est pas grave': le malade

reste seulement exposé aux hernies ; mais si les ^viscères/abdominauxf:ont été fortement ebrâillés,:f cori^ tus bu déchirés, par uh coup porté sur un point éloigné dé là pkrtiè (ju ils bccupèiit , la blessuré peut avoir des suites fâcheuses, ibes: organes qui' sont le pfos ^souvent atteints de pareilles contusions sont le foie , la raté , les reins et la matrice dans l’état de grossesse ; rarèment la contusion est bornée à un de ces; viscères. Eile peut être assez forte pour déterminer leur meurtrissure , leur rupture, et l’ouverture des gros vaisseaux : alors la mort a lieu sur-le-champ, ou dans un espace dé temps fort court Si elle est' moins violente , le danger .n’est pas si grand , quoique pourtant elle puisse occasio h ér i’àv of temén t et des inflam m a ti on s qui se terminent

quelquèfois par suppuration ou par gangrène ; :ét auxquelles lès malades succombent au bout dé^ quelques jéurs , malgré les secours de l’art les, mieUx dirigés. Enfin, il péut arriver à la suite deces contusions ,, que lés blessés , qui ■ n avaient d’abord éprouvé ;que ; de trèsiégèfs accidens, soient en proie à des tumeurs: squirrëüsés i à des rétrëcisseraens du canal; intestinal , à des épâississemens , à des ind urations , etc. j affections chroniques qui finissent par amener la mort. If est rare que les plaies • contiises des parois du bas- ventre soient compliquées d’hémorrhagie.: elles ne sont dangereuses, lorsqu'il n y a pas eu contusion des viscères abdominaux, que par rinflammation qui les accompagne ordinairement, PIQURES , page eSp. ) - f ; r.; *

armes a ^eu qui n’intéressent que les parties molles des parois de l’abdomen ne méritent de fixer 1 attention de 1 homme de l’art que sous le rap-

port de l’inflammation : or, l’observation démontre que si l’on a pratiqué les incisions nécessaires pour donner issue à la balle, la phlogose ne s’étend pas au delà du degré nécessaire pour que la suppuration s’établisse ; toutefois j si les aponévroses ont été lésées, il së développe ordinairement des accidens graves qui pourraient faire croire au premier abord que les organes intérieurs ont été atteints, et qui dépendent de la résistance qu’opposent ces aponévroses , et du gonflement des parties sous-jacentes. Si les plaies d' armes a feu intéressent la colonne vertébrale , elles sont beaucoup plus graves , lors même qu’il vlj a point contusion des viscères abdominaux. Le danger de ces lésions est relatif aux fractures des vertèbres, à la nature de ces fractures, à la difficulté que l’on éprouve à retirer la balle, et surtout à la commotion et à la déchirure de la moelle épinière. La fracture du corps est plus grave que celle des apophyses épineuses ef transverses, parce qu’il peut se former une infiltration purulente dans l’intérieur du canal rachidien , et que d’ailleurs il est plus difficile de faire l’extraction des esquilles et de la balle: les blessés périssent même lorsque le projectile ne peut être retiré du corps des vertèbres, et qu’il y a en même temps lésion des muscles psoas et iliaque , ou des viscères qui les avoisinent. La paralysie des extrémités inférieures et de la vessie , qui peut se manifester immédiatement, ou quelque temps après ces blessures , n est pas toujours mortelle ; il n’est pas rare cependant de voir les malades qui ont été délivrés de cet accident conserver une grande faiblesse dans ces organes.

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