‹ Leçons de médecine légale (volume 2)Chapitre 50 sur 54 · TRENTE-NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-NEUVIÈME LEÇON

Blessures à la face.

Blessures des sourcils. Il semblerait au premier abord que les piqûres , les plaies et les contusions des sourcils devraient etre regardées comme des blessures simples , susceptibles dé guérir en peu de jours et sans laisser

■d’infirmité après elles; mais il n’en est pas toujours ainsi, car elles occasionent quelquefois l’obscurcissement et même la perte de la vue , des mouvemens convulsifs des yeux et des lèvres , la paralysie des paupières , du délire , de l’assoupissement, etc. : phénomènes qui dépendent presque toujours d’un épanchement sanguin ou purulent sur la dure-mère , le cerveau ou le trajet des nerfs optiques , et qui tiennent quelquefois à la lésion du rameau du nerf frontal de la cinquième paire.

Blessures des paupières. S’il est vrai que le plus souvent les piqûres des paupières constituent une maladie simple et promptement curable , le contraire s’observe quelquefois , car elles peuvent être suivies de la mort. Ainsi on a vu l’instrument vulnérant pénétrer jusqu’au cèrveau après avoir traversé la voûte orbitaire, la plaie extérieure guérir en peu de jours , et le malade périr au moment où on s’y attendait le moins : l’ouverture du cadavre n’a laissé aucun doute sur la profondeur de la lésion , ni sur l’existence d’une matière purulente dans le cerveau ou dans ses membranes. Dans d’autres circonstances , il se manifeste des accidens assez graves pour détei'miner la mort, sans qu’il y ait eu piqûre de la voûte orbitaire , ni du cerveau , ni de ses membranes. Petit de Namur parle de deux individus qui étaient dans ce cas , et dont l’un périt au bout de trois mois : à l’ouverture du cadavre, on reconnut que la partie antérieure inférieure droite du cerveau était le siège d’un abcès contenant une grande quantité de pus; 1 inflammation de cet organe avait eu lieu sans lésion directe. Combien ne faudra-t-il donc pas être réservé sur le progriostic! — Les plaies des paupières par

instrument tranchant qui n’intéressent pas le cartilage tarse, sont excessivement simples et n’exigent que la réunion immédiate; si le cartilage a été lésé, ouest quelquefois obligé de recourir à la suture. Les cohtusions dont l’effet est borné aux paupières, ne présentent aucun danger.

Blessures du globe de l’ceil. Piqûres. De toutes les blessures du globe de l’oeil, les piqûres sont sans contredit les moins dangereuses. On sait qu’à moins d’occuper le centre de la cornée transparente et d’intéresser l’iris , la piqûre n’entraine aucun dérangement dans la vue; elle n’expose guère non plus à l’écoulement des humeurs, excepté dans certains cas où la blessure a son siège dans la sclérotique.

Plaies par instrument tranchant. Leur danger consiste dans 1 écoulement des humeurs; il est par conséquent relatif a leur étendue : la destruction de l’œil est inévitable, si là plaie est assez grande pour permettre l issue de tous les liquides ; si elle est bornée au contraire à une petite portion de la sclérotique ou à la cornee transparente, on peut espérer de voir cesser 1 écoulement des humeurs lorsque ses bords se tuméfieront pour se réunir.

Contusions. Il n’en est pas des contusions comme desautres blessures de 1 œil; rarement celles-ci éxposent les jours du blessé ; la perte de l’organe de la vue est le plus grand accident que l’on puisse redouter, tandis que la contusion du globe de* l’œil peut quelquefois occasioner la mort du malade. Lorsque cette contusion est légère,ses effets se bornent à une infiltration de sang sous la conjonctive qui devient d’un rouge plus ou

moins foncé; la lésion est-elleplus gravcjle sangépanché se mêle aux humeurs de l’œil et quelquefois le malade perd la faculté de voir pendant un certain temps ; mais si les membranes et le corps vitré n’ont pas été déchirés et qu’il n’y ait point eu commotio^t paralysie de la rétine , la résorption peut se faire complètement , surtout si l’on a administré les secours convenables , et si l’épanchement de sang était peu considérable; il est même permis d’espérer dans certains cas d’évacuer le liquide en pratiquant une incision à la partie inférieure de la cornée : 1 une ou l’autre de ces terminaisons heureuses , rend nécessairement la vue au blessé. Si la contusion a été assez forte pour déchirer la choroïde, la rétine et le corps vitré et déplacer le cristallin , le malade court les plus grands dangers , si on ne prévient pas les effets de l’inflammation parles antiphlogistiques les plus énergiques; dans tous les cas la perte de la vue est inévitable. En supposant que la violence ait été assez grande pour déchirer la cornée et la sclérotique, l’œihse vide sur-le-champ, mais l’inflammation n’est guère à craindçe.

Contusion ét plaies confuses de l’œil par des grains dé plomb. L’observation démontre que les blessures de cette espèce entraînent presque toujours la perte de la vue, lors mêrhe ‘que le- plomb n’a agi que sur la surface du globe de 1 mil, et qu il y a eu résorption du sang épanché et mêlé avec les humeurs de cet organe : c’est qu’alors la pupille reste dilatée, et l’iris immobile par suite de la commotion et de la paralysie de la rétine. Combien de fois n a-t^p pas vu des médecins assurer que le blessé conserverait la vue , parce qu’ils voyaient

disparaître la confusion des humeurs et l’œil reprendre sa transparence : on ne saurait trop se prémunir contre cette erreur.

Blessures de Voreille. On croyait autrefois à tort que la piqûre -du cai^age de l’oreille se terminait souvent par gangrène : <^te terminaison peut être le résultat de l’inflammation de la peau.de cet organe, produite par une compression très-forte et long-temps continuée. Lorsque la membrane du tympan est le siège d’une légère piqûre, l’ouïe est plus ou moins dure; cependant elle finit par se rétablir dans certains cas. Si la lésion a été assez grande pour détruire le tympan dans presque toute son étendue, l’ouïe est entièrement perdue ou grandement altérée.

- Blessures du sinus maxillaire. La piqûre de ce sinus doit être regardée comme simple, s’il n’y a pas enfoncement de ses parois. Les effets des corps contondans sont plus graves : on a à craindre l’inflammation et des fistules ; celles-ci guérissent souvent lorsqu’on a extrait les esquilles d’os ou les autres corps étrangers qui les entretenaient; quelquefois cependant elles dépendent de la carie, de la nécrose des os ou du séjour du pus dans le sinus, et alors on est obligé de pratiquer une con tre-ouvertûre.

Blessures des sinus frontaux. Lorsque l’instrument vùlnérant a borné son action à la paroi antérieure de ce sinus, les blessures n’offrent point de danger : c’est à tort qu’on les a regardées comme étant difficiles à guérir parce qu’elles dégénéraient presque toujours en fistules. Est-il nécessaire de faire ressortir l’impéritie des gens de 1 art qui ont osé prononcer devant les tribu-

naux, que ces lésions étaient mortelles, parce qu’ils avaient pris pour du pus venant du cerveau, le mucus épais qui s’écoulait par l’ouverture faite au sinus, et qu’ils avaient confondu avec le mouvement de la duremère, celui que la respiration fait exécuter à la membrane muqueuse qui tapisse cette cavité? Si l’instrumentvulnérant a traversé la paroi postérieure du sinus, et qu’il ait pénétré jusqu’au cerveau, les dangers sont lés mêmes que ceux des blessures de cet organe ou de ses enveloppes. (^Voyez page daS.)

Les blessures des Vevres sont assez simples pour ne pas devoir fixer notre attention d’une manière spéciale; l’hémorrhagie n’est à craindre que lorsque l’artère labiale a été ouverte, et que les moyens compressifs n’ont pas été mis en usage.

Blessures de la glande parotide et de son conduit eæ~ créteur. Tous les faits s’accordent pour prouver le peu de danger des piqûres de ces organes : on ne connaît qu’un exemple rapporté par Ambroise Paré, où la piqûre faite par un coup d’épée,, ait été suivie d’une fistule salivaire. Les plaies ^slv instrument traTiçhant , au contraire, donnent souvent lieu à cet accident, à moins que la partie divisée n’ait été soumise de bonne heure à une compression convenable. Mais c’est surtout dans les^cas de contusions et de plaies contuses , que la fistule salivaire est à craindre ; le diagnostic pourra etre d autant plus difficile à établir, que dans les premiers temps, la salive sort mêlée au sang et au pus. L’homme de l’art devra donc demander à faire un se. cond rapport au bout de quelques jours, lorsqu’il lui sera permis de reconnaître la salive sortant parla plaie.

Blessures de la face y par armes h feu. Là Face est 'composée d’un grand nombre d’os, pour la plupart ^ jspbngieüX y CteiïX, bu concourant à former des cavités* iîul doute que bébé soit à cette disposition qu’il faille âttribuéf la rareté des commotions du cerveau à la süité de ces blessures; aussi sont-elles moins dan^reréusés que cèlfës du crâne ; toutefois il est des circonsnon-seulement elles déterminent uïi ébran- |ément considérable de l’encephale, mais encore l’irritation du péricrâne , l’inflammation de toute la face , de la fièvre, du délire, un assoupissément léthargique, etc.

Lorsqu’on décharge à bout portant une arme à feu dans la bouche , la mort a lieu en général sur-le-champ, si la balle arrive jusqu’à la partie antérieure de la base du cerveau, après avoir traversé les fosses nasales. La blessure est moins dangereuse , si comme cela se voit pliis souvent , la balle se perd dans l’épaisseur de la fàce : ôn remarque alors la fracture d’un ou de plusieurs os, surtout du maxillaire inférieur; la langue est brûlée et souvent déchirée en lambeaux ; le voile du palais, les amygdales et le pharynx sont enflammés et tuméfiés , àu point que la déglutition peut devenir impossible ; plusieurs des parties qui composent la bouche sont quelquefois déchirées. Sans doute aue le blessé peut succomber à ces,acciâens; mais il est aupoxrvoir ; " dé l’art de prévenir quelquefois une terminaison aussi ^ funéste. On a vu des blessures de ce genre aggravées par une hémorrhagie primitive ou consécutive ; celleci arrivé au bout de quelques jours, lors de la chute des escarre^ au moment où l’homme de l’art inattentif y songeait le moins.

B tés sures au cà U. ^

jPz7îîre5. Les. piqûres du cou ne présentent de dangeç' qu’autant qu’elles se compliquent d’hémorrhagie, de la présence de l’instrument vulnérant, de la lésion des nerfs et de la moelle épinière. Pai’courons chacune de ces complications. Les piqûres de la

partie postérieure du cou , donnent rarement lieu à 1 hémorrhagie, parce qu’il n’y a dans . cette région que 1 artère cervicale postérieure , (Trachelo-cervicale de Chaussier) qui est profondément située, et par conséquent difficile à atteindre ; d’ailleurs cette artère située entre les muscles transversaire épineux et grands complexus , se trouve recouverte par iin asse? grand nombre de muscles, épais qui opposeraient nécessairement beaucoup de résistance à la sortie du sang. Il n’en est pas de même des piqûres faites à la partie antérieure du cou, que parcourent des artères nombreuses , d’un calibre considérable, et qu’il n’est pas toujours facile de lier à temps ou de comprimer assez énergiquement. Les piqûres des carotides primitives , considérées comme nécessairement mortelles par la plupart des auteurs ne le sont pourtant pas ; déj[à sur dix-huit ligatures pratiquées à la partie inférieure du cou, pour d'es anévrysmes, des blessures et des tTi meurs érectiles de ce gros tronc artériel, l’opération a été neuf fois suivie de succès : néanmoins il arrivera souvent que des piqûres de ce genre occasipneront une mort prompte , parce que le^s blessés ne seront pas secourus aussi promptement qu’ils devraient l’être , et. que d’une autre part l’opération n’est pas aisée à faire,.

à cause du voisinage des nerfs pneumogastrique et grand sympatnique, de l’artère thyroïdienne inferieure et dé la veine jugulaire interne , qu’il faut éviter. Nul doute que la piqûre de la carotide externe ne doive être assimilée à la précédente, pour ses dangers et pour les avantages de sa ligature faite en temps opportun : déjà l’on sait que , dans deux circonstances où elle était anévrysmatique, la ligature pratiquée à la partie inférieure du cou a été suivie de succès. La carotide interne ne peut être blessée sans que la mort s’ensuive promptement. La piqûre des tuniques des / carotides , lorsqu’elle ne détermine pas l’hémorrhagie dont nous parlons, peut donner lieu à des anévrysmes , que l’on guérit quelquefois à la vérité , au moyen de la ligature. L’hémorrhagie occasionée par la piqûre des artères 'vertébrales ^ est nécessairement mortelle, parce que la position de ces vaisseaux , dont le calibre est assez considérable, s’oppose à ce qu’on puisse les lier ou les comprimer. On sentira facilement , d’après ce qui précède, que la piqûre des artères thyroïdienne y sublinguale, maxillaire , palatine , exc. , branches de la carotide externe , beaucoup moins volumineuses qu’elle, ne peuvent être regardées comme mortelles qu autant que l’on néglige de les lier à temps, ou qu’à raison de leur position, la compression et surtout la ligature sont impraticables. La piqûre des reines jugulaires externes nest pas mortelle, puisque la compression seule suffit pour arrêter l’hémorrhagie. La piqûre de la veine jugulaire interne, située profondément en dehors de la carotide pTÎmitive et du nerf pneumogastrique, derrière les muscles ômoplat-byoï-

dien et sternp-cléido-inasjoïdien , îeJpng de k partie antérieure et ktérale du cou, donne lieu à une hémorrhagie promptement mortelle, si on ne procède ^aussitôt à sa ligature, d’autant plus qu’il est difficile de la supposer Wessée, sans qu’il y ait eu en même-iomps lésion d’autres parties importantes. ^ ^

ILa presemee de V instrument piquant dans- la plaie vient quelquefois compliquer les effets de la piqûre : pour juger le danger de cette complication , ,003 .aura égard à la partie qui aura été lésée et aux secours que l’on a prodigués : ne sait-on pas, par exemple, qu’il suffit d extraire un instrunient aigu enfoncé dans la moelle épinière , pour déterm^er la mort presque surle-champ.^

ha lésion dps nerfs et de la enoelle Jpmiei'e -pevitTenâve les piqûres du çon fort dangereuses 5 ainsi on re,'^ niarque souvent lorsque les nerfs diaphragmatique, pneumogastrique, etc., ont été piqués, que le hle^sé éprouve des douleurs aiguës, des mouvemens convulsifs, le tétanos, une inflammation plus ou moins intense, qui pecupe q uelquefois toutes les pa nies aux~

quelles se distrihue le nerf lésé.

La piqûre des nerfs de la voix, en supposant qu’elle ne détermine aucun de ces accidens,; exp.ose souvent le malade à une aphonie qui est loin de pouvoir être toujours guérie.

hoisc^\ieAà .?nQelle^ epiniére ‘à. été profondément piquée dans sa partie supérieure , la mort ne tarde pas à avoir lieu ; la lésion n est pas immédiat ement mortelle, si elle est superficielle , et dans un point, moins élevé 5 mais alors top tes les parties qui reçoivent les

nerfs de la portiôn de la moelle qui est au-dessous de celle qui a été blessée j sont privées de sentiment et de moüvémént (rj.

Lés piqûres dé la trachée-artère et du larynx rie , sont dangereuses qu’au tant qu’il y a eu blessure dnip^V des vaisseaux artériels qui sont placés sur eux j et que le sang â été versé dans le conduit aérien ; car il est- ds» évidérit qu’alors l’individu peut périr suffoqué en très- peu de temps. L’emphysème qui accompagne souvent- -ï ces plaies n’est point dangereux par lui-même. ^ - 3id;i Plaies du cou, par instrument tranchant. La mort estle résultat immédiat de la section complète dés nerfs phrénique étpneumogsstrique : quant aux autres nerfs du cou , s'ils ont été eiitièrement divisés , ils déteraii^ ïp nent la perte du mouvement et du sentiment dansdes-i parties auxquelles ils se distribuent. Si l’on examiné les plaies du cou , abstraction faite des nerfs qui par-^ib courent cette région, on ne tarde pas a réconnaître-^ que celles qui ont été faites transversalement à la partie -' ^ antérieure, sont beaucoup plus dangereuses que cellès ''-"* qui ont leur siège dans les parties postérieure et laté^-p raie, parce que c’est en avant que se trouvent les voies ' aériennes et alimentaires , ainsi que les gros vaisseaux";- " Nous allons examiner ces plaies suivant qu’elles sc

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~~ ~ ~~ ~ P. ; : v.. . ea-iifq;

(ij Yelloly a constaté un feit annoïKîé par Galieii-j que les lésions faites au-dessus de léntreçroiseiîaent des ^le||j.g^i médullaires des éminences pyramidales déterminent la paralysie du côté opposé à celui quéllës affecténî j tând^^^^ ' lorsque les lésions sont au-d^ssoûs dé cîf énfreCrôîsémenP, d’uù sèul côté , c’est celui-là même qui est paralysé. '

ti’oiivent au-dessus ou au-dessous de -l’os hyoïde,

entre cet os et le cartilage thypoïdeu: ,

P laies au-dessus de Vos hyoïde. Elles sont simples et facilement curables^ si elles; n’mtéressent que la peau et les muscles; il n’en est pas de même lors- , quelles pénètrent jusque dans la bouche; car alors elles sont accompagnées d’hémorfhagie considérable; en outre elles donnent issue aux boissons ot à la salive , si la tête est droite, tandis que si la tête est trop fiéchie, les liquides éprouvent de la difficulté à tomber dans le pharynx , et déterminent une toux convulsive^ la difficulté de respirer, une congestion sanguine dans les poumons, qui peut être suivie de la mort; près- , que toujours la voix est faible, et le malade articule difficilement des sons. Lorsque les plaies dont, il s’agit . , né font point périr le blessé , la consolidation en .est difficile et incomplète; car elle n’a lieu qu’à l’extérieur, et ia base de la dan gue reste unie à la peau du cou. Des blessures amsi profondes que celles d.pnt BarfoHs > sqnt^rarement la suite du suicide, ; :pres^que4Qujqurs l’instrunient tranchant avant de pénétrer . jus^e dans la bouche , a divisé quelques-uns des gros - , vaîssea.ux^ et à déterminé une héniorrhagie' morte^e,

et le cartilage - thyroïde.^ •

La plupart des praticiens s’accordent à regarder les .plaies pTrofÔhdes d,ë cette espèce cômxné ïbrir'dàn-^ gereiïsès^ non-setdeniéht que les liquidêastoib^ bent dans le larÿnx et déterminent la suffocatiôu', qu#'*" l’air, les mucosués èt lés boissons sortent par la plaie',^^^ mais encore parce que la déglutition et la parole sont singulièrement gênées,, et que le malade éprouve. une

sécheresse extrême à la gorge, et une soif ardente, préludes de l’affection gangréneuse qui se manifeste souvent au fond de la plaie ; mais il est peu de médecins qui redoutent le danger d’une hémorrhagie , parce qu’en 'effet ces blessui*es sont rarement accompagnées de cet accident : toutefois l’observation démontre que la mort , dans certains cas , ne reconnaît d’autre cause que la lésion des vaisseaux artériels qui parcourent là membrane hyo-thyroïdienne. Il y a environ un an, nous fîmes l’ouverture du cadavre d’un homme qui s’était donné plusieurs coups dè canif entre l’os hyoïde et le cartilage thyroïde; la plaie était assez large pour que l’on pût y introduire le petit doigt : le rameau laryngé de l’artère thyroïdienne supérieure qui se distribue, comme on sait, à la membrane thyro-hyoïdienne, était le seul vaisseau qui eût été coupé ; néanmoins il y avait une hémorrhagie considérable; on voyait aussi une quantité notable de sang dans la trachéeartère : nous crûmes devoir ^tribuer la mort du blessé, qui eut lieu un quart d’heure après la lésion, à l’hémorrhagie, et surtout à la suffocation provoquée par l’entrée du sang dans les voies aériennes.*

Plaies au-dessous de la membrane hyo-thyroïdienne.-^ Plaies du larynx. Il est rare qu’un instrument tranchant divise le larynx dans une étendue un peu considérable , sans queda blessure soit fort grave, non pas à cause de la lésion du larynx , mais à raison de l’hémorrhagie qui l’accompagne, et qui est ordinairement suivie de 1 entrée du sang dans lés bronches; le blesse peut périr suffoqué dans très-peti de tempSi Si la plaie est transversale et occupe là partie latérale du larynx ,

elle est presque toujours immédiatement mortelle par l’ouverture de l’artère carotide. En supposant la blessure moins intense et susceptible de guérir, on voit quelle détermine souvent la perte de la voix et la sortie de l’air par la plaie. Si le pharynx avait été divisé en meme temps que le larynx, les boissons sortiraient par la plaie 5 cette complication, beaucoup plus rare qu’on ne le croit généralement, ne rend pas toujours la plaie incurable, comme on le voit par l’exemple du blessé guéri par Fine., ( Journal de Médecine, t. 83 , page 64.)— Les plaies de la trachée- artere, par lin in strwnerit tranchant , abstraction faite de toute autre lésion , ne présentent aucun danger lorsque ce can^l a été divisé dans une petite partie dé son étendue elles sont au contraire très-graves quand ce conduit a ete complètement coupé; car alors les deux bouts sécai'tent, lair ne pénètre plus dans les poumons , parce ijue le bout inférieur est rétracté et caché sous les parties voisines; le blessé périt suffoqué. A plus forte raison une mort prompte sera- t-elle la suite nécessaire de la blessure, si outre la division complète de la trachée-artère , l’œsophage est entièrement divisé, parce qu alors, indépendamment de ces lésions graves, quelques-uns des gros troncs artériels et veineux auront été ouverts. Il est inutile de faire remarquer que si la section incomplète die la trachée-artère n’est pas mortelle par elle-même, elle peut le devenir, et le devient souvent, par la lésion d-’ün ou de plusieurs vaisseaux sanguin^ ou par l’hémorrhagie , et par rentréo du sang dans les bronches.

CoMtusions et plaies çontuses c/m cou. Bornées à la

peau et aux muscles;, ces blessures sont loin.d’êtr® dangereuses ; îbTÎ’en est pas de même lorsque le larynx ou la trachée-artère ont été intéressés; elles sont même plus graves alors , tout étant égal d’ailleurs, que les plaies faites par instrument tranchant, à cause du gonflement inflammatoire qui peut se développer, et parlés Angoissés violentes auxquelles elles exposent les blessés ^qüi n dut pas été immédiatement suffoqués. Celles ddht la direction est d’avant en arrière, présentent plus de danger que celles qui occupent les parties latérales.

Les plaies àu larynx et de la trachée , par armes àfeii^ pour le moins aussi redoutables que les précédentes, se compliquent quelquefois d’un engorgement inflammatoire qui empêche le blessé de respirer. On connaît l’observation rapportée par Habicot; d’une jeune fille dont le larynx avait été fracturé par une balle, et chez laquelle il survint une tumeur inflammatoire teflèment considérable qu’elle aurait péri sans l’usage d’une canule de plomb qui permettait à l’air dé traverser les parties molles gonflées, et d’arriver jusqu’à la trachéeartère. Lorsqu’elles sont moins graves , et qu’il y a eu perte de substance, dénudation d’un ou de plusieurs cerceaux cartilagineux , ou endurcissement du tissu cellulaire, ces blessures restent quelquefois long-temps fistuleuses , comme on le voit par l’exemple suivant, tiré de Van Swietten. Une poirion de la trachée-artère avait été emportée par un coup de feu; plusieurs années après on voyait encore une large ouverture à cette partie; le blessé, qui demandait l’aumône, ne pouvait parler que lorsqu’il bouchait celte ouverture avec un morceau d’éponge. '

t,a suivie de fracture des ^-ertèLres cervi¬

cales est presque, toujours promptement mortelle pu au moins très-grave, si le corps, les lames ou les apophyses articulaires sont brises, parce que la moelle epimere est.lesee par le projectile, par des esquilles dos ou çpmprime^parles liquides épanchés dans le cana venébral : toutefois il n’est pas sans exemple uue esbless^ aient vécu plusieurs jours après une pareille

esion : Un individp chez lequel il y avait fracture des

SIX dernières vertèbres cervicales, rupture des ligamens et luxation incomplète de la première vertèbre sur la secpnde, ne mourut qu’au dix-neuvième jour - ^us les organes situés^ au-dessous des points fracturés étaient pourtant ^^aralysés. ( Mémoires de l’Académie

4e cliirurgie. ) Si la fracture est bornée aux apophyses transverses et surtout aux apophyses épineuses, qfron agrandisse la plaie pour en extraire les esquilles, et que Ihn prévienne le développement de l’inflammation , la blessure n’est pas aussi grave.

^ La contusion ées /ïe^ *1"" P^^^^^nt leur origine dans la portion cervicale de la moelle épinière , abstraction laite de toute autre lésion , n’est pas néeessaimortehe; mais elle peut être fort dangereuse , a ^e de la paralysie des parties importantes auxqqehe§ ces nerfs se distribuent.

Si les arferes vertébrales et carotides ont été contuses 4'être^^^ que la ligature n’ait

P^é Efatiquée immédiatement après , la mort arçivq^r-le-champ; fr blessé sur¬

vive a cette lésion, lors même qu’il a été secouru à temps. S’il y a eu simplement contusion et désorgani-

sation des parois de ces vaisseaux , ia mort n a lieu qu’au bout de neuf ou dix jours, lors de la chute des escarres, en supposant qu’aucun des moyens propres à l’empêcher n’ait été employé.

Les blessures du pharynæ et de V œsophage ne présentent beaucoup de danger que parce qu’il y a en même temps lésion grave de quelques autres organeSi On peut établir d’une manière générale, que les lésions de l’oesophage sont d’autant plus fâcheuses qu’elles ont eu lieu plus bas , que cet organe a été plus complètement divisé, et que le désordre des parties en-^ vironnautés a été plus considérable. Si ce conduit musculo- membraneux n’a été blessé que dans unè partie de son étendue , et qu’il n’y ait point eu perte de substance , la cicatrisation de la plaie peut être complète ; celle-ci reste , au contraire , fistuleuse , si une portion de l’oesophage a été détruite. On lit dans Trioen ( Obs. tnéd. chirurg. , p. 4o ) ? qu’un individu dont la trachée-artère etTœsophage avaient été en partie détruits par un coup de balle , offrait une fistule à ce dernier organe qui livrait passage aux alimens introduits par la bouche; aussi pour les faire parvenir jusqu’à 1 estomac était-on obligé de se servir d’un entonnoir dont le bec pénétrait dans l’œsophage au moyen de l’ouverture fistuleuse.

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