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jugement jusqu’à ce qu’il eût été éclairé par l’emploi des moyens que nous avons conseillés; et il ne sera peut-être pas inutile de rappeler ici que chez la femme les chancres vénérienà ont ordinairement leur siège à la face interne des grandes lèvres sur toute l’étendue des nymphes , sur le clitoris et à l’orifice du vagin.
3° Il suffira dans certaines circonstances de comparer la force respective de l’accusé et de la plaignante , et surtout les organes génitaux des deux individus, pour éloigner toute idée de viol; on conçoit en effet qu’une jeune fille bien portante parviendra facilement à repousser un vieillard et même un jeune homme valétudinaire. On sait combien une première copulation est difficile lorsque la femme s’y refuse , et l’on connaît l’histoire de cette reine qui, au rapport de Voltaire, éluda l’accusation d’une "plaignante eh remuant toujôurs un fourreau d’épée, dans lequel il fut impossible de faire entrer l’instrument, par cela seul que le fourreau était toujours en mouvement; d’ailleurs nous savons, à ne pas en douter, qu’il a été impossible de violer certaines filles , quoique leurs bras, leurs jambes et leur tête fussent maintenus p^ trois ou quatre personnes. Mayarî-de-Vouglahs rapporte dans son Traité des crimes qu’un jeune homme accusé de viol fut condamné à donner un sac d’argent à la plaignante, en présence des juges ; on lui permit ensuite d’user de sa force pour le reprendre; mais il lui fut impossible, d’en venir à bout : les juges furent alors persuadés que celle qui avait résisté à la force pour ne pas sè laisser enlever le sac d’argent pouvait bien plus facilement opposer assez de résistance pour rendre le viol impos-
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sible, et ils acquittèrent l’accusé. Mais c’est surtout de la comparaison des organes sexuels, que l’on peut tirer quelquefois de grandes lumières : si l’accusé manque de membre viril , ou que celui-ci soit extrêmement petit, ou incapable d’érection, et que d’ailleurs l’orifice du vagin ne soit pas très-resserré , il est évident que le violj s’il existe, a été produit par un autre individu , ou du moins par un corps autre que le membre viril.
Un homme est accusé d’avoir violé une fille non déflorée , des sages-femmes appelées pour constater l’état desparties sexuelles, trouvent quelles sont très-rouges, et croient découvrir d’autres signes de viol. L’accusé était en prison lorsque Zacchias déclara qu’il n’y avait aucun rapport entre le pénis exigu et flasque de cet individu, et les organes sexuels de la plaignante, qui étaient fort amples et abreuvés d’un flux blanc ; et par conséquent, qu’en supposant que la fille eût été récemment déflorée , ce qu’il n’admettait pas , on ne pourrait pas en accuser le prévenu. {Quœstionummedico-legalium^ tom. III, Consilium 34, p. 49-)
4*^ Lors même que la défloration est consentie^ il peut y avoir un délabrement considérable des organes génitaux de la jeune fille : par exemple, quand la disproportion entre les organes mâles et femelles est trèsmarquée, et que les individus, loin de procéder avec modération, sont impétueux et impatiens. Le délabrement des parties sexuelles pourra même , dans ces cas de défloration consentie , être beaucoup plus considérable que dans une autre circonstance où il y aura eu viol, mais ou la disproportion des organes ne sera pas
aussi sensible. Sans douté que lorsqu’il y aura consentement tacite des deux amans, on n’observera point des meurtrissures au delà de la vulve, et sur les autres parties du corps; mais ne peut-il pas arriver qu’une fille décidée d’abord à résister, commence par se défendre, se kisse même meurtrir, et que bientôt après, loin d’opposer de la résistance , elle se prête de bon gré aux désirs de son amant? Les exemples de ce genre ne sont point rares : on a vu même des filles assez perverses ou assez mal conseillées, accuser leurs amans de les avoir violées, parce quelles avaient été dékissées après le Coït, et faire servir, comme preuves du vi'ol> des meurtrissures aux diverses parties du corps j qui n’étaient que le résultat d’une première résistance.
5° La malveillance et la cupidité peuvent être portées 'assez loin de la part dés mères ou des femmes à qui fon a confié des jeunes filles, pOùr que les organes génk taux et les autres parties du corps de celles-ci soient meurtris, dilacérés, etc., dans l’espoir de faire côndamfier, par haine ou par intérêt-; des individus qui ne sont aucunement coupables. N a-t-on pas vu aussi des femmes se mutiler elles-mêmes les organes de la génération j et se plaindre d’avoir été violées par un homme dont elles n avaient jamais éprouvé que des refus ?
Plusieurs individus furent accusés par une femme d’avoir violé dans une auberge, sa petite-fille, âgée de neuf ans et demi. A la visite on trouva les parties sexuelles, sans excepter l’hymen, parfaitement intactes; le petit doigt ne pouvait pas entrer dans le vagin; toutefoisil y avaitaupubis etàlapartie supérieure de lavylve, un cercle rouge de la largeur d’un écu de six francs
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qui paraissait avoir été fait récemment, et dont l’intensité et l’étendue diminuaient insensiblement. Il était iors de doute que l’aïeule avait meurtri cet enfant dans l’espoir d’avoir des dommages-intérêts; elle fut emprisonnée et chassée de la -ville. (Fodéréj Médecine légale, tom. IV,)
Fio/ chez une fille déjà déjlorée. Nous avons supposé jusqu’à présent que le viol s’était consommé sur des jeunes filles non déflorées ; il faut maintenant examiner ce que présente de remarquable le viol chez les personnes déjà déflorées , les filles publiques et les femmes qui ont fait des enfans ; il est évident qu’ici la femme s’étant livrée plusieurs fois aux jouissances vénériennes, il ne doit être nullement question de rechercher s’il y a eu défloration et si elle a été opérée par le membre viril ou par un autre corps : toute la question consiste à savoir si la défioration a été forcée^
Quelles inductions tirer, dans ce cas , de l’étal des parties sexuelles? Le vagin et son orifice présentent un diamètre tel, qu’à moins de supposer une grosseur démesurée du membre viril , celui-ci a dû se loger sans occasioner la moindre rougeur, ni la moindre déchirure des organes génitaux. L’absence de Xhymen ne prouve rien en faveur du viol, puisqu’il avait pu être détruit lors de la défloration. L'existence d’un écoulement ou de quelques autres symptômes vénériens pour, rait tout au plus établir qu’il y a eu coït. Les meurtrissures à la vulve, aux seins, aux cuisses, aux bras, etc., peuvent faire soupçonner la violence, à moins qu’il ne soit prouvé qu’elles sont le r sultat de coups que les femmes se seraient portés pour en imposer , ou quelles
datent d’une époque antérieure à celle où la femme dit avoir été violée. ( Voy. Ecchymose. ) C’est ici surtout qu’il convient de comparer les forces de l’accusé et de la plaignante; car on ne peut pas se dissimuler combien il est difficile,^ pour ne pas dire impossible , qu’un seul homme parvienne à abuser d’une femme adulte bien portante; il n’en est pas de même si l’attentat a été commis par plusieurs personnes.
Conduite à tenir lorsqu’on est appelé a faire un rap~ port sur le viol. i° On examinera attentivement la forme et la disposition desorganes génitaux; on tiendra compte du gonflement , de l’inflammation , des délabremens , des écoulemens , etc. ; on notera exactement les meurtrissures faites aux environs de la vulve et aux autres parties du corps. Cette visite, comme nous l’avons déjà dit, pour être utile, sera faite le plus tôt possible, et âu moins dans les trois jours après l’action, vu que la plupart des lésions des parties génitales peuvent guérir dans un très-court espace de temps, soit par les seuls efforts de la nature, soit à l’aide des émolliens. 2" S’il s’agit d’une fille pubère , et que le délabrement des parties génitales soit assez marqué pour faire croire à une défloration récente, on se gardera bien affirmer, d’après ce seul caractère, qu’il y a eu mol ^ Car il faudrait pour être en droit de tirer cette conclusion , établir encore, ce qui est impossible, que la défloration n’a pas été consentie, et quelle n’est point le résultat de l’introduction dans le vagin , d’un corps autre que le membre viril : le jugement de l’homme de l’art, dans ce cas, sera vague; il ne chargera ni l’un ni l’autre individu; il déclarera que l’altération des parties sexuelles n’a pas
une corrélation nécessaire avec une cause déterminée. 3® Si tout annonce une déjloration récente chez une fille pubère^ et que l’on observe en outre des marques de sévices aux cuisses, aux Jambes, aux seins , etc., on pourra établir des probabilités en faveur du viol, pourvu que les ecchymoses que l’on remarque sur les diverses parties du corps aient été, faites à peu près à l’époqué où la fille dit avoir été violée, et qu’il ne soit pas démontré que c’est elle-même qui s’est porté des coups pour en imposer. 4° Quel que soit le nombre et la grandeur des contusions, pubère est déflorée depuis long¬
temps, et que les organes génitaux paraissent-sains , on ne pourra même pas établir des probabilités en faveur du viol, les marques de sévices pouvant être la suite d’une querelle entièrement étrangère à des débatsamoureux ; mais aussi on n affirmera pas qu’il n’ait pas eu lieu. A plus forte raison ces considérations sont applicables k nue femme adulte^ à laquelle on doit supposer plus d’expérience, d’adresse et de force pour résister aux tentatives ' de viol; dans ces cas le crime doit être constaté par des témoins et par d’autres moyens qui sont du ressort des magistrats. On userait encore de la même circonspection , lorsqu’aux contusions dont nous parlons se joindraient des traces d’inflammation et de délabrement aux parties génitales ; en effet, il est extrêmement rare que des lésions de cette nature, qui peuvent bien être le résultat d’une maladie des organes génitaux, surviennent à la suite du coït chez une femme qui a déjà joui plusieurs fois des plaisirs de l’amour.
5° On se gardera bien d’éloigner toute idée àe viol chez une fille pubère , parce que les parties génitales ne
présentent aucune trace de violence; en effet, il est pos« sible' qu’une personne atteinte de chlorose, de flueurs blanches, etc., ait été déflorée malgré ellie,et que le relâchement des organes sexuels ait permis l’introduction du membre viril, sans qu’il s’en soit suivi le moindre délabrement. Si dans des cas de ce genre, des meurtrissures faitesàux diverses parties du corps annonçaient qu’on aurait pu user de violence, il faudrait inviter le magistrat à épuiser tous les moyens propres à l’éclairer.
6° Si la fille chez laquelle on observé un délabrement des parties sexuelles , pouvant faire croire à une défloration récente^ est impubère ët âgée seulement de cinq, sept, neuf ou dix ans, on pourra établir des probabilités de 'viol, si l’on est certain que le délabrement n’est point la suite d’une affection catarrhale ou de toute autre maladie des organes génitaux; en effet, il est difficile He supposer ici que la défloration ait été consentie, ou qu’elle ait été produite par un corps dur que la fille aurait cherché à introduire elle-même dans le vagin. Les probabilités seront plus grandes si on découvre, chez cette fille, outre le délabrement qui annonce la défloration récente, des marques de sévices aux environs de la vulve et sur les autres parties du corps.
7° L’existence de la maladie vénérienne ne peut être considérée comme preuve accessoire de viol, dans les diverses circonstances qui précèdent, qu’autant quelle coïncide avec le délabrement des parties génitales , et que l’accusé est atteint de syphilis. Mais ce cas ne se présentera que fort rarement, parce que les symptômes vénériens ne se manifestent ordinairement qu’après le
troisième jour à dater de celui de j[’infection j et qu’alors le plus souvent il ne reste plus de traces de meurtrissure aux parties génitales. D’ailleurs est-il toujours facile, d’affirmer que les écoulemens et. les ulcères sont vénériens? {^Voyez pages iio et ni ). Enfin la plaignante peut très-bien n’avoir contracté cette maladie qu’après l’époque où elle dit avoir été violée.
8° La femme pouvant concevoir à son insu , et malgré elle, comme nous le dirons plus tard , il est évident que la grossesse ne prouve point que le coït a été consenti, et par conséquent qu’il n’y a pas eu viol ; à plus forte raison on ne saurait arguer du défaut de grossesse au viol de la femme; ainsi les preuves tirées de l’existence ou de la non existence de la grossesse ne sont d’aucune valeur dans la question qui nous occupe.
^ 9® Si la femme qui fait le sujet du rapport a succombé, et que sa mort soit attribuée par les intéressés ou par le ministère public aux violences opérées pour lui arracher une jouissance illicite, ce qui n’est pas sans exemple, on examinera scrupuleusement toijtés les parties du corps : peut-être découvrira-t-on des marques de sévices à la peau , des fractures , des luxations , des corps étrangers dans la bouche , introduits dans le but d’empêcher la femme de crier , des traces d’une défloration récente et forcée. H est possible, au contraire, que l’on soit conduit à admettre par l’examen des divers organes, que la cause de la mort est indépendante du viol , ou que la femme déflorée déjà depuis long-temps, est même accouchée et ne présente aucun indice de violence faite aux organes génitaux. {V 0/ es Accouchement, pour les signes qui annoncent
qu’il a eu lieu.) Le jugement porté par le médecin dans ces différens cas, variera et ne saurait être indiqué ici sans entrer dans des détails qui nous paraissent inutiles.
iQ° Lors même que tout annoncerait qu’il y a eu viol, l’homme de l’art ne pourrait pas affirmer, que le crime a été commis par l’accusé que l’on soupçonne : la science ne possède aucun moyen propre à résoudre cette question; mais, dans certains cas, il lui serait permis d’établir, en comparant les organes sexuels mâles et femelles , que l’accusé n’est point coupable. ( Voyez page^ii2.)
ii“ La difficulté est quelquefois assez grande pour que le médecin soit extrêmement réservé dans ses conclusions. « Dans le cas même où il serait probable que l’individu qui est accusé a défloré la fille, dit M. Gardien, il n’est pas pour cela certain qu’il l’a violée : comme il appartient à l’homme de former l’attaque , une légère et douce violence ne peut pas être regardée comme criminelle; la femme n’eût-elle à opposer à l’assaillant que sa vertu , elle est sûre de le déconcerter et de triompher. Cette décision instruit suffisamment les juges : c’est à eux de s’assurer si la défloration que le médecin a reconnue est le produit de la brutalité d’un homme, ou d’un acte opéré avec le consentement tacite de la plaignante , qui le fait ensuite valoir coxnme opéré malgré sa résistance , ou bien enfin si elle est le produit de la ruse et de la méchanceté de la fille. » (Traité d’accouchemens, p. ig5, t. I“, 2® édition.)
Une femme peut-elle être violée sans le savoir? Dès qu’il est parfaitement prouvé qu’une femme qui est sous l’influence d’un poison stupéfiant peut accoucher
sans le savoir, à plus forte raison elle pourra être violée, lorsqu’on la placera dans les mêmes circonstances, les douleurs de l’enfantement étant beaucoup plus intenses que celles qui accompagnent le viol , même chez une jeune fille non déflorée. On doit encore admettre la possibilité du viol chez une femme déjà déflorée, qui serait profondément endormie,* mais il est difficile de supposer qu’une jeune fille non déflorée et plongée dans un sommeil naturel , puisse éprouver sans se réveiller les douleurs qu’occasione rintroduction du membre viril, surtout lorsque celui-ci est d’un volume disproportionné.
Nous avons Hit au commencement de cet article, que les attentats à la pudeur pouvaient être de différentes sortes, et qu’ils ne consistaient pas toujours dans la tentative d’introduction du membre viril ou d’un autre corps volumineux dans le vagin , ce qui constitue le viol. Il n’est pas sans exemple, en effet, que les tribunaux aient ,été saisis de plaintes portées par des jeunes filles, ou par leurs ayans?cause, dans lesquelles un individu était accusé d’avoir exercé des frottemens à \z. surface des organes sexuels et des parties qui les avoisinent^ sans qu’il y eût eu la moindre tentative d’introduction , et sâns que la plaignante présentât ni délabrement des parties génitales ni aucun signe de meurtrissure : or il est évident que si les attouchemens dont nous parlons n’ont point été consentis , il y a eu attentat à la pudeur. L’avis du médecin , dans les cas de ce genre, sera rarement utile pour éclairer la justice, les organes sexuels ayant conservé leur intégrité, et la surface du corps n’offrant dans beaucoup de circon-
stances aucune trace de contusion qui annoncerait la violence. Toutefois si la plaignante accusait l’individu qui l’a approché de lui avoir communiqué la maladie vénérienne , l’homme de l’art serait requis pour constater l’existence de la syphilis. Voici un fait de cette nature: A la fin de l’année 1822 les tribunaux de Paris condamnèrent aux travaux forcés le père d’une jeune fille de neuf à dix ans, convaincu d’avoir attenté à la pudeur de son enfant , en appliquant à plusieurs reprises le membre viril à là surface des organes génitaux; il n’y avait pas la moindre trace de violence ; mais outre que des témoins certifièrent le fait; le médecin rapporta que la jeune fille avait un écoulement vénérien, et quelle avait probablement été infectée par son père , actuellement atteint d’une blennorragie syphilitique.
Des détails plus étendus sur cet objet nous paraîtraient déplacés après avoir tant insisté sur la question relative au viol, dans laquelle nous croyons avoir posé les bases propres à résoudre les différens cas de ce genre qui pourraient se présenter.
De la Sodomie ou de la Pédérastie (i).
Quoique la loi ninflige que les mêmes peines pour les crimes de viol et de sodomie , les individus convaincus de pédérastie se trouvent par le fait' bien plus sévèrement punis, puisqu’ils encourent là disgrâce delà
(1) Sodomie vient de Sodoyne, capitale de la Pentapole , première cité où le crime dont nous parlons ait été commis. Pédérastie, mot dérivé de TrcctJoç , enfant, et epaipj; , amateur.
société tout entière, qui ne saurait jamais les mépriser assez. L’attentat dont nous parlons , produit d’une imagination déréglée et de la plus scandaleuse débauche, doit exciter d’autant plus l’animadversion publique, qu’il est ordinairement commis sur de jeunes enfans dont on empoisonne la vie , et qui sans cela auraient peut-être augmenté le nombre des citoyens vertueux. Cette considération doit faire sentir combien la punition de pareils misérables est loin d’être en rapport avec l’intensité du crime.
Le médecin appelé pour donner son avis dans un cas de ce genre, examinera attentivement l’anus. L’oU“ verture du rectum présente chez les personnes entachées de ce vice la forme d’un entonnoir, reraàrque due à feuM.Gullérier, qui, en sa qualité demédecin de l’hospice des vénériens, n’a que trop souvent eu l’occasion delà vérifier. Le bourrelet de l’anus est gros,boürsoufflé et lâche ; le sphincter se contracte difficilement , et le doigt entre sans effort. Il est vrai qué cette disposition de l’anus suppose en général un certain nombre d’introductions; mais la disproportion entre le membre viril et l’orifice peut être telle que la forme .de l’ouverture du rectum soit changée , même par suite d’une première tentative. Des hémorrhoïdes considérables, des fistules profondes, le renversement, le squirrhe, et même le cancer du rectum; telles sont les maladies qui peuvent accabler les personnes qui se livrent habituellement à la sodomie.
L’inflammation, les déchiremens, le's rhagades^ et une multitude de végétations de diverses formes, que l’on observe au pourtour de l’ouverture anale , doivent
être pris en grande considération, surtout lorsqu’ils coïncident avecles indices fournis par les autres circonstances de l’instruction juridique. Il y aurait cependant de l’impéritie à regarder de pareilles marques comme le résultat constant d’une introduction contre nature, car elles peuvent être produites par la sortie de matières fécales dures et inégales, comme on le voit dans les fissures à l’anus : elles sont quelquefois syphilitiques , et annoncent qu’il y a eu introduction illicite, ou bien que la maladie ayant été contractée par une autre voie, des symptômes vénériens consécutifs se sont manifestés à l’anus ; d’où il suit qu’avant de conclure à la pédérastie d’après l’existence de la maladie vénérienne , il faut s’assurer que les symptômes syphilitiques sont le résultat d’un contact immédiat.