POIDS
des
poumons.
' .ü»o lo ^ • to
1 O O O 05 CnÎO Vît 00 to Oito >-> CO ko' •
^vfl-ko kOkOQOCOkO «tOtOfcO «toto « «
tk ^
dtOkO kOkOtO kO kO kO
5 lO 05kO CO 05 05kO tN 05kO t>» « 00 SO
.OOOOOOOOkOOOOOOOO
Soo Oko OO o»oo 0.0 O OlO ><J--kO Ok g « O CO CnOO Cn^OO to « « C5 INOO CO «
Bb«n«Sk«->r.
Trente-six heures.
Quatre jours et deux heures.
Huit heures.
Treize jours.
Deux jours.
Neuf jours.
Quatre jours.
Deux heures.
Mort pendant le travail.
Mort-né.
Mort-né.
Mort pendant le travail.
Mort pendant le travail.
Mort-né.
Mort-né.
Mort-né.
A terme.
A terme.
A terme.
A terme.
A terme.
Huit mois.
Sept mois.
Six mois et demi.
A terme.
A terme.
A terme.
A terme.
. A terme.
Huit mois.
Sept mois et demi.
Sept mois.
n résulte de ces expériences et de beaucoup d’autres dont nous ne ferons pas mention, i° que le rapport du poids des pôumons à celui du cœur n’est pas toujours le même chez les fœtus qui ont respiré comme chez ceux qui n’ont pas respiré; 2® que chez les premiers les poumons pèsent quelquefois sept fois autant que le cœur, tandis que dans d’autres circonstances ils ne pèsent que deux fois | autant; 3° que chez les fœtus qui n’ont pas respiré, les poumons peuvent peser cinq fois autant que le cœur, ou seulemént une fois fl autant; 4® qu’il est par conséquent impossible d’établir aucune règle fixe d’après le rapport dont il s’a.git, pour savoir si la respiration a eu lieu.
avait publié, dès l’année ,1780, un procédé différent de ceux qui ont été indiqués, dans le but de déterminer également si le fœtus avait respiré. Partant de ces deux principes d’hydrostatique généralement connus, 1° qu’un corps solide plongé dans un liquide, déplace autant de ce liquide qu’il y occupe d’espace; 2® qu’un corps solide plongé dans un corps lipide moins pesant que lui , y perd . en pesanteur ce que pèse un volume de liquide égal à celui du corps solide, et que la pesanteur du liquide augmenté dans la même proportion , il proposait de déterminer numériquement le volume des poumons, puis de les peser dans l’air et dans l’eau, en employant l’appareil décrit à la page SSp, H est évident, disait-il, que si les poumons d’un fœtus mort-né pèsent 100 à l’air libre, ils ne perdront que très-peu de leur poids lorsqu’ils seront pesés> dans l’eau, puisqu’ils présentent peu de volume; supposons qu’ils ne pèsent alors que
7Q (i). Si les poumons d’un enfant qui a respiré pèsent 200 àl’air libre , ils perdront beaucoup plus deleur poids quand ils seront pesés dans l’eau, vu qu’ils offrent un très- grand volume, et que par conséquent ils déplacent une plus grande masse de liqnide; supposons qu’alors ils ne pèsent que i4o. S’il s’agit au‘<3ontraire de poumons de fœtus mort-nés, qui ont été insufflés, admettons que leur poids à l’air libre soit de 98 (2), ils perdront dans l’eau autant que ceux jqui ont éjé dilatés par la respiration , puisqu’ils offrent le même volume ; donc leiu- poids ne sera alors que de 38 ; d’où il suit que la différence dg poids dans l’air et dans l’eau sera:
Pour les poumons du fœtus mort-né, de 3o;
Pour ceux du fœtus qui a respiré, de 60.
Pour ceux qui ont été insufflés, de 60.
Il sera donc aisé, en construisant des tables qui indiquent les poids de ces organes dans l’air et dans l’eau, de décider s’ils appartiennent à des fœtus mortnés ou à d’autres qui ont respiré ou dont les poumons ont^été insufflés.
Le procédé de Daniel repose sur des principes de
(1) Aucun de ces nombres n’a été indiqué par Daniel; nous croyons devoir les employer, non pas que nous ayons la certitude qu’ils expriment au juste ce qui se passé, mais seulement parce qu’ils facilitent l’intelligence du procédé de cet auteur. ~ .
(2V II est assez remarquable que les poumons d’un fœtus mort-né pèsent constamment davantage avant d’avoir été insufflés qu’aprè%.
physique incontestables.; mais il suppose que le volume et le poids des poumons ne varient point^ ce qui est loin d’être exact ; d’ailleurs les tables nécessaires pour en. faire l’application n’ont point été dressées; en conséquence il serait impossible d’avoir recours à une pareille méthode dans l’état actuel de la science.
Le D' a proposé, en 1821, un nouveau procédé propre à faire connaître si l’enfant a respiré; ce procédé n’étant pas exclusivement basé sur l’augmentation de poids qu’éprouve le poumon après la naissance, nous le décrirons à, la quinzième leçon,
D. Poids spécifique des poumons. Les poumons d’un fœtus à terme qui n’a pas respiré sont plus pesans que l’eau ;~si la respiration a eu lieu, ils nagent, au contraire, sur ce liquide : dans le premier cas leur poids spécifique est plus considérable que celui du liquide; il l’est moins dans le. second,, parce qu’ils ont été dilatés par l’air. Voici comment, on doit procéder pour estinier ce poids spécifique. « On retire de la cavité thoracique les poumons avec le cœur; on. sépare la trachée-artère en faisant la résection à l’endroit où elle s’insère dans ceux-là ; on a soin aussi de faire préalablement la ligature des gros B^oncs vasculaires, et après avoir essuyé le sang qui pourrait se trouver extérieurement sur les poumons, on les place doucement dans un vnse rempli d’ean,, assez spacieux pour qu’iis puissent flotter librement; ce vase doit être assez profond pour contenir au moins un pied d’eau, afin que la colonne de liquide, soit proportionnée au volume ainsi qu’au poids des poumons et du cœur. L’eau
doit être propre, ni chaude ni glaciale, et surtout ne pas contenir en solution des parties salines, lesquelles, en augmentant sa densité, favoriseraient la surnatation; aussi l’eau de rivière est - elle en général préférable à l’eau de puits. On observe alÔK si les poumons et le cœur tombent au fond de l’eau, ou s’ils surnagent, s’ils se précipitent rout à coup ou lentement. On réitère ensuite cette expérience avec les poumons séparés du cœur. Dans le cas où un seul poumon surnage, il est important de remarquer lequel. Le même essai doit ensuite être fait avec chacun des poumons séparément, et avec chaque lobe coupé en plusieurs, morceaux, afin de constater si chacun de ces morceaux surnage, ou s’il en est qui tombent au fond; dans cette dernière expérience, il est essentiel de ne pas confondre les uns avec les autres, les fragmens du pounion droit et du poumon gauche. Enfin, on exprime entre les doigts et sous l’eau, chacun de ces fragmens, pour observer s’il s’en dégage des bulles d’air, et si après avoir été ainsi exprimés, ils surnagent encore, ou s’ils vont au fond de l’eau. » {Marc, Dict. des Sciences médicales. ) Cette expérience , qui constitue la docifnasie pulmonaire hydrostatiqm des auteurs (i), indiquée d’abord par Galien, ,et décrite en 1664 par Thomas Bartkolin et Jean Swammerdam ,'ne fut appliquée à la médecine légale qu’en , 1682, par Schreger^ elle a été depuis l’objet de nombreuses contestations; plus on a voulu lui donner d’imiportance , plus ont s’est attaché à la
(1) âo/jux'ia , j’essaie.
combattre : cette lutte a été favorable à la science , puisqu’on est parvenu à établir ce résultat important que, si dans certains cas V expérience hydrostatique ne peut être dé aucune utilité, il en est d’autres oii elle prouve que la respiration a eu lieu. La justesse de cette proposition sera mise hors de doute, par l'examen attentif des objections faites contre la méthode dont nous parlons.
Objection première. Les poumons d un fœtus mort-né peuvent étreplus légers que ïeau parce quils sontpouris, emphysémateux , ou quils ont été insufflés.
On ne saurait contester la force de cette objection, j puisqu’il est certain que par suite de la putréfaction ,
de l’empbysème ou de l’insufflation des poumons, ces i organes, qui d’abord étaient plus pesans que l’eau,
peuvent devenir plus légers qu’elle : c’est ce qui sera mis hors de doute par les faits suivans :
A. Putréfaction. La possibilité de faire surnager les poumons d’enfâns mort-nés, par le seul acte de la putréfaction, ayant été contestée par un assez grand nombre d’auteurs, tandis que d’autres l’ont admise sans hésitation , nous avons cru devoir tenter quelques expériences, tant sur les poumons isolés du corps auquel ils avaient appartenu, que sur des cadavres entiers.
Poumons isolés, du corps. i° Après avoir coupé en dix-huit fragmens les, poumons de deux fœtus à terme mort-nés, on les à mis dans l’eau; ils n’ont pas tardé à gagner le fond du liquide; cinq jours après, dix de ces fragmens étaient à la surface, les autres continuaient à occuper le fond : on avait eu soin jusque là de chan- ( ger l’eau une fois par jour; la température avait varié
de 12“ à 17° th. R. Quatre jours après, au lieu de dixfragmens il y en a quatorze qui surnagent 5 ils exhalent une odeur fétide : on les presse fortement dans l’eau pour en dégager les gaz, et aussitôt après ils se précipitent. Le lendemain on retrouve sept fragmens à la surface où ils restent pendant cinq joürs, puis ils retombent successivement au point d’occuper tous le fond, le dix-huitième jour de l’expérience. Six jours après leur séjour au fond de l’eau, on change celle-ci, qui était excessivement fétide et colorée; ils ne tardent pas à se précipiter, et ils restent au fond du liquide. Au bout de dix jours , on regarde l’expérience comme terminée. Cfes résultats s’accordent avec ceux qu’avait déjà obtenu Mdyer.
2° Après avoir laissé dans l’eau depuis le 18 juin 1826 jusqu’au 2 5 août de la même année,, les fragmens de huit poumons qui n’avaient pas été pénétres par l’air, M. Billard a vu que tous ces fragmens restaient • au fond, et cependant la décomposition putride, était à son comble, puisque le tissu était réduit à un liquide rougeâtre très-fétide. Pyl avait déjà observé les mêmes phénomènes.
3“ Après avoir coupe en quatre fragmens les poumons d’un enfant à têrme',. avait vécu pendant quelqties heures, nous les avons mis dans l’çau; ils ont surnagé pendant dix jours : alors deux d’entre eux se sont précipités. Neuf jours après un de ces deux fragmens avait de la tendance à monter. Au bout de trois jours on voyait de nouveau deux fragmens au fond, et les deux autres au milieu du liquide sensiblement au dessous de sa surface. On a changé l’eau qui était for-
tement colorée; alors tous les fragmens ont gagné le fond où ils sont restés. Au bout de dix jours, on a regardé l’expérieitce comme terminée.
M. Billard a également remarqué la précipitation au fond de l’eau de deux poumons qui avaient été assez dilatés par rak* pour rester à la surface du liquide pendant deux mois : ces organes appartenaient à des enfans qui avaient respiré complètement. La putréfaction, eu décomposant le tissu du poumon^dit ce médecin, donne Heu au dégagement de l’kir qu’il contenait, de telle sorte que les fragmens d’un poumon putréfié sont plus pesans que l’eau, mais il faut pour cela que la décomposition soit complète, et que la dissociation des parties de l’organe soit possible.
Pouînons non isolés du corps. Les résultats fournis par les expériences précédentes n’étant pas d’une application rigoureuse aux cas où il s’agit de déterminer si lorsqu’un cadavre entier est pouri, la supernatation des poumons doit être attribuée à la putréfaction, nous avons laissé pourir des cadavres entiers de fœtus mortnés.
1° Trois cadavres de fœtus à terme, morts dans l’uîérus vingt à vingt-cinq jours avant la naissance, ont été abandonnés à eux-mêmes à l’air libre , à la température de 24 à 28" th. ceutigr; toutes les ouvertures naturelles avaient été soigneusement boucliées pour empêcher les larves de-pénétrer dans l’intérieur des cavités, et de dévorer les vicères : on a ouvert ces cadavres au bout dè cinq jours, lorsque l’épiderme était entièrement détaché, qu’ils exhalaient une odeur extrêmement fétide, et que déjà les larves nombreuses qui étaient à
la surface du corps paraissaient être sur le point de se ■'porter dans l’intérieur du thorax : les poumons n étaient pas sensiblement altérés ^ et ils gagnaient rapidement le fond de Veau, meme après avoir été coupés en petits Jragmens.
CL Désirant savoir si dans rexpérience*précédente les poumons ne s’étaient point putréfiés, parce que l’air étant très - chaud et , la putréfaction de la peau ayant marché avec beaucoup de rapidité, on avait été obligé d’ouvrir les cadavres trop peu de temps après leur exposition’à l’air, on a abandonné à lui-même, le 3 avril iSay, en plein air, vra. foetus à terme mort-né, encore fi’ais,^et dont la mort n’avait certainement précédé la naissance que d’un jour ou deuxrbn l’a ouvert le 20 avril, lorsque -déjà des larves nombreuses commençaient à dévorer la peau, et que la putréfaction des parties extérieurs était arrivée au point de ne plus permettre d’attendre (la température de ratmosphère avait varié à l’ombre de 12 à î 6° R.) Le poumon gauche sè précipitait au fqndfe Veau et ri offrait aucune vésicule à sa - surface; le poumon droit surnageait ; on voyait à sa surface une multitude de petites ampoules produites par des gaz développés entre le tissu du poumon et la plèvre pulmonaire : en pressant assez fortement ce poumon pour déchirer les bulles dont nous parlons, les gaz se dégageaient et le poumon gagnait, le fond de Veau. . '
3° Trois fœtus à terme morts dans l’utérus, ont été plongés dans l’eau le 6 avril, peu de temps après l’accouchement: deux de ces fœtus étaient morts au moins depuis dix jours lors de la naissance. Le aS avril on ena
rétiré un et on l’a ouvert sur-le-champ. Les poumons ne paraissaient pas altérés; ils se précipitaient rapidement au fond^ de l’eau; coupés par fragmens ils gagnaient également la partie inférieure du vase. La décomposition était très-avancée , puisque les parôis abdominales étaient presque entièrement détruites, et que la peau des autres parties du corps était le siège de corrosions nombreuses.^ — Le mai on procéda à l’exainen d’un autre cadavre, au moment même où il fut retiré de l’eau. Les poumons entiers ^t coupés par fragmens se précipitaient au fond de Teau; ils offraient la couleur et l’aspect des poumons d’un fœtus mort-né encore frais. La putréfaction de ce cadavre ne paraissait pas aussi avancée' que dans l’expérience précédente. Le 9 mai on a procédé à l’ouverture du dernier fœtus, qui était resté dans l’eau jusqu’alors; la décomposition était tellement avancée qu’il ne restait plus de thorax ni d’abdomen; les viscères étaient à nu. Mis dans l’eau, les poumons se sont précipités , même après les avoir coupés en plusieurs petits fragmens : du reste ils offraient la couleur et l’aspect qu’ils auraient présentés s’ils eussent été examinés peu de temps après la naissance.
Il résulte évidemment des expériences qui précèdènt : 1° que les poumons d’un fœtus mort-né à terme, séparés du COTTES, ^ peuvent^ dans curtaines circonstances , quitter le fond de . ï eau où ils sont restés pendant plusieurs 'jours pour venir à la surfaceot retomber ensuite ; 2° que les poumons d’un fœtus à terme qui a respiré, mis sur l’eau , ne restent pas long-temps à la surface du liquide, mais qu’ils se précipitent; 3° quHl peut airiver^
lorsqu’un cadavre entier d’un fœtus mort-né se pcfhrit à l’air, que l’ouverture juridique du corps ne soit ordonnée qu’au moment où la putréfactioin se sera déjà emparée des poumons du d’une partie de ces organes et les aura rendus assez légers pour nager sur teaù) ^ què si' le cadavre du foetus mort-né s’est pouri dans l’eau, lés poumons ne surnagent pas tant que les parois de la poitrine n’ont pas été détruites par la macération; 5° que lorsque la décomposition a fait assez de progrès pour que la peab. du thorax soit réduite en lambeaux, et que les poumons soient en contact immédiat avec l’eau (ce qui n’arrive quaü bdùt d’un temps fort long), ces organes peuvent surnager, puisqu’ils sont alors places dans les mêmes circonstances que les poumons des fœtus mort-rtés, séparés du corps, dont nous avons parlé plus haut.
€es conséquences nous conduisent naturellement à rechercher par quels moyens on pourrait distinguer, dans une question relative à l’infanticide , si la siirnàtâtion des poumons est l’effet de la putréfaction du de la respiràtion. On exprimera les poumdns entre les doigts, et l’on verrà én lés plaçant de nouveau sur l’eau, qu’ils se précipitent dans le cas de putréfaction , tandis qu iis continuent à süf nager s’il ÿ a eu respiration ; en effet, les gaz développés pendant la fermentation putride sont logés dans le tissu lamineux qui séparé les cellules bronchiques, et le plus souvent entre. la plèvre et les poumons : dr la plus légère pression suffit pour les dégager ; tandis que l’air atmosphérique qui distend les poumons pendant la respiration, occupe les cellules bronchiques, et ne peut en être expulsé en entier
qu’avec la plus grande difficulté. Les auteurs ont encore indiqué les caractères suivans qui sont beaucoup moins concluans: i“ si la surnatation du poumon est due à la putréfaction, lé tbymus, les intestins, la vessie, etc., qui se pourissent avant cet organe, doivent également surnager, et si on les exprime entre les doigts , ils retomberont au fond de l’eau ; il est impossible de nier que les viscères dont il s’agit ne devient nent assez légers pour nager sur l’eau, lorsqu’ils sont pouris; il est même probable que dans la plupart des cas où un cadavre entier se putréfie, ils acquièrent bien avant les poumons la propriété de venir à la surface du liquide 5 mais on observe souvent le contraire, lorsque ces organes sont détachés du corps ; nous avons plusieurs ^fois' vu, en plaçant dans un vase rempli d’eau les poumons, là vessie et le thymus d’un fœtus mortné, ces deux derniers viscères occuper encore le fond du vase, lorsque les poumons nageaient déjà sur le liquide depuis plusieurs jours; a° si oh incise les poumons d’un fœtus qui a respiré , on voit qu’ils sont crépitans, lors même qu’ils ont été pouris; il n’en est pas ainsi de ceux d’un fœtus mort-né, que la décomposition putride aurait rendus assez légers pour surnager.
B. U emphysème des poumons peut rendre certaines parties de cet organe assez légères pour les faire rester a la surface de* l’eau, comme l’a souvent remarqué M. Çhaussier chez les fœtus mort-nés que l’on avait été nbligé d’extraire par les pieds, qui étaient morts pen- ■ dant le travail de raecouchement, et dont le bassin était étroit : or, comme les poumons étaient d’un brun violacé, qu’ils n’avaient point été insufflés, et que le
cadavre n’offrait aucun indice de putréfaction, M. Chaussier a attribué ce phénomène, avec raison, à la contusion que les poumons avaient éprouvée lors de l’extraction : il s’est fait, dit-il, dans leur tissu, une effusion de sang dont l’altération a fourni le dégagement de quelques bulles de gaz, et produit ainsi la légèreté spécifique d une partie des poumons. On distinguera facilement que la surnatation est due à l’emphysème plutôt qu’à la respiration , en soumettant les parties qui sont plus légères aux épreuves indiquées à l’occasion de la putréfaction.
G. Insufflation. JJ insufflation artificielle développe les poumons d’un fœtus mort-né, au point de les faire surnager. Voici ce que l’expérience démontre à cet égard. Lorsqu’après avoir isolé les poumons on les insuffle au moyen d’un tube de verre introduit dans la trachée-artère, il suffît de deux ou trois secondes pour leur communiquer une couleur rose, et les rendre crépitans et assez volumineux , pour qu’ils restent à la surface de l’eau (i). Si au lieu d’agir ainsi on insuffle de l’air à l’aide du tube laryngien dans les poumons qui n’ont pas encore été détachés du corps, on ne tarde
(i) Les expériences communiquées à l’Institut en septembre 1826 par M. Leroy d’Étioles établissent que l’insufflation pjilmonaire détermine promptement la mort des lapins, des chiens de moyenne grosseur, et des moutons , quand elle n’est pas pratiquée avec précaution. On ignore quelle" est la cause de cette mort, mais en sait qu’elle ne dépend pas , dans la plupart des cas, de la rupture des vésicules bronchiques , qui n’a été observée que fort rare^
pas à observer, outre ces pbénomènes, la voussure du thorax , et le refoulement en bas du diaphragme , à moins que la trachée-artère, les bronches ou leurs divisions ne soient engouées par des mucosités, car alors le succès de l’expérience n’est pas aussi complet. Si l’insufflation de l’air se fait de bouche à bouche , ou par tout autre moyen moins énergique que le précédent , ses effets sont moins sensibles, et il faut beaucoup plus de temps pour parvenir à dilater les poumons au même degré. Métzger s’est trompé en avançant que dans tous les cas d’insufflation artificielle, il y avait défaut de voussure du thorax; ce caractère ne manque que lorsque l’insufflation à été incomplète, puisqu’on insufflant même de bouche à bouche, on a quelquefois ptL le déterminer. On à encore avancé à tort que dans tous les cas d’insufflation, le poumon gauche, dont la hronche est plus longue et plus étroite que celle de l’autre, ne se dilatait pas aussi bien et aussi complètement que le droit; l’expérience prouve que, s’il en est. ainsi dans beaucoup de cas , souvent le contraire a lieu chez des enfans qui ont respiré pendant plusieurs heures.
M. Billard ne partage pas tout-à-fait l’opinion que nous venons d’émettre relativement à la possibilité d’insuffler dès poumons au point de fairer surnager tous leurs fragmens. Ayant insufflé de l’air pendant long-temps et avec assez de force à l’aide d’un tube de
ment. L’état d’intégrité de la plupart des vésicules d’un poumon insufflé, fait concevoir facilement la surnâfation de cet organe dans le cas même où Une mort prompte aurait été la suite de l’insufflation.
verre d’abortf, puis à l’aide d’un soufflet, dans la trachée-artère de trois fœtus mort-nés, l’un de cinq mois' l’autre de six, et le dernier de sept, il a vu en. détachant les poumons, qu’ils n’étaient crépitans qu’au bord antérieur et au sommet , et qu’il n’y avait que les fragmens correspondans à ces portions qui fussent plus légers, que l’eau. Dans une autre expérience, il a extrait du thorax les poumons d’un avorton de quatre mois et demi, mort-né, qui gagnaient rapidement le fond, de l’eau; il les a insufflés séparément, et il les a d’abord -vus se gonfler, puis s’affaisser ; toutefois ils surnageaient lorsqu’on les mfettait dans l’eau; mais en les coupant par fragmens, les^ parties appartenant au bord postérieur et à la base gagnaient Je fond du vase. L’insufflation des poumons de deux enfans à terme ^ mort-nés, a fourni des résultats analogues; cependant il y avait dans ce cas ùne plus grande partie du poumon qui surnageait.
Ces expériences ont porté M. Billard à conclure que plus ï enfant était voisin du terme ^ plus il était facile d insuffler la totalité, des poumons. hes cerceaux cartilagineux de la trachée-artère et des bronches des fœtus fort jeunes , dit-il, ne jouissent pas de toute la consistance qu’ils auront par la suite : on les trouve souvent affaissés et comme comprimés ; d’où il suit qu’ils opposent quelque difficulté au passa'ge de l’air dans leur calibre , ou repoussent ce fluide quand il y a été poussé par force; aussi voit-on les poumons s’affaisser aussitôt qu’on cesse d’y insuffler de l’air. Si l’on joint à cela que les mucosités des bronches et le sang dont le tissu pulmonaire est souvent gorgé au bord postérieur de l’or-
gang 3 peuvent être de noiivëaùx obstacles àu passage de 1 air, on expliquera facilement comment il se fait qu’on ne réussisse presque jamais à pénétrër entièrenlent lë tissu pulmonaire dé l’air qu’on y insuffle, surtout si l’enfant naît avant terme.
Oh voit par ce qui précède, que si M. Billard croit devoir àpporter quelques restrictions à ce que nüü's avons établi sur la possibilité d’insuffler les poumons d’ehfans mort-nés, au point de les rendre plus légers qüë l’eàu , il n’en résulte pas moins dé son travail que par l’insufflation oh pourra introduire dans les poumons, surtout dans ceux de§ éhfàhs à terme, une assez grande quantité d’air pour les faire surnager, et par conséquent pour qu'il soit permis de les confondre âveO ceux des enfans qui ont respiré.
Comment distinguer si la surnatàtion des pùurdons est l’effet de Cinsufflàtion ou de là respiration ? Ce ne sera pas en exprimant ces organes dans l’eau, car dans l’iin et l’autre cas, l’air ést contenu dans les vésiculès brOnebiqües, ét ne peut être expulsé én' entier ; aussi rémariqué-t-on que des pbumôhs biéh insufflés contihuerit à surnager même après uhé forte compression ; lès auteurs qui ont avancé le contraire avaient agi sur des poumons dans lesquels on n’avàit introduit qu Une petite quantité d’air, Ou qui avaient été mal insufflés. On ne peut espérer de résoudre ce problème, (fu’en examinant attentivement l’état des vaisseaux pulmonaires, ét en appréciant le poids absolu des poumons; en effet, si la respiration a eu lieu, les artères et les veines pulmonaires contiendront une plus grande quantité de sang que dans le cas d’insufflation , parce que Celle-ci
ne détermine en aucune manière l’abord de ce liquide vers les poumons , tandis que par suite de la respiration , il s’établit un nouveau mode de circulation dont le résultat immédiat est l’accès complet du sang dans les vaisseaux pulmonaires : d’une autre part , l’insufflation n’augmente pas sensiblement le poids absolu des poumons , parce qu’ils ne reçoivent que de l’air ; par la respiration au contraire , le poids dé ces, organes est augmenté de celui du sang qui afflue dans les vaisseaux pulmonaires : aussi les poumons d’un fœtus pèserontils davantage après la respiration que s’ils avaient été simplement insufflés. Quelque incontestables que soient les deux propositions que nous venons d’émettre, leur application présente tant de difficultés, (pelles peuvent tout au plus servir à établir des présomptions. Comment distinguera- t-on, par exemple, que la quantité de sang contenue dans les vaisseaux pulmonaires répond précisément à celle qui doit se trouver dans les vaisseaux d’un poumon insufflé, ou de celui qui a été dilaté par la respiration? suffira-t-il de la simple inspection, ou bien faudra-t-il l’apprécier par la teinte plus ou moins foncée de l’eau dans laquelle on écrasera les poumons P,Ges moyens , les seuls qu’il nous soit permis d’employer, sont évidemment insuffisans , puisqu’ils ne portent que sur la détermination de quantités que l’on peut appeler grandes ou petites, à volonté (i).Et pour
(i) Nous ne réfuterons pas de nouveau M. Fodéré lorsqu’il prétend pouvoir distinguer des poumons de fœtus mort-nés qui ont été insufflés dé ceux qui ont respiré, parce que les vaisseaux artériels et veineux sont vides , et
ce qui concerne le poids absolu des poumons , quel sera le point de départ? S’il était prouvé comme l’avait indiqué Ploucquet, que chez un fœtus mort-né le poids du poumon étant égal à i , celui de tout le corps est de 70, tandis que lorsque la respiration a eu lieu, le poids du corps étant de 70 , celui du poumon serait égal à 2 , la solution du problème serait assurée et facile; mais nous avons déjà vu que les choses étaient loin de se passer ainsi.
Il serait inutile de faire une énumération détaillée des cas où il sera indispensable de déterminer si les poumons ont été insufflés ; nous nous bornerons à citer les deux suivans : a Une femme est accouchée clandestinement et sans témoins , d’un enfant qui ne respire point ; elle cherche à le ranimer en lui soufflant de l’air dans les poumons ; néanmoins l’enfant périt et on accuse la mère de l’avoir tué; ici l’accusation est particulièrement fondée sur la légèreté des poumons , qui est au contraire l’œuvre de la tendresse maternelle. h On insuffle de l’air dans les poumons d’un enfant mort-né , pour faire croire qu’il à vécu et qu’il a été détruit par sa mère.
Objection deuxième. Il n est pas impossible quun fœtus périsse en naissant^ et que les poumons ou au moins quelques-uns de leurs fragmens soient plus légers quel eau parce quil aura respiré au passage. Ce fait est incontestable (i) : des fœtus dont la tête seulement avait franchi
dans un état de collapsus dans le premier cas.XF oyez page 540 de ce volume. )
(i) Nous avons exaaiaé le 17 avril 1827 un fœtus mâle
la vulve , ont respiré et poussé des cris plus ou moins forts. Avant qjiie des observations réitérées- n’eussent mis cette vérité , hors de doute, on objectait qu’il était difficile de l’admettre, parce que les parties sexuelles devaient comprinier le thorax qui y était comme enclavé, et l’empêcher de se dilater. Nul doute qu’il n’en fàt ainsi, si l’arrêt du tronc et des autres parties était constamment le résultat de la compression dont nous parlons ; mais dans la plupart des cas cet effet dépend d’une fausse position des épaules ou de la cessation des contractions utérines, et alors on conçoit qu’il estpossible que la poitrine se dilate.
à terme non pouri, du poids de six livres, long de dixhuit pouces , et parfaitement constitué. Les poumons peu développés recouvraient à peine le péricarde, ils offraient l’aspect de ceux qui n’ont pas été dilatés par l’air , ils pesaient upe once et demie, ils n’étaient crépitans que dans une très-petite partie , ils-gagnaienttrès-rapidémentiefond de l’eau ; coupés en trente fragmeas à peu près égaux , un seul décès fragmens, celui qui correspondait à la partie crépitante de l’organe, restait à la surface du liquide; pressé fortement dpns l’eau, ce fragment continuait à surnager; les vaisseaux pulmonaires contenaient une quantité de sang au moins égaie à celle que l’on remarque dans les poumon des enfans qui ont respiré pendant long-temps. Ces caractères pouvaient nous porter à conclure que l’enfant dont il s’agit était né vivant , et qu’il avait vécu pendant un certain temps, surtout s’il était établi que les poumons n’avaient pas été insufflés : toutefois comme nous remarquions des signes de congestion sanguine à la face, à la tête et dans la cavité du crâne, fue la peau du sommet
Osiander va même plus loin ; il admet le 'vagissement utérin , c’est-à-dire la possibilité qu’un fœtus respire et crie , lorsqu’après la rupture des membranes et l’écoulement des eaux de l’amnios , et pendant les manipulations de l’accoucheur, sa bouche est placée près de l’orifice de la matrice, de manière à ce que l’air atmosphérique puisse y être introduit. Cette assertion contre laquelle s’élèvent des médecins distingués a été particulièrement appuyée sur les faits suivans : Béclard après avoir incisé l’utérus d’une femelle pleine , sans toucher aux membranes, a remarqué des mouvemens respiratoires très-distincts, consistant dans l’ouverture
de la tête formait une tumeur œdémateuse considérable, et que le cordon ombilical n’offrait aucune trace de flétrissure ni de dessication, nous ayons mis plus de réserve dans notre conclusion ; Venfant, avons-nous dit, a respiré, 'à inoins qu’on ne prouve que ses poumons ont été insufflés; mais comme la respiration a été faible, et que d’une autre part la tête a été le siège de désordres telS' quon les observe chez les en fans qui périssent pendant lé travail et par suite de la longueur de ce travail , il serait possible que cet enfant fût mort au passage et après avoir respiiff, Il a été re¬
connu depuis de la manière la plus positive | que l’enfant était mort-né , que les poumons n’avaient pas été insufflés, que la mère était primipare, et que le travail avait duré cinquante-une heures , et avait été pénible ; donc notre conclusion était fondée. Cette observation, qui n’est pas la seule que nous aurions pu citer, nous paraît bien propre à faire sentir toute' la force de l’objection deuxième, et àren- » dre circonspects les médecins qui seraient disposés à a^ir avec précipitation en matière d’infanticide.
des narines £t dans l’élévation des. parois du thorax; ces mouvenaens se répétaient à des intervalles assez régulièrement égaux, mais ils étaient lents. ( Dissertation inaugurale). 2“ Une femme enceinte éprouva après les premiers raouvemens de l’enfant une perte d’eau, perte qui se renouvela de temps à autre, et fit craindre un avortement. Vers le huitième mois de la grossesse, elle fit une chute qui fut suivie d’un écoulement brusque et considérable d’eau. On mit la malade au lit, le fœtus remua beaucoup ; mais au bout de quelques heures elle se sentit si bien , que sa famille se réunit dans sa chambre pour y souper. Au milieu du repas, les cris d’un enfant se font entendre sous la couverture , mais la sage-femme ne reconnaît rien qui indique un accouchement. Le D' Zitterland , habitant de la maison, arrive assez à temps pour entendre très-distinctement les cris de l’enfant contenu dans le sein maternel. Toutes les précautions sont prises pour éviter les illusions, et l’on constate qu’il n’existe dans la maison aucun animal dont les cris auraient pu induire en erreur. Cependant les cris entendus pa^ M. Zitterland ne se reproduisent plus ; l’exploration apprit que l’accouchement n’était gas encore prêt à se faire; seulement la portion vaginale de l’utérus était effacée. Deux jours après, la malade mit au monde un fœtus chétif, qui paraissait être venu au terme de huit mois solaires. Il poussa quelques faibles cris immédiatement après sa naissance, tomba aussitôt dans un état d’asphyxie dont on ne parvint à le tirer qu’avec beaucoup de peine , et mourut une demi-heure après être venu au monde. (Nouvelle Bibliothèque Médicale, juin 1823,) 3° Le 10
octobre 18245 dit le Henri , je fus prié par M. Jobert, D*” en 'médecine, de vouloir bien l’assister pour terminer un accouchement chez une femme dont le bassin vicié offrait un obstacle à l’expulsion naturelle du fœtus. En conséquence nous nous rendîmes chez
madame rue de . : cette dame âgée d’environ
27 ans , d’une assez forte complexion , avait déjà éu deux grossesses qui ne furent point amenées à terme , le premier avortement ayant eu lieu à cinq mois de gestation, et le second à sept mois : ce dernier se termina après beaucoup de difficultés. Lors de notre arrivée , madame G^"^^ éprouvait des douleurs assez vives , et les membranes étaient rompues depuis environ quarante-huit heures. Madame Paulin , sage-femme, était près d’elle, et nous assura que depuis trois jours qu’élle avait été appelée, la tête du fœtus n’avait pas varié de position. M. Jobert ayant déjà reconnu d’avance lé vice de conformation du bassin, m’engagea de vouloir bien m’en assurer moi-même. Je trouvai la tête de l’enfant au dessus du détroit abdominal, l’occiput tourné vers la fosse iliaque droite, et la face vers la fosse iliaque gauche, l’oreille droite appliquée sur l’angle sacro- vertébral et l’oreille gauche sur le pubis. Les pariétaux seuls s’étaient engagés à travers le détroit abdominal, et faisaient une légère saillie dans l’excavation du bassin : l’ouverture de l’utérus pouvait avoir deux pouces de”^ diamètre. La femme présentait ce double vice de conformation , qui consiste dans une saillie très-forte de l’angle sacro-vertébral et un défaut de courbure du pubis , tel , que le diamètre sacro-pubien du détroit abdominal était vicié d’un , pouce, et le diamètre iliaque I. 24
du mêràe détroit agrandi d’autant. Nous pensâmes, M. Jobert et moi, qu’il fallait faire la version; mais comme la tête ne paraissait pas très-volumineuse, nous espérâmes pouvoir la dégager à l’aide du forceps ; cet instrument fut appliqué. Au moment où M. le Jobért faisait des tractions, le foetus poussa des cris distincts à plusieurs reprises, pendant une douzaine de secondes, de manière à pouvoir être entendu de tous les assistans; mais la tête restant enclavée, malgré les efforts exercés sur elle au moyen du forceps, on fut obligé de cesser cette manœuvre. Nous nous entretenions sur la nécessité de faire la version de l’enfant , lorsque de nouveaux cris aussi distincts que les précédons se firent entendre , cris qui ne purent avoir lieu qu à l’aide de plusieurs inspirations. Enfin lorsque j’introduisais la main pour aller chercher les pieds , au moment Ou elle glissait sur l’épaule gauche, le fœtus pour la troisième fois , poussa des cris moins longs que lès premiers mais cependant assez forts pour être entendus de toutes les personnes présentes. L’accouchement se termina avec beaucoup de difficulté, et l’enfant ne respirait plus à sa sortie de l’utérus ; mais comme les battemens du cœur étaient assez forts , nous essayâmes divers moyens pour le rappeler à la vie , et je lui insufflai de l’air dans les poumons. Nos tentatives furent infructueuses ; au bout de quelques minutes la circulation avait cessé. (Dictionnaire de Médecine en i8 volumes, art. Infanticide. )
Ces observations ne nous paraissent ni assez nombreuses ni assez détaillées pour nous faire admettre les 'v^gissemens utérins; il aurait fallu par exemple,
comme l’a judicieusement remarqué M. Gimelle , dans un rapport lu à l’Académie de Médecine, s’assurer dans le cas observé par M. Henri , que l’air avait réellement pénétré dans le poumon : toutefois nous pensons que rien n’autorise , dans l’état actuel de la science , à nier la possibilité des vagissemens utérins, dans les circonstances mentionnées par Osiander. ( Voyez p. 368.)
Schmitt^ Baudelocque et plusieurs autres accoucheurs, admettent encore qu’un enfant peut respirer lorsque toutes les parties sont sorties excepté la tête , et que pour la dégager on est obligé d’introduire la main; l’air atmosphérique pénètre alors par le vagin jusqu’aux poumons. L’observation démontre en effet, que dans quelques cas de ce genre où l’enfant avait été extrait par la version, ses poumons nageaient sur l’eau, quoiqu’il fût mort pendant l’opération. Mahon suppose en outre le cas où le cordon ombilical s’entortille autour du col, pendant que l’enfant est ballotté dans l’utérus, en sorte qu’il en résulte une apoplexie mortelle, accompagnéedetousles signes d’engorgement; l’enfant peut respirer en franchissant le vagin et périr avant d’être né.
Objection troisième. Le nouveau-né peut avoir respiré et ses poumons ne pas nager. Quelque étrange que paraisse cette proposition, elle est parfaitement exacte; en effet, on observe souvent que les poumons sont plus pesans que l’eau chez les enfans qui naissent dans un grand état de faiblesse., chez ceux dont les poumons s’ hépatisent cpiAqpe temps après la naissance, chez ceux qui étaient atteints de pneumonie avant de naître ; enfin chez ceux qui offrent une congestion pulmonaire sans inflammation. Les causes de la submersion des pou-
mons dans les cas de faiblesse de naissance^ consistent en ce que la dilatation des vésicules bronchiques est nulle ou trop incomplète pour permettre cl l'air d’y pénétrer; celui-ci s’arrête dans la trachée-artère et dans les premières ramifications des bronches. Pour ce qui concerne la pneumonie et la congestion pulmonaire sans inflammation , l’air peut ne pas avoir pénétré jusqu’aux vésicules bronchiques , et s’il y est parvenu , il peut en avoir été expulsé en totalité ou en partie.
Faiblesse de naissance.hes. exemples de nouveau -nés qui avaient respiré , et dont les poumons étaient plus lourds que l’eau , sont assez communs surtout chez les fœtus non à terme. Voici ce que l’observation démontre à cet égard ; Si le fœtus est au moins âgé de sept mois, les poumons peuvent bien se précipiter au fond de l’eau, lorsqu’on les place entiers sur ce liquide ; mais il arrive assez souvent que si on les divise en plusieurs tranches, quelques-uns des fragmens surnagent. Si le fœtus n’est âgé que de cinq ou six mois, il peut se faire qu’aucun des fragmens pulmonaires ne reste à la surface du liquide.
Madame accouche le 2$ février 1809^^, d’un enfant à terme, qui meurt le i®"" mars à deux heures du matin, sans avoir tété, et ayant eu la respiration peu aisée. En examinant le cadavre, on voit que le thorax , au lieu d’être 'voûté^ est tout plat ; le cœur est à découvert la convexité du diaphragme très- saillante en haut; les poumons , nullement développés , sont ramassés de chaque côté de la colonne vertébrale; leur couleur est d’un brun foncé., excepté le gauche qui offre une traînée d’environ deux pouces de long sur un demi-pouce de large , dlmirouge pâle; le lobe inférieur droit est très -
enfoncé dans l’abdomen : placés sur l’eaii, seuls ou unis au cœur , ils se précipitent ; cependant la traînée , d’un rouge pâle , a une tendance différente; les vaisseaux qui se rendent à cet organe sont mdes et contractés sur eux-mêmes ; le trou interoriculaire et le canal artériel sont ouverts; l’insufflation développe très-bien les poumons, ce qui prouve qu’il n’y a point de vice organique. Tous les viscères abdominaux sont dans l’état naturel ; il y a un peu de méconium dans le gros intestin; la vessie est vide parce que l’enfant avait évacué ; les vaisseaux sanguins, du bas-ventre sont remplis de sang. ( Schenkius médicale, année 1810. )
Trois enfans jumeaux , nés à trois heures, dans la nuit du 21 octobre r826, 'sont apportés aussitôt à l’hospice des Enfans-Trouvés de Paris : l’un a i4 pouces, l’autre i3, l’autre la. Malgré la petitesse de leur taille et la forme grêle de leurs membres et de leur corps, on peut juger d’après la consistance cornée des ongles, la longueur de leurs cheveux, etc., que ces enfans sont venus à peu près à terme. Le plus petit d’entre eux, du sexe féminin, est remarquable par la lenteur des mouvemens, l’état d’affaissement dans lequel il se trouve, et la nature particulière de son cri , qui ne consiste qu’en un hoquet pénible et étouffé ; il est aisé de s’assurer que la reprise seule se fait entendre et quelle est entrecoupée, aiguë et pénible (i). La poitrine s’élève et s’a-
(i) Il est facile de reconnaître deux parties distinctes dans le cri de l’enfant, 1” le m proprement dit, très-sonore et très-prolongc , se fait entendre pendant l’expiration ,
baisse assez régulièrement , mais elle rend dans toute son étendue un son mat à la percussion , et l’application du stéthoscope ne fait nullement entendre la respiration. Le pouls est d’une petitesse extrême , on ne peut le sentir au bras; mais à l’aide du stéthoscope, on compte 5o battemens de cœur par minute. On fait boire à l’enfant quelques cuillerées d’eau sucrée, on le tient chaudement, on fait sur les parois de la poitrine quelques frictions sèches. Malgré ces soins l’enfant meurt à 1 1 heures du matin , huit heures après sa naissance. L’ouverture du cadavre est faite le lendemain à huit heures du matin. Le cordon ombilical est très-mou. On lie la trachée-artère au-dessous du larynx; les poumons et le cœur sont plongés ensemble dans un
cesse et commence avec elle et résulte de l’expulsion de l’air à travers la glotte ; il suppose que l’air a pénétré dans les poumons , et par conséquent que la respiration a été complète ; 2“ an bruit plus court, plus aigu , quelquefois moins perceptible que le cri, variant depuis le bruit d’un vent de soufflet Jusqu’au chant aigu d’un jeunecoq, et qui est le résultat de l’inspiration : c’est une sorte de reprise entre le cri qui vient de finir et celui qui va commencer. L’enfant dans les poumons duquel l’air ne pénétrera pas , mais dont il se bornera à traverser la glotte pendant l’inspiration, ne jettera aucun cri. Une fera entendre que La reprise , qui pour ^ordinaire sera entrecoupée, aiguë, et par momens étouffée, et si après sa mort on examine les poumons, on verra qu’ils n’ont pas respiré une quantité d’air appréciable. Le médecin chargé de faire un rapport sur la viabilité ne sauraittrop s’attacher à distinguer ces deux sortes de cris. (Billard. )
vase contenant de l’eau; ils se précipitent rapidement au fond : les deux poumons, détachés séparément, s’y précipitent également; cependant le^ tissu n’est pas engorgé ; le droit seulement offre à son bord postérieur une légère congestion sanguine; chaque lobe des deux poumons est séparé et plongé dans l’eau; ils se précipitent tous avec une égale vitesse; on les coupe en plusieurs fragmens, et ces fragmens sont mis en un véritable hachis et plongés ensuite dans le .liquide : toutes ces parcelles pulmonaires tombent au fond du vasedMsû précipitamment que si c’eût été des fragmens de rate ou de foie. Le cœur et les gros vaisseaux sont gorgés de sang; les ouvertures fœtales sont encore parfaitement libres.
Cinq enfans périssent peu de temps après leur naissance ; sur deux d’entre eux qui ont vécu un jour entier, le bord antérieur des poumons était seulement crépitant dans une très-petite étendue : le reste était flasque , non vésiculeux et plus pesant que l’eau. Chez les trois autres qui ont vécu 4) 6 et lo heures, on ne trouve point d’air dans le tissu des poumons, qui, coupés par fragmens , assez gros il est vrai, se précipitent au jond de Veau; le cri était étouffé chez deux d’entre eux et l’on n’entendait que la reprise ( F. la note de la p. 373). Deuxdeces enfans étaient évidemment à terme et se trouvaient affectés d’endurcissement du tissu cellulaire; le cœur et les gros vaisseaux étaient gorgés de sang; les ouvertures fœtales étaient encore libres ; enfin le tissu cellulaire des membres était considérablement infiltré d’une sérosité très jaune. Chez tous, la poitrine rendait un son mat dans tous les points de son étendue , et l’on ne pouvait entendre au stéthoscope le bruit
de la respiration. Chez tous la circulation était trèslente, et les tégumens un peu froids; enfin ils offraient tous les caractères de l’état des nouveau- nés qu’on désigne ordinairement sous le nom de faiblesse de naissance.
Hépatisation des poumons survenue apres Vétahlissernent de la respiration. Mancille , âgé de 1 4 jours , d’une forte constitution, vomit depuis deux jours le lait de sa nourrice et se trouve pris en même temps d’une diarrhée abondante; le ventre est légèrement tendu. La percussion rend un son clair dans tous les points de la poitrine; le stéthoscope indique que l’air pénètre librement dans les deux poumons. Le février les symptômes changent, la diarrhée cesse, les vomissemens continuent; la respiration est courte, le cri étouffé et pénible ; un cercle violacé environne la bouche; la figure se grippe par momens. Le côté droit de la poitrine rend un son mat à la percussion, et l’on entend à peine, à l’aide du stéthoscope, l’air pénétrer dans le tissu du poumon droit. L’enfant succombe le 9 février. Parmi les lésions observées à l’ouverture du cadavre', nous noterons seulement celles qui se rapportent à l’objet dont nous nous occupons. Le poumon gauche est sain et très-crépitant; le droit est hépatisé dans toute son étendue, et cependant sans accumulation de sang dans son tissu; il tombe rapidement au fond de l’eau, et ses fragmens les plus petits ne flottent pas à la surface du liquide. Le trou interoriculaire est oblitéré. Le cœur est assez plein de sang. Le canal artériel est encore ouvert. Les artères pulmonaires sont gorgées de sang.
Ce que nous avons vu chez un enfant de i4 jours ,
dit M. Billard à qui nous avons emprunté ce fait, peut se rencontrer chez un enfant qui meurt quelques heures ou quelques jours après la naissance; le sang prend la place de l’air dans les cellules pulmonaires et fait perdre à l’organe sa texture cellulaire. Observons toutefois que dans la plupart des cas lès poumons ne sont pas assez complètement hépatisés, pour qu’aucune partie de leur tissu ne recèle plus d’air ; la mort arrive ordinairement avant que l’air soit totalement expulsé de ces organes.
Pneumonie développée chez l enfant pendant son séjour dans ï utérus, Lorcher,, garçon, âgé d’un jour, d’une faible constitution , est déposé à la crèche le 27 janvier 1826; il y reste languissant jusqu’à sa mort , qui a lieu le 3o janvier. Pendant ces quatre jours ses tégumens sont pâles, ses traits tirés, ses membres grêles, sa respiration lente et difficile ; on entend un cri pénible. Ouverture du cadavre. Le poumon gauche est crépitant et peu gorgé de sang ; le droit est hépatisé dans la plus grande partie de son étendue; il existe à sa base un point plus gros qu’une forte noix où le tissu du poumon est réduit en une bouillie rougeâtre et pultacéè; aucun des fragmens hépatisés ne surnage lorsqu’on le met dans l’eau. Les bronches qui s’y rèndent sont épaisses, rouges et renferment des mucosités puriformes , très-collantes et mêlées de stries de sang. Le cœur est gorgé de sang; le canal artériel est libre; le trou interoriculaire commence à s’oblitérer. — Une désorganisation aussi avancée du poumon est évidemment la suite d’une pneumonie déjà développée avant la naissance. L’état de marasme et la faiblesse de l’enfant, la
difficulté de la respiration dès les premiers jours de la vie, sont les preuves et les résultats de cette pneumonie congénitale; ( Billard. )
Congestion. pulmonaire sans inflammation. Certains enfans offrent dans tous les organes une turgescence sanguine si considérable que le sang est exhalé d% toutes parts et reste stagnant dans les parties même les moins déclives; c’est ce qu’on observe particulièrement dans les poumons, le cœur et le foie. Les premiers de ces organes ne peuvent plus alors recevoir l’air que l’enfant inspire. En général les membres sont œdémateux, les tégumens violacés, les mou vemen s lents et pénibles, le cri étouffé; la reprise^ V. la note de la p. 278) toujours aiguë et entrecoupée, ne se fait entendre que par momens;les battemens du cœur sont obscurs, le pouls imperceptible, la température de la peau presque toujours basse ; l’enfant plongé dans un état d’affaissement et d’engourdissement général, offre en outre le plus souvent cet état que l’on désigne vulgairement sous le nom Rendurcissement du tissu cellulaire. Après avoir langui pendant quelques Heures ou quelques jours, ces enfans succombent, et on trouve à peine quelque peu d’air au bord antérieur des poumons, dont la surface est le plus ordinairement emphysémateuse. La mort semble avoir lieu par asphyxie. Il ne sera pas inutile de noter que ces enfans offrent souvent des épanchemens de sang dans le tissu cellulaire sous-cutané des membres et du tronc, que l’on serait quelquefois tenté d’attribuer à des violences exercées dans le but de détruire la vie. Le fait suivant recueilli par M. Billard vient à l’appui de ce qui précède :
Delarue, fille âgée de 3 jours, est déposée à la erêclie le 27 mars 1826, et y meurt sans avoir été observée, le 29 du même mois. Ouverture du cadavre faite le lendemain. Enfant volumineux, ictère général, membres œdémateux; la face, le tronc et les membres sont couverts de pétéchies violacées, plus ou moins larges, qui donnent au corps un aspect chamarré ou tigré ; la plus grande d’entre elles a le diamètre d’une lentille. L’estomac est rempli d’une assez grande quantité de sang visqueux et noir ; sa surface ainsi que celle du jéjunum est parsemée de pétéchies rouges, très-petites, visibles seulement à l’intérieur de l’organe. On trouve dans le canal intestinal des épanchemens de sang répandus cà et là en nappe : la membrane muqueuse offre dans lés points correspondans à ces épanchemens des ecchymoses pétéchiales semblables à celles de l’estomac ; à la fin de l’iléon , le sang est plus noir et plus diffluent ; le gros intestin est le siège d’une éruption folliculaire trèsprononcée. Le foie qui a le double de son volume ordinaire est plein de sang; son tissti est ferme; il se coupe nettement et se laisse difficilement déchirer. La rate extrêmement volumineuse est très-gorgée de sang. Le cœur d’un volume aussi très-considérable est gorgé de sang; une sérosité jaunâtre est infiltrée à sa surface, qui est couverte de nombreuses pétéchies semblables à celles des tégumens externes. On en remarque également à la surface de la plèvre. Les ouvertures fœtales sont encore libres. Les poumons sont gorgés de sang. Les reinset la vessie présentent aussi de nombreuses ecchymoses. On trouve dans le tissu cellulaire des membres et des tégumens de l’abdomen de larges ecchymoses; le
sang qui les forme est infiltré et coagulé dans le tissu cellulaire; la peau, au niveau de ces endroits eccliymosés, offre une légère teinte violacée qu’on pourrait aisément prendre pour des meurtrissures.
Quoi qu’il en soit, il est possible de rendre à certains poumons d’enfans qui ont respiré et qui sont plus lourds que l’eau la faculté de surnager; il suffit de les exprimer dans ce liquide pour en chasser le sang.
Nous terminerons tout ce qui se rapporte à cette dernière objection par une remarque importante, c’est (ÿue dans beaucoup de circonstances, des poumons gorgés d’une grande quantité de sang, loin de se précipiter, restent à la surface de l’eau.
Objection quatrième. En supposant même que Von ait prouvé que le fœtus na pas respiré^ Une s’ensuit pas quil nait pas 'vécu; en effet, un enfant peut naître enfermé dans ses membranes , et rester pendant quelque temps dans cette position sans respirer; il peut être submergé dans l’eau immédiatement après sa naissance ; sa faiblesse peut être telle , comme on le voit dans l’aspbyxie des nouveau -nés, qu’il ne donne aucun signe de vie pendant plusieurs heures; le^ défaut de respiration peut encore tenir à ce que la langue est collée ou adhérente au palais, à ce que le thymus trop volumineux s’oppose à la dilatation du poumon, à ce que le diaphragme est le siège d’une ou plusieurs tumeurs; enfin, à ce que les voies aériennes sont obstruées par des mucosités, par l’eau de l’amnios, etc. Dans tous les cas dont . nous parlons, le fœtus vit sans respirer, en sorte que s’il vient à périr parce qu’il manque de secours ou par toute autre
cause, et que l’on compare le poids des poumons à celui de l’eau , on verra qu’ils se précipitent au fond du liquide. Cette objection a d’autant plus de force , que l’observation démontre que les fœtus de plusieurs mammifères qui n’ont pas encore respiré ou qui n’ont respiré que très -peu, résistent beaucoup mieux aux causes de suffocation , que ceux qui ont déjà respiré pendant un certain temps (i).
(i) On ne peut pas, faute d’expériences directes, préciser le temps pendant lequel un enfant nouveau-né, à terme, plongé dans l’eau, peut vivre sans respirer; mais ou peut déterminer la durée de sa vie d’upe manière approximative, par analogie. Legallois a prouvé que les chiens, les chats et les lapins nowoeati-nés , vivaient vingt-huit minutes dans l’eau ; lorsqu’ils étaient plongés dans ce liquide cinq jours après la naissance , ils ne vivaient que seize minutes ; s’ils étaient déjà âgés de dix Jours quand on les plaçait dans ce milieu , ils ne vivaient que cinq minutes et demie ; enfin , hVkgo de quinze Jours , ils avaient atteint la limite que les animaux à sang chaud, adultes, ne peuvent guère dépasser, lorsqu’ils sont soustraits' à l’action de l’air. Le cochon d’inde qui vient de naître , au contraire, ne peut vivre lorsqu’on l’asphyxie dans l’eau , que trois ou quatre minutes de plus que l’adulte. Frappé de là différence que présente la durée de la vie de ces animaux plongés dans l’eau , le docteur Edwards en a cherché la cause, et il a vu que les mammifères qui, à leur naissance, produisent assez peu de chaleur pour ne pas avoir, pour ainsi dire, de température propre, vivent beaucoup plus long-temps dans l’eau que ceux qui én développent assez pour conserver une tempe-
Il est évident d’après cela , qu’une femme accusée du crime d’infanticide , pourrait arguer de ce que l’enfant n’a pas respiré, qu’il n’a point vécu et quelle n’est point coupable. Lorsque nous nous occuperons de déterminer si la mort d’un enfant est naturelle, ou si elle peut être attribuée à quelque violence, nous indiquerons avec soin ce qu’il faudrait faire en pareille occurrence.
On a encore objecté que le fœtus pouvait avoir respiré et Tb avoir pas^écu, puisqu’on a vu les poumons surnager chez un foetus à terme, hydrocéphale et mortné. Cette objection mérite peu d’attention, non-seulement parce qu’il n’est pas prouvé que le fœtus dont il s’agit n’ait pas vécu , mais encore parce qu’en supposant que le fait rapporté par le docteur Bénédict fût vrai et constant^ il s’ensuivrait tout au plus que l’esr périence hydrostatique n’est d’aucune utilité lorsqu’elle est appliquée à des individus atteints d’hydrocéphalie,
rature élevée , lorsque l’air n’est pas trop froid. Le caractère extérieur qui sert à rapporter une espèce à l’un ou à l’autre de ces groupes , consiste dans l’état des yeux, qui sont ouverts ou fermés à la naissance : or l’enfant naît les yeux ouverts, et l’on sait qu’il appartient au groupe de ceux qui produisent le plus de chaleur; il vivra doncmoins de temps que les animaux qui sont dans les conditions opposées. « Ce n’est qu’aproximativementque nous pouvons juger de cette durée , dit le docteur Edwards ; dans les expériences que j’ai faites sur les jeunes mammifères qui naissent les yeux ouverts, elle a été àecinq à onze minutes. » (De l’influence des agens physiques sur la vie , i vol. in-S", pag. 2.65.)
résultat sur lequel on est d’accord depuis long-temps.
Examen du cœur, du canal artériel, du canal 'veineux et du cordon ombilical. Le trou interoriculaire ( de Botal) existe toujours chez un fœtus à terme qui n’a pas respiré ; et quoique moins apparent qu’à une époque plus rapprochée de la conception , il n’en est pas moins visible. Le canal artériel, les vaisseaux ombilicaux et le canal veineux ne sont pas oblitérés tant que la respiration n’a pas eu lieu. On observe le contraire , excepté dans des cas excessivement rares, lorsqu’on examine ces parties chez des enfans qui ont respiré pendant un certain temps : nous disons pendant un certmn temps, car il est évident que l’occlusion du trou interoriculaire, et l’oblitération des canaux artériel et veineux, n’ont lieu, le plus souvent , que quelques jours après que la respiration s’est établie.
Ces faits importans, appuyés sur des observations de plusieurs auteurs , se trouvent confirmés par des recherches récentes de M. Billard.
Enfans d'un jour. Sur dix-huit enfans d’un jour, ditil, il y en a quatorze chez lesquels le trou botal était complètement ouvert; deux chez lesquels il commençait à s’oblitérer, et sur deux autres, enfin , il était toutà-fait fermé, et il n’y passait plus de sang. Parmi ces mêmes enfans, le canal artériel était libre et plein de sang sur treize; il commençait à s’oblitérer chez quatre, et chez le dernier il était complètement oblitéré; cet enfant était un de ceux chez lesquels il y avait une occlusion complète du trou botal. Les artères ombilicales étaient toutes libres près de leurs insertionsauxartères iliaques; leur calibre était rétréci par l’effet de l’épais-
sissement remarquable de leurs parois. Chez tous ces enfans, la veine ombilicale et le canal veineux étaient libres 5 celui-ci se trouvait le plus ordinairement gorgé de sang.
Enfans de deux jours. Sur vingt-deux enfans de deux jours, il y en avait quinze dont le trou interoriculaire était très-libre 5 chez trois il était presque oblitéré, et chez les quatre autres il était entièrement fermé. Sur treize de ces enfans, le canal artériel était encore libre; chez six autres il commençait à s’oblitérer; chez les trois derniers il était complètement oblitéré. Chez tous, les artères ombilicales étaient oblitérées dans une étendue plus ou moins grande. La veine ombilicale et le canal veineux, quoique vides et aplatis, se laissaient cependant pénétrer par un stylet assez gros.
Enfans de trois jours. Sur vingt-deux enfans de trois jours, quatorzè ont offert-le trou- botal encore libre; chez cinq il comrnençait à s’oblitérer, et il l’était complètement chez les trois autres. Le canal artériel était également libre chez quinze enfans; il commençait à s’oblitérer chez cinq , et l’oblitération était complète chez deux seulement. Ces deux sujets présentaient en même temps une oblitération du trou interoriculaire. Les vaisseaux ombilicaux et le canal veineux étaient vides et même oblitérés sur tous ces sujets.
Enfans de quatre jours. Sur vingt- sept enfans de quatre jours, dix-sept offraient le trou botal encore ouvert, et chez six d’entre eux cette ouverture était trèslongue et distendue par une grande quantité de sang. Sur dix autres, l’oblitération était commencée chez huit et complète chez deux. Le canal artériel était encore
ouvert claez dix- sept de ces enfans ; il commençait à s’oblitérer, et même n’offrait plus quün permis fort étroit chez sept d’entre eux; enfin l’oblitération était complète chez les trois autres. Les artères onibilicales étaient chez presque tous oblitérées près dé l’ombilic, mais susceptibles de se dilater éneore, près de leur insertion aux iliaques. La veine ombilicale et le canal veineux complètement vides se trouvaient considérablement rétrécis.
Enfans de cinq joiirs. Sur vingt-neuf enfans de cet âge, treize avaient le trou botal encore ouvert, mais l’ouverture n’existait pas au même degré chez tous ; elle e'tait assez grande sur quatre, étchez les neuf autres , son diamètre était médiocre : l’oblitération de ce trou était complète chez six de ces enfans, et presque complète sur les dix autres. Le canal artériel a été trouvé ouvert quinze fois, il était même largement ouvert dix' fois, tandis que l’ohlitération était très-avancée sur les cinq autres sujets. Sept de ces enfans offrirent une oblitération complète de ce canal qui . n’était: que presque complètement oblitéré chez les sept autres. Les vaisseaux ombilicaux étaient oblitérés chez tous les sujets.
Enfans de huit jours. Sur vingt enfans de cet âge, le trou interoriculaire était complètement fermé onze fois , incomplètement fermé quatre fois , et libre cinq fois. Sur ces vingt enfans, il y en avait trois dont le canal artériel n’était pas encore oblitéré, six chez lesquels il était presque oblitéré, et onze chez lesquels cette oblitération était complète. Les vaisseaux ombilicaux étaient oblitérés chez quinze de ces enfans; on rie les examina pas chez les cinq autres.
Enfans plus âgés. Chez la plupart d’entre eux, les ouvertures fœtales dont nous venons de parler sont oblitérées; cependant on peut trouver le trou botal et le canal artériel ouverts à douze ou quinze jours et même à trois semaines, sans que l’enfant eh éprouve, pendant la vie, des accidens particuliers (i).
Ces observations permettent de conclure, i” que les ouvertures fœtales sont libres au moment de la naissance \ 2? quelles s’oblitèrent à une époque variable après l’accouchement; 3“ que le plus ordinairement elles sont oblitérées vers le huitième ou le dixième jour; 4° que les artères ouibilicales s’oblitèrent d’abord, puis la veine de ce nom, le canal artériel et enfin le trou botal (a); 5“ que leur oblitération annonce que le fœ-
(i) Les différences relatives à l’époque à laquelle arrive roblitération des vaisseaux ombilicaux et du canal artériel, tiennent à la rapidité avec laquelle marche le travail qui doit amener ç^tte oblitération. Ce travail consiste pour les artères ombilicales et pour le canal artériel, en un épaississement graduel de leurs parois, en une sorte d’hypertrophie concentrique, qui, sans diminuer' en apparence la grosseur des Vaisseaux, en diminue cependant le calibre; on pourrait alors les comparer. à un tuyau de pipe dont la cassure est fort épaisse , et ne présente à son , centre qu’un pertuis d’un'médlocre calibre. L’oblitération de la veine ombilicale et du canal veineux est au contraire. le résultat de l’affaissement et du rapprochement des parois de ces vaîs''seauxqiii tendent à devenir contiguës, dès que ces vaisseaux ne reçoivent plus de sang.
(a) Il n’est pas sans importance de savoir que parmi les enfans qui ont été l’objet de ces recherches , il y en avait un
tus est né vivant; 6° qu’il est impossible de conclure de ce quelles ne sont pas oblitérées, que l’enfant n’a pas respiré, puisque nous avons prouvé que l’oblitération était loin de se faire immédiatement après la naissance.
Opinion du docteur Berrd, relativement aux changemens qu éprouvent le trou hotal et lé canal artériel après la naissance. La disposition du trou interoriculaire, dit ce médecin, est tout autre chez le fœtus mort-né, et cbez l’enfant qui a respiré après l’accouchement : dans le premier cas, elle est exactement située au centre de la fosse ovale, mais aussitôt que le nouveau-né a respiré, elle se tourne du côté droit; en quelques semaines, elle s’élève très-haut, et dans l’âge adulte on a trouvé quelle était placée au sommet de la fosse ovale. En d’autres termes, dès l’instant que la respiration commence, l’orifice du trou de hotal marche progressivement de bas en haut , et de gauche à droite, et son degré d’avancement devient un indice de l’existence et de la durée de b'acte respiratoire.
Le cànal artériel est cylindrique chez les fœtus mortnés, même à terme; il a à peu près un demi-pouce de longueur; son diamètre est le même que celui du tronc de l’artère pulmonaire, et surpasse du double la capacité de chacune des branches d#ce vaisseau qui ont la grosseur d’une plume de corbeau. Si le nouveau-né a respirépendant quelques instans, ce canal pérd sa figure cylindrique et prend celle d’un cône tronqué.
très-grand nombre chez lesquels la respiration avait été parfaitement établie.
dont la base est au cœur et le sommet à l’aorté descendante, quoique cependant on puisse observer le contraire. Si la vie a duré plusieurs heures ou un jour, il devient de nouveau cylindrique et diminue de longueur et de largeur, il n’a plus que le diamètre du tuyau d’une plume d’oie, il est par conséquent plus petit que le tronc de l’artère pulmonaire et tout au plus égal à chacun^ des branches de ce vaisseau. Si la vie a duré plusieurs jours ou une semaine, Je canal artériel, déjà plissé, n’a plus que quelques lignes de largeur, son diamètre est celui d’une plume de corbeau, tandis que celai des branches'de l’artère pulûionaire est au moins égal à celui d’une plume d’oie. (Bernt, préface de la dissertation inaugurale d’Æ'wÊ7^^fe^/^, Vienne, 1824*)
M. Bernt conclut de ses observations, que le trou interoriculaire et le canal artériel offrant des différences chez les fœtus mort-nés et chez les enfans qui ont respiré, on pourra tirer parti des divers états danslesqùels on les trouve pour savoir si l’enfant a vécu ou non après la naissance; il désigne l’ensemble des recherches dont il s’agit sous le nom de docitnasie de la circulatipTij.
Nous avons attentivement répété les observations du docteur Bernt, et nous ne saurions être de son avis. Les faits suivans motivent eette opinion.
1° Le 5 avril 1827, nous avons ouvert le cadavre d’un fœtus à terme , mâle , mort-né ; le canal artériel n’offrait presque la moitié de la largeur du tronc de l’artère pulmonaire , il était cylindrique, long d’un demipouce, égal ou un peu plus large seulement que chacune des branches de cette artère.
2° Le 18 avril, nous avons trouvé sur le cadavre
d’un fœtus mâle, âgé de huit mois, mort-né, le canal artériel cylindrique, à peu près large comme la moitié du tronc de t artère pulmonaire ^ plus volumineux que la branche droite, et beaucoup plus que la branche gauche de ce vaisseau.
3® Le lo avril, nous avons examiné le cadavre d’une fille à terme, qui avait vécu cinq heures; le fcanal artériel, loin d’être cylindrique, était dilaté à sa partie moyenne et plus large à son extrémité aortique que du côté du cœur ; il était long de huit lignes et beaucoup moins volumineux; le tronc de l’artère pulmonaire, sensiblement plus volumineux que la branche gauche de cette artère, tandis que la partie la plus large égalait à peine la branche droite de ce vaisseau.
4° Un enfant femelle à terme, âgé de dix-neuf jours, fut ouvert le 2 5 avril; le canal artériel, long seulement de trois lignes, était cylindrique, d’une largeur trois fois moindre que celle du tronc de l’artère pulmonaire, un peu moins considérable que la branche droite, mais beaucoup plus large que la branche gauche de cette artère.
5° Sur quatre enfans mâles, à terme, dont deux étaient mort-nés, nous avons pu constater que le canal artériel était, à peu de chose près, comme l’indique le docteur Bernt.
Ov, il serait difficile de ne pas regarder ce caractère autrement que comme fort secondaire, dès qu’il a manqué quatre fois sur huit.
Pour ce qui concerne les changemens de situation du trou interoriculaire, annoncés par le docteur Bernt, nous croyons, après avoir cherché à les vérifier, qu'ils
ne s’opèrent pas avec assez de rapidité pour constituer un caractère de la vie extra-utérine; d’ailleurs en admettant qu’il en 'fût ainsi, ilfaudrait pour les constater une habitude des dissections des nouveau-nés, que n’ont pas la plupart des médecins.
Le cordon ombilical éprouve des cbangemens notables après la.naissance..( Voy. pag. 67.').
Examen du diaphragme. Avant la respiration , la face inférieure du diaphragme est beaucoup plus convexe qu’après, parce que le thorax sê dilate dans tous les sens, et surtout de bas en haut, à mesure que l’enfant respire, et que nécessairement le muscle dont nous parlons doit se trouver refoulé vers l’abdomen. Mais est-il permis de juger d’après le degré de convexité et de refoulement du diaphragme, que la respiration a eu lieu? Nous ne le pensons pas, car l’insufflation dès poumons, si elle est complète, détermine un refoulement analogue; toutefois nous reconnaissons que si l’on est parvenu à savoir que les poumons n’ont pas été insufflés, les moyens proposés par Ploucquet ne seront pas sans utilité : cet auteur a imaginé d’abord de vider l’abdomen du fœtus, et de voir, à l’aide d’un fil à plomb que l’on ferait partir du sternum , à quelle côte correspond le sommet du centre aponévrotique du diaphragme chez les fœtus mort-nés, et chez ceux qui ont respiré; si l’on fixait par des recherches convenables les différens points dont nous parlons, et s’il était possible de les rapporter à des termes constans, nul doute que ce caractère ne fût de quelque valeur. D’une autre part, Ploucquet voulait que l’on déterminât, en poussant le diaphragme de bas en haut, s’il ne serait
point susceptible d’être refoulé vers le thorax : s’il l’était on pourrait soupçonner qu’il avait déjà été refoulé en sens contraire, et par conséquent que le foetus avait respiré.
Examen de la vessie et des intestins. On ne peut pas disconvenir que dans la plupart des cas le refoulement en bas du diaphragme ne sollicite les contractions de la vessie et'des intestins qui laissent échapper de l’urine et du méconium ; mais il s’en faut de beaucoup que le défaut d’évacuation de ces matières prouve que l’enfant n’a pas respiré , une foule de causes pouvant s’opposer à leur excrétion. D’une autre part , il peut arriver que la sortie de ces matières ait lieu avant que l’enfant n’ait respiré, puisqu’elle a été observée avant la naissance.
Examen du foie. On lit dans le Dictionnaire de médecine, en dix-huit volumes (art. Infanticide, p. 167, mai 1825), que le D^ Bernt vient d’indiquer, comme un caractère infaillible de la respiration, le dégorgement sanguiu considérable et rapide que le foie éprouve par l’effet de la respiration ; ce dégorgement diminue tellement le poids de ce viscère, que ses rapports de pesanteur avec le corps entier, donnent chez le fœtus qui a respiré des proportions si différentes de celles que l’on obtient en agissant sur des fœtus mort-iîés, quelles ne peuvent jamais induire en erreur. Nous avons été d’autant plus surpris de cet énoncé, que les recherches des docteurs Eisenstein et Zébisch, publiées sous la présidence du Bernt, en 1824 et en 1825, par conséquent à peu près à l’époque où l’auteur de l’article du Dictionnaire a pu avoir connaissance du nouveau caractère, ne font aucunement mention de la supériorité de celte
nouvelle méthode; loin de là ils renferment des faits qui démontrent jusqu’à l’évidence qu’elle ne peut être d’aucune utilité. Le tableau suivant mettra cette vérité hors de doute.Il comprend vingt-deux enfans à terme, et il est extrait des observations aS, 26, 3x, Sa, 33, 37, 38, 4i ? 44? 4^ } 46, 47 et 5o de la dissertation du docteur Eisenstein , et des observations 6y, 58, Sp, 60, 62, 63, 70, 71 et 74 de la dissertation du docteur Zébisch.
le poids du corps et celui du foie, était souvent plus faible dans le cas de respiration parfaite que lorsque les enfans n’avaient pas vécu, ce qui devrait être linverse, si l’assertion émise parle docteur Marc, d’après Bernt^ était exacte.
Avant de tirer les conclusions qui nous paraissent découler de tout ce qüi vient d’être dit sur la respiration des nouveau-nés , nous croyons devoir faire Connaître un travail remarquable du Bernt sur ce sujet.