SEIZIÈME LEÇON
Après avoir examiné les différences que présentent dans les fœtus mort-nés et dans ceux qui ont respiré , le thorax, les poumons, le cœur, le canal artériel, le canal veineux, le cordon ombilical et le diaphragme, nous croyons devoir indiquer les conclusions suivan-
tes, comme solution de la question énoncée à la page 336 (i).
i* On affirmera qu’un fœtus à terme a respiré , si le canal artériel , le canal veineux et le trou interoriculaire (de Botal), sont oblitérés, et si le cordon ombilical est détaché ou prêt à tomber, quelle que soit la manière dont les poumons se comportent lorsqu on les place sur l’eau.
2“ On pourra également affirmer qu’un fœtus a tenue a respiré, lors même qu’il n’offre aucui^des caractères qui précèdent, si le thorax est voûté, le diaphragme plus ou moins refoulé vers l’abdomen, les poumons d’un rouge peu foncé, pesant au moins une once, recouvrant plus ou moins le péricarde, et plus légers que Veau dans leur totalité ou dans quelques-unes de leurs parties^ pourvu toutèfois’que la légèreté de ces organes ne dépende ni de leur putréfaction , ni d’un^état emphysémateux, ni de leur insufflation. ( Foy. page 353.)
3° Lors même qu’il sera prouvé qu’un enfant à a respiré, on ne concluera pas qu’il a vécu après sa naissance, car il a pu respirer et périr pendant l’accouchement.
4” On ne niera pas qu’un enfant à terme , chez lequel les canaux artériel et veineux, et le trou interoriculaire ne sont pas encore oblitérés, n’ait pas respiré , parce que les poumons sont d’une couleur rouge et
(i ) Il importe de ne faire aucune recherche avant d’avoir pris exactement le poids du corps du fœtus et celui des poumons.
peu volumineux, qu’ils se précipitent au fond de l’eau, que le thorax est à peine voûté, et que le diaphragme n’est point refoulé vers l’abdomen ; car la respiration a pu être assez faible pour ne, déterminer dan s . ces parties aucun des changemens qu’elle produit ordinairement; {Foj. l’Observation concernant madame 8^"^% page 3^2 de ce vol. )
5° Si, chez un foetus à terme ^ le trou interoriculaire et les canaux artériels et veineux ne sont pas oblitérés , et que les poumons se précipitent au fond de l’eau, on n’affirmera point qu’il n’ait pas respiré, ou que les poumons n’aient pas été insufflés ; car le défaut de légèreté de ces organes pourrait dépendre de l’engorgement de leur tissu , ce que l’on reconnaîtrait en les coupant par tranches et en les exprimant dans l’eau; les fraginens des poumons ainsi dégorgés surnageraient si la respiration ou l’insufflation avaient eu lieu.
6° Si les poumons d’un fœtus k terme n’offrent aucune trace d’engorgement , qu’ils se précipitent au fond de l’eau , et que les canaux déjà mentionnés ne soient pas oblitérés , on affirmera que le fœtus n’^ point respiré , mais on ne concluera pas qu’il n’ait pas vécu, car il a pu naître enveloppé de. ses membranes, ou dans un état d’asphyxie; il a pu être submergé immédiatement après sa naissance, ètc. ( Voy. page 38o.)
'f Lorsque chez un fœtus qui n’est pas a terme ^ les poumons entiers ou tous leurs fragmens se précipitent au fond de l’eau, on se gardera bien de conclure que la respiration n’a pas eu beu, puisqu’il est démontré que dans un assez grand nombre de cas les poumons de ces individus ne parviennent pas à surnager, lors I. 27
mêïnè qu’ils ont rèspirë pendant plusieurs heures. Si la masse des poumons allait au fond de l’eau, et que qüfelqués-üns des fragmens eussent une tendance contraire Ou restassent à la surface du liquide , comme on rofesêrvé quelquefois chez les fœtus âgés de plus de sept mois, qui ont respiré, on établirait des présomptions en faveur .de la respiration ou de l’insufflation.
' 8" Toutes les fois que l’on conservera le moindre doute sur la cause qui déterminé la sur natation des pOumônS;, c’est-^-dire , lorsqu’on sera embarrassé pour décider si cet effet est le résultat de la respiration pu de TinsüfflâtiOn , il faudra tenir compte du poids des pÔtimOns comme Ta indiqué le D' Bernt , comparer ce poids à celui du corps entier, et se rappeler les rapports
qui ont été indiqués aux pages 346 et 4o4-
- En supposant que Ton soit parvenu à établir delà manière la plus positive^ que Tenfant a respiré,sôiî pendant, soit après la naissance, et même qu’il a vécu pendant plusieurs heures, on se gardera bien de conclure qu’il a ete tue. Cette vérité est tellement frappante, que Ton s etonnera peut-être que nous Tayons consignée : nous avons voulu la mentionner parce que nous Sommes convaincus que plusieurs médecins attachant aux expérienéès qui ont fait l’objet de cet article.', toute Timportance quelles méritent, ont souvent été entraînés à soupçonner le crime, par Cela seul que l’enfant avait vécu : comme s’il ne fallait pas avant d’établir Un pareil soupçon, déterminer si Tenfant n’était pas mort pendant Taccouchement ou àTa suite d’un engorgement des poumons ou du cerveau j d’un épanchement ou d’une de ces maladies auxquelles les nouveau-nés suC-
combent le plus ordinairement. D’ailleurs, ainsi que nous l’avons dit à la page Saô, la véritable pierre de touche, dans la question qui nous occupe, est de reconnaître s’il existe sur le fœtus des traces qui indiquent qu’il a été victime de manœuvres criminelles. *
Déterminer si le foetus est mort en naissant.
Le médecin ne saurait attacher trop d’importance à reconnaître dans une accusation d’infanticide, quelle est la partie du corps de l’enfant qui s’est présentée la première au détroit supérieur du bassin ^‘ quelle était sa position , en un mot, quelle a été la nature, la durée de l’accouchement : cet examen, suffît quelquefois pour éloigner toute idée de crime; Ainsi , lorsque l’accouchement est prompt et facile, l’enfant peut naître dans un état de stupeur tel , qu’on le regarde comme mort; ici la femme a été surprise, surtout si elle était primipare, et il y aurait de l’inhumanité à ne tenir aucun compte de l’écart de la marche que la nature suit le plus ordinairement. Dans le cas où le travail aurait été difficile et long, ne seraitûl pas à présumer que l’aecouchêment n’a pas été clandestin , qu’une ou plusieurs personnes ont assisté la femme', ce'qui diminuerait nécessairement les probabiiités du crime ? Ôn peut même supposer la difficulté de l’accouchement telle, que les secours de l’homme de l’art aient été indispensables , ce qui éloignerait encore davantâge toute présomption do culpabilité,^ à moins que l’on admît, ce qui n’est guère probable, la complicité du médecin.
Pour être à, même de déterminer si un enfant ést mort en naissant, il faut connaître les causes innoeen-
tes qui peuvent le faire périr pendant le travail; l’examen de ces causes jettera un grand jour sur cette question. Voici les principales :
I® La longueur du travail. Sï le travail est long et pénible j*en supposant même que le sommet de la tête se présente dans une bonne position, le fœtus peut périr, parce que les contractions de la matrice sont fortes et longues, que la tête se trouve poussée contre le bassin , et que le cordon ombilical et le placenta sont comprimés; on conçoit qu’alors le sang soit refoulé vers le cerveau et détermine l’apoplexie. Les principales causes de la longueur du travail dans le cas dont nous parlons, sont l’étroitesse des détroits du bassin, la dureté et la rigidité de l’orifice de l’utérus ou de la vulve, le; volume de l’enfant, le défaut d’intensité des douleurs , etc. •
Examen du cadavre. Pour mieux faire ressortir les lésions produites par la longueur du travail, il importe d’établir, en peu de mots, ce que l’on remarque dans les diverses espèces d’accouchement. Si la femme est jeune, bien conformée, primipare, et que l’enfant d’un volume ordinaire, présente, comme cela a le plus souvent lieu , l’extrémité occipitale de la tête , on voit sur la partie qui s’est engagée une tuméfaction plus ou moins considérable ; le tissu cellulaire sous-cutané de la portion tuméfiée est infiltré de sérosité jaunâtre; les vaisseaux sanguins sont engorgés ; les autres parties de la tête sont dans l’état naturel.: Si la femme est déjà accouchée plusieurs fois, et que le travail soit de peu de durée, la tuméfaction, l’infiltration et l’engorgement dont nous avons parlé sont à peine marqués. Si au con-
traire l’accoucliement a été plus long, au lieu d’une simple tuméfaction , on découvre à la partie de la tête qui s’est présentée, une tumeur molle contenant delà sérosité sanguinolente ou du sang ; le périoste peut être détaché et soulevé par du sang noir et fluide ; les os du crâne sont quelquefois mobiles , les sutures relâchées, et la portion dé l’os qui correspond à la tumeur est brunie par du sang. Les altérations seront encore plus marquées , si le travail a été plus long et plus pénible; la tête pourra être allongée dans son grand diamètre et aplatie en sens contraire ; run et l’autre des pariétaux, quelquefois tous les deux, ainsi que le frontal, pourront offrir des enfoncemens avec ou sans fracture , ou des fractures longitudinales , anguleuses ou en étoile; la peau du crâne, de la face et du col pourra être d’un rouge violet et comme contuse; les muscles orbiculaires des paupières, le masseter, etc., seront quelquefois livides et ecchymoses ; les vaisseaux qui rampent à la surface du cerveau pourrout être fortement gorgés de sang , ainsi que les plexus choroïdes ; une quantité plus ou moins considérable de ce fluide pourra s’être épanchée entre la dure-mère et les os du crâne, ^ntre les lames de la pie-mère, entre la tente du cervelet et le cerveau, dans les ventricules ou à la ^ase de ce dernier organe.
Ce n’est pas seulement lorsque la tête se présente au détroit supérieur, que l’on observe de pareilles lésions; quelle que soit la partie du tronc qui s’engage la première, si le travail a été pénible, on trouve des altérations semblables. Nous avons eu l’occasion de disséqüer un fœtus à terme qui avait présenté l’épaule gauche
dans la quatrième position; on fit la version et on amena l’enfant vivant après dix-huit heures de souffrances; il périt peu d’instans après. L’épaule gauche, le hras, l’avant-bras et lar main du même côté étaient livides; le tissu cellulaire sous-cutané était infiltré de sang brunâtre; les muscles du bras étaient comme macérés par le sang; mais ce qui paraîtra plus extraordinaire, le péricrâne était le siégé d’une foule de petites ecchymoses rouges, étoilées; en l’incisant on voyait que le pariétal gauche et la moitié gauche du frontal étaient couverts de sang.
Déjà M. Ghaussier avait noté un fait semblable en décrivant les altération s du fœtus qui présente XerSiége^ Si le travail a été pénible, disait-il, on trouve à la partie qui s’est engagée une ecchymose plus ou moins étendue (i); les muscles sous-jacens ont une teinte brùnâtre. «Ôn remarque seulement dans ïépaissem' de Vaponévrose qui recouvre le crâne , ou dans le tissu du périoste, quelques petites ecchymoses rougeâtres, lenticulaires, disséminées eà et là, ce que l’on trouve également dans tous les cas où l’on a été obligé de faire la version de l’enfant; surtout lorsque la tête a été arrêtée quelque temps au passage , et qu’elle est sortie-difficilement. Dans les cas qui ont nécessité la version, et si elle n’a pas été opérée immédiatement après la rupture de la poche des eaux, on trouve une ecchymose plus ou moins étendue à la partie qui s’était d’abord engagée. Souvent aussi on en trouve sur les membres qui
(i) Assez souvent c’est dans îe scrotum que l’on observe cettè eçcbymoge , lorsque l’enfant présente les fesses.
ont spécialement supporté les efforts nécessaires pou? restraction de l’enfant.» , .
% Une pression éprouvée par la tête de T enfant entre les os du bassin ^ lors mêmè que, lé travail de V enfantement n’est pas long. H suffît de ce simple énoncé pour faire admettre la possibilité d un è cause de mort qui ne , rentre pas précisément dans celle qui vient d’être. éîU’ diée sous le titre de longueur du travail; en effet Cêtti longueur étant'd autant plus marquée que la résistapçe qu’éprouve la tête dans sa marche est plus considérable, et que les forces expultrices qui doivent vaincre cette résistance sont moins fortes, il est évident que dans tel accouchement le travail pourra être depmde durée parce que la matrice et les muscles abdominaux se contracteront avec énergie, et pourtant le fœtus pourra périr pendant le travail, par suite de la forte pression dont nous parlons. Quoi qu’il en soit, les lésions cadavériques qui signaleront cette cause de mort ne différeront pas de celles que nous venons d’indiquer à l’occasion de la longueur du travail.
3° La compression du cordon ombilical ou son entortih lement autour du cou peuvent déterminer l’apoplexie et la mort: le cadavre présente alors tous les signes de la congestion cérébrale dont nous avons parlé à l’dcea-^ sion de la longueur du travail. Il est inutile de dire que la compression du cordon s’observe lorsqu’il sort prématurément et qu’il est serré par le col de l’utérus ou par la tête du fœtus, qui appuie sur les os du bassin , dans les cas où le tronc étant sorti jusqu’au cou,, la tête est long temps arrêtée au passage; enfin, lorsque après la sortie de la tête, les épaules sont long-
temps arrêtées, parce quelles se présentent directement au détroit abdominal, ou diagonalement au détroit périnéal.
4° Une hémorrhagie çonsidérable par le dé¬
collement total ou partiel du placenta, par la rupture de la matrice ou du cordon ombilical. Dans ces différens cas le cadavre du fœtus est pâle comme la cire; plusieurs des viscères sont décolorés; les artères, les veines, les oreillettes et les ventricules du' cœur contiennent beaucoup moins de sang; quelques-uns de ces organes peuvent même être vides.-
5° La faiblesse du fœtus ^ résultat de son immaturité ou de quelque maladie.
6° La nécessité ou Von a été de terminer V accouchement, parce que la femme éprouvait des convulsions ou d’autres accidens qui pouvaient la faire périr; que le placenta était inséré sur l’orifice de la matrice; que le travail ne faisait point de progrès, ou que le fœtus se présentait mal. Comme, dans ces différentes circonstances, on est obligé d’employer la main, et quelquefois le forceps, les crochets et les perce-crânes, on voit sur les parties du corps du fœtus qui ont été atteintes , des traces non- équivoques de l’impression des doigts ou de ces instrumens.
Après avoir indiqué les causes innocentes qui peuvent faire périr le fœtus pendant l’accouchement , il importe d’examiner si les effets produits par ces causes sont assez caractérisés pour qu’il soit impossible de les rapporter à des manœuvres criminelles , ou , en d’autres termes, si l’on ne peut jamais confondre le cadavre d’un fœtus qui est mort naturellement en naissant, avec celui
d’un foetus qui a été assassiné. Nous pensons que, s’il est des cas où cette distinction est fort difficile à établir, le contraire doit avoir lieu dans le plus grand nombre de circonstances; en effet, supposons qu’une main homicide parvienne à fracturer le crâne d’un fœtus, à déchirer un assez grand nombre de vaisseaux sanguins pour produire un épanchement notable dans sa cavité, à meurtrir la face et les autres parties du corps au point de donner lieu à une foule d’ecchymoses; certes, ces lésions pourraient être confondues au premier abord avec celles qui sont quelquefois la suite de la longueur du travail', mais on évitera souvent de les confondre; à l’aide des considérations suivantes : i° assez généralement les altérations cadavériques graves, qui sont le résultat d’un travail long et pénible, supposent un rétrécissement du détroit abdominal Supérieur, produit par la saillie de l’angle sacro-vertébral, et ne correspondent qu’aux portions du crâne qui appuyaient contre la proéminence du sacrum et le rebord du pubis ; 2“ la partie de la tête qui s’est présentée offre une tuméfaction ordinairement peu étendue, circonscrite, souvent de même couleur que la peau, ou peu foncée; 3° il est rare d’ailleurs que la respiration ait été assez complète pour que les poumons ou leurs fragmens soient plus légers que l’eau; 4“ s’il y a eu manœuvre criminelle après la naissance de l’enfant, les désordres sont presque toujours plus grands et ne se remarquent pas précisément aux mêmes parties ; ainsi l’infiltration sanguine et la tuméfaction du cuir chevelu peuvent être placées dans un lieu très-éloigné du vertex ; dans la plupart des cas elles sont irrégulières , profondes, étendues,
d’une teinte rouge ou noirâtre; elles peuvent correspondre à un décollement de la dure-mère , à une lésion du cerveau; d’ailleurs la respiration peut avoir été assez parfaite pour que la plupart des fragmens pulmonaires surnagent; ajoutons à ces considérations qu’il n’est pas impossible que l’homme de l’art apprenne , dans beaucoup de cas, que la femme n’était point primipare, que la tête s’est présentée dans une bonne position, que ses diamètres n’étaient point disproportionnés à ceux du détroit supérieur du bassin; circonstances qui tendent à éloigner l’idée d’un travail long et pénible.
Il serait impossible de rapporter à une cause criminelle l’apoplexie déterminée par l’entortillement du çordon ombilical, lors même que l’enfant aurait respiré au passage , comme Mahon l’a supposé ; il suffirait , en effet , d’avoir égard à la longueur insolite de ce cordon et aux autres circonstances qui ont précédé et accompagné l’accouchement. .
On serait plutôt tenté de confondre Xanémîe qui est le résultat du décollement du placenta ou de la rupture du cordon, avec celle qui serait la suite de l’hémorrhagie ombilicale que la mère aurait provoquée après la naissance de l’enfant, dans le dessein de le faire périr. Mais il n’est guère possible dè méconnaître le décollement du placenta aux symptômes qui caractérisent l’hémorrhagie apparente ou cachée qui en est l’effet nécessaire ; le diagnostic est surtout facile à établir lorsque le placenta s’insère sur l’orifice de lutérus: il arrive d’ailleurs quelquefois que la mère succombe. Quant à la rupture du cordon pendant le travail, on sait que si elle a lieu, les bords de la solu-
tion dé continuité sont inégaux et irréguliers, tandis que rhémorrliagie ombilicale, après la naissance, suppose, lorsqu’elle est assez considérable pour faire périr le fœtus, que la section du cordon a été opérée avec un instrument tranchant: en effet, l’écoulement ne tarderait pas à s’arrêter dans un cordon qui aurait été déchiré ou rompu, et qui serait exposé à l’air; or, il est aisé de distinguer si le cordon ombilical a été coupé avec un instrument tranchant, à l’aspect lisse et uni des bords de la section.
Ce que nous avons dit à la page 424 (6®) nous dis- ^ pense de chercher à déterminèr si le fœtus a été victime des manœuvres entreprises par l’accoucheur, dans le dessein de sauver la mère, et quelquefois même de conserver la vie de l’enfant.
L’homme de l’art appelé pour juger si un fœtus a péri pendant l’accouchement ,. devra examiner attèntivëment : 1° s’il a respiré et jusqu’à quel point la respiration a été parfaite: en effet, il n’est pas ordinaire de voir les fœtus qui meurent en naissant respirer assez complètement -pour faire surnager les fragmens des poumons: la sùrnatation complète de ces organes serait donc un indice qui militerait en faveur de la vie après la naissance ; 2“ si la mort ne peut être rapportée à aucune des causes innocentes dont nous avons fait mention : c’est ici qu’il étudiera avec soin tout ce qui pourra l’éclairer sur la nature et la durée de l’accouchement ; 3® s’il n’exlste point de traces manifestes d’asSassinat ( 0)0^6% page 449)? 4° si la -mère et l’accoucheur assurent avoir senti les mouvemens de l’enfant peu de temps avant l’accouchement, tandis que ces
raouvemens ont cessé d’être sensibles au bout d’un certain temps; 5" si les pulsations des artères, qui étaient distinctes au commencement du travail , ne l’ont plus été quelque temps après.