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Si tout porte à croire qu’un fœtus a 'vécu après l’accouchement^ ou qu’il est mort en naissant^ déterminer si la mort est naturelle , ou si elle peut être attribuée a quelque violence ^ et, dans ce cas, quelle en est l’espèce.
Nous avons déjà fait connaître (page 420 ) les causés innocentes qui peuvent faire périr les fœtus pendant l’accoucliement; il importe d’examiner maintenant celles qui déterminent le plus souvent la mort des nou^ veâu-nés.
1° Les monstruosités. Les acéphales , les anencéphalés, les mpuopses, beaucoup d’hydrocéphales .etc., périssent immédiatement après Ta- naissance, ou ne vivent que peu de temps , comme nous l’établirons à l’article viabilité.
La faiblesse des avortons et même des fœtus à terme qui ont été épuisés par des maladies , est souvent la seule cause de la mort.
3^ La longueur du travail. Si , dans un travail pénible, le fœtus a présenté assez de résistance pour ne pas périr pendant l’accouchement, il peut succomber après la naissance. ( Voyez ce qui a été, dit à la page 420.)
4° L’asphyxie parce que l’air ne pénètre pas dans les poumons , comme on l’observe lorsque la bouche de l’enfant reste appliquée sur une des cuisses de la mère , sur des hnges mouillés, ou quelle se remplit de glai-
res J de caillots de sang; lorsque la langue est colle'e au palais, que le tliymus, trop volumineux, s’oppose à la dilatation du poumon, que le diaphragme est le siège de tumeurs ; lorsque les voies aériennes sont engouées par des mucosités ou par la liqueur de l’amnios , ou que les poumons offrent des indurations , des foyers purulens, obstacles qui s’opposent fréquemment à la respiration, ou bien lorsque l’accouchement a été fort brusque et que l’enfant est né enveloppé de ses membranes : la mort a lieu dans ce dernier cas , non-seülement par défaut d’air, mais encore parce qiie la circulation continuant à se faire comme dans l’utérus, tout le sang s’écoule par la surface du placenta. Les causes de mort dont nous parlons supposent que l’enfant n’a point été secouru , et par conséquent que la mère était seule ou hors d’état de lui prodiguer les soins convenables : elles sont, en général, faciles à constater sur le cadavre. L’engouement des voies aériennes par des mucosités ou par la liqueur de l’amnios, pourrait cependant offrir quelque difficulté, surtout si le fœtus avait été trouvé dans dés fôsses d’aisance ou dans d’autres lieux semblables; il faudrait alors, comme l’a indiqué M. Sehmitt , s’attacher à démontrer par les rnoyens indiqués à la page 336, si l’enfant a respiré après la naissance , ou si les poumons ont été insufflés, la présence de bulles d’air dans les liquides contenus dans la trachée-artère oü dans les bronches n’étant point suffisante pour établir que la respiration ou rinsufflation ont eu lieu ; en effet , il ne répugne pas d’admettre que dans certaines maladies il y ait un développement de substances gazeuses susceptibles de rendre écümeux le
liquide contenu dans les voies aériennes d’un fœtus qui n’a pas respiré. Si , comme l’a observé Scheel , le liquide introduit dans la trachée-artère est limpide, sans apparence de bulles d’air, et nullement écumeux , on peut en conclure que l’enfant n’a pas respiré.
5° Plusieurs maladies et notamment la pneumonie, résultat de l’action de l’air froid sur le corps de l’enfant.
( Voyez pag. 3o4.)
Rangerons-nous parmi ces causes de mort la chute de V enfant sur un corps dur dans un accouchement très-prompt? La possibilité de cette chute repose sur des faits nombreux et incontestables, parmi lesquels nous choisirons les suivans : i° Lafosse dit qu’une femme surprise par les douleurs de l’enfantement, assignant toute autre cause à ces douleurs , se levait pour aller à la selle lorsque l’enfant sortit à moitié; on arriva assez à temps pour en préyénir la chute. 2° M. Pasquier de Lyon rapporte que dans un accouchement très-prompt, le cordon ombilical fut rompu et l’enfant tomba sur le carreau. (Journal universel des sciences médicales, année 1821, t. XXII.) 3°'M. Meirieu a^nséré, dans len°de mai 1823 du même recueil, l’observation d’une autre femme qui eut à peine le temps d’empêcher l’enfant de tomber; le cordon ombilical fut également rompu. 4° Le Klein , médecin du roi de Wirtemberg, a rassemblé cent-quatre-vingt-trois cas d’accouchement brusque , dans lesquels les enfans étaient tombés sur du pavé , sur un sol .planchéié , etc. ; chez plusieurs de ces enfans, le cordon ombilical avait été déchiré. Ces exemples de rupture du cordon ombilical , qui sont loin d’être les seuls "bien avérés que nous pourrions citer, ne
s’accordent guère avec les expériences faites par M. Chaussier, en tenant d’une main le placenta et en attachant des poids assez con^dérables à l’extrémité du cordon déjà coupé : dans ces expériencés , la rupture du cordon ombilical n’a eu lieu qu’avec la plus grande peine. Quoiqu’il én soit on distinguera presque toujours la rupture du cordon , parce quelle n’a ordinairement lieu que dans deux endroits, près de l’ombilic et près du placenta, et parce que les bords de la solution de continuité sont leplus souventfrangés, inégaux etirréguliers.
Voyons maintenant que nous avons établi la po^sibi* llté de la chute de l’enfant sur un corps dur, si cet accident peut amener des résultats fâcheux. Les opinions sont partagées à cet égard. D’après le D’^ Henke, la chute dont il s’-agit peut entraîner des lésions graves de la tête, des fractures des os du crâne, des commotions cérébrales , des épanchemens sanguins dans le cerveau, lamort.Les expériences suivantes, tentées par M. Chaussier, semblent venir à l’appui de cette manière de voir. Ce médecin laissa tomber de la hauteur de dix-huit pouces, perpendiculairement sur un sol carrelé, quinze enfans morts qu’il avait soulevés par les pieds : on découvrit sur douze d’entre eux une fracture longitudinale ou anguleuse à un des pariétaux , et quelquefois aux deux, quoiqu’auparavant les os du crâne ne présentassent aucune altération. Dans une autre expérience, on laissa tomber le même nombre d’enfans de la hauteur de trente-six pouces, et l’on vit sur douze d’entre eux une fracture aux os pariétaux, qui s’étendait dans quelques-uns jusqu’à l’os frontal. En les laissant tomber de plus haut, les commissures membraneuses de la I. - 28
voûte du crâne étaient relâchées ou rompues ; le cerveau offrait une altération marquée ; il y avait des ecchymoses dans les membranes de ce viscère, des épanchemens de sang, etc.
Plusieurs médecins pensent au contraire , que l’on a singulièrement exagéré les dangers de ces sortes de chutes ,• le D' Klein est de ce nombre. Après avoir invité les accoucheurs du royaume de Wirtemherg à recueillir avec soin tous les faits propres à éclairer cette question, il rassembla cent quatre-vingt- trois observations d’expulsion brusque, savoir cent cinquante-cinq les mères étant debout , vingt-deux les mères étant assises , et six les mères étant à genoux , le corps incliné en avant j vingf-une de ces femmes étaient primipares. c( Or dans ces cent quatre-vingt-trois cas , il n’y a pas eu un seul enfant de mort, aucun n’a éprouvé de fissure ou de fracture des os du crâne, ou toute autre influence nuisible. Tous ont conservé leur santé, quoique les uns fussent tombés sur un sol planchéié , les autres sur du pavé, et même de la hauteur d’un étagé dans l’auge sèche des latrines. La conséquence la plus immédiate et la plus sensible de ces chutes , a été une asphyxie passagère chez deux enfans qui étaient tombés sur le pavé : un autre tombé sur le sol de la chambre avait une légère impression avec ecchymose sur le pariétal droit; mais ces accidens ont également lieu flans les accouchemens ordinaires. Chez trois qui étaient tombés sur un clou du plancher, ou sur le bord de la marche d’un escalier en pierre, on remarqua une petite plaie superficielle qui n’avait- aucune importance. Chez dix-huit expulsés inopinément, les mères étant
debout , on observa de légères taches bu raies bleues résultat d une chute sur le baquet : chez un autre enfin un léger éraillement de la peau du front, par. l’effet d’une chute dans les latrines. Quelques-uns d’entre eux restèrent quelque temps dans le froid et dans la neige; d’autres sur la terre gelée, sur le pavé, et il fallut les porter assez loin avant d’arriver au domicile de leurs parens. Il n’y a eu chez aucun de ces enfans d’hémor- ,rhagie ombilicale, quoique chez plusieurs lé cordon n’eût été déchiré qu’à quatre, trois, deux, et même un pouce du bas-ventre. Chez vingt-un enfans , il était même cpmme pour ainsi dire arraché dans le ventre j et il a fallu panser la plaie, soit avec de l’agaric, soit avec un emplâtre. » (Dict. de Médec. , art. Infanticide.)
Nous pourrions encore rapporter dés observations nombreuses recueillies par les accoucheurs les plus célèbres de la capitale, qui n’ont jamais remarqué des accidens notables à la suite des expulsions brusques dont nous parlons.
Ces faits nous permettent de conclure : i° que si la chute d’un enfant sur un corps dur, dans un accouchement très-prompt, peut déterminer des fractures et d’autres lésions graves, ce phénomène doit être excessivement rare; non-seulement parce que dans les observations qui précèdent , ces lésions n’ont jamais été constatées quand les enfans ne tombaient que d’une hauteur égale à la distance qui sépare le sol des parties génitales; mais encore et surtout parce que dans la plupart des cas d’expulsion brusque, les mères (que nous supposerons debout) fléchissent les jambes sur les cuisses , se baissent et rendent par là beaucoup
moins considérable la hauteur de laquelle l’enfant tombe* 2“ qu’à plus forte raison on ne doit pas admettre facilement que la mort puisse être déterminée par une chute de ce genre, à moins que par extraordinaire, celle-ci n’aiteu lieu d’un endroit très-élevé; 3^* que les résultats des expériences du Chaussier ne sauraient être invoqués pour infirmer ces conclusion s, parce que les fractures du crâne arrivent beaucoup plus facilement chez l’enfant mort que chez celui qui est vivant , les os jouissant dans ce dernier cas d’une souplesse et d’une élasticité qui leur permettent de résister aux efforts que l’on exerce sur eux , et que la chute ayant été perpendiculaire, tandis que dans un accouchement prompt elle a .lieu dans une direction plus ou moins oblique, la force doit se trouver décomposée dans ce dernier cas , et agir avec moins d’intensité.
Occupons-nous maintenant des moyens criminels que l’on peut mettre en usage pour détruire l’enfant pendant ou après la naissance. Ces moygns doivent être rapportés , d’après les jurisconsultes, à l’o»zmm/î 'Volontaire des secours qu’il est indispensable de donner au nouveau-né, et à Xai commission de violences intentées contre sa vie : c’est là ce qui a donné lieu à la distinction de Xinfanticide par omission et par commission.
Infanticide par omission.
On peut réduire à quatre chefs principaux tout ce qui est relatif à l’omission volontaire des soins à donner à l’enfant qui vient de naître', Y asphyxie^ Y hémorrhagie ombilicale.^ la température de l’atmosphère, et Y inanition. Rappelons d'abord quels sont les secours quë l’on est
souvent obligé de prodiguer aux nouveau-nés. i° La face de l’enfant qui vient de franchir la vulve , s’appuyant sur une des cuisses de la mère, dans le plus . grand nombre de cas, il peut être asphyxié si on ne le retourne pas , et l’on sait que les accoucheurs prescrivent avec raison de le placer sur le côté, le dos tourné vers la vulve de la mère, pour empêcher que les fluides qui s’écoulent n’entrent dans sa bouche. 2" U asphyxie pouvant encore être produite par quelque vêtement, des linges mouillés ou d’autres corps appliqués sur la bouche de l’enfant, il importe de les ôter. 3“ Il existe des fœtus dont la langue est accolée au palais , ou-dont la bouche est remplie de mucosités, et qui ne peuvent respirer qu’autant que l’on remédie à ces inconvéniens en introduisant- le doigt dans la bouche. 4“ est d’autres qui sont atteints de Ydsphyxie des nouveaunés y et qui périraient infailliblement si on ne cherchait' pas à établir la respiration , soit en leur insufflant de l’air dans les poumons , soit surtout en leur faisant des frictions sèches ou excitantes le long dxi dos, sür la poitrine, sur la plante des pieds ou sur la paume des mains, soit en les entourant de linges chauds, ou en les mettant dans un bain chaud aromatique, et mieux encore en employant tous ces moyens à la fois. 5° Quelques-uns d’entre eux sont dans un véritable état d’apoplexie, et ne parviennent- à respirer qu’autant qu’on a laissé saigner pendant quelque temps le cordon ombilical , qu’ils ont été exposés à un air frais, que l’on a pressé mollement et alternativement le ventre , et que l’on a fait usage des bains, des frictions, et de l’insufflation de l’air, comme dans le cas précédent. 6° Il en est qui peuvent
périr par cela seul que le cordon ombilical n’a pas été lié et dans le cas où cette ligature a été faite, la mort peut encore arriver, s’il existe une hernie ombilicale dont on aurait déterminé l’étranglement, en appuyant le lien sur la partie de l’intestin invaginée dans le cordon, y" la mort de l’enfant peut encore être le résultat de la gangrène qui se manifeste, rarement à la vérité, lorsque l’inflammation de l’ombilic est excessivement vive , et qu’elle n’est point combattue par les émolliens.
U asphyxie produite par une des causes dont nous venons de parler dans le paragraphe précédent, constitue un véritable infanticide , s’il est prouvé que l’omission des soins qui l’a déterminée a été volontaire; mais il n’est pas toujours facile d’établir cette preuve.
Vhèmorrhagie ombilicale. Les faits consignés dans certains auteurs pour établir que l’omission de la ligature ombilicale n’est pas mortelle , seraient-ils mille fois plus nombreux, ils ne prouveraient rien, dès qu’il serait constaté quun seul enfant a été victime de cette omission : or , l’observation démontre que plusieurs nouveau- nés sont morts d’hémorrhagie, par défaut de ligature du cordon , quoiqu’à la vérité on remarque le contraire dans le plus grand nombre des cas. Chez d’autres enfansdont le cordon ombilical a été mal lié, la mort a eu lieu le jour même, le lendemain, le surlendemain de leur naissance , et même plus tard , parce que la respiration , qui était déjà bien établie , venant à se suspendre, ou devenant gênée, le sang reprenait son cours par les vaisseaux ombilicaux, quoiqu’il eût cessé d’y passer depuis quelques- instans, depuis quelques heures et plus ( voy. Mauriceau , supplément de
ses Observations 5 les tomes V et XII du Recueil pe'riodique de la Société de médecine, et les Arcbiv. génér. de médecine, tom. y® ); d’où il suit évidemment qu’il est utile de pratiquer la ligature, et qu’une femme déjà mère , comme le dit Rose , et élevée dans l’opinion de la nécessité absolue de lier le cordon, encourt l’accu-; sation d’infanticide, s’il est prouvé quelle a omis volontairement cette opération.
Les médecins qui pensent que la seule omission de la ligature ne doit jamais causer la mort du noùveâuné, ne nient point qu’un enfant dont le cordon n’a pas été lié ne puisse succomber à une hémorrhagie ombis licale. « Si l’on nous présentait, dit M. Capuron, le cadavre d’un enfant pâle, exsangue, couleur de cire, nous regarderions- l’hémorrhagie Comme l’effet non de l’omission dé la ligature, mais des obstacles qui ont enipêcbé Ou supprimé la respiration et la circulaiion. ( Médecine légale, pag. 869. ) Tout en admettant que l’hémorrhagie est l’effet de la suppression de la respiration, nous ne saurions adopter une pareille proposition, car il est prouvé que l’art possède des moyens de rétablir la fonction supprimée, et que l’enfant aurait pu ne pa^ succomber à l’hémorrhagie , si l’on eût pratiqué la ligature du cordon.
Signes de l’hémorrhagie ombilicale après la naissance. Aux caractères qui annoncent que l’enfant a respiré se joignent les signes de la mort par hémorrhagie. Dirons-nous avec la plupart des auteurs qui ont écrit sur cette matière que ces signes sont « la pâleur du cadavre, qui est couleur de cire, la décoloration des muscles et des viscères, da vacuité et l’affaissement du système
sanguin , des ventricules et des oreillettes du cœur, des artères et des veines? » Voici ce que l’observation démontre à cet égard :
i®‘Nous avons fait périr, d’hémorrhagie plusieurs chiens, en coupant les deux artères carotides ; à l’ouverture des cadavres Id cavité gauche du cœur contenait encore une quantité notable de sang rouge; les artères étaient vides, mais la veine cave inférieure était distendue par une assez grande quantité de sang noir; les autres veines contenaient également un peu de sang; lès musclés n’étaient aucunement décolorés, et, parmi les viscères, les poumons seuls offraient des traces manifestes de décoloration.
2- Hous avons ouvert des criminels qui avaient été guillotinés. L’aorte thoracique contenait un peu de sang; il y eh- avait encore moins dans la veine caveihférieure et dans la veine porte ; les autres vaisseaux, ainsi que le cœur, h’en renfermaient pas sensiblement. La peau était pâle, sans être couleur de cire. Lés muscles étaient aussi colorés qu’àl’ordinaire. Les poumons, le cœur, l’estomac* et les intestins étaient décolorés. Le foie l’était beaucoup moins.' Les reins et la rate offraient la couleur naturelle : ce dernier organe contenait même une quantité assez notable de sang dans son tissu.
3” On trouve du sang , et quelquefois en quantité notable, dans les vaisseaux artériels et veineux des cadavres des individus qui ont succombé à une hémorrhagie utérine, à la rupture d’un gros tronc artériel, ou à une plaie du cœur.
Ges faits nous portent à conclure que les auteurs ont exagéré les caractères anatomiques de la mort par hé-
morrhagie, et qu’il n’est pas vrai de dire qu’il y ait dans ces cas vacuité absolue des vaisseaux sanguins , et décolorationdes muscles et de tous les viscères : donc l’enfant pourrait avoir succombé à une hémorrliagie ombilicale, quoiqu’il y eût du sang dans les vaisseaux et que tous les viscères ne fussent point décolorés.
D’une.autre part , en admettant même qu’il y eût vacuité absolue des vaisseaux et du cœur, ce caractère, considéré isolément ne saurait être regardé comme une preuve irrécusable de mort par hémorrhagie. « Qui ne sait, dit le professeur Lobstein, combien les expériences sur l’état du sang dans les vaisseaux après la mort de l’individu sont trompeuses? Ne trouve-t-on. pas souvent dans des cadavres tous les vaisseaux sanguins vides sans qu’on puisse dire ce que le sang est devenu, et quel est l’anatomiste qui n’a pas remarqué cette disposition dans des cadavres de fœtus, surtout de ceux qui sont morts avant terme? » ( Dissertation sur la nutrition du fœtus. ) Cette observation judicieuse a été confirmée par un grand nombre de faits , notamment lorsque l’exarrien portait sur des cadavres déjà putréfiés. Nous rapporterons un exemple de ce genre fort remarquable en parlant de la mort ( V. tome n ).
Nous devons à Rose un certain nombre de remarques utiles sur Xhémorrhagie ombilicale : i° cette hémorrhagie est d’autant plus considérable que le cordon a été divisé plus près de l’abdomen de l’enfant ; 2° elle est plus redoutable quand la section a été faite avec un instrument tranchant, que dans le cas de rupture ou de déchirement; on n’a même rien à craindre si le cordon déchiré présente des traces d’ecchymose et de
coagulation sanguine : on sait que les animaux mâchent le cordon de leurs petits, qui ne succombent jamais à Théniorrhagie ombilicale ; 3" 1 époque à laquelle la division du cordon a été faite influe beaucoup sur les dangers qu’entraîne l’omission de la ligature*, si l’enfant n’a ni respiré ni crié, l’hémorrhagie est plus considérable que dans le cas contraire; 4° il ne faudra point conclure qu’un nouveau-né, pâle et presque exsangue, n’a point succombé à l’hémorrhagie ombilicale parce que le cordon ombilical aura été lié; il est possible en effet que la ligature n’ait été pratiquée par une mère coupable qu’après avoir laissé couler tout le sang de l’enfant, et rien n’empêche que cette femme, pour mieux faire prendre le change , ne lave le plancher et les autres objets teints de sang, et ne substitue aux linges ensanglantés qui couvrent l’enfant, desvêtemens qui n’offrent aucune trace de ce fluide; 5° on n’affirmera point qu’un enfant dont le cordon ombilical na pas été lié, ait péri par le fait seul de l’omission de cette ligature; car il est possible qu’il n’y ait point eu d’hémorrhagie si l’abdomen a été exposé'à l’action d’un froid très-vif, s’il a été comprimé par un bandage-, ou si les vaisseaux ombilicaux étaient conformés de manière à prévenir la perte de sang, etc.
Mais en supposant même que l’état du cadavre prouvât que la mort est le résultat d’une hémorrhagie, on ne pourrait affirmer que l’écoulement du sang fut la suite de \ omission de la ligature du cordon qu’autant qu’il serait démontré qu’il n’existe aucune autre lésion susceptible de rendre raison de la perte de sang, que le corps du nouveau-né serait bien constitué et le cordon
ombilical non flétri, non affaissé; qu’autant enfin qu’il serait prouvé que cette hémorrhagie n’est pas occasionée 1° par l’implantation du placenta sur l’orifice interne de l’utérus ; 2° par l’expulsion brusque du foetus et du placenta, quel que fût le point delà matrice sur lequel celui-ci fût implanté; 3” par la rupture du cordon ombilical déterminée par des mouvemens convulsifs de la mère ou par la chute de l’enfant lorsque l’accouchement est très-prompt : on conçoit en effet que ces circonstances étant accompagnées d’un état syncopal delà mère, celle-ci ne puisse être accusée d’avoir omis de faire la ligature du cordon; 4° par le décollement du placenta pendant le travail , en même temps qu’il y a rupture du cordon. Nous citerons à l’appui de cette proposition l’exemple suivant , observé par Rœderer, qui mérite de fixer toute l’attention du médecin. Le placenta se décolle et le cordon ombilical se rompt pendant le travail ; l’enfant, qui avait respiré aussitôt que la tête eut franchi la vulve, périt pendant l’accouchement ; il était inutile de lier le cordon ombilical. Que l’on juge maintenant de l’erreur dans laquelle serait tombé le médecin qui aurait ignoré ces différentes circonstances , et qui aurait attribué la mort du nouveau-né à l’omission de la ligature, fondé sur ce qu’il avait vécu et qu’il était mort d’hémorrhagie.
Tout en admettant qu’il est indispensable, avant de conclure que la mort est le résultat de Yomîssion de la ligature du cordon , d’apprécier ces diverses circonstances, nous dirons que la plupart de ces circonstances ne s’observent pas souvent. Et d’abord pour ce qui
conc&cnQ Y hémorrhagie produite par t implantation du placenta sur-fmifice interne de l’utérus et par Y expulsion hi'usque du fœt^s et du placenta, elle est extrêmement rare; mais il j6st encore plus rare que l’expulsion du fœtus arrive avant que la mère ait perdu assez de sang pour succomber. Supposons néanmoins que, dans un cas de ce genre , l’enfant soit expulsé vivant, la mère étant tombée dans un état de syncope, il ne serait pas impossible que l’enfant mourût d’hémorrhagie pendant la syncope de la mère, et qu’en recouvrant ses forces celle-ci jugeât la ligature du cordon ombilical inutile, parce que l’enfant serait mort. Quant à la rupture du cordon ombilical^ qui serait déterminée par des mouvemens convulsifs de la mère^ elle ne nous paraît pas absolument impossible. Nous nous rappelons avoir été témoins d’une scène, dit le docteur Marc, qui eût pu déterminer la rupture du , cordon , si on eût laissé le fœtus entre les cuisses de la mère ; en effet, elle y portait continuellement les mains, tiraillait violemment ses parties génitales , les draps de son lit, et mourut'au milieu do ces agitations convulsives. Convenons pourtant qu’il est bien, peu probable qu’une accouchée, prise de convulsions assez fortes pour déchirer le cordon ombilical, puisse, si toutefois elle ne succombe pas, recouvrer assez tôt la somme de forces nécessaires pour cacher la preuve de sa faute ou pour s’éloigner à temps. Nous concevons cet effort de la part d’une femme qui, après une forte hémorrhagie, est revenue d’un, état syncopal, mais nous avons peine à le comprendre dans la circonstance indiquée, à moins que les convulsions
ne tiennent à une affection épileptique habituelle, qui aurait pu survenir après l’accoucheraent : alors l’existence de cette affection habituelle devra être bien constatée. Enfin il serait impossible que, dans de semblables cas, on ne trouvât pas d’autres traces extérieures de violences exercées involontairement sur le fœtus.
( Dict. de médecine, art. Infanticide ). Quoique la nip~ ture du cordon ombilical produite par des mouvemens convulsifs de V enfant n’ait jaraiais été observée, et que sa possibilité ne soit pas facile à concevoir, il est des auteurs qui la rangent parmi les causes qui peuvent déterminer la mort du nouveau-né et faire excuser la mère qui aurait omis de lier le cordon.
La température de V atmosphère. Il est avéré que dans les hospices de maternité il périt un plus grand nombre d’enfans en hiver qu’en été, ce qui ne=peut être attribué qu’à l’impression vive qu’ils reçoivent de l’air froid ; il est donc évident que si l’on expose les nouveau-nés peu ou point vêtus à l’action d’une atmosphère froide, sur le sol, sur des pierres , etc. , ils pourront succomber au bout d’un certain temps , et que le délaissement de ces infortunés constituera un véritable infanticide par omission. Le lieu où l’enfant a été trouvé, la saison, l’immobilité , la raideur . la lividité , la contracture du corps, la congestion sanguine dans les gros vaisseaux et dans les oreillettes, la dilatation des poumons, qui nagent surl’eàu, l'absence des lésions produites par une violence extérieure , sont autant de caractères qui mettront le médecin à même de juger la véritable cause de la mort. Le nouveau-né peurencore
périr pour avoir été abandonné dans un endroit fort chaud , près d’un foyer ardent , à l’action du soleil, etc., surtout s’il est entouré de matières végétales et animales en putréfaction.
Inanition. L’abstinence qui se prolonge pendant plus de vingt-quatre heures peut être fvmeste à l’enfant qui vient de naître ; car, en général, les individus périssent d’inanition d’autant plus vite qu’ils sont plus jeunes. Il suitde làquelors-mêrae que lenouveau-néseraitdélaissé nu ou presque nu j dansune atmosphère tempérée qui lui permettrait de vivre pendant quelques jours, il pourrait mourir de faim : à la vérité , dans le plus grand nombre de cas , les enfans ainsi abandonnés succombent à l’action de ces deux causes , l’abstinence, et la rigueur de la température. La vacuité de l’estomac et des intestins , et plusieurs des considérations indiquées précédemment en parlant des excès de température , serviraient à éclairer le médecin. ,
Il importe , avant de terminer cet article , de décider si Une femme qui accouche ou qui ment d’ accoucher est en état de prévoir et de donner a son enfant tous les soins nécessaires.
L’énumération des secours qu’il importe souvent de prodiguer aux nouveau-nés {Voyez pag. 4^7) prouve évidemment que la mère sera hors d’état de les donner, si elle a ignoré quelle fût enceinte ou si elle a été surprise par les douleurs de l’enfantement.dans un endroit isolé où elle manquait de tout ce qui est nécessaire pour lier le cordon ombilical , si elle est tombée en défaillance à la suite d’une hémorrhagie considérable, comme
cela peut avoir lieu surtout lorsque le placenta s’insère sur l’orifice de la matrice ; si elle a eu des convulsions violentes ; si elle est accouchée pendant une attaque d’apoplexie, ou lorsqu’elle était dans un état de syncope, de mort apparente ou d’assoupissement profond. Il ne serait pas , à la rigueur, impossible, pendant que la femme est dans un état de syncope, qu’il se manifestât des ttiouvemens convulsifs dans les membres de l’enfant , et qu’il y eût rupture du cordon ombilical et hémorrhagie mortelle, surtout lorsque le cordon est entortillé autour des membres ; U faudrait dans ce cas déterminer attentivement si le cordon a été rompu ou
coupé ( pag. 444) (i)*
Devrait-on accuser impitoyablement une mèr^ qui alléguerait avoir éprouvé' des convulsions et avoir déchiré le cordon du nouveau-né quelle aurait foulé involontairement aux pieds? Cette excuse, pour être moins recevable que les précédentes , n’en mériterait pas moins quelque considération.
Avant de prononcer dans les cas difficiles dont nous parlons , l’homme de l’art commencera par s’assurer si l’état actuel de la femnie répond à ce que l’on observe le plus ordinairement après la syncope, l’hémorrhagiè ,
(i) D’après le D' Marc la rupture du cordon par l’effet de circonstances qui dépendent de l’enfantement, se fait presque constamment très-près de l’ombilic ou très-près du placenta , et les bords dé la solution de continuité sont frangés et inégaux.
les convulsions et il appréciera à leur juste valeur les divers motifs d’excuse.