‹ Leçons de médecine légaleChapitre 8 sur 35 · CINQUIEME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUIEME LEÇON

Des outrages faits a la pudeur.

Nous rangeons sous ce titre les divers attentats à la pudeur pour lesquels le magistrat invoque les lumières du médecin. Ces attentats sont de différente nature, et il convient de les distinguer. Tantôt ils constituent le viol y qui peut être àéîim f effort fait pour abuser d’une fille du d’une femme malgré leur volonté; dans certains

cas , ils consistent dans la simple application du membre viril sur les organes génitaux et sur les parties qui les environnent, sans qu’il y ait la moindre trace de violence ; quélquefois enfin , il s’agit du crime de pédérastie ou de sodomie. Avant d’examiner chacun de ces objets , voyons comment s’exprime le code pénal.

«Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur, sera punie d’un emprisonnement de trois mois à un an, et d’une amende de i6 francs à 200 francs. (Art. 33o.) Quiconque aura commis le crime àe viol f ou sera coupable de tout autre attentat à la pudeur, consomnaé ou tenté avec violence , contre des individus dè Vwn et de l’autre sex^, sera puni de la réclusion. (Art. 53 1.) Si le crime a été commis sur la personne d’un enfant au-dessous de l’âge de quinze ans accomplis , le coupable subira la peine des travaux forcés à temps. (Art. 332.) La peine sera celle des travaux forcés à perpétuité, si les coupables sont de la classe de ceux qui ont autorité sur la personne envers laquelle ils ont comtois l’attentat , s’ils sont ses instituteurs ou ses serviteurs à gages, ou s’ils sont fonctionnaires publics ou ministres d’un culte , ou si le coupable , quel qu’il soit, a été aidé dans son crime par une ou plusieurs personnes. (Art. 333.) » .

Du viol.

S’il est vrai que l’on désigne sous le nom de viol l’effort fait pour abuser d’une fille ou d’une femme malgré leur volonté, il est également certain que dans le plus grand nombre des cas la personne abusée est une fille encore vierge : il importe d’établir cette distinction.

Viol chez Une fille vierge. Dans une question de ce genre J l’homihe de l’art doit s’attacher à déterminer, I? si la fille a été défiorée ; 2° si la défloration a été produite par le membre viril , ou par Un autre coi’ps vblumineux ; S’’ si elle a été consentie ou forcée* kt Moyens de reconnaître s il y a eu défloration. On sait que dans le plus grand nombre des cas, les orgabes génitaux des jeunes J&Iles qui n’ont point été déflorées offrent une disposition, une couleur et une tension particulières : nous Croyons devoir décrire l’état de leurs parties sexuelles, en ayant soin toutefois d’indiquer les circonstances qui peuvent les modifier, et qui seraient propres à induire le médecin en erreur. Les parties dont nous parlons sont les grandes et les petites lèyres , la fourchette, la fosse naviculaire , l’orifice du vagin^ l’intérieür dé ce canal , l’hymén , les caroncules mÿrtiformes et l’orifice de rutériis.

Les grandes lèvres sont épaissesj, fermes et tendues ; leurs bords fibres se rapprochent, et tendent à recouvrir l’orificè de la vulve; leur face interne est lisse et Vermeille. — Mais si la pèi^onne est déjà d’un certain âgéj si elle a éprouvé dés maladies de Ion gué durée, tèllés que les flueurs blanches , la chlorose , etc. , ou si elîé s’est livrée à des attouchemens indiscrets , ces signes pourront manquer, tandis qu’il n’est pas rare de les rencontrer ehei des filles qui n’ont senti l’approche de lliomme qu’une fois ou qu’ün petit nombre de fois.

'Les petites lèvres (nymphes). Elles sont petites, lisses, vermeilles , douées d’assez d’élasticité , sensibles et bien enfermées* — Mais on aurait tort de croire qu’il suffit d’une simple introduction dans le vagin d’un corps

plus ou moins volumineux, pour leur faire perdre ces caractères ; d’ailleurs les mêmes causes qui chez les filles non déflorées relâchent les grandes lèvres , flétrissent celles-ci, et les rendent molles, flasques et pendantes.

La fourchette est ordinairement entière et fort tendue, tandis quelle est presque toujours déchirée chez

les femmes qui ont eu des enfans. - Mais l’intégrité de

cette partie n’est pas une marque infaillible de non défloration , puisqu’elle a lieu chez les filles qui ont exercé le coït lorsque le membre viril n’était pas d’un volume disproportionné : en outre il n’est pas encore prouvé que certaines maladies des parties génitales ne puissent détruire cette bride membraneuse chez les filles non déflorées.

fosse riaviculaire ^ pu l’espace renfermé entre la fourchette et la partie postérieure de l’orifice du vagin, conserve sa véritable forme chez les filles non déflorées, tandis quelle est déformée après la défloration, et n’existe plus si la fourchette a été déchirée. — Les restrictions que nous avons mises en parlant de la fourchette s’appliquent donc naturellement à cè caractère.

Uorfce du vagin est en général plus étroit avant qu’aprèsla défloration. — Mais, comme son diamètre ne présente rien d’absolu, et qu’il n’offre point les mêmes dimensions chez toutes les femmes, il est possible qu’il soit plus large chez une fille non déflorée que chez une autre qui l’aura été; d’ailleurs plusieurs causes, telles que la leucorrhée, l’âge, la menstruation, l’abus des lotions ou des bains émolliens, peuvent avoir dilaté cet orifice chez celles qui n’ont pas été déflorées.

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L’intérieur du vagin est parsemé de rides transversales , très-rapprochées et très- saillantes , tandis qu’il tend de plus en plus à devenir lisse, à mesure que la copulation a lieu. — Mais ne serait-ce pas s’abuser que d’accorder quelque valeur à ce signe pour déterminer si une fille a été déflorée , dans le cas où il n’y aurait eu qu’une seule introduction dans le vagin d’un corps plus ou moins volumineux ?

La membrane hymen se rencontre chez la plupart des filles non déflorées, malgré l’assertion contraire de quelques auteurs. — Mais on aurait tort de regarder son absence comme un signe infaillible de défloration , vice versa; en effet , on a observé cette membrane chez des filles déflorées, et, ce qui parai|ra plus extraordinaire, chez des femmes qui étaient sur le point , d’accoucher; en sorte qu’il a fallu, pour livrée passage à la tête de l’enfant , l’inciser lorsque les efforts de cette tête ne la déchiraient point. On concevra pourquoi l’hymen peut conserver son intégrité après la défloration, en sachant que sa densité n’est pas toujours la même. Fabricius d’Aquapendente ne fait -il point mention d’une fille que tous les écoliers d’une pension s’efforcèrent en vain de déflorer ? Ambroise Paré n’a-t-il pas vu cette membrane d’une consistance presque osseuse ?

L’absence de l’hymen ne saurait être regardée comme une preuve de défloration, parce quelle peut avoir été détruite par des courses à cheval lorsqu’on monte en cavalier, par un saut brusque , par des coups, des chutes , par l’élargissement subit des cuisses, par, l’effort de la première menstruation, par un caillot de sang, par des ulcères, des flueurs blanches ,

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des caustiques, par les descentes de matrice et du vagin.

Les caroncules myrtif ormes. Les anatomistes ayant émis des opinions diverses sur l’origine des caroncules myrtiforraes, il est indispensable de les rappeler avant de faire connaître la valeur du signe fourni par ces tubercules. Les uns ont pensé que les caroncules n’existent jamais avec l’hymen , et qu’elles sont les débris de cette membrane : eh adoptant cette opinion , qui nous paraît juste, la présence ou l’absence de pareils tubercules n’éclaire pas plus la question relative à la défloration que la présence ou l’absence de l’hymen. D’autres ont cru que les caroncules myrtiformes existent naturellement et remplacent l’hymen : tout porte à croiye que ces anatomistes ont été induits en erreur, et qu’ils ont pris pour des caroncules quelques-unes des, rides saillantes du vagin, qui s’étendent quelquefois jusque sur Vhymen; du moins est-il certain qu’ayant ^ait des recherches sur plus de deux cents cadavres de filles âgées de deux à quatorze ans, chez lesquelles, il est vrai, l’hymen existait encore, nous n’avons jamais pu découvrir de pareils tubercules. On ne lés a pas vus non plus chez plusieurs petites filles qui venaient de naître, et chez lesquelles il n’y avait point de membrane à l’entrée du vagin. Mais , en supposant que l’opinion de ces anatomistes dût prévaloir, il ne serait pas raisonnable de, regarder l’absence de ces caroncules comme un signe de défloration , et vice 7)ersâ;en effet, comme l'hymen, elles pourraient ne pas s’effacer dans une première introduction d’un corps plus ou moins volumineux, et les mêmes causes qui détruisent cette

membrane chez les filles non déflorées pourraient lés faire disparaître.

Que \ orifice dé Vvtèrus soit fermé ou ouvert , que sa forme soit arrondie ou transversale, peu importe lorsqu’on cherche à constater s’il y a eu défloration; car les filles déflorées qui n’ont point fait d’enfans ressemblent à cet égard à celles qui ne l’ont point été.

Plusieurs médecins , jaloux de faciliter la solution de la question qui nous occupe , ont cherché ailleurs que dans les organès génitaux, des moyens de reconnaître s’il y avait eu défloration ; l’énumération de ces moyens suffira pour faire sentir leur nullité, et l’on concevra avec peine que de nos jours l’on ait proposé sérieusement de pareils caractères : la mix grossit après la défloration; le corps et l'urine exhalent une odeur particulière; le 'visage est marqueté ; le cou grossit (i), et s’il peut être entouré par un fil qui s’étend depuis la pointe du nez jusqu’à la réunion des sutures sagittale et lambdoïde, la fille n’est point déflorée; les yeux sont cernés , et le blanc en est terni.

Les chairs et les mamelles sont fraîches et fermes chez les filles non déflorées. Mais ne sait-on pas , pour ce qui concerne ce dernier caractère, que souvent le. contraire a lieu , surtout lorsque la santé est dérangée; d’ailleurs combien n’y a-t-il pas de femmes mariées qui ne le cèdent en rien sous ce rapport aux filles les mieux portantes?

(i) Ainsi M. Fodéré dit que le cou d’une fille vierge se remarque davantage par sa longueur que par, sa grosseur. (Tome (\3 page 55o , Médecine légale; édition de i8i3.)

\1 effusion de sang dans le congres, la douleur la femme éprouve pendant le coït, et la résistance qu’oppose le vagin à se laisser franchir, sont encore des signes de noia défloration donnés par les auteurs, qui les ont même considérés comme des marques expérimentales. Mais il est certain que \ effusion de sang ne prouve rien , puisqu’on peut l’observer chez les filles déjà déflorées , et quelle peut manquer chez d’autres qui ne le sont pas, suivant que l’ouverture du vagin est petite ou grande, relativement au corps qui y est introduit, et suivant d’autres circonstances qu’il est inutile de mentionner : d’ailleurs combien il serait facile à une femme déflorée et rusée de faire prendre le change , soit en attendant l’époque de la menstruation, soit en tachant les linges de sang, etc, ! Mous en dirons autant de la douleur et de la j'ésistance '^ la première peut être feinte, et la seconde favorisée par l’emploi de substances astringentes; l’une et l’autre manquent quelquefois chez les filles qui ont été déflorées par un corps peu volumineux, tandis qu’elles peuvent se manifester chez une fille éhontée qui a observé la continence pendant quelque temps.

La connaissance de la disposition, de la couleur, de la tension des parties.sexuelles d’une fille non déflorée , et des divers caractères donnés par les auteurs pour juger s’il y a eu défloration, nous permet d’établir un certain nombre de propositions qui doivent servir de guide lorsqu’il s’agit de résoudre le problème qui nous occupe (i). i” Parmi les signes qui peuvent annoncer

(i) Nous omettons à dessein de parler de la virginité.

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îa défloration j ceux qui sont tirés de l’état des parties sexuelles seulement offrent une certaine 'valeur. 2“ H ne suffit pas d’un de ces signes pris isolément , mais il faut leur ensemble pour qu’on puisse les prendre en considération. 3“ A la vérité, l’hymen existant chez le plus grand nombre des filles non déflorées, son existence ou son absence méritent la plus grande attention. 4“ Malgré la réunion de tous ces signes il est impossible èififfirmer que la fille a été déflorée , à moins que l’on ne détermine qu’il y a eu accouchement : hors ce cas la réunion des signes dont nous parlons ne permet que d’élever des présomptions plus ou moins fortes en

comme le font tous les auteurs de médecine légale, pour ne pas compliquer davantage une question qui l’est déjà assez par elle-même ; en effet, en adoptant les idées de ces auteurs, qui définissent la virginité l’état d'une fille qui n’a point encore senti l’approche de l’homme, il est évident que la virginité n’existera pas chez une fille dans le vagin de laquelle ôn aura introduit un membre viril exigu, quoique 4es parties sexuelles aient conservé la disposition, la couleur et la tension qu’elles présentaient avant l’introduction. Âu contraire la virginité existera chez les filles dans le vagin desquelles il aura été introduit un doigt, un pessaîre ou un corps plus volumineux que le membreviril , quoique les parties génitales offrent une disposition, une couleur et une tension semblables à celles que l’on remarque chez les femmes qui ont joui des plaisirs de l’amour. Ces conséquences, qui découlent nécessairement dé la définition dont il vient d’être parlé, n’étant propres qu’à compliquer la question , nous avons cru devoir nous dispenser de traiter ex~professo de la virginité. ,

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fayeur de la défloration , et l’homme de l’art serait coupable si, cédant aux instances du magistrat, il affirmait ce dont il ne peut pas être convaincu. 5° On est plus autorisé encore à soupçonner la défloration, lorsque les signés qui l’annoncent coïncident avec des contusions , des plaies et des marques de sévice aux parties génitales. 6° Lapins grande décence et le plus grand ménagement doivent présider à. fléS Tisites de ce genre, qui, pour être de quelque utilité^ doivent être faites, en général, peu de temps après l’époque présumée de la défloration, parce qu’il suffit souvent d’un ou de deux -jours pour -faire disparaître les traces que le corps introduit dans le vagin laisse après son passage. Il n’est pas inutile, avant de porter son jugement, d’examiner le caractère , les mœurs de la personne, son âge, sa conduite, ses occupations, Téducation qu’elle a reçue, les mœurs des individus quelle fréquente, l’impression que la visite produit sur elle ; mais l’on ne doit avoir égard à des considérations morales de ce genre qu’autant qu’elles s’accordent avec les données fournies par les parties sexuelles. 8" Le médecin n’oubliera jamais qu’en prononçant légèrement il s’expose à déshonorer une fille dont la conduite a été irréprochable.

B. Moyens de reconnaître si la défloration , que nous supposons avoir été constatée, est le résultat de l’introduction du membre viril ou d’un autre corps. Avouons l’impossibilité dans laquelle nous sommes de résoudre cette question dans le plus grand nombre de cas. Comment établir une différence entre le délabrement des parties sexuelles produit par le membre viril , par un pessaire ou par tout autre corps que des personnes

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lascives auraient introduit dans le vagin? On ne pourrait présumer le coït que dans le cas où la défloration n’ayant pas été consentie , les organes sexuels et d’autres parties du corps seraient meurtris, ou lorsqu’à dés signes de défloration récente se joindraient des écoulemens ou d’autres symptômes vénériens.

C. La défloration a-t-elle été consentie ouforcée? Avant dé nous occuper de ce sujet, examinons si la législa^ tion actuelle punit la défloration d’une personne mineure qui n’a opposé aucune résistance. On trouve dans quelques ouvrages de médecine légale que la loi sévit dans ce cas contre l’auteur de là défloration, et l’on donne pour preuve les articles 354,355 et 356 du code pénal, relatifs à l’enlèvement des mineurs, et ainsi conçus:.

c Quiconque aura, par fraude ou par violence, enlevé ou fait enlever des mineurs, ou les aura entraînés, détournés ou déplacés, ou les, aura fait entraîner, détourner ou déplacer des lieux où ils étaient mis par ceux à l’autorité ou à la direction desquels ils étaient soumis ou confiés, subira ia peine de la réclusion. — Si la personne ainsi enlevée ou détournée est une fille au-dessous de seize ans accomplis, la peine sera celle des travaux forcés à temps. — Quand la fille au-dessous de seize ans aurait consenti à son enlèvement ou suivi volontairement le ravisseur, si celui-ci était majeur de vingt et un ans ou au-dessus, il sera condamné aux travaux forcés à temps. Si le ravisseur n’avait pas encore vingt et un ans, il sera puni d’un emprisonnement dedeux à cinq ans. 9

Mais l’enlèvement des mineurs ne suppose pas toujours la défloration, et comme, en matière pénale, on

ne doit jamais diercber ce que la loi a voulu dire, mais bien te quelle a dit, il est évident que la loi punit le rapt, et non la défloration consentie. Geîte opinion èst implicitement exprimée dans le passage suivant, tiré des OEuvres d’un jurisconsulte célèbre :

O La défloration est l’action par laquelle on prive une fille de sa virginité. — Un fait pareil est regardé parmi nous comme un crime capital dans deux cas; le premier, quand on attente â la pudicité d’une personne du sexe malgré elle, et c’est ce qu’on appelle exactement un viol; le deuxième, lorsque sans.voies de violence on fait des entreprises contre la virginité d’une personne non encore nubile. Le code pénal ne punît la défloration dans le cas de viol que de la peine de la réclusion ou des travaux forcés ; il ne la soumet, dans le second cas, tantôt à la peine des travaux forcés , tantôt à un simple emprisonnement, que brsqa^dle a été précédée de rapt avec violence. » {^Merlin, Répertoire dé jurisprudence. )

Voyons maintenant s’il existe des moyens propres à faire distinguer la défloration consentie de celle qui est forcée. Dans le plus grand nombre des cas où l’intervention du. médecin est réclamée, la défloration forcée d’une jeune fille a été opérée par^un individu dont le membre viril offre des dimensions considérables , surtout lorsqu’on les compare à celles des parties sexuelles delà jeune personne ; dès lors il ne faut pas s’étonner que cette défloration soit accompagnée d’un délabrement plus ou moins considérable, qu’il importe de faire connaître, parce qu’il peut jeter un grand jour sur la question qui nous occupe.

Les organes génitaux sont loin de conserver leur in-

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tégrité ; l’hymen peut présenter des solutions de continuité qui se dirigent suivant l’axe du vagin , et qui paraissent récentes ; les lambeaux de cette membrane sont sanglans ou, cicatrisés ; les grandes et les petites lèvres sont rouges, tuméfiées, douloureuses, et quelquefois sanglantes; l’orifice du vagin, le méat urinaire et les autres parties externes delà génération peuvent participer à ce désordre : il n’est pas rare aussi de découvrir des meurtrissures aux cuisses, aux bras, aux seins, aux lèvres, aux joues, etc., résultats de la résistance opposée par la jeune fille ; il y a parfois un écoulement purulent non contagieux produi^ par le froissement des parties génitales , qui peut exister lors même qu’il n’y a eu que des tentatives de viol. Les altérations dont nous parlons sont surtout manifestes quand la verge a été introduite plusieurs fois.

Si, au lieu de supposer le membre viril trop gros, on admet qu’il offre des dimensions proportionnées à celles des parties sexuelles de la jeune fille , ou même qu’il est petit, il est évident que la défloration aura pu être forcée quoique les organes génitaux ne présentent aucun des caractères indiqués ; seulement alors il pourra y avoir des meurtrissures aux cuisses , aux seins , etc., à raison de la résistance opposée par la jeune fille. Nous ne reviendrons point sur ce qui a été dit à la page io5, relativement aux moyens de distinguer si la défloration forcée a été le résultat de l’introduction du membre viril ou d’un autre corps plus ou moins volumineux.

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