‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 29 sur 42 · DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

DE LA MALADIE

semble pas à celle provoquée par le mercure, et les accidents de l’alcoolisme diffèrent de ceux causés par la belladone.

3“ Maladies miasmatiques. — Ce sont toutes les lésions produites par des miasmes., c’est-à-dire par des matières org-aniques mal définies, mais toujours nées en dehors de l’org’anisme. A cette classe appartiennent les fièvres intermittentes, la fièvrejaune et le choléra.

4“ Maladies infectieuses. — Ce sont toutes les lésions produites par des principes infectieux., c’est-à-dire par des principes quiproviennentderhommelui-même, et sont susceptibles de se propag*er par contag’ion. La roug’eole, la scarlatine, la coqueluche, la diphthérite, la fièvre typhoïde, le typhus, la fièvre puerpérale, l’infection purulente, sont les principaux types de ce g’roupe.

5® Maladies virulentes. — Ce sont toutes les lésions produites par des virus., c’est-à-dire par des matières infectieuses particulières qui ont quelcpe chose de vivant et peuvent se rejiroduire dans l’org’anisme comme feraient parasites . La vaccine, la variole,

la syphilis, la morve, la rag’e, sont les exemples bien connus de ces sortes d’affections.

6° Mcdadies parasitaires. — Ce sont toutes les lésions produites parla présence dans le corps d’êtres vivants qicirasites parfaitement org’anisés et appartenant au règ'iie animal ou vég’étal. Tels sont les diverses leig’nes, la g*ale, les affections vermineuses, le tænia, les trichines, les bactéridies, etc.

T. MOILIM.

Les maladies spontanées sont toutes les lésions dues à un viee de rorg'anisme et apparaissant sans cause extérieure. On peut les diviser en trois ordres :

1° Maladies congénitales. — Ce sont toutes les lésions que l’enfant apporte en naissant. Elles forment de véritables vices de conformation.

2“ Maladies spontanées héréditaires. — Ce sont toutes les maladies spontanées qui viennent après la naissance; reconnaissant pour cause une prédisposition morbide innée, ces maladies sont moins le fait de l’individu lui-même que de ses parents.

3° Maladies spontanées acquises. — Ce sont toutes les lésions qui se produisent spontanément sous l’influence d’une prédisposition morbide acquise. Contrairement aux précédentes, elles sont imputables à l’individu lui-même et non à ses ascendants.

Nomenclature nouvelle. — Ceux qui proposent de nouvelles nomenclatures médicales ne manquent jamais de critiquer celle actuellement en usag*e. Je n’imiterai pas cette conduite, par la raison que je trouve la nomenclature actuelle excellente sous bien des rapports. Outre qu’elle est universellement acceptée , ce qui est un gTand point, les noms qu’elle a imposés aux maladies sont le plus souvent harmonieux, expressifs, imag*és, et il serait difficile d’en trouver de meilleurs. Les mots chorée, éclampsie, cataracte, épilepsie, et bien d’autres que je pourrais citer, ont une pbysio-

NOMENCLATURE NOUVELLE

nomie si franche et si bien caractérisée, qn’ils se g-ravent d’eux-mêmes dans la mémoire et y fixent pour toujours le souvenir des affections qu’ils désig’nent.

Cependant, à côté de cette nomenclature imag-ée et pour ainsi dire poétique, on peut désirer qu’il en existe une seconde toute prosaïque et toute scientitîque^ qui ne vise pas à peindre les maladies, mais à les décrire; une nomenclature dont les termes seront monotones, rudes ou bizarres, mais qui rachèteront, par leur précision, le coloris qui leur manque.

De même qu’il existe deux lang’ues pour les plantes, l’une toute facile et toute pratique à l’usag’e des cultivateurs et des herboristes, l’autre ' tirée du latin et pour ainsi dire barbare, employée par les seuls botanistes ; de même, dans la médecine, il doit y avoir deux nomenclatures : l’une vulg’aire qu’on emploiera dans la pratique , l’autre plus scientifique, qui ne servira que dans les cas particuliers où l’on voudra donner au lang’ag’e médical une plus g-rande précision.

Dans la nomenclature que je propose, toute maladie est désig*née par deux mots : un substantif et un adjectif. Le substantif indique la lésion, l’adjectif désigme la cause de la lésion. Ces adjectifs des maladies n’ont du reste rien de nouveau, et sont, pour la plupart, empruntés à la nomenclature actuelle. Tels sont les mots traumatique , thermique, frig*orique, Solaris, fulg*urique, mercuriel.

blX-HUlTlÈME LEÇON.

saturnin, alcoolique, paludéen, puerpéral, rubéolique, varioleux, scarlatineux, vaccinal, syphilitique, morveux, farcineux, rabique, Lrichophitique, faveux, acarique, lombrical, cong’énital, héréditaire, acquise, etc. Il reste donc seulement à composer les substantifs qui désig‘neront les lésions causées par les ag-ents morbides.

Pour cela je commence par prendre le radical de l’org’ane siég'e de la lésion, ce radical étant emprunté indifféremment au g’rec, au latin ou au français, suivant qu’il^ se trouve plus harmonieux ou plus usité dans une de ces trois lang’ues. Seulement, et c’est là un point important, ce radical doit être terminé par une consonne. Ex. ; Stomat ^ bouche; enter ^ intestin g'rêle; demi ^ peau; splen, rate; kérat^ cornée, etc.

La lésion présentée par l’org’ane malade peut siég*er dans l’org^ane même ou être localisée dans ses nerfs ou ses vaisseaux. Pour préciser ce siég’e de la lésion , j’ajoute au radical de l’organe une voyelle différente pour chaque cas.

La lésion de l’organe même est désignée par la lettre A ou E en prenant celle de ces deux lettres qui donnera le mot le plus euphonique. Ex.; Pneiima, lésion du poumon ; cardé, lésion du cœur; derma, lésion de la peau, etc.

Je désigne par la lettre 1 la lésion des nerfs d’un organe. Ex. : Odonli, lésion des nerfs des dents; yastri, lésion des nerfs de l’estomac ; ophthalnii, lésion des nerfs de l’œil, etc.

XOMENCLATÜRB NOUVELLE.

Je désig’ne par la lettre O la lésion des artères d’un org'ane. Ex.; Glosso^ lésion des artères de la lang'ue; amj/gdalo, lésion des artères de Tamyg-dale ; hidbo^ lésion des artères du bulbe, etc.

Je désig’iie par la lettre U la lésion des veines d’un org’ane. Ex.: Splenu, lésion des veines de la rate; nephru, lésion des veines du rein ; encéphahi, lésion des veines de l’encéphale, etc.

Je désig'ne par la diphthong’ue OU la lésion simultanée des artères et des veines d’un org’ane. Ex.: Plciirou^ lésion simultanée des artères et des veines delà plèvre ; stomatou, lésion simultanée des artères et des veines de la bouche ; rectou^ lésion simultanée des artères et des veines du rectum, etc.

Je désig’ne par la diphthong’ue EU la lésion des vaisseaux et g’ang'lions lymphatiques d’un org’ane. Ex.: Mammm^ lésion des lymphatiques de la mamelle ; paroteu^ lésion des lymphatiques de la parotide; entereu^ lésion des lymphatiques de l’intestin g’rêle, etc.

Tel est le procédé très-simple à l’aide duquel on obtient une première localisation des lésions morbides. Mais cette localisation serait tout à fait insuflisante si l’on n’indiquait pas en même temps dans (piels éléments histolog’iques se trouve le siég’e du mal. C’est ce que je réalise d’une manière non moins simple en désig’nant les divers éléments histolog’iques par des consmmes que l’on ajoute au radical déjà aug-inenté d’une voyelle.

Ainsi la lettre B ajoutée au radical d’un org’ane

indique la lésion des cellules épicleryniqiies ou épithéliales. Ex. : Dermab lésion de l’épiderme; dermob ^ lésion de répithélium des artères de la peau ; dermub ^ lésion de répithélium des veines de la peau; broncheb , lésion de l’épithélium des bronches ; cystab^ lésion de l’épithélium de la vessie; hépateub., lésion de l’épithélium des vaisseaux lymphatiques du foie; péritoneb., lésion des cellules épithéliales du péritoine; endocardeb, lésion des cellules épithéliales de l’endocarde ; arthreb lésion des cellules épithéliales de la synoviale des articulations, etc.

La lettre D, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la lésion des cellules interstitielles de cet org’ane; ces cellules interstitielles sont; les cellules adipeuses; 2“ les cellules de cartilag’e; 3° les cellules leucocyg*éniques des g’angdions lymphatiques , de la rate, des plaques de Peyer; 4® les cellules sucrées du foie ; 5” les ovules ; 6° les leucocytes ; 7® les g'iobules sangaiins. Gomme beaucoup d’org’anes renferment en même temps des cellules adipeuses et une autre espèce de cellules interstitielles, pour éviter ‘ toute confusion , on emploiera pour les premières un a et pour les secondes un e. Ex. : Hépatad., lésion des cellules adipeuses du foie ; hépüted., lésion des cellules sucrées du foie; ostad., lésion des cellules adipeuses des os; osted , lésion des cellules cartilagineuses des os; dermad lésion des cellules adipeuses de la peau ; carded, lésion des cellules adipeuses du cœur; splened , lésion des cellules leucocyg’éniques de la rate; adcned , lésion

NOMENCLATURE NOUVELLE

des cellules leucocyg’éniques des g’ang'lions lymphatiques; entered^ lésion des cellules leucocyg’éniques des follicules clos de l’intestin, g’rêle; coled ^ lésion des cellules leucocyg’éniques des follicules clos du g’ros intestin ; ovared , lésion des ovules ; lymphad ^ lésion des gdobules de la lymphe; hémad^ lésion des g’iohules du sang*; dermod ^ lésion des g’iohules sang’uins contenus dans les artères de la peau ; encephaloud ^ lésion des g-lohules sang’uins contenus dans les artères et les veines de l’encéphale, etc.

La lettre F, ajoutée à un radical, désig’iie la lésion des cellules de sécrétion glandulaire de cet org’ane ; ces cellules sont : 1° celles du lait , 2" du sébum , 3” du cérumen , 4” de la sueur, 5” du sperme , 6° des urines , 7° de la salive , 8° du mucus , 9" du suc g*astrique, 10" du suc pancréatique, 11“ de labile, 12® du suc intestinal. Dans le cas où un même org’ane renferme deux sortes de cellules gdandulaires, on fait précéder Tune d’un a et l’autre d’un de manière à éviter toute confusion. Ex. : Mammef^ lésion des cellules du lait ; sébacé lésion des cellules du sébum des g-landes sébacées ; sudoref\ lésion des cellules de la sueur; otef^ lésion du cérumen de l’oreille; cilié lésion du cérumen des cils ; orchef, lésion des cellules du sperme; nepliref^ ou mieux renaf^ lésion des cellules de l’urine; parotaf^ lésion des cellules de la salive parotidienne; rliinaf^ lésion du mucus nasal; bronche f, lésion du mucus des bronches ; cyslef\ lésion du mucus de la vessie ; stomatef^ lésion du

DIX-HUrriÈMK LEÇON .

mucus buccal; gastraf\ lésion des cellules du suc g’astricjLie; gastref^ lésion des cellules du mucus g’astrique; hepataf^ lésion des cellules de la bile ; hepatef^ lésion des cellules du mucus biliaire; entera lésion des cellules du suc intestinal ; enteref, lésion des cellules du mucus intestinal , etc.

La lettre G, ajoutée au radical d’un org*ane, désig'ne une lésion du liquide interstitiel contenu dans cet org-ane; ces liquides interstitiels sont : 1° la sérosité , 2" les liquides des diverses gdandes , 3“ le sérum du sang’ et de la lymphe. Dans le cas' où un org*ane contiendrait deux liquides interstitiels distincts, on ferait précéder l’un d’un a et l’autre d’un e. Ex. : Encephaleg^ lésion de la sérosité de l’encéphale ; parotag^ lésion de la sérosité de la parotide ; paroteg^ lésion du liquide de la salive parotidienne; hepatag^ lésion de la sérosité du foie ; hepateg^ lésion du liquide de la bile; hjmphag ^ lésion du sérum de la lymphe; liemag, lésion du sérum du sang’, etc.

La lettre K désig’ne la lésion de la substance amorphe dite fondamentale contenue dans certains org’anes, dans le cerveau, dans les os, dans le tissu conjonctif. Ex. : Encephalek , lésion de la substance fondamentale de l’encéphale; ostek^ lésion de la substance fondamentale des os; gastrek, lésion de la substance fondamentale du tissu conjonctif contenu dans l’estomac, etc.

La lettre L, ajoutée au radical d’un org’ane, désig’ne la lésion dos vaisseaux capillaires de cet or-

NOMENCLATURE NOUVELLE

g’ane, des capillaires sangaiins, si elle est précédée d’un A, des capillaires lympliaticpies, si elle précédée d’un E. Ex. : Dennal^ lésion des capillaires sang*iiins de la peau ; dermel, lésion des capillaires lymphatiques de la peau; encéplialol ^ lésion des capillaires des artères de l’encéphale; cardol, lésion des capillaires des artères coronaires ; hepateul^ lésion des réseaux lymphatiques du foie, etc.

La lettre M, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la lésion des canalicules g’iandulaires contenus dans cet org’ane. Ex. : Parotem, lésion des canalicules g’iandulaires de la parotide; hepatem , lésion des canalicules sécréteurs de la bile; orcJiem ^lésion des canalicules sécréteurs du sperme ; nephrem, lésion des canalicules sécréteurs de l’urine ; fiebacem , lésion des parois amorphes des follicules sébacés ; sudorem^ lésion des parois des g’iandes sudoripares ; trycliem , lésion des parois des follicules pileux; gaslram^ lésion des parois des follicules sécréteurs du suc g’astrique; , lésion des pa-

rois des follicules sécréteurs du mucus g’astrique.

La lettre N, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la lésion des cellules du tissu conjonctif contenu dans cet oi’g*ane. Ex. : Derman^ lésion des cellules conjonctives de la peau ; derrnon , lésion des cellules conjonctives des artères de la peau ; dermeiin^ lésion des cellules conjonctives des vaisseaux lymphatif|ues de la peau; pleuran^ lésion des cellules conjonctives de la plèvre ; pjarotan^ lésion des cellules conjonctives de la parotide ; uevran ^ lésion

des cellules conjonctives contenues dans les nerfs ; sciaton^ lésion des cellules conjonctives contenues dans les artères du nerf sciatique ; pleurin , lésion des cellules conjonctives des nerfs de la plèvre.

La lettre P;, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la lésion des cellules de tissu élastique contenues dans cet org*ane. Ex. : Koriap^ lésion des cellules élastiques de l’aorte; péritonap^ lésion des cellules élastiques du péritoine ; rachep^ lésions des lig*aments élastiques du rachis ; dermap, lésion du tissu élastique contenu dans le derme, etc.

La lettre ajoutée au radical d’un organe, indique la lésion des cellules osseuses contenues dans cetorgane. Ex. : lésion des cellules osseuses

du cubitus, etc.

La lettre S, ajoutée au radical d’un organe, indique la lésion des fibres contractiles contenues dans cet organe. Ex. : Myas^ lésion des fibres contractiles des muscles ; myos^ lésion des fibres contractiles des artères des muscles ; dermas ^ lésion des fibres contractiles de la peau; uréthras^ lésion des fibres contractiles de l’urèthre; pancreatés^ lésion des fibres contractiles du pancréas; splenus^ lésion des fibres contractiles des veines de la rate.

La lettre T, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la lésion des tubes nerveux contenus dans cet organe. Ex. : Bermat^ lésion des tubes nerveux de la peau ; dermot, lésion des nerfs artériels de la peau ; hépatut , lésion des tubes nerveux animant les veines du foie; myélai, lésion des tubes nerveux

NOMENCLATURE NOUVELLE

de la moelle ; laryngit , lésion des nerfs du larynx, etc.

Les deux lettres ST, ajoutées au radical d’un org*ane , indiquent la lésion simultanée des fibres contraetiles et des tubes nerveux de cet org'ane. Ex. : Miast ^ lésion des nerfs et des fibres contractiles des muscles ; pneumost , lésion des nerfs et des fibres contractiles des artères du poumon ; iirthust, lésion des nerfs et des fibres contractiles des veines des articulations ; encephaloust, lésion des nerfs et des fibres contractiles des artères et des veines de l’encéphale, etc.

La lettre V, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la lésion des cellules nerveuses contenues dans eet org’ane. Ex. : Encéphalev, lésion des cellules nerveuses de l’encéphale; înyélav , lésion des cellules nerveuses de la moelle ; retmav, lésion des cellules nerveuses de la rétine ; cardev^ lésion des cellules nerveuses contenues dans le cœur; dermev, lésion des cellules nerveuses contenues dans la peau, etc.

p]nfin la lettre X, ajoutée à un radical, indique qu’on ig’nore quel est Télément histolog’ique siég’e de la lésion. Ex. : Pleurox^ lésion d’un des éléments histolog’iques des artères de la plèvre; dermix, lésion d’un des éléments liistolog’iquesdes nerfs de la peau ; hidbux, lésion d’un des éléments bistolog-iques des veines du bulbe ; spleneux, lésion d’un des éléments histolog’iques des lymphatiques de la rate ; hèpatex^ lésion d’un des éléments bistolog’iques du foie.

D 1 X-H U ITI èmp: leçon .

Après avoir indiqué d’une manière précise le siég'e des lésions, il reste à faire connaître leur nature. C’est ce qu’on réalise aisément à l’aide de syllabes variées qui terminent le nom de la maladie, ees syllabes commençant toujours par une voyelle et se terminant par un e muet.

Le premier cas qui se présente, c’est celui où la lésion est peu ou point connue et ne saurait être précisée. On la désigme alors par la syllabe ie que l’on ajoute au radical'de l’org’ane, ce radical étant simple ou déjà aug*menté de deux lettres. Ex. : Dermie., maladie de la peau; pleuritie., maladie des tubes nerveux des nerfs de la plèvre; métj'osie., maladie des fibres contractiles des artères de l’utérus, etc.

Quand la lésion est de celles qui siég’ent dans le solide vivant, je la désigme par la lettre A suivie de consonnes Avariées suivant les cas.

La syllabe able, ajoutée au radical simple ou déjà aug’menté de deux lettres, indique une atrophie. Ex. : Dermable, atrophie de la peau; dermanable, atrophie du tissu conjonctif de la peau; dermosable., atrophie des fibres contractiles des artères de la peau; rétinavable, atrophie des cellules nerveuses de la rétine; hépatable, atrophie du foie; hôpatédabje, atrophie des cellules sucrées du foie ; myésable, atrophie des fihres contractiles des muscles; orchéfable, atrophie des cellules du sperme, etc.

La syllabe ache, ajoutée à un radical simple ou déjà aug'menté de deux lettres, indique une h y-

X OM K N ( ; 1 . iVn 1 R K N ü U V KL [> E .

perlrophie. Ex. : Cardache, byperlrophie cUi cœur ; cavdésache, hypertrophie des fibres musculaires du cœur; mammalache, hypertrophie des capillaires sang’uinsde la mamelle; dermabache, hypertrophie de l’épiderme; myélénache, hyperthophie du tissu conjonctif de la moelle épinière; ostékache^ hypertrophie de la substance fondamentale des os ; dermadache, hypertrophie des cellules adipeuses de la peau; parotémache , hypertrophie des canal icules glandulaires de la parotide, etc.

La syllabe acle, ajoutée à un radical simple ou déjà aug’menté de deux lettres, indique une aplasie. Ex. : Dermable, aplasie de la peau ; dermabacle, aplasie de l’épiderme; enterabade aplasie de l’épithélium de l’intestin g’rêle; 7iiyade., aplasie des muscles; névratade , aplasie des tubes nerveux des nerfs ; hépatédade., aplasie des cellules sucrées du foie; oimrédade, aplasie des ovules.

La syllabe ade , ajoutée à un radical , aug’menté ou non de deux lettres , indique une hyperplasie. Ex. ; Mammade., hyperplasie de la mamelle; mamméfade^ hyperplasie des cellules de lait de la mamelle; brondiêfade., hyperplasie du mucus des bronches; liépatéfade., hyperplasie des cellules de la bile ; encéphalémde^ hyperplasie des cellules nerveuses de l’encéphale ; duodénasade^ hyperplasie des fibres contractiles du duodénum ; gastrosade, hyperplasie des fibres contractiles des artères de l’estomac; métroustade^ hyperplasie des nerfs et des fibres contractiles des artères et des veines de rutérus.

i2‘Z mX-HUITIKME LEÇON.

La syllabe afe, ajoutée à un radical , indique la pigmentation. \ Dennabafe., pig-mentation de l’épiderme; eneèphalerafe pig'menlation des cellules nerveuses de l’encéphale.

La syllabe âge, ajoutée à un radical, indique V ossification. Ex. : Myage., ossification d’un muscle ; artérapage , ossification du tissu élastique des artères ; laryngeclage , ossification des cellules de cartilag’e du larynx, etc.

La syllabe agne, ajoutée à un radical, indique la cartiliginification. Ex. ; Fémoréragne cartilig’inification des cellules osseuses du fémur; jmrotagne enchondrome de la parotide.

La syllabe ale , ajoutée à un radical , aug'menté ou non de deux lettres , indique une dégénérescence graisseuse. Ex. : Hépatale., dég’énérescence g’raisseuse du foie; hépatédale dég*énérescence gTaisseuse des cellules sucrées du foie ; cardésale , dég’énérescence g’raisseuse des fibres contractiles du cœur; encephalosale., dég’énérescence gTaisseuse des fibres contractiles des artères de l’encéphale; laryngitale., dég’énérescence gTaisseuse des tubes nerveux des nerfs du larynx; myélévale ., dég’énérescence gTaisseuse des cellules nerveuses de la moelle épinière; orchébale, dég’énérescence gTaisseuse des cellules épithéliales du testicule, etc.

La syllabe aille, ajoutée à un radical simple, ou aug’menté de deux lettres , indique une dégénérescence amyldide. Ex. : Splénaille., dég’énérescence amyloïde de la rate; «('/é/zér/rtüY/e , dég’énérescence amy-

NOMENCLATURE NüTTVELLE

loïde des celkdes leucocyg'éniqiies des g’ang’lions lymphatiques ; mésenterosaille ^ dég’énérescence amyloïde des fd3res contractiles des artères du mésentère, etc.

La syllabe ande, ajoutée à un radical simple ou déjà augmienté de deux lettres, indique une induration. Ex. : Encéphalande induration du cerveau; orchenande induration du tissu conjonctif du testicule; dermanande., induration du tissu conjonctif de la peau, etc.

La syllabe ange , ajoutée à un radical simple ou

aug’menté , indique un ramollissement. Ex. : Myélavange , ramollissement des cellules nerveuses de la moelle épinière ; hulhétange., ramollissement des tubes nerveux du bulbe; aortépange ., ramollissement des fîl)res élastiques de l’aorte ; splénange^ ramollissement de la rate; femorange ostéomalacie du fémur, etc.

La syllabe anne , ajoutée à un radical aug’menté ou non, indique xme, ulcération. Ex. : Kératanne., ulcération de la cornée ; dermanne , ulcération de la peau; adénanne., ulcération des g’angdions lymphatiques ; pneumeuxanne ulcération des lymphatiques du poumon.

La syllabe anse, ajoutée à un radical aug’menté ou non, indique une nécrose. Ex. : Cuhitanse., nécrose du cubitus; dermitanse nécrose des tubes nerveux des nerfs de la peau ; pédoxanse., nécrose des artères du pied.

La syllabe ante, ajoutée à un radical aug’menté

OU non, indique une tuméfaction. Ex. : Dennadante tumeur adipeuse de la peau ; pharyngérante., tumeur osseuse du pharynx; mammante., tumeur du sein; mammabante , tumeur épidermique du sein ; mammébante., tumeur épithéliale du sein; mammadante lipome du sein; mammafante., g’alactocèle ; mammalante., tumeur érectile du sein ; mammoxante., tumeur érectile artérielle du sein ; mammiixante tumeur érectile veineuse du sein ; mammamante tumeur adénoïde du sein ; mammanante., tumeur conjonctive du sein ; mammarante., tumeur osseuse du sein ; mammitante névrome dû à l’hypertrophie des tuhes nerveux des nerfs du sein; mamminante autre névrome dû à l’hypertrophie du tissu conjonctif des nerfs du sein ; mammivante., troisième névrome du sein, du à une hypertrophie des cellules nerveuses, etc.

La syllabe aque , ajoutée à un radial simple ou aug'nienté, indique une dilatation. Ex. : Phlébaque varices ; aortaque , anévrysme de l’aorte ; cubi touxaque , anévrysme artérioso- veineux du coude ; rétinoxaque , anévrysme des artères de la rétine ; tricuspacque dilatation de l'orifice de la valvule tricuspide, etc.

La syllabe arre, ajoutée à un radical simple ou déjà auganenté , indique un rétrécissement. Ex. : IJréthrarre rétrécissement de l’iirèthre; rétrécissement de l’oriflce des valvules siganoïdes; pylorenarre rétrécissement du pylore par du tissu conjonctif, etc.

NOMENCLATURE NOUVELLE

La syllabe ase, ajoutée à un radical simple ou aug’menté, indique une occlusion. Ex. : Iridase occlusion de la pupille; proclase, imperforation de l’anus, etc.

La syllabe atre, ajoutée à un radical simple ou aug’menté, indique une rupture. Ex. : Femoratre , fracture du fémur; myésatre., rupture des fibres contractiles d’un muscle ; myénatre., rupture du tendon d’un muscle; gastroxatre rupture d’une artère de l’estomac ; bulhalatre , rupture des capillaires sang-uins du bulbe; cystuxatre rupture des veines de la vessie.

Enfin, la syllabe ave , ajoutée à un radical simple ou aug’menté, indique un déplacement , une hernie. Ex. : Entei'ave, hernie de l’intestin ; pneiimave, hernie du poumon ; myelegave , hernie du liquide sous-arachnoïdien de la moelle épinière, etc.

11 arrive souvent que les lésions ne siég’ent pas dans les éléments histolog’iques du corps , mais qu’elles sont dues au sang’ ou à des matières exsudées. Quand ce sang’ ou ces matières exsudées restent dans la trame des tissus , je les indique par la lettre I, suivie d’une consonne variant pour chaque cas. Si, au contraire, le sang’ et les exsudais sont expulsés au dehors., on les désig’ne par la lettre E , suivie des mêmes consonnes.

Ainsi , la syllabe ide, ajoutée à un radical simple ou aug’menté, indique une hémorrhagie interstitielle. La syllabe f:de désig’ne une hémorrhagie non inter-

T. MOILIN. 15

stitielle. Ex. : Dermide^ ecchymose de la peau ; pleuroxide^ pleurésie hémorrhag*ique par rupture d’une artère; encéphalide^ hérnorrhag'ie cérébrale; ophthalmuxide ^ hérnorrhag’ie interne de l’œil par rupture d’une veine; stomatède^ hérnorrhag'ie buccale; gastrède ^ hérnorrhag’ie de l’estomac; pneumonède ^ hérnorrhag’ie artérielle, du poumon ; dermusède , hérnorrhag’ie de la peau due à une paralysie musculaire de ses veinules ; néphralède , hérnorrhag’ie rénale par rupture des capillaires sang’uins des reins.

La syllabe ifb, ajoutée à un radical, désig*ne une extravasation interstitielle de la lymphe. La syllabe EFE indique V expulsion au dehors de cette même lymphe. Ex.: Dermife., épanchement de la lymphe dans la trame de la peau ; pédèfe., fistule lymphatique du pied.

La syllabe ige, ajoutée à un radical, désig’iie une exsudation interstitielle des gaz du sang. La syllabe EGE indique Yexpulsion de ces mêmes gaz à l'extérieur des tissus. Ex. : Péritonige , épanchement g’azeux du péritoine; pleurige., épanchement g’azeux de la plèvre; crurige , emphysème de la suisse; gastrège., tympanite stomacale; typhlège , ballonnement etg’arg’ouillement du cæcum, etc.

La syllabe ille, ajoutée à un radical aug’menté ou non, désig’iie une exsudation de sérosité dans la trame des tissus. La syllabe elle indique une exsudation de sérosité à l'extérieur des tissus. Ex. : Encéphalille., œdème de l’encéphale; pneumille, œdème du poumon; péritonille., épanchement séreux du

NOMENCLATURE NOUVELLE

péritoine; entérelle ^ diarrhée séreuse; dermosille, œdème de la peau dû à une paralysie musculaire des artères; rhinotelle, flux nasal, dû à une cong’estion nerveuse ; conjonctivoselle^ cong’estion musculaire de la conjonctive, s’accompag'nant d’un écoulement séreux; splenusille^ œdème de la rate dû à un eng’org’ement musculaire, etc.

La syllabe ine, ajoutée à un radical simple ou aug’menté, désigme nne, exsudation interstitielle de fibrine. La syllabe ene indique \ exsudation extérieure du même produit. Ex. : Pneuniousine., inflammation musculaire du poumon, avec exsudation interstitielle de fibrine; dermène^ diphthérite cutanée; la^ ryngotène, laryng*ite pseudo-membraneuse, résultant d’une cong’estion nerveuse; amygdalusène amyg*dalite pseudo-membraneuse, compliquant un eng’org’ement musculaire; pleurouxine inflammation pseudo-membraneuse de la plèvre, dont la nature est restée inconnue; pleurousine la même inflammation, de nature musculaire; pleuroutine, la même inflammation de nature nerveuse.

La syllabe ipe, ajoutée à un radical, désigme une exsudation interstitielle du pus. La syllabe epe indique \ exsudation extérieure du même produit. Ex. : Vaginalipe, épanchement purulent de la tunique vag-inale; meningosipe ., cong’estion musculaire et purulente des méning’es ; hépatouxipe., inflammation purulente du foie, de nature inconnue; pneumusèpe, vomique purulente du poumon, due à un eng’orgœment musculaire; dermoustipe., abcès de la peau, dû

à la paralysie simultanée des nerfs et des libres contraetiles des artérioles et des veinules; otèpe^ éeoulement purulent des oreilles; omjxèpe^ onyxis suppuré.

La syllabe ique, ajoutée à un radical simple ou aug’menté, désigme une exsudation interstitielle de matière tuberculeuse. La syllabe eque indique une exsudation extérieure de ces mêmes matières tuberculeuses. Ex. : Bléningique, méning*ite tuberculeuse; péritonusique péritonite tuberculeuse due à un eng*org*ement musculaire ; jmeumotique , cong’estion nerveuse du poumon, s’accompagmant d’exsudations tuberculeuses ; arthrouxique., arthrite tuberculeuse, de nature inconnue.

La syllabe ire^ ajoutée à un radical, caractérise la présence du sucre dans les tissus. La syllabe ere indique l’expulsion du même principe. Ex. : Nephrère ou mieux rénère., g*lucosurie ; ophthalmire., existence du sucre dans les humeurs de l’œil; hémire, diabète sucré.

La syllabe ise, ajoutée à un radical, indique la présence de la bile dans les tissus. La syllabe ese désigme l’évacuation de ces mêmes principes. Ex. : Pneumoutise., pneumonie bilieuse, de nature nerveuse; entérotèse, diarrhée bilieuse d’une entérite dénaturé nerveuse; hémise, ictère; hémèse, maladie bilieuse.

La syllabe ite, ajoutée à un radical, indique la présence de l’urée dans les tissus. La syllabe ete désig'ue l’évacuation du même principe. Ex. : Hé-

NOMENCLATURE NOUVELLE

mite^ urémie; encéphalite^ accidents cérébraux de rurémie; sudorète, sueurs urineuses de la rétention d’urine, etc.

La syllabe ive, ajoutée à un radical, indique la présenee de l’acide urique dans les tissus. La syllabe EVE désigme l’exsudation^ à l’extérieur, de ce même principe. Ex. : Hémive, maladie g’outteuse ; arthrive, g’outte ; gastrosive , inflammation musculaire de l’estomac, de nature g’outteuse; néphrève^ gTavelle urique des reins; cystève^ calculs mûraux de la vessie, etc.

Le système nerveux est le siég’e d’un certain nombre de symptômes morbides, qui sont fort importants à indiquer, bien que les lésions anatomiques qui leur correspondent soient encore à peu près inconnues. Je désig’ne ces divers états par la lettre O, suivie d’une lettre variant pour chaque cas.

La syllabe ode, ajoutée au radical d’un org-ane, indique \d. convulsion de cet org’ane. Ex.: Blyode, convulsion des muscles.

La syllabe ofpe, ajoutée à un radical, indique le tétanos de cet org’ane. Ex. : Myoffe^ tétanos des muscles.

La syllabe oge, ajoutée au radical d’un org’ane, indique la crampe de cet orgaine. Ex. ; Cheiroge^ crampe des écrivains.

La syllabe ogne, ajoutée au radical d’un org'ane, indique la contracture^ le spasme de cet org’ane. Ex.;

CJiolédogne ^ ictère spasmodique; uréthrogne^ rétrécissement spasmodique de riirèthre, etc.

La syllabe olle, ajoutée au radical d’un org*ane, indique paralysie musculaire de cet org'ane. Ex.: Mf.olle ^ paralysie musculaire des muscles; pneumasolle^ paralysie museulaire des fibres contractiles contenues dans le poumon ; cystusolle , paralysie musculaire des veines de la vessie.

La syllabe one, ajoutée au radical d’un org'ane, indique la paralysie nerveuse de cet org’ane. Ex. : Myone^ paralysie nerveuse des muscles; carditone^ paralysie des nerfs du cœur ; cardivone , paralysie des cellules nerveuses du cœur; entéroutonne^ inflammation nerveuse de l’intestin, etc.

La syllabe oque, ajoutée au radical d’un org'ane^ indique V anesthésie de cet org’ane. Ex. : Dermoque, anesthésie cutanée.

La syllabe ore indique V hyperesthésie. Ex. : Ophthalmore^ hyperesthésie de l’œil; otore., hyperesthésie de l’ouïe.

La syllabe ose, ajoutée au radical d’un org’ane . indique la douleur de cet org’ane. Ex. : Encéphalose, mal de tête; névrose., névralg’ie; gastrose, g’astralg’ie ; sciatose., sciatique, etc.

La syllabe ote , ajoutée au radical d’un org’ane, indique Vanalgésie de cet org’ane. Ex. : Dermote, analg’ésie cutanée.

La syllabe otre, ajoutée au radical d’un org’ane, indique le tic douloureux de cet org’ane. Ex. Myotre., tic douloureux des muscles.

NOMENCLATURE NOUVELLE

Telle est la nomenclature nouvelle que je propose au public médical. Cette nomenclature, je ne l’ig’nore pas, n’est ni bien harmonieuse ni bien variée. Les noms qu’elle donne aux maladies se ressemblent tous et sont jetés dans le même moule. Mais elle rachète ces défauts par sa clarté, par sa précision et surtout par sa richesse inépuisable, car elle permet de dénommer pour chaque org’ane plus de quatre cents lésions différentes, et il sera facile de la rendre plus riche encore, à mesure que le microscope et la clinique découvriront de nouvelles maladies. Enfin, cette nomenelature est des plus aisées à apprendre, et il n’est personne qui, en consultant les tableaux ci-dessous, ne puisse immédiatement former le nom d’une maladie quelconque.

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