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dix-neuvtème leçon
20 janvier dSGS.
Traitement de* Inflammations. — Émissions saa- $nincs. — Biètc. — Révulsifs cutanés.
Messieurs ,
Dans une des précédentes leçons, je vous ai dit que les inflammations pouvaient se terminer de quatre manières différentes : par résolution, par cicatrisation, par délitescence, et par le passage à ïétat chronique. Je vous ai dit aussi que ces quatre terminaisons ne souffraient aucune exception. Elle s’appliquent aussi bien à la terminaison naturelle des inflammations qu’à leur g-uérison artificielle, provoquée à l’aide d’un traitement; elles s’appliquent aussi bien aux gaiérisons totales et complètes, qu’à celles plus imparfaites consti tuant de simples améliorations. On est donc amené à cette conclusion capitale, que les médications an tipblogâs tiques, malg-ré toute leur diversité, ne peuvent gaiérir ou amender les inflammations que de quatre manières différen tes : par résolution , par cicatrisation , par délites cence ou par le passage à l'état chronique.
23fi DIX-NEUVIÈME LEÇON.
Tel est le point de vue nouveau où je vais me placer pour apprécier l’action thérapeutique des différentes médications employées le plus communément dans le traitement des inflammations.
Émissions sanguines. Elles sont de deux espèces : les générales : la saignée; les locales : les sangsues et les ventouses.
Saignée. — La saigmée est une hémorrhag*ie veineuse;, qui diminue la masse du sang* et vide les vaisseaux. Comment peut-elle g*uérir l’inflammation? Evidemment ce n’est pas par résolution; ce n’est pas en remettant les vaisseaux dans leur état normal, car on ne voit pas comment une perte de sang* A^eineux pourrait amener la g’uérison d’une paralysie vasculaire. Loin de là, il est certain que cette hémorrhag*ie enraye la g*uérison des vaisseaux, en rendant le sang* moins nutritif, en affaiblissant la constitution et en entravant la nutrition g*énérale.
Ce n’est pas tout, la saig’née altère le sang* et favorise la formation des exsudats inflammatoires. En effet, en diminuant la masse des g*lobules et de l’albumine du sang*, elle rend ce liquide plus aqueux, plus fluide et facilite l’extravasation du sérum, ce qui amène des œdèmes et des épanchements séreux. D’un autre côté, la saig*née, produisant un vide dans les vaisseaux sang'uins, fait un appel à la circulation lymphatique qui s’accé-
' ÉMISSIONS SANOUINES.
1ère ; il en résulte pour le sang- un afflux de matériaux mal élaborés, de fibrine insuffisamment plastique, de matières pyog-énique et caséeuse. Naturellement tous ces principes nuisibles s’exsudent par les vaisseaux, surtout ceux qui sont paralysés, ci, ils produisent ces exsudations fibrineuses, purulentes et tuberculeuses , qui accompagnent si fréquemment rinflammation. Dans le cas où ces exsudations existent déjà, la saignée ne les diminue en aucune façon ; loin de là, elle les augmente encore, en altérant davantag’e le sang* et en y déterminant un nouvel afflux de matières pyognnique et fibrineuse.
Ce n’est pas tout encore. Les pertes sangnines sont assez bien supportées par les sujets adultes et bien portants qui refont rapidement le sang* perdu, g*râce à une nourriture abondante et à de bonnes dig*estions. Mais, chez les malades, les convalescents, les sujets débiles, les femmes, les enfants, les vieillards, il n’en est plus de même. Chez eux, le sang* se refait difficilement, et les saig*nées laissent après elles une faiblesse persistante, qui retarde la convalescence et favorise les rechutes.
Ce n’est pas tout encore. Dans les maladies trèsg’raves et très-long*ues , dans certaines fièvres typhoïdes par exemple, il arrive un moment où les malades sont g*uéris et n’ont plus besoin que de forces pour se rétablir. Malheureusement ces forces ne reviennent pas, parce que les malades n’ont plus
du sang* en quantité suffisante pour sécréter du suc g’astrique, et qu’ils sont incapables de dig'érer leurs aliments. Ils meurent donc véritablement d’inanition, et cela faute de sang*. Or, il est clair que les saigmées ne peuvent que favoriser cette terminaison funeste des maladies graves. Bien plus, dans certains cas, elles la provoquent. Il est des malades qui eussent g-iiéri, si on ne les eût pas saig’nés, et qui meurent uniquement faute du sang* qu’on leur a retiré quelques jours auparavant.
Tel est le véritable effet des saig'nées dans le traitement des inflammations. Il diffère beaucoup de celui qu’on leur attribue, puisqu’on les reg’arde comme le remède héroïque de l’inflammation. Est-ce à dire cependant que la saigmée ne fasse absolument rien aux plileg'masies; non certainement, car elle g*uérit aussi l’inflammation, mais ce n’est pas par résolution, comme on le dit toujours, c’est par délitescence. En effet, la saig*née, diminuant la masse du sang% ralentit la circulation, modère l’afflux du sang* dans les vaisseaux malades, ce qui amène immédiatement une certaine sédation de l’inflammation. Mais ce n’est pas là une g’uérison véritable des vaisseaux qui restent toujours paralysés; bien plus, l’amendement ainsi obtenu n’est que passag’er. Il disparaît au bout de quelques heures, dès que le sang’ enlevé a été remplacé par les matériaux imparfaitement élaborés, venus des vaisseaux lymphatiques. Cependant, c’est cette sédation immédiate, obtenue par la saigmée, qui fait