ÉMISSIONS SANGUINES
tout son succès; on voit qu’elle soulagée pour le moment, et on ferme les yeux sur les accidents dang’ereux qu’elle produit, ou même on les attribue à la force du mal.
Une deuxième raison du succès des saigmées, c’est la théorie vicieuse qu’on se fait de l’inflammation. On s’imagine que celle-ci résulte d’un excès de sang*, qui se précipite dans les tissus et les eng'org-e. On croit donc combattre directement le mal en diminuant la masse de ce sang* supposé en excès. Or l’inflammation n’est pas ce qu’on pense, c’est une lésion du solide, c’est une paralysie des vaisseaux. Ce n’est pas le sang* qui se porte vers les capillaires et les distend; mais, ce sont les vaisseaux qui se relâchent et appellent le sang* dans leur intérieur. En faisant des saig’nées, on ne g’uérit pas cette paralysie, on n’essaye même pas de la g-uérir, on combat un des phénomènes de l’inflammation^ l’afflux du sang* dans les capillaires, on ne combat pas l’inflammation elle-même.
2“ Emissions sanguines locales , sangsues et ventouses. — Autrefois on croyait à l’action locale de la saig’iiée. On s’imag-inaUque celle-ci avait des effets différents cpiand on la faisait au cou ou au pied, au bras droit ou au bras g'auche. Aujourd’hui, tout le monde sait que ces diverses saig’nées ont le même effet et qu’elles se bornent à vider, d’une manière g’énérale, le système sang'uin, sans ag^ir plus particulièrement sur les vaisseaux ouverts que sur les autres.
En fait d’action locale des émissions sang*uines on ne croit plus qu’à celle des sangsues et des ventouses; encore beaucoup de médecins pensent-ils, avec raison, que cette action locale est nulle quand les vaisseaux, siège de l’inflammation,, ne communiquent pas directement avec ceux d’où l’on tire le 4^ sang. Ainsi, ils ne croient plus à l’action locale des sangsues, mises sur l’épigastre pour combattre la gastrite, ni à celle des ventouses appliquées au niveau du cœur pour guérir la péricardite ou l’endocardite, etc. Ils prétendent que, pour ces deux cas , et pour beaucoup d’autres semblables , il n’existe aucun vaisseau faisant communiquer la peau avec les organes profonds; et si, disent-ils, les sang’sues et les ventouses exercent alors une certaine action sur le mal,' ce ne peut être qu’une action générale tout à fait indépendante du siège de l’émission sanguine.
Cependant, tout en accordant ce qui précède, et il serait difficile de ne point l’accorder, la plupart des médecins croient encore à l’effet local des émissions sanguines, lorsqu’elles intéressent directement les vaisseaux enflammes ou les vaisseaux voisins. C’est encore là une illusion. Sans doute, les sang’sues et les ventouses, appliquées directement sur le siège de l’inflammation, prennent bien le sang’ des capillaires malades , mais ce sang, aussitôt enlevé, est immédiatement remplacé par d’autre sang venu du cœur. Tant que la circulation générale persiste, tant que les tissus malades restent