‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 5 sur 42 · CIRCULATIONS LOCALES · texte numérisé non relu

CIRCULATIONS LOCALES

plus turg’ides, et laissent suinter des exsudations plus abondantes. Il se produit une hyperémie locale , qui est la contre-partie exacte de V anémie locale consécutive à la contraction des artérioles. On a donc eu raison de dire que les veinules et les artérioles étaient des vaisseaux antag’onistes et produisaient sur la circulation capillaire des effets opposés. Le raisonnement l’indique, l’expérience le confirme, et cette double preuve à priori et à posleriori doit satisfaire les esprits les plus exig*eants.

Circulutiori interstitielle. — Le sang’ qui traverse les capillaires s’y débarrasse de sa partie la plus liquide, de son plasma. Ce plasma pénètre dans la trame même des tissus; il y est employé à la nutrition des éléments histolog*iques, puis il est repris par les radicules des lymphatiques, se mélang’e à la lymphe , circule dans les vaisseaux lymphatiques et vient finalement se jeter dans le sang* des veines sous-clavières. Il y a donc dans le corps deux circulations : l’ime est la circulation ordinaire; elle est produite par le déplacement des g'iohules du sang’ qui tournent, sans jamais en sortir, dans le cercle fermé des vaisseaux sang'uins; l’autre est la circulation interstitielle; elle est constituée par le mouvement du plasma, qui sort des capillaires, traverse la trame des tissus, entre dans les vaisseaux lymphatiques, et revient dans le sang* en passant par le canal thoracique

fllEMIKRR LEÇON.

OU par la grande veine lympliatirpie. Celle seconde cireulalion, larpielle personne ne lait attention, est cependant la ]3lus importante, et sans elle la circulation sang’uine serait inutile. En eflet, pour que la vie s’entretienne, il ne suFFit pas qu’il y ait un liquide nutritif* dans l’intérieur des A^aisseaux sang*uins; il faut, de plus, r|ue ce lif[uide réparateur soit mis en contact immédiat avec les tissus, et leur fournisse les principes dont ils ont besoin. Or, c’est la circulation interstitielle qui est charg'ée de ce soin.

Physiologie des lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques ont la structure des veines. Leurs fibres musculaires forment deux couches, l’une longitudinale, l’autre transArrsale, et se trouAmt disposées de manière à produire un mouA^ement péristaltic[ue. La contraction des A^aisseaux lynq^hatiques a donc pour résultat d’accélérer le cours de la lymphe dans les réseaux lymphatiques et partant de rendre la circulation interstitielle plus abondante et plus rapide. On n’a pas pu , il est vrai, Axhifier ce résultat par l’expérience directe, parce que la physiologie du système lynipbatic[ue est encore peu aA^ancée. 3Iais la structure musculaire des lymphatiques, les nombreuses A’alvules dont ils sont hérissés, ne laissent aucun doute sur leurs fonctions et sur le rôle important qu’ils remplissent dans la production de la circulation interstitielle.

r I UC r L A'i i O ,\ s uoc a lI':s .

En résumé, il y a dans les tissus trois sortes de vaisseaux ayant ehacun un usag’e distinct : les artérioles, les A'eiiiules et les lympliaticfues. Les artérioles ralentissent la circulation capillaire; les veinules activent cette même circulation; enfin les lymphatiques accélèrent la circulation interstitielle. Tels senties effets physiologâques de la contraction de ces trois sortes de vaisseaux. Dans la prochaine leçon, je vous dirai quels sont les phénomènes morbides produits par leur paralysie.

18 novembre 18()4.

Paralysies vasculaires.

Messieurs ,

Dans la précédente leçon, je vous ai dit qu’il y avait dans les tissus trois sortes de vaisseaux ayant chacun des fonctions distinctes, les artérioles ralentissant la circulation capillaire, Mes veinules activant cette même circulation , et enfin les lymphatiques accélérant le cours des humeurs interstitielles dans la trame des tissus. Dans cette séance, je vais examiner quels sont les phénomènes morbides produits par la paralysie de ces trois sortes de vaisseaux.

Paralysie des artérioles. — La paralysie des artérioles produit des effets opposés à leur excitation; elle accélère la circulation capillaire. On le comprend sans peine. Les artères paralysées, n’ayant plus leurs parois contractées, se laissent dilaterpar la pression sang’uine. Elles offrent ainsi à la circulation des voies

Page 1