‹ Leçons de médecine physiologiqueChapitre 6 sur 42 · PARALYSIES VASCULAIRES · texte numérisé non relu

PARALYSIES VASCULAIRES

plus larg’cs où le sang- se ppécipilc en plus g-rande quanlité que de coutume. Ce fait est du reste confirmé par l’expérience. Si l’on coupe sur un animal le nerf d’une artère, ou observe immédiatement uue accélération de la circulation capillaire dans tous les tissus recevant leur sang- de l’artère paralysép. Ces tissus sont plus rong-es, plus chauds, plus sensibles, plus turg-ides qu’à l’état normal, ce qui provient évidemment de ce qu’ils sont traversés par une plus g-rande masse de sang- qu’auparavaut.

Cette accélération de la circulation capillaire consécutive à la paralysie des artérioles est la congestion. C’est un phénomène essentiellement morbide et qui est toujours lié à la perte d’une des propriétés vitales des artères, leur contractilité. Par sa nature, la cong-estion diffère radicalement de l’hyperémie, qui est due à la contraction des veinules, et indique un accroissement des propriétés vitales de ces vaisseaux. La cong-estiou esf une paralysie, c’est une maladie; l’hyperémie estime excitation, c’est un actephysiolog-ique. Ces deux états sont donc tout l’opposé l’uu de l’autre. Cependant le plus souvent on les confond, et aujourd’hui il est peu de médecins qui ne considèrent les mots cong-estion et hyperémie comme parfaitement synonymes. Cette confusion , je l’avoue, est facile à faire, parce que, dans ces deux états, pourtant si différents, les tissus présentent la meme accélération de leur circulation capillaire et offrent la meme roug-eur, la meme élévation de température, le même accroissement de sensibilité.

DRT’XIK.MK IJ-TOX.

la mémo liir^’cseoneo, ol enlin la mémo aii^mionta- Lion dos Immours exsudées. Cepondanl il est de la plus haute importance de distin^aierdes deu.x états, et on y parviendra le plus souvent à l’aide des considérations suivantes.

L’hyperémie et la cong’estion ne sont pas profl lûtes par les mêmes causes. La première est la conséquence de phénomènes normaux et d’excitations physiolog’iques ; c’est un acte de la santé. La seconde, au contraire, est exlra-pliysiolog'ique; elle est provoquée par desag^ents irritants f[ui attaquent les propriétés vitales des tissus et sont à ce titre de véritables poisons. Cependant, quand on a sous les yeux une accélération de la circulation capillaire, il n’est pas toujours possible d’en connaître la cause. Aussi serait-il bien souvent difficile de distingaier la cong*estion de l’hyperémie si l’on n’avait point d’autres caractères plus pratiques empruntés à la durée, à la marche et à lag’ravité différentes de ces deux états.

L’bypei’émie a toujours une durée assez courte qui ne dépasse pas quelques heures. En effet , comme elle est produite par la coniraction exag’érée des veinules , il est clair (fu’elle ne saurait se pi‘olong’er indéfiniment. Au bout d’un certain temps d’activité, les fibres musculaires des veinules sont fatig’uées, il faut qu’elles se reposent et répiarent leurs forces perdues, et naturellement ce repos fait disparaître l’iiyperémie. Dans la cong’cstion , rien de semblable. Là, les vaisseaux sont paralysés, inertes; ne dépensant alisolument rien, ils n’ont

PARATA’SIES VASCULAIRES.

rien à réparer et peuvent persister indéfiniment dans leur état de paralysie. Aussi voit-on souvent les eong’estions se prolong’er pendant des mois et des années, et, ce qu’il faut admirer, ce n’est pas qu’elles durent parfois si long'temps , mais c’est qu’elles ne persistent pas toujours indéfiniment.

Ainsi donc , un premier caractère qui distingaie l’hyperémie de la cong’estion , c’est que la première dure toujours très-peu de temps, tandis que la seconde a une durée beaucoup plus prolong’ée.

Autre caractère : l’hyperémie, étant produite par la contraction des veinules, varie d’un instant à l’autre dans son intensité avec cette contraction ellemême. Comme tous les phénomènes vitaux , elle présente des exag’érations et des dépressions subites, des caprices, si l’on ose s’exprimer ainsi. Au contraire , la cong^estion n’offre aucune variation dans ses symptômes. Les vaisseaux sont paralysés, inertes; tant que dure cette paralysie, le sang’ les traverse avec la meme vitesse sans que rien vienne accélérer son cours ou le modérer. Voilà donc un nouveau caractère distinctif de l’byperémie et de la congestion, à savoir (pie la première offre des variations etdes inég’ali tés dans sa marcbe, tandisque la seconde n’en présente point.

Enfin le dernier caractère séparant l’byperémie de la congestion, est tiré de leur nocuité bien différente. Et c’est meme là, on peut le dire, ce qui distingue profondément ces deux états si semblables cependant sous bien des rapports. Dans les deux cas.

DErXlÈMIÎ LEÇON.

l’exag’éralion de la circiilaLion capillaire esl exactement la même; mais, dans l’hyperémie, elle ne se prolongée pas assez longdeinps pour altérer les tissus et troubler la nutrition, tandis f[ue, dans la cong*eslion, elle a tout le loisir nécessaire pour attaquer les org’anes et y produire des désordres g’raves. Oui , dans riiyperémie et dans la cong'estion , l’accélération du cours du sang’ est identicjue , et si elle produit dans chaque cas des effets si différents, c’est que sa durée a été différente. Elle est comme l’eau chaude qui brûle la main qu’on y laisse tremper . quelque temps, et échauffe à peine la main c[u’on en retire de suite. Ce dernier caractère distinctif de l’hyperémie et’de la cong’estion, est sans contredit le plus important de tous; car c’est celui qui donne à ces deux états leur véritable sig’uification , et fait du premier un acte essentiellement physiolog’ique , et du second un acte essentiellement morbide.

2“ Paralysie des veinnles. — Elle produit des phénomènes contraires de ceux ohtenus par rexcitation des veines; elle ralentit la circulation veineuse; elle détermine une accumulation et une stag’iiation du sang’ dans les capillaires, en un mot elle produit V engorgement . L’eng’org*ement ditïère complètement delà cong’estion. Dans celle-ci non-seulement les org’anes malades contiennent plus de sang’ que de coutume, mais ce sang* est animé dune plus g’rande rapidité. 11 circule en meme temps en plus g’ran de abondance et avec plus de vitesse. Dans l’en-

PARALYSIES VASCU LAIRES .

g‘ui‘g‘eiiienL, au contraire, les tissus affectés contiennent, il est vrai, beaucoup de sang’, mais ce sang’ stag’ne, il ne circule que lentement ou même est complètement arreté. Lacong’estion, c’est un fleuve rapide et puissant; reng’org’ement , c’est un maré^ eag’e où l’eau abonde mais n’a pas rrécoulement.

L’eng’org’ement diffère encore davantag’ede l’anémie locale produite par l’excitation des artérioles. Dans cette anémie la circulation est ralentie, il est vrai , mais c’est paree que les tissus ne reçoivent plus de sang’ en quantité suflisante. Dans l’eng’org-ement, les org’anes reçoivent du sang’ en abondance, mais ils ne peuvent s’en débarrasser assez vite et ils le laissent stag’ner dans les capillaires. Si l’on compare la cong'estion à une rivière et l’eng’org’ement à un marais, l’anémie, elle, ressemblera à une terre desséchée, maig’rement arrosée par des

ruisseaux à moitié taris.

L’eng’org’ement, suivant qu’il est plus ou moins [irononcé, s’accompag’ne de pliénoniènes morbides différents. Sous ce rapport, il se divise très-nettement en trois périodes distinctes ou deg’rés.

Premier deg’i’é , c’est \ engorgement proprement dit. Dans cet état la circulation capillaire est ralentie, il est vrai, mais non arrêtée. Les tissus, g’org’és de sang’ veineux, présentent une teinte roiig’e foncée, lie de vin , et offrent un lég’er empâtement dû à un commencement cl’œdème; enrm leur température s’abaisse et ils sont notablement moins sensilâesqu’à l’état normal.

I l DEU.XIÈ.ME LErO.X.

Dans le deuxième degTé de reng'org’eineiiL , la eirculalion capillaire ii’eslpliis seulement ralentie, elle est complètement arrêtée. 11 y a akm, et le sang‘, restant immobile dans les vaisseaux, ne tarde pas à se noircir et à se eoag’uler. Par suite de cette stagnation du sang’, les tissus se refroidissent, ils perdent leur sensibilité et enfin ils présentent une coloration livide tout à fait caractéristique.

Enfin, dans le troisième deg’réde rehg'org’enient, on observe de nouveaux phénomènes; le sang- qui stagme dans les vaisseaux étant privé d’oxyg’ène et restant en contact avec son acide carbonique, se décompose. L’hérnatine des gdobulesse dissout dans le sérum, elle s’échappe des vaisseaux et vient colorer les tissus. En même temps le sang’ se putréfie, il donne naissance à des liquides septiques c{ui attaquent les éléments liistolog’iques, les tuent, puis les désag’i’ég’ent et ont bientôt transformé les tissus malades en une bouillie putride. En un mot, pour parler lelang’ag’e ordinaire, il y a ulcération etg’ang’i’ène moléculaires.

Tels sont les trois degTcs de reng’org’ement , caractérisés chacun par un état particulier du sang’. Le premier, c’est proprement dit, ou, si

l’on aime mieux, V empdtonent. 11 est le sig’ne d im simple ralentissement de la eirculalion capillaire. Le deuxième deg’ré, c’est la stase; elle est due a l’arrêt et bientôt à la coag’ulation du sang’ dans les vaisseaux malades. Enfin le troisième deg-ré est 1 idcératmi; elle est la conséquence directe de la pulré-.

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