‹ Lecons de métaphysique de KantChapitre 21 sur 37 · PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES

ment distincts des concepts empiriques^ nous aurons ainsi la matière d'une science. La connaissance philosophique se compose de simples concepts a priori.

La Physique est la philosophie de la nature ^ en tant qu'elle dépend de principes pris de Texpèrience. La Métaphysique j au contraire^ est la philosophie de la nature^ en tant qu'elle dépend de principes a priori. La Morale nous enseigne les principes pratiques de la raison. Les concepts auxquels tout semble être rapporté ^ sont ceux d'un être suprême et d'un autre monde.

La métaphysique est ixéoessaire , parce que la raison n'est jamais satisfaite par des concepts empiriques. En effets elle ne se contente pas de la contemplation des choses ou de l'expérience, ' c'est-à-dire de la connaissance du monde sensible. Les concepts de Dieu et de l'immortalité de l'ame sont les deux grands mobiles qui font sortir la raison du champ de l'expérience. ^

Une question capitale est celle de savoi^ comment des connaissances a priori sont possibles. Les mathématiques pures tout entières sont une science qui contient de simples concepts a priori j et dont le fondement ne consiste point dans des concepts empiriques. On a déjà fait voir qu'il y a réellement de ces connaissances a priori; qu'il y a même une science formée tout entière de

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concepts întellectaels parfaitement purs. Mais il est question de savoir comment les connaissances a priori sont possibles. La science qui répond à cette question s^appelle Critique de la Raiêon pure. La philosophie transcendentale est le système de toutes nos connaissances pures apriùri : on rappelle dtdinairement OntologfiV. L'ontologie traite donc des choses en général^ et fait abstraction de tout en particulier. Elle embrasse tous les concepts intellectuels purs et tous les principes de Tentendement ou de la raison.

Les sciences principales qui font partie de la métaphysique sont : V Ontologie j la Cosmologie, et la Théologie.^^Touie science qui a la nature pour objets s'appelle Physiologie. La science des choses corporelles s'appelle Physique, et la science métaphysique de Tame s'dipçeïle Psychologie. Toutes deux font partie de la physiologie. La physique est ou empirique ou rationnelle. . On jpeut encore appeler cette dernière générale. La psychologie est de même empirique ou rationnelle. La physique empirique et la psychologie empirique ne font pas proprement partie de la métaphysique; mais on a constamment placé la psychologie empirique dans la métaphysique^ parce qu'on ne savait pas ce qu'était proprement la métaphysique.

Nous devons encore l'y placer, parce qu'elle ne peut être exposée à part.

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VOntologie est une science ^émentàire pure de toutes nos connaissances a priori j c'est-à-dire qu'elle contient l'ensemble de tous les concepts purs que nous pouvons avoir apriari des choses. La Cosmologie est la contemplation du monde par la raison pure. Le monde est ou corporel^ ou spirituel. La cosmologie renferme donc de^x parties. On pourrait appeler la première science de la nature corporelle^ et la seconde science de la nature pensante. U y a donc Une science des corps et une science des esprits. La physique rationnelle et la psychologie rationnelle sont les deux parties principales de la cosmologie , métaphysique générale. — La dernière science^ métaphy-sique principale ^ est la Théologie rationnelle.

L'ontologie est la première partie de la métaphysique. Le mot même vient du grec^ et signifie la science des êtres j ou mieux ^ suivant Tesprit de la lettre ^ la théorie générale de Viêtre. L'ontologie est la science élémentaire de tous les concepts que mon entendement ne peut avoir qu'a priori.'

nm FMNitl»le et de Mmpe— IMe.

La première et la plus importante question en ontologie est celle de savoir comment des oon» naissances a priori sont possibles. Cette question doil d^'abord être r&oluQ : car toute l'ontologie se fonde sur sa solution. Aristote Ta décidée en rejetant toute connaissance a priori j et en disant que toutes ngs connaissances sont empiriques^ ou qu'elles se fondent sur les premiers principes

de Texpèrience. Car sa maxime était : Nihil est in inteUectu^ quodnon anteafiierit in sensiu II rejetait donc par -là toute connaissance a priorû Platon disait^ au contraire^ que toutes nos connaissances a priori proviennent ^'une intuition .primitive.

Nous n'avons absolument pas de concepts innés (notiones connatœ), mais nous les acquérons tous^ ou nous les recevons tous (notiones ocfum^cp). L'entendement acquiert des concepts en faisant attention à sa propre fonction. Tout ce > qu'on peut en dire, c'est qu'il y a certaines connaissances a priori j quoiqu'il semble qu'elles proviennent de Ji'expérience^ou qu'elles soient employées en dehors des bornes de l'expérience. Il y a dans notre raison une sorte de dialectique, c'est-^-dire un certain art de l'apparence qui nous fait voir indifféremment quelque chose comme vrai ou faux. Un bon dialecticien doit pouvoir soutenir avec une égale facilita la thèse et l'antithèse sur quoi que ce soit. Il doit pouvoir prouver également la vérité et la fausseté d'une chose, établir à son gré le oui ou le non. La dialectique renferme une. opposition qui fait voir qu'il est impossible de procéder systématiquement en métaphysique : Impossibile est simul esse ao non esse. Simul indique la simultanéité ; mais le temps n'est pas encore expliqué. Il vaut donc

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mieax dirft:É|UK subjecto cùwpetit^prœdieatum ^$i opp<mtum^e nihU negatmnh est ce qui ne peut absolument pas être conçu.

Le concept suprême de toute connaissance humaine est celui d'un objet en général^ et non celui d'une chose et d'une non-chose^ ou de quelcpie chose de possible et d'impossible : car ce sont là des opposés. Tout concept qui a encore un opposé^ en exige un autre qui lui soit supérieur et qui contienne cette divisiou. Deux opposés sont des membres de division d'un objet supérieur. Les concepts de possible et d'impassible y OU ceux d'une chose et d'une non-chose, ne peuvent donc être le concept suprême de la connaissance humaine.

Le principe de contradiction n'est pas la défi-* nition de l'impossible : l'inpossible est ce qui se contredit Est apodictiquement certain j ce dont le contraire n'est pas concevable. Un jugement négatif apodictiqm nécessaire est l'impossibilité : Bnpossibile est Ulud quod sibi ipsi contradicit. Toute définition est convertible > toute définition peut se permuter avec son défini 3 et si la définition ne peut pas être substituée au défini ^ c'est un signe certain qu'il n'y a pas définition. Ce qui se con* tredit est impossible. Il suit donc de là que ce qui ne contient aucune contradiction n'est pas imposa sible : ce qui n'est pas impossible est possible.

74 ONTOLOGft.

Quand dono mes pensées ne con|||Mlnt aucune eontradictioQ, dles sont possibiR. Ce dont la pensée même se contredit^ est absolument impos* sible : c'est le nihU negativum. La réalilé est quelque chose : la nég{Uion n'est rien^ ou plutôt c'est un concept du défaut d'un objet Vens imagina'rttfm est une non-chose^ mais dont la pensée est possible. Une telle non-chose n'est rien ; ce n'est aucun objet qui puisse être perçu. Nous ne devons pas regarder la possibilité des pensées comme étant la possibilité des objets; il faut bien s'en garder. Le principium côntradictionis est un crpterium de la vérité^ qui ne doit être contredit par aucune connaissance. Le critérium veritatis est le signe distinctif de la vérité. Le principium contror iUotionis est le critérium negativum suprême de la vérité. C'est une condition sine quâ non de toute connaissance ; mais ce n'est pas le critérium suffisant de toute vérité.

Des Sugenkentm «yntliétiaaes et de« jroye-

mente analytliiaeii.

Un jugement est faux lorsqu'il se contredit lui-même^mais il ne suit pas de là qu'un juge-^ ment qui ne se contredit pas soit vrai : tous les jugements analytiques doivent être dérivés du principe de contradiction. Le nihU est ce qui se

eontredit lui-même ou dont le concept est absolument impossible > on l'appelle aussi nihU negor ikmm. Vens imaginarv^m est une pure chimère , mais dont cependant la pensée est possible. Ce qui ne se contredit pas est logiquement possible; e'est-à-dire que le concept est à la vérité possible^ mais qu'il n'existe aucune réalité. On dit don% du concept qu'iL n'a aucune réalité objective^ Quelque chose signifie un objet quelconque de la pensée : c'est le quelque chose logique. Le cour eept d'un objet en général s'appelle le concept suprême de toute connaissance. On appelle aussi un objet un quelque chose ^ non pas ^ il est vrai; on quelque chose métaphysique , mais un quelque chose logique. Le principium contradiciioniB est ainsi conçu : Nulli mhjecto competU prtBdican tum ipM oppoeitum. A ce principe est subordonné on coordonné le principium identiUttis^ qui s'énonce ainsi : Omni mbjecU) campetU prœdicatum ipeiidentiounu

La contradiction est ou patente , ou latente : de méme^ l'identité est #uAi ou patente^ ou latente^, c'est-à-dire manifeste ou occtdte. L'identité pa* tente doit être évitée : la contradiction pateùte ne peut être commise par peiftonne^ parce qu'ettese contredit évidemment. La proposition ou le^ principe de l'identité vaut^ touchant les propo*

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