‹ Lecons de métaphysique de KantChapitre 22 sur 37 · MT0L06IB · texte numérisé non relu

MT0L06IB

sitiohs affirmatives y comme le principe de contradiction à regard des propositions négatives.

Au fond^l'on peut regarder ces (}enx principes • comme un seul : car si je pose l'un ^ Tautre en résulte déjà. Le prinovpium identUatis est en effet compris dans le principium contradictionis. Le principium exclusi medii inter duo contradictoria est aussi contenu dans le principium contradUy tionis. Celui-ci s'énonce donc de cette manière : CuUibet subjecto campetit prœdicatorum contradictarie oppositorum alterutrum. La contradiction est ou apparente ou r^eH^. Souvent notre concept semble contenir une contradiction ^ quoiqu'en fait il n'y en ait aucune. Par exemple^ quand on dit : se hâter lentement^ il semble qu'il y a ici contradiction^ et pourtant il n'y en a point: car c'est comme si l'on disait se hâter avec mesure , et ne pas manquer la fin qu on se propose.

Tous les jugements sont de deux sortes : analyti^eê et synthétiques. Un jugement ancdyti^ est celui dans lequel je ne dis du sujet que ce que son idée contient déjà^ éiqtfe je puis en tirer par analyse. Un jugement synthétique est celui dans lequel j'attribue ail sujet un prédicat que j'ajoute an concept, et que je ne*dériv^ point par analyse. Par exemple/ quand je dis^L'or est un métal jaune ^ le jugement est analytique 5 mais si je dis^ L'or n'est pas sujet à la rouille^ le jugeaient est syn-

OMTOLOGIE. 7 7

tbétique. Les jugements analytiques sont purement explicatifs, mais les jugements synthétiques sont exlemifs. Les jugements analytiques servent donc à expliquer la chose > As sont d'une grande importance ; toute la philosophie en est remplie. Toute la morale se compose presque uniquement ^ de jugements analytiques.

Comment des jugements analytiques sont-ils possibles a priori 1 Tous les jugements analytiques sont des jugements a priori j parce que le prédicat est tiré du concept du sujet. Tous les jugemeiits analytiques résultent du principe de contradiction. Un jugement synthétique^ au contraire^ ne se fonde pas si# le principe de contradiction. Les jugements synthétiques peuvent être divisés : 1^ en jugements a posteriori ou d'expérience 5 2° en jugements a priori. Toutes nos

expériences résultent de jugements purement

synthéjtiques : nos jugements d'expérience sont donc tous synthétiques. s'agit de savoir maintenant comment des jugements synthétiques a posteriori sont possibles. Ils résiment de la liaison des intuitions empiriques, ou de l'addition de perceptions empiriques à d'autres perceptions de même nature. — On peut faire voir par une multitude d'exemples qu'il y a réellement des jugements synthétiques a priori. Toutes les mathématiques démontrent le fait} l'arithmétique

78 ONTOLOGÏB.

«t toute la géométrie se composent presque uni* quement de jugements synthétiques a priori. On demande si ces sortes de jugements se rencontrent aussi en philosophie? — Oui, ils se forment de concepts } tandis qu'en mathématiques ils ont ^ lieu par la construction des concepts. La philosophie tout entière est pleine dé jugements analytiques : car il faut que tout y soit analysé. Comment connaissons-nous maintenant si les jugements sont a posteriori ou a priori? Tout ce qui arrive a une raison suffisante ou une cause : tine cause n'est autre chose que ce qui doit suivre d'après une règle constante. Toute substance est permanente 3 la (Arme seule change. Avant d'avoir des connaissances analytiques , il est inutile de penser à des connaissances synthétiques. Un seul moyen nous est offert pour connaître quelque chose synthétiquement sans l'analyse^ ou pour savoir comment la synthèse est possible sans V analyse : savoir l'expérience. Mais quand je puis trouver quelque chose par Vanalyse^ je n'ai besoin d'aucune expérience. Toutes les expériences ne sont autre chose que des jugements synthétiques. Les connaissances a priori ne sont absolument pas possibles par expérience^ mais bien «réciproquement} c'est-à-dire que la simple expérience est possible par des connaissances a priori. S'il n'y avait pas de connaissances a

omroLOGiB. 79

priori j il n'y aurait pas d'expériences : ear cellesci se fondent uniquement sur les connaissances a priori. II y a deux choses dans toutes les connaissances^ savoir : des concepts et des intuitions. Toutes, nos connaissances supposent des concepts^ et les concepts à leur tour requièrent absolument des intuitions. On peut employer les concepts in concrelo et in abstrcu)to. Si je veux avoir des concepts^ il est nécessaire aussi que j'aie des intuitions. L'intuition est la représentation immédiate d'un objet singulier^ tandis que le concept en est Ja représentation médiate.'Quand nous avons des connaissances a priori, nous devons alors avoir d'abord des concepts a priori, et ensuite aussi des intuitions a priori auxquelles les concepts puissent être appliqués. L'intuition est donc la représentation singulière d'un objet VetpMô f t le temps sont des intuitions a priori.

Un concept a priori est la liaison de la diversité de concepts intellectuels purs en une unité de conscience. La logique traite simplement des lois formelles des concepts intellectuels. L'espace et le temps sont des intuitions a priori ; on ne peut en dire grand'chose avant l'expérience. Il y a aussi des concepts a priori : cai^ s'il n'y en avait pas ^ aucune métaphysique ne serait possible. Nous pouvons déterminer tous ces concepts dont, l'entendement n'est capable qu'a priori, suivant

80 OKTOLOGIE.

un principe unique^ c'est-à-dire faire voir:

1** quelle en est l'origine^ et 2® gml en est le nombre. A Taide des idées a priori^ nous pouvons traiter la métaphysique comme un système. Nous devons

voir sur quoi se fondent les concepts a priorij et

d'où ils résultent. Tout ce qu'il y a defo'rmel dans l'entendement est expliqué en logique. Nous appellerons catégories, d'après Aristote^ les concepts intellectuels purs. Tous les concepts apriori résultent de Tusage formel de l'entendement.

Tous les jugements peuvent être divisés :

1° Quant à la quantité;

2^ Quant à la qualité;

5^ Quant à la relation;

a^ Quant à la modalité.

Les jugements sont^ quant à la quantité^ universels y particuliers^ et singuliers.

Us sont^ quant à la qualité^ affirmatifsj néga*' tifsy et indéfinis. Ces derniers sont identiques pour le fond avec les jugements négatifs 3 mais ils en diffèrent qoant à la forme logique.

Les jugements sont^ quant à la relation, cotégoriquesj hypothétiques , disjonctifs.

Quant à la modalité^ ils sont problématiques , asser toriques, et apodictiques.

Les concepts intellectuels correspotident à ces jugements ;

1<^ Aux jugements de quantité^ les concepte d'unité^ de multiplicité , et de totalité;

^ Aux jugements de qualité ^ les concepts de réalité^ de négation^ et de limitation: la limitation est le défaut de r^lité^ c'est la réalité limitée; #

3^ Aux jugements de relation^ les concepts de substance et d'accident (jugements catégoriques)^ de cause et d'effet (jugements hypothétiques)^ de composé et de parties (jugements disjonctifs); on peut les appeler d'un seul nom : Tinhérence, la causalité^ la mutualité;

H^ Aux jugements de modalité correspondent les concepts de possibilité j de réalité (ou d'actualité)^ et de nécessité. Il n'y a pas de concepts intellectuels purs qui ne soient compris sous ceux-là.

La modalité a un caractère tout particulier; on n'y fait attention qu'à la manière dont le jugement a lieu p soit problématiquemtj^l ou comme possible j assertoriquement on réellement (actuelle^ ment)j et apodictiquement ou nécessairemenL Une représentation qui n'est pas rapportée à un objets mais uniquement au sujets s'appelle sensation.

Nous ne pouvons absolument rien connaître par des sensations.

Des intuitions sans concepts^ et réciproquement des concepts sans intuitions ^ ne donnent aucune connaissance. Il fa ut avoir en même temps

des intuitions et des concepts apriorij sans quoi les concepts ne sont pas possibles. La sensation rend l'intuition empirique. Nous pouvons appeler intuitions a pnorî des intuitions pures ^ c'està-dire des intuitions dai^ lesquelles ne se rencontre aucune sensatioiflDes intuitions a posteriori ou empiriques sont celles qui sont unies à des sensations. Nous appelons déduciioif l'explication de la possibilité des concepts intellectuels purs* La déduction est proprement la réponse à la question Quidjuris? La déduction des concepts intellectuels purs est une preuve de leur légitimité.

Bo Principe {vom Crunde).

Le concept de principe et de conséquence appartient à la logique ; et par conséquent pas à la métaphysique 3 mais il est admis comme supposé. Le principe logique est le rapport de la connaissance concernant la manière dont une chose est dérivée d'une autre. En métaphysique^ le principe rentre sous le concept de la causalité. Le mot catégorie a été adopté par jdristote pour désigner les concepts intellectuels. Ce philosophe comptait les dix catégories suivantes : 1^ la ^6- Biance et Y accident; 2^ la qiuilité; 3^ la quantité; .4® la reUition; 5® Vactionj 6^ la passion; 7° le

fàand(quando); B"" Yoù (ubï); 9» la itiiiâlioii(itfi»); 10^ la fMmière d'être corporelle (hahitm)^ L'action et la passion ne sont pas proprement des caté^ gories^mais des prédicables: elles appartiennent à la relation. Les concepts quando^ ti&t et èiUàê, font, partie des concepts d*espace et de temps. Mais l'espace et le temps ne sont pas des catègoriesl Vhdbilw appartient à la possibilité; mais on ne trouve pas dans les catégories d'Aristote la possibilité ^ Tactualité réelle et la nécessité. On voit donc facilement que leis catégories d'A* ristote ne sont ni suffisantes ^ ni distinctes.

Nous essaierons de donner une juste définition du principe ; parce qu'elle est tout-à-fait indispensable. Le principe est ce par quoi quelque autre chose est posé. Le concept du principe est le concept de la relation : B/itionatum est quod non jpomftir nisi posito aUo. ft principe est ce qui est nécessairement suivi de quelque chose ^ ou ce que suit quelque chose diaprés des règles générales : toutes ces idées sont au fond la même chose. Si la conséquence est posée ^ un principe doit aussi être conclu 3 toutefois le principe n'est pas déterminé par là. Mais si je pose le principe, je dois nécessairement poser une conséquence : Batio est id quo posito determinate ponitur alituL Mais il est des cas où quelque chose est posé, et où quelque autre chose suit ^ sans cependant

su ONTOLOGIE.

que Tun soit le principe de Tautre^ par exemple lorsqu'une cigogne passe ^ et que le beau temps vient ensuite. Ponere ne signifie pas ce qui suit autre chose d'une manière fortuite : car la cigogne pourrait aussi être amenée en poste.

Ce qui est considéré comme conséquence s'appelle dépendant. Le dépendant est ce qui contient en soi des conséquences d'autre chose : par exemple^ un homme peut être dépendant d'un autre. L'indépendant est ce qui ne contient rien en soi comme conséquence (rationatum) d'autre chose. Dieu seul peut être indépendant. Le neams ou le lien entre le principe et la conséquence est de deux sortes : celui de la subordination et celui de la coordination. Tout neœus est rapport (respectuz). Mais le rapport est double^ suivant qu'il y a nexu$ ou oppositio. L'un etf^autre ont un principe^ par conséquent ratio ponendi et ratio tollendi; respectus ponens et tollens. Un principe peut être exigé pour tous deux. Tout principe est double : il est logique ou réel. Le principe logique est ce par quoi quelque chose est posé ou supprimé suivant la loi de l'identité. Le principe réel est ce par quoi quelque chose est posé ou supprimé suivant la loi de. la contradiction. Le premier est analytique ^ et le second synthétique. L'accord (consemus) n'est qu'un neams négatif. Le ^waous

^ ONTOLOGIl. 85

hghuê peut, à la vérité y être aussi conçu suivant le principe de contradiction^ mais beaucoup plus clairement et plus facilement suivant le principe

de ridentité : Ratio logica est qno posito poniftir aliud sectmdum prindpiimi identitatis. Je dérive un concept d'un autre par une opération analytique. La conséquence est donc dans le principe; elle forme avec lui une seule et même chose implicitement^ mais non pas explicitement. Il n'y a donc entre un principe et sa conséquence aucune différence réelle^ mais seulement une différence quant à la forme. Un principe réel est ce dont la conséquence est une conséquence réelle : par exemple^ ma volonté est un principe réel du mouvement de lAqn pied.

Entre deux choses opposées logiquementj il n'y a pas d'intermédiaire (<^rtttim non datur): entre deux choses opposées réellement , il y a^ au contraire^ un milieu (tertium datur). Le concept du princij^e réel est un concept synthétique. Ce qui contient le principe réel de quelque chose^ s'appelle cause. Je ne puis apercevoir le concept d'un principe réel par expérience : car il renferme une nécessité.

On peut donc ti:ès-bien répondre ici à la ques^ tion de la possibilité des /u^emmts synthétiques h priori. Toute connaissance se compose de juge^ ments : c'est-à-dire que je dois rapporter à un

80 OriTOLOGIE. ,

sujet une représentation comme prédicat. Les jugements formés de concepts qui proviennent des sens^ ont une forme identique. Mais si les représentations doivent se rapporter à un objet j la forme des jugements n'est plus identique^ parce qu'elles sont déterminées en soi par l'objet Les représentations^ en tant qu'elles ne sont pas rapportées à un objets ne sont que des prédicats de jugements possibles 3 mais si elles se rapportent à un objet, le jugement doit avoir une forme dans laquelle on les rapporte à un objet Une connaissance est donc empirique ^ ou le rapport des représentations à un objet Elle n'est donc possible que par des jugements , et sa forme doit être déterminée. Les toncepts qui déterminent la forme des jugements par rapport à chaque objet, sont les concepts intellectuels purs ou catégoriques : les catégories sont donc les prith eipes de la possibilité de toute expérience. Elles sont ce qui détermine a priori, pour tous les objets ^ la forme des jugements. Toutes les représentations des sens ont un rapport à un objet La liaison du principe à la conséquence est la représentation de la liaison de deux phénomènes^ en tant qu'elle est conçue suivant des règles générales. Tout mouvement doit avoir une cause. L'expérience n'est autre chose qu'une connaissance d'un objet par des représentations sensibles. La

ONTOLOGIB. 87

forme des jugements fait voir comment plusieurs représentations peuvent être liées en une seule conscience. Nous ne pouvons connaître par les sens que les propriétés ou prédicats de l'objet. L'objet mén^e est intellectuel.

Quelque chose peut être considéré comme poêêibh mtrimèquemefU et extrinsèquement. Le possible intrinsèquement est dit absolument possible^ le possible extrinsèquement est dit hypothétique^ ment possible. Cette expression est très ambiguë. Toute condition est limitative^ et ne vaut pas universellementj mais ici la possibilité n*est pas considérée comme limitée} elle est au contraire envisagée comme étendue. Ce qui n'est pas simplement possible in thesi y mais aussi in hypothesi^ est ce qui non-seulement est possible intrinsèquement, mais aussi extrinsèquement. La possibilité conditionnée est donc un degré moindre de la possibilité j mais elle doit être extensible. Est absolument possible y ce qui est possible sous tous les rapports ; est possible hypotbétiquement^ ce qui ne Test que sous certaines conditions ( eub conditione restricticà). Ce qui est impossible en soi y n'est possible sous aucune condition ( suh mdld hypoiheri).

88 crifTOLOGiir.

Du Principe de la Balson uufùmmnte.

Dans les manuels de métaphysique y le principium rationis sufficientis est énoncé ainsi : Nihil est sine rcUione. Leibnitz pensait que si Ton pouvait mettre sous un meilleur jour ce principe, on pourrait en faire un meilleur usage. Mais fFolff Ta employé sans aucune restriction : tout ce qui est a sa raison; par conséquent tout ce qui est doit être une conséquence. Pour apercevoir la fausseté de ce principe universel , il suffit de l'énoncer en d'autres termes : Quidqaid est ^ est ra- (ionotum. On voit alors sur-le-champ qu'il n'en est rien. Donc toutes les choses seraient des conséquences? Mais alors de quoi seraient-elles les conséquences? L'impossibilité de cette proposition est donc frappante. Yeut-on la démontrer plus clairement 9 on n'a qu'à l'énoncer encore ainsi : Si quelque chose est^ et qu'il n'ait pas de principe^ il n'est rienj on confond alors le rien logique avec le rien transcendental. Je ne puis donc pas dire de toutes choses qu'elles sont des conséquences , mais j'emploierai le principe suivant une certaine restriction. Le rapport de la consé<|ience au principe est un rapport de subordination y et les choses qui sont soumises à ce

ontOLOfiii* 89

rapport forment une $érie. Le rappoiida principe à la conséquence est donc un principe dèlaêérie, et vaut uniquement pour le contingent. Tout contingent a un principe 3 est contingent^ ce dont le contraire est possible. Le principium ratùmis iuf" ficientis est donc celui-ci : Tout ce qui arrive a un principe. Le prmcipium rationis sufficientiê ne concerne pas les idées en général^ mais les sens. Nul philosophe encore n'a démontré le principe de la raison suffisante : on peut donc dire que cette preuve est la crtsx philosophorum. On ne peut le démontrer analytiquement ; car la proposition : Si quelque chose arrive y il doit y avoir une raison jKmr^fuot il arrive^ est une proposition synthétique. On ne peut le dériver de simples concepts; il est possible a priori par le rapport des concepts à une expérience possible. Le principe de la raison suffisante est une proposition qui sert de fondement à Texpérience possible. Le principe est ce qui, une fois posé^ est suivi de quelque autre chose en conséquence do règles générales. L'expérience n'est possible que par des concepts intellectuels a priori. Les jugements synthétiques ne valent jamais touchant des choses en soi, mais uniquement par le moyen de l'expérience. Toute expérience est synthèse ou connaissance synthétique des choses qui ont une valeur objective» Le principe de la nécessité em-

pirique de la liaison de toutes les représentations de Vexpèrience est une connaissance synthétique a priorL

La différence entre le principe suffisant et le principe insuffisant est celle-ci : le principe qui contient tout ce qui se trçuve dans la conséquence s'appelle principe mf/isant; mais le principe qui ne contient qu'une seule partie de ce qui se trouve dans la conséquence est le principe iÊÊ»uffisafU. Les principes sont divisés en médiats et immédiats. Le principe médiat est le principe d'un principe; mais le principe immédiat est le principe o&sfiie ratione intermedid Çjuelqne chose peut être appelé principe suprême (ratio prima)}, et ce principe est ou secundum quidj ou simpliciter. Le principe indépendant est celui qui ne relève d'aucun autre. Des principes peuvent aussi être considérés comme coordonnés. — Si le principe est posé, la conséquence l'est aussi ; mais pas réciproquement

Aliqaid in logico senm est l'objet de la pensée^ et ce quelque chose est le concept suprême. Deux opposés ne peuvent pas être conçus dans un concept unique. Déterminer n'est autre chose que de poser l'un de deux opposés. Des objets que nous avons par concepts ne sont pas déterminés. Est déterminable tout concept en tant qu'il est général. Il est impossible de déterminer chaque

ONTOLOG». 91

chose de toute manière (omni modo) : car il faU' drait connaître les prédicats de tontes les choses, ce qui n'est possible qu'à celui qui sait tout Ce qui détermine (determinans) est le principe. Nous appelons détermination^ non pas les prédicaU analytiques j mais bien les prédicats synthéti* ques. La différence entre les déterminations tient à ce qu'elles sont ou affirmatiTCS ou négatltes^ ce qui constitue la qualité des jugements. Il est indifférent en logique qu'on se serre de prédicats affîrmatifs ou négatifs^ la logique ne considérant que la forme du jugement. La réalité et la négation sont des catégoriesi c'est-à-dire des concepts intellectuels purs. La différence entre la réalité et la négation tient à ce que la réalité est ce dont leconcepétontient en soi un être j la négation^ ce dont le concept renferme en soi un non -être. H est facile de distinguer les choses : si quelquefois on rencontre en cela de la difficulté > c'est qu'il s'agit alors de choses intellectuelles. Erreur n'est pas négation. Il y a encore une troisième chose intermédiaire à celles-là^ mais qui ne leur est pas unie : c'est la limitation, toutes les déterminations sont ou détermination interne^ ou relation ^ c'estrà-dire rapport à autre chose.

Dn Concept d*Btre (Bnneiice, vom Wesen),

Le concept d'être appartient proprement à la logique. L'être est ou logique^ ou réel. Vétre logique est le premier fondement de tous les prédicJls logiques d'une chose. Un être réel est le premier fondement de toutes les délenninations d'un être : c^r essentia est vel logica , vel realis. Nous posons un être logique par l'analyse du concept. Le premier principe de tous les prédicats est donc dans lexoncept^ mais ce n'est pas

encore un être réel. C'est ainsi ^ par exemple, qu'il est de l'essence des choses que des corps

s'attirent, quoique le concept de ce fait ne fasse pas partie du concept de corps. Vessence logique est donc le premier principe interne de tout ce qui est contenu dans un concept. Mais un être ou une essence réelle est le premier principe interne de tout ce qui convient à la chose même. Quand j'ai l'essence logique, je n'ai pas encore l'essence réelle. En métaphysique, une essence logique ne doit jamais être entendue comme un être :

car cette essence appartient à la logique. L'essence logique est trouvée par des principes de l'analyse^ et l'essence réelle, par des principes de la synthèse. Les prédicats qui appartiennent

ONTOLOGIB« 93

k l'essence ^ mais seulement à titre de conséquence^ s'appellent attributs; ce qni^ an contraire^ appartient à l'essence^ mais à titre de principe^ s'appelle essentiel (essentiole). Attributs et essences (essentiaUa) appartiennent donc à l'être. Les modes et les relations sont des extraessentialiay qui ne font point partie de l'être ou de l'essenpe. Les modes sont des exlra-esêentialia interna. Quelques prédicats conyiennent au concept de la chose comme un principe interne 3 d'autres^ seulement comme conséquence d'un concept donné. Les premiers sont les essenlieUia^ les seconds les attributa. Le compleœus des essetvtialium est essence (essentia), ou l'être. L'essence réelle n'est pas l'essence du concept , mais de la chose. C'est ainsi ^ par exemple ^ que le prédicat de l'impénétrabilité ne fait pas partie de l'existence du corps. J'observe donc par l'expérience plusieurs choses qui ne font pas partie de l'existence; par exemple^ l'étendue dans l'espace^ la résistance à l'égard d'autres corps ^ etc. Le principe interne de tout cela est don<tla nature de la chose. Nous pouvons seulement conclure des propriétés à nous connues au principe interne. Donc Vessence réelle des choses nous est inaccessi" ^Uej quoique nous connaissions plusieurs parties

Si

sivement par l'expérience lesTorces des choses.

essentielles. Nous apprenons ^ÉÉpnnaltre succession

Les attributs d'une chose conviennent ou à cette chose seulement^ et alors ils sont propres; ou bien ils lui sont communs avec d'autres. Un attribut propre doit découler de tout ce qui constitue l'essence (esserUialibus). Un attribut commun résulte seulement d'une partie de l'essence (essen-^ tiali).

rBxtoienise (vom Daseyn).

Ce concept^ quoique simple^ est cependant très-difficile^ parce que nous l'appliquons à des Concepts qui dépassent toute expérience et tout exemple. C'est fiinsi que nous l'appliquons au concept de Dieu. Il appartient à la catégorie de la modalité, c'est-à-dire aux catégories concernant le jugement quant à la possibilité. La différence entre le jugement problématique et le jugement assertorique consiste en ce que , dans le premier cas^ je conçois quelque chose d'un objet^ ou que j'attribue dans ma pensée un prédicat à un sujets daife le second cas^ en ce que j'attribue un prédicat à un objet hors de moi et non dans ma pensée. Les catégories de la possibilité et de la réalité diffèrent par ce caractère même. ^ On n'attribue pas ^us à un sujet par la réalité que par la possH|té; la possibilité n'est posée que d'une manière absolue avec tous les prédi-

<sat05 dws la possibilité^ ces prédicats ne sont nspectiYoment posés qu'en pensée. Dm» le pre* mier cas^ il y a position absolue 3 dans le second^ position relative (rêspectiva). Je reconnais la pos* sibilité logique par le principe de contradiction. Tout ce qui existe est^ à la vérité^ déterminé universellement; mais^ dans l'existence^ la chose est posée avec tous ses prédicat^^ et par conséquent déterminée universellement Mais Texistence n'est pas le concept de la détermination universelle: car je ne puis connaître celle-ci^ la chose n'est possible qu'à la science suprême. L'existence ne doit flonc pas dépendre du concept de la détermination universelle^ mais bien réciproquement Si quelque chose n'est que conçu , il n'est que poisiUe. Si quelque chose est conçu parce qu'il.est déjà posé^ alors il est réel. Si quelque chose est donné , par cela seul qu'il est conçu il est nécessaire. Je ne conçois pas plus dans une chose par l'existence que par la possibilité 3 seulement^ la manière de la poser est différente ; c'est-à-dire que sa relation par rapport à moi n'est pas la même. L'existence ne donne donc aucun prédicat de plus à un objet On dit ' dans l'école. L'existence est le complément de la possibilité 3 mais elle n'a lieu que dans ma pensée, et non point dans la chose. La véritable définition de l'existence est celle-ci : Eonstentia est

positio absoluta. Elle ue peut donc être un complément^ un prédicat de la chose , mais bien la position de la chose avec tous ses prédicats. L'existence n'est pas une réalité particulière^ quoique tout ce qui existe doive avoir réalité. L'existence, la possibilité^ la réalité et la nécessité sont des espèces particulières de catégories qui ne contiennent pas les prAlicatsdes choses^ mais seulement des manières de poser ces prédicats. Ab esse ad posse valet consequentia ; mais non pas réciproquement. On peut conclure de l'existence à la possibilité^ mais non de la possibilité à l'existence, ji non posse ad non esse valet consequentia, mais non réciproquement 3 c'est-à-dire qu'on peut conclure de l'impossibilité à la non-existence^ mais non pas de la non existence à l'impossibilité. D'après nos concepts bornés, suivant lesquels nous ne pouvons pas apercevoir a priori la possibilité des choses , nous sommes obligés de conclure ab esse ad posse.

Etre et Mon-Btre {Ens et non ens).

Quelque chose (aliquid) indique , dans le sens logique, un objet en général ; dans le sens métaphysique (in sensu reali), il signifie le possible {ens imaginarimn) y on l'appelle ordinairement

aussi ens ralionis. Ce dont le concept est à la vérité possible^ mais dont nous ne pouvons àim que la chose soit possible , n'implique pas contradiction. Tous les traités de pneumatologie contiennent quelque chose de semblable : telles sont, par exemple y les idées de Lmater sur Tèternité , où il est question de beaucoup de choses sur la communauté des esprits. Tout cela n'est que entia nUionis raliocinantis. Telle est encore cette idée^ qu'après la mort notre ame passera d'un corps cosmique dans un autre : la raison peut le concevoir^ elle n'y trouve aucune contra% diction. L'mn rationis ratiocinantis est un idéal. La raison est forcée d'admettre un semblable idéal de la perfection comme un maximum en^une matière^ d'après lequel tout le reste est jugé 3 par exemple, un modèle de l'amitié parfaite. Un semblable idéal est ce qu'il y a de plus grand dans son genre: il est par conséquent unique, car le plus grand n'est qu'un. — Des entia ficta imaginaria sont des choses que nous pouvons concevoir, mais ce ne sont pas des idéaux. Car des idéaux sont des choses de la raison et sans in" tuition : ce sont des substrata nécessaires de la raison. Des chimères et des idéaux sont aussi différents : nu idéal résulte d'un usage nécessaire de la raison; une chimère y au contraire, est un prédicat arbitraire de la raison extra vaguanL

98 eirroLOGiK.

De niAlté. de te WéwÊÈé^ 4e te Perfleelloii.

C'est nne doctrine scholastique ancienne que celle-ci : Quodlibet en$ est unum bonum ceupetfectum. 1^ Toute chose est une; 51^ toute chose est vraie, n est contraire à Tusage du discours d'attrihuer la yèritè à une chose 3 mais on dit bien d'une connaissance qu'elle est vraie. La raison de la vérité doit être dans la chose. 5^ Toute chose est parfaite^ c'est-à-dire que chaque chose contient tout ce qui est indispensable à son existence.

La représentation d'un objet quelconque renferme :

±^ L'unité du déterminable ;

S? La multiplicité des déterminations et leur accord respectif 3

3^ La totalité des déterminations^ en tant qu'elle consiste en ce que les déterminations nombreuses se rencontrent dans un seul objet

La vérité transcendentale ^ différente de la vérité logique^ consiste dans l'accord des prédicats qui appartiennent à l'essence d'une chose , avec l'essence même : car comme ils sont les prédicats de la chose ^ ils doivent aussi s'accorder avec son essence. Toute chose est vraie dans le sens transcendental. La perfection^ considérée

ONÏOLOGIfi. 99

transcendenlalement^ est la totalité ou Tintéipralitè des nombreuses déterminations. Chaque îhose est parfaite au point de me transcendentaL

Les oriteriwn dftehose et de non-chose sont :

1^ Vunité de l'objet conçu dans mon concept;

^ La vérité transcendentale dans la liaison les déterminations diverses ;

3^ Vmlégralité ou totalité.

Les choses peuvent être considérées :

1^ Physiquement j en tant qu'elles sont représentées parTexpérience;

2^ 3fétaphy$iquementj en tant qu'elles sont re- [irèsentées par la raison pure ;

3^ Transcendentalement j en tant quelles sont ■eprésentées par la raison pure quant à ce qui ippartient néces$airemenl à leur essence.

La perfection physique consiste dans la sufisance des représentations empiriques. La per- 'ection métaphysique consiste dans les degrés le la réalité. La perfection transcendentale consiste dans l'existence de tout ce qui est nécessaire à une chose. Une chose est métaphysiquement plus parfaite qu'une autre. Une chose a plus de réalité qu'une autre. Mais chaque chose est transcendentalement parfaite.

mi IVécetMalre et da Contlnfent.

L'accord d'un objet avec k| conditions de la pensée constitue la possibilité de cet objet. Sa position absolue (absoluta positio) en est la réalité ; c'est-à-dire que l'objet est posé en soi et non par rapporta U pensée. La réalité^ en tant qu'elle peut être connue a priori^ est nécessité. Cette nécessité peut èire hypothétique y si l'existence d'une chose est connue a priori secxindum quid; — ou absolue, si l'existence d'une chose est connue a prioru simpUciter. Il y a connaissance d'une chose a jdiori secundum quid y lorsqu'on la connaît par concept^ sans rexpéricnce^ tout en en connaissant la raison par l'expérience. On ne peut jamais connaître l'existence des choses parfaitement a priori y par simple concept : car elle ne peut être dérivée de purs concepts} elle doit, au contraire, être connue primitivement par l'expérience. Il doit y avoir une raison qui puisse cependant être connue par l'expérience : car si cette raison était simplement conçue par concept, il y aurait plus dans la conséquence que dans le principe, parce que le concept ne fait voir en général que le rapport de la chose à la pensée. Mais la réalité est une position absolue ;

ORTOLOGUU 101

de telle sorte que lobjet est posé en lai-mème^ et non par rapport à mon entendement C'est la raison pour laquelle je ne puis jamais conclure de la possibilité à la réalité ^ mais bien de la réalité à la possibilité. Je ne puis donc pas connaître parfaitement a priori l'existence d'une chose.

La nécessité absolue est celle qui doit être connue a priori simpliciter. Il faut ajouter encore quelque chose à la pensée; c'est-à-dire qu'il faut y ajouter l'intuition de quelque chose de réel, ou la perception. La perception est la représentation du réel. La connaissance de l'existence d'une chose n'est donc jamais possible sans l'expérience : ou je connais les choses uniquement par l'expérience, ou j'en connais les raisons en partant de l'expérience. La nécessité absolue est donc tout-à-fait impossible à connaître, quoique nous n'en voyions pas l'impossibilité. La connais, sance de la nécessité est, par conséquent, une connaissance hypothétique. Toutes les choses ont une nécessité dérivée (necessitatem derivativam)y que je peux connaître a priori secundum quid par des principes de Texpérience. Est nécessaire ce dont l'opposé est impossible; est possible ce qui s'accorde avec les règles de la pensée; est contingent ce dont l'opposé est possible. Ce sont là des définitions nominales , de pures définitions de mots. La possibilité logique^ la réa-

109 ontologie:

tions contraires peuvent avoir lieu dans une chose. Il ne faut pas croire cependant que l'on aperçoive toujours clairement ce que Ton entend : car apercevoir^ c'est connaître quelque chose a priori par la raison. Par rapport à l'expérience^ nous avons toujours besoin du changement. C'est un principe général en métaphysique^ que : Essentiœ rerum mnt immutabiles ; il a pour fondement cette proposition : Essentiœ rerum stmt necessariœ; mais de la nécessité suit l'immuta* bilité. Donc^ essentiœ rerum sunt immutabiles. La chose est ausssi contingente dans le même sens dansr lequel elle est muable; et elle est nécessaire dans le même sens dans lequel el^ est immuable. Mais l'essence logique des choses est nécessaire 3 et nous ne parlons pas ici d^ V essence réelle, mais bien de Y essence logique. Au lieu de : Essentiœ rerum sunt immutabiles, on devrait dire que l'essence des choses convient nécessairement à chacune d'elles. Nous ne pouvons changer l'essence des choses sans la faire disparaître. Rien n'est susceptible d'être changé, salva rei essentia, quant à ce qui fait nécessairement partie de cette essence. Quand donc on dit : Essenr tiœ rerum sunt immutabiles y on n'entend parler que de la mutabilité logique^ et non de la mutabilité réelle. On croyait apprendre beaucoup de choses en étudiant la métaphysique; mais on ne

outologib. 105

prenait jamais que des propositions idéales pour des propositions hypothétiques. Une proposition idéale semble contenir quelque chose de particulier^ j)ar la raison que le mot essence est pris dàb^one double acception. Dans la première ^ il signifie substance; c'est ainsi que l'entendait déjà jiristote lorsqu'il disait : Les substances sont immuables. Mais en ontologie , le mot essence ne s'entend point ainsi ^ il n'indique que le concept premier que je me fais d'une chose.

' Da Réel (poflltlf) et dn IVégalir.

On distingue quelque chose de réel et quelque chose de négatif dans tout ce dont on a conscieuce. La négation est opposée à la réalité. L'opposition est ou logique^ ou réelle. Quand on nie quelque chose^ ce quelque chose est l'opposé logique. La réalité et la négation ne peuvent être posées dans une seule et même chose. L'opposition réelle consiste dans l'union de deux principes réels y dont l'un fait disparaître la conséquence de l'autre. Il peut y avoir opposition entre des réalités. La négation seule n'est pas opposée à la réalité; mais encore une autre réalité qui empêche la conséquence d'une autre réalité.

L'opposition des principes réels rend tout chan-

gemeat possible. Quand on trouye de la négation dans le monde , c'est qu'alors il y a deux principes^ savoir : un principe réel et un principe contraire. Toutes les réalités s'accordent La réalité est ou phénomèfM, ou noumène. Tout ce qui se présente positivement à nos sens s'appelle réalité phénoménale (reaUt€»phcBnomenoH) -^ tout ce qui se présente positivement à notre entendement pur^ est réalité noumène (r. noumenon). La réalité phénomène ou réalité apparaissante est celle qur n'a sa raison subjective que dans nos sens. Les réalités phénoménales constituent la plus grande partie des choses.

Nous pouvons concevoir dans une chose ^ réa-- Utèy négation, et une troisième chose qui lui convient encore , la limitation. La limitation est la négation qui contient réalité. La limitation appartient essentiellement à la quantité. La réalité est ce dont le concept indique déjà par lui-même une existence; l'indication est ce dont le concept en soi est un non-ètre. Chaque chose est réalité* La qualité d'être chose (Dingheit, la choseté) repose simplement sur la réalité. La perfection d'une chose en général n'est que la quantité de sa réalité. Ce qui est absolument parfait est sans négation aucune^ c'est la plus grande réalité. Un ens omnimode reale est donc^ dans le sens métaphysique^ l'être le plus parfait.

Pa 0liifiill«r M de rUBl^emMl*

if

On ne peut coi^^oir un être universel^ ce n'est que le concept A' être (conceptuê enti$)i En$ omnimode determinalum est ens singulare. La dispute êchola$tiqw entre les réalistes et les nominalistes roulait sur la question de savoir si les tmiversalia sont de simples choses^ ou s'ils ne sont que des noms. Un imUviduum ou un ens singulare est ce qui est universellement déterminé en soi. Toute différence est ou numérique (soit eo^em numéro j soit dioersd)^ ou générique j ou spécifique.

un Votai et da Partiel*

Le concept de tout (ait partie de celui de quantité. Beaucoup^ en tant qu'il est un^ est totalité : M in quo est omnitudo pluriumj est totum. Le quantum ainsi que le compositum contiennent le concept de multiplicité. Mais le concept de composé est général , car les parties peuvent être ici hétérogènes. Mais dans le concept de quantum on suppose toujours que les parties sont homogènes. Donc tout quantum est un compositum, mais pas tout compositMm un quantum. On de-

mande^et du qiMntumet du compositunij s'il existe

comme tout^ ou seulement comme partie. Toutes les parties qui appartiennent à un compositum s'appellent compartes. Une chose qui i^ peut être conçue que comme* partie dlun tout est un em incompletum. Tout quantum est nrnltitudo; tout quantum doit donc aussi résulter de parties homogènes. Mais une multitude infinie est plus grande que tout nombre^ et nous n'en pouvons avoir aucun concept clair. Tout quantum est ou continuumy ou discrelumJin quantum par la grandeur duquel la multitude des parties est indèterminéej^s'appelle continuum-y il se compose d'autant de parties qu'on le yeut^ mais pas de parties singulières. Tout quantum j au contraire^ par la grandeur duquel je veux représenter la multitude de ces parties ^ est discretum. Un quantum discretum doit être distingué d'un quantum continuum qui est représenté comme discretum. Un qu^an- <tim*dans lequel je détermine les parties, est discretum, mais pas en lui-même (per se). Un quantum continuum per se est celui dans lequel le nombre des parties est indéterminé ^ un quantum discretum per se est celui dans lequel le nombre des parties est arbitrairement déterminé. Un nombre est par conséquent un ^^ntum discretum.^ous nous représentons par le nombre tout qtMntum comme discretum. Lorsque je me fais un concept d'un

^mntum éUsoretum, je conçois alors un nombre. Des portes amgnabiles sont les parties qni^ unies entre elles^ forment un concept numérique. La tnvltitude qui se conçoit dans un quantum contù nuum est toujours omni assignabili major. Certaine chose est plus grande qu'une autre ^ si celle-ci n'est égale qu'à une partie de la première. Changer une chose en une plus grande^ c'est l'augmenter; la changer en une plus petite^ c'est la diminuer. Tout quantum peut être augmenté ou diminué. Un quantum qui ne peut absolument pas être diminué s'appelle minimum. On ne conçoit pas de mimmum dans le quantum contirmum : car toute partie est à son tour un quantum, et ne donne par conséquent pas de minimum. Il n'y a par conséquent pas d'instant le plus petit possible : car toute petite partie du temps est cependant encore un quantum continuum qui se compose de parties. Leibnitz appelle ces concepts , oonceptus deceptores. L'espace et le temps sont des quanta continua. On ne conçoit ni de plus grand ni de plus petit possible dans l'espace et le temps. X'espace dans lequel sont contenues toutes les parties assignables est l'espace infini ou absolu. Le temps dans lequel sont contenues toutes les parties assignables est Y éternité. Mais ce sont là des idées que nous ne pouvons pas saisir.

OHMittléa.

On peat considérer toutes les quantités (quan' titates) on extensivement ou intensivement II y a des objets dans lesquels nous ne distinguons aucune multiplicité de parties homogènes : alors il y a quantité intensive. Cette quantité est le degré. Les objets dans lesquels nous distinguons une multiplicité de parties homogènes ont une quantité eœtenmeé La quantité intensive est celle du principe ^ et la quantité extensive celle de l'agrégat. Tout ce qui est représenté dans l'espace et dans le temps a quantité extensive. Toute réalité dans l'espace et dans le temps a un degré. On peut concevoir quelque chose de simple comme ayant quantité^ quoiqu'il ne puisse pas y avoir lieu à multiplicité , par conséquent comme quantité intensive.

Do Desré de 1» PoMtlilUté.

La possibilité interne n'a pas de degré : car nous ne pouvons la reconnaître que par le principe de contradiction. Mais la possibilité hypothétique a un degré y parce que toute hypothèse est

une raison^ un principe^ et que tout principe a uiM quantité. Tout principe a un degré 5 maïs les eonaèquences peuvent être considérées à leur tour comme extensives et comme intensÎTes. Un principe qui a plusieurs conséquences est un principe fécond. Un principe qui a de grandes conséquences est un principe ifii|M)rtofil.

La possibilité hypothétique peut être considérée comme s'évanouissant^ parce qu'elle peut être diminuée à l'infini. On parle^ dans les écoles philosophiques^ de la quantité de l'unité^ de celle de la vérité^ et de celle de la perfection. L^unité transcendentale^ la vérité et la perfection^ n'ont pas de quantité^ et ne peuvent absolument pas se comparer sous ce rapport Quant à la quantité , les choses ne sont comparables qu'à une troisième, mais non point à leur propre essence^ comme dans l'unité^ la vérité^ la perfection • transcendentale. Mais l'accord d'une chose avec un principe peut être plus grand ou plus petit L'accord avec la raison mjiffisante est la conformité la plus grande.

•e te SMMrtaaioe «e de 1* Aeddeat.

La relation est de trois sortes : celle des jugements du sujet au prédicat^ celle d'un principe

à sa conséquence^ et celle des membres d'une division au concept 4i visé. Les jugements sont^ quant à la relation^ catégoriques ^ hypothétiques et disjonctifs. A ces jugements correspondent les catégories de subsistance , d'inhérence et de commerce. La substance est ce qui existe en soi uniquement comme sujet; V accident est ce qui n'existe que comme prédicat ou détermination d'une chose ^ ou ce dont l'existence est simplement inhérence. Ce dont Texistence n'est que subsistance est substance. Il n'est pas juste de dire^ comme le pensent quelques-uns^ que des substances puissent aussi exister comme inhérence^ mais que seulement cela n'est pas nécessaire.

Les accidents sont des manières de concevoir Texistence d'une chose, et non pas des existences . distinctes 3 la substance^ comme support des accidents , ainsi que l'appelle Locke , est par conséquent aussi tubstratum. Le rapport des accidents à la substance n'est. pas celui de la cause à l'effet. La substance peut bien exister comme ror tionatum, mais non comme prédicat. Ce sont là des concepts flBkèrement différents. Nous connaissons à la vérité les accidentia , msLis pas le iubstantiale. Celui-ci est le sujet qui existe après séparation de tous les accidents, et qui nous est inconnu : car nous ne connaissons les substances

OlfTOLOGIB. lis

ne par les accidents. Ce substantiàU est le quelque hose en général. Je ne puis rien connaître d'une hose que par des jugemeirts^ et ces jugements oitent toujours avoir pour fondement des préicafs. Nous ne pouvons connaître les substances ne par des accidents. Nous ne pouvons pas percevoir a priori par la raison comment quelae chose ne peut exister qu'à titre de sujets et adique autre chose à titre de prédicat Nous ne cuvons pas.apercevoir a priori la possibilité ou impossibilité de subsister ni la nécessité d'inhé- )r. Nous ne pouvons pas apercevoir le substan» A, mais simplement les accidents^ par la rai- ^n que nous sommes trop peu clair- voyants^ et irce que l'entendement ne peut concevoir que iv des concepts^ et que des concepts ne sont itre chose que d|tt|>rédicats. De$carte$ a dit que substance est ce qui n'exige pour son exismce celle d'aucune autre chose ; c'est-à-dire ce li existe sans être la conséquence d'une autre liose. Mais ce n'est pas là une substance, c'est ae indépendance. Spinosa suivit aussi le même mcept y et ce fut la cause de son erreur. L'exisince d'une substance est la subsistance 3 l'exismce d'un accident est l'inhérence. — Nous rons aussi un principe pour les substances et 9S accidents y c'est le principe de la permanence les substances. Tous les philosophes en ont fait

114 ONTOLOCn.

Qsage^ il est de la plus haute importance^ car sans lui la physique serait impossible» Le changement est vicissitude^ et la permanence durée ou stahUiU. Tous les changements supposent un sujet dans lequel les prédicats se succèdent Le concept de changement suppose la permanence de la substance. Mais nous ne comprenons pas pourquoi quelque chose dure nécessairement.

De la inorce.

Dans le concept de force se trouve celui de cause. La substance est regardée comme sujets et la force comme cause. L'accident n'est quelque chose de réel qu'en ce qu'il existe inhcerendo et non en soi. La causalité est la dâîj^mination de quelque autre chose qui est posé par elle suivant une règle générale. Le concept du rapport de la substance à l'existence des accidents^ en tant qu'elle en contient la raison^ est celui de force. Toutes les forces sont divisées en primitives ou fondamentales et en dérivées. Nous cherchons à ramener les forces dérivées aux forces primitives. Toute la physique^ tant celle des corps que celle des esprits (cette dernière s'appelle psychologie)^ revient à ramener autuit que possible à des forces

outologis. lis

fimdamentales les forces différentes que nous ne connaissons qae par l'observation.

On appelle qualUas occulta une propriété inconnue des choses : car un très-grand nombre de ces propriétés nous sont inconnues , par exemple la véritable cause de la force magnétique, celle par laquelle le salpèU'e refroidit l'eau ^ et beaucoup d'autres.

De l'BUit.

Le mot état4phlique la détermination universelle d'une chose dans le temps. Aucun état ne peut être attribué à un être nécessaire : car si l'état extérieur est changé^ la chose même est changée. Le mot état ne peut donc pas être employé en parlant de Dieu : Dieu n'a pas d'état. Il est^ à* la vérité^ en rapport avec les choses extérieures^ mais ellQS ne l'affectent pas. Elles ne touchent que le monde^ et c'est pour cette raison que Dieu «st appelé immuable.

Q«'«i^ee 4Be VAgÈwt

L'agir ne peut être atU'ibué qu'à des substan* ces. L'action est la détermination de la force d'une.

substance comme cause d'un certain accident La causalité est la propriété d'une substance en tant qu'elle est considérée comme cause d'un accident Nous pouvons connaître les forces des choses par les changements. L'action est ou im-manènte ou passagère : quand une action interne ou une action immanente est exécutée^ on dit alors que la substance agit L'action transitoire est aussi appelée influence. A l'influence correspond évidemment le pàtir^ mais non pas à l'action interne. Le pâtir est l'inhérence d'un accident d'une substance par une force qui lui est étrangère : Commercium est reltmo substantiarum mutuo influam. La faculté et la force sont différentes. Dans la faculté ^ nous ne nous représentons que la possibilité de la force. Entre la faculté et la force se place le concept d'effort. Si le principe de détermination n'est qu'intrinsèquement suffisant pour produire un effets alors c'est une force morte : mais s'il est intrinsèquement et extrinsèquement suffisant^ alors c'est une force vive. Un obstacle est un empêchement à l'action de la force qui ne suffit qu'intrinsèquement^ et qui l'empêche de produire son effet : c'est toujours une force contraire; aussitôt que l'empêchement ou l'obstacle est levé^ la force, de morte qu'elle était ^ devient vive. Une faculté qui suffit pour toute espèce de chose ^ est haUtus, habileté ou

ONTOLOGIB. 117

iMibitode. n faut distinguer ici Yopérer, i'ogir^ et le faire. Agir (agere) peat contenir tout ce qui est possible relativement an produit (rationatum) de Faction. Il y a action (actio) lorsqu'une conséquence réelle résulte de l'agir. Faire (facere), c'est agir librement. Un fait (factum) n'est jamais atr tribué qu'à une substance agissante. Vimpedh mentum est ou formel^ ou réel. Vimpedimentum formel ou négatif est le défaut^ defectus. Vimpe^ dimentum réel on positif consiste daiis une cause ^a {[issante opposée à une [autre.

De Mmple et da Comp^Mié.

Le concept d'un composé suppose des parties.

Si les parties d'un composé peuvent être données avant la composition^ alors le composé est ^réel Si elles ne peuvent pas être données avant la. composition^ alors le composé est idéal II semble^ à la vérité^ que les parties puissent toujours être conçues antérieures à la composition^ et qu'il n'y ait par conséquent pas de composés idéaux^ composita idealia; cependant le fait est réel^ Ve$pace et le temps en sont la preuve. On ne peut^ en effet, concevoir de parties dans l'espace sans, auj^aravant, concevoir le tout. Le composé mbêtantiel est ce qui est formé de substances. La

118 OlfTOLOGtE^

composition est une relation -, il est nécessaire que je conçoiye les corrélatifê avant la relation : Campositum substantiale est compleams plurium MbstatUiarum in uno nexu. Un complexm n'est pas toujours un compotitum; je ne puis le concevoir que comme un compositum : par exemple ^ l'église invisible; ceux qui en font partie sont composés dans l'idée. Un compositum formale est ce dont les parties ne peuvent être représentées autrement qu'en composition : elles ne peuvent se concevoir isolément Je puis bien me repré^ senter des parties d'espace; mais l'idée du tout sert toujours de fondement à cette représentation : c'est 'un espace unique. Ortm et interitus ne sont pas des changements. La création n'est pas un changement. Les déterminations successives dans la chose sont des changements 3 ces déterminations dans la chose naissent ou passent : c'est ce qui constitue le changement Dire que la chose natt^ c'est dire que l'existence suit la non -existence. Il y a toujours un temps de supposé. Le naître est l'existence qui est suivie de toute la durée. Le mourir est la non-existence qui suit toute ta durée.

La question principale est celle de savoir si un composé substantiel résulte de substances simples. Si je veux concevoir un composé substantiel y je ne puis le faire que par le oommer-

ONTOLOGIK. 119

emm^ en tant que les éléments exercent les uns sor les autres une influence réciproque : car le oamfMrohm consiste dans Tinflux mutuel, n y a^ dans tout composé substantiel^ matière et foime. La matière est la substance 3 la forme est la relation des substances. Je puis donc concevoir des substances simples dans tout composé. La pro* position fondamentale est ici : Dans tous les changements du monde ^ la matière persiste^ et la forme change. La substance ne passe pas. Cette loi de la perdurabilité de la substance est comparable à celle de la causalité , que rien n'arrive sans cause ^ et va de pair avec elle. Tous les diangements sont naissance ou mort des accidents^ savoir: lorsque nous considérons les choses dans le temps et le changement du temps, nous pouvons dire : L'état de toutes choses est laUle^ tout est dans le flux du temps. Mais nous ne pourrions jamais le remarquer s'il n'y avait pas quelque chose de permanent 3 le temps ^ la succession des différentes choses^ ne pourrait jamais être perçu ^ si tout changeait^ si rien n'était permanent Tout changement exige en même temps quelque chose de permanent pour que notre expérience en soit possible. La substance reste; les accidents seuls changent Ce qui change est toujours uni à ce qui reste ^ et la dé-> termination de l'existence^ soit dans le temps ,

fSO^ ONTOLOGIE.

soit dans l'espace^ n'est possible qu'autant que quelque chose est constant. Il n'y a aucun^ possibilité de Texpèrienee que des changements passent si quelque chose ne reste pas. Pour nous servir d'une comparaison grossière^ le navigateur ne pourrait observer ses mouvements s'il se mouvait avec la mer^ dans le cas où rien ne serait fixe^ par exemple une ile^ à Tégard de laquelle il pourrait voir qu'il s'en approche.

aie l*Hspaee et do Tempv.

Si je fais abstraction de toute existence des choses^ il reste encore cependant la forme de la sensibilité^ c'est-à-dire V espace et le temps :csLr ee ne sont pas là des propriétés des choses^ mais des propriétés de notre sens ; ce ne sont pas des qualités objectives ; mais bien des qualités subjectives. Je ne puis par conséquent pas me représenter a priori l'espace et le temps : car ils précèdent toutes choses. L'espace et le temps sont les conditions de Texistence des choses^ ce sont des intuitions particulières^ et non des coneepts. Ces intuitions ne portent sur aucun objets elles sont vides ^ ce sont de simples formes des intuitions. L'espace et le temps ne sont pas des choses mèmes^ ni des propriétés ^ ni des^qualités

» OUTOLOGIX. J 31

des choses ^«cnais la forme de la sensibilité. La sensibilité est la réceptivité y la capacité d'être affecté. Les formes de l'intaition n'ont ancnne réalité objective^ mais une simple réalité subjective. Si Ton admet que l'espace est une substance ^ le spinosisme est irréfutable^ c'est-à-dire que les j^arties du monde sont des parties de la Divinité. L^espaceest (alors) la Divinité 3 il est un^ présent partout} rien ne peut être conçu hors de lui) tout est en lui. — ^Le temps est oxxfrotemifj ou eœtemif^ ou intenrif: protensif, en tant qu'une partie en suit une autre. Vewtensifest la multiplicité des choses qui existent en même temps 3 l'tntensî/'s'entend de la réalité. L'espace ne se présente dans les choses qu'autant qu'elles sont considérées comme des phénomènes. Les phénomènes ne nous appren* nent pas comment le$ choses sont^ mais comment elles affectent nos sens. Une substance simple ne peut pas être étendue. — La division est ou logique ^ ou métaphysiqtie j ou physique. La division logique est celle d'un concept pur. Tout concept a une sphère; cette sphère peut être partagée. Ainsi le concept d'homme embrasse déjà plus que le concept d'animal. Ce sont là des divisions^ et non des partitions. La division métaphysique consiste dans la distinction des parties 3 la division physique^ dans la séparation des parties. L'espace et le temps ne peuvent pas être physi-

quement divisés 5 c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pis être réduits en parties ^ et ces parties séparées Tune de l'autre. La distinction des parties n'est pas une séparation. Le divisible, est tout ce qui est étendu. Toute partie de la matière est mobile 3 tout mouvement est séparation. La division est ou quantitative^ ou qtêalitati^e. La première est la division des substances en tant qu'elles résultent de parties homogènes ; la dernière est la di« vision des substances en tant qu'elle porte sur des parties hétérogènes j celle*ci s'appelle séparation. Cette séparation doit arriver souvent dans la pensée.

Da Fini et de riBflnl.

Le concept du très-^grand rentre dans celui de qwmtité , de multiplicité ; mais Vomnitudo rentre dans la totalitémlje moûoimum est un concept relatif^ c'est-à-dire qu'il ne me donne aucun concept déterminé. Je puis donc dire : Cet homme est très-savant entre beaucoup de savants ; mais je ne sais pas encore pour cela comment il est savant ; il peut n'être pas très-savant par rapport à d'autres savants. Vomnitudo est un concept absolu. Le concept de V infini est très-différent des deux précédents. L'infini est une quantité dont on ne peut donner aucune mesure déterminée.

oirroLOGiB. ISS

fonte grandeur on quantité qu'il est impossible de mesurer ou d'estimer est infinie > mais Timpossibilité est dans le sujets c'es^inlire efk nous. Pour mesurer une quantité ^ il faut qu'elle nous soit d'abord donnée 3 par exemple^ une verge ^ fme lieue. Le concept de grandeur exprime toujours un nombre. Je ne puis pas l'apercevoir, il est vrai ; mais pour exprimer la grandeur par un concept, il faut que j'aie une unité que je prenne un certain nombre de fois, afin de pouvoir ainsi mesurer la grandeur donnée, et en acquérir un concept déterminé. L'espace entier est un trèsgrand quafUum dont je ne puis donner aucun, concept déterminé^ qui ne peut pas être mesmré.

L'infini peut être pris proprement dans un double sens. Dans le premier^ le concept de l'infini est un concept intellectuel pur, et alors il signifie un inflnitutn real^^c'est-à-dire un infini dans lequel ne se trouvent aucunes négations^ aucunes limitations. Dans le deuxième sens^ le concept d'infini se rapporte à l'espace et au temps ^ par conséquent aux objets des sens^ et c'est Yinfinfdté mathématique j qui résulte de l'addition successive do l'unité à el^^-Q^^Q^^- On dit: L'espace est infini ;c'es^à-dire que le concept de la grandeur de l'espace n'est jamais total. Dans Vinfini réel, je conçois Vomniludinem, et j'ai par

13 1 OlfTOLOGlB.

conséquent un concept déterminé 5 mais dans Vin/ini mathématique, je ne puis jamais concevoir Vomnitudinem coUeotivam. V infini mathématique est un quantum in infinitum datum seu dabUe; datum par rapport à l'espace^ dabile par rapport au temps. A tout nombre je puis encore ajouter un plus grand et le concevoir 3 mais Vinfinitum mathematicum datum surpasse toute connaissance humaine. Ce doit être la totalité des phénomènes. La grandeur des phénomènes ne peut pas être donnée j carie phénomène n'est pas une chose en soi^ et n'a pas d'étendue. C'est donc simplement la grandeur de mon progreseus dans l'espace et dans le temps. On ne peut pas conclure du concept de Vétre réel et de son infinité réelle à son infinité mathématique. Le mot infinité n'est pas même propre dans ce cas j mais on appelle infini Vétre réel^ parce que ce mot fait voir en même temps notre impuissance. Mais nou^%e pouvons pas comprendre quel est le rapport de l'infinité réelle avec l'infinité mathématique ou le nombre. Si l'espace et le temps étaient des propriétés des choses en soi; l'infinité du monde serait à la vérité inconcevable^ mais pas impossible pour cela. Si^ au contraire 9 l'espace et le temps ne sont pas des choses en soi , Timpossibilité d'un monde infini donné résulte déjà de l'incompréhensibilité.

onTOLOGii. 195

riAentlIé et «• 1a IHvemié.

Aa fond , ces concepts appartiennent à la logique 3 mais ils se présentent ici à cause du principe de Leibnitz (prîtictptum identitatis indUcermhUium). Suivant ce principe^ des choses qui s'accordent à tous égards^ en tous leurs signes^ 9unt numéro eadem. Interne totaUter eadem non nmt dwersa \ Mais c'est fiiux. Si nous concevons par l'entendement des choses qui soient toût-àfait semblables y qui s'accordent dans tous leurs signes^ elles sont évidemment numéro eadem comme noumena. Mais il en est autrement des objets cfes Ben$ : car toutes les parties de Tes- , pace sont en dehors les unes des autres^ sont déjà des déterminations extérieures. Les objets sont déjà nwitiplei dans l'espace^ par cela ^eul qu'ils sont déjà dans l'espace. Par exemple^ si deux gouttes d'eau ^ ou deux œufs^ qui seraient toutà-fait les mêmes quant à la détermination interne^ étaient entièrement semblables en quantité et en qualité^ s'accordaient en tout (quoiqu'il ne se rencontre rien de pareil dans la nature)^

1 Les déterminatioiis internes d'unechose sont lajfiMriM et la {uaiHiï^.

126 outologib*

ces deux gouttes d'eau seraient cependant^ ainsi que ces œufs^ différentes l'une de l'autre (non numéro ead£rn)y par la raison précisément qu'elles sont en différents lieux ou Tune hors de l'autre^ et non in uno eodemqm loco.

Le clin d'œil (Augenblick) est la limite du temps 5 c'est ce qui détermine le po$itum; il est ee qu'est le point dans l'espace, ce qui fait qu^on rappelle aussi point de temps. Mais le temps ne •e compose pas de points : car je ne puis concevoir des points avant d'avoir déjà un temps , les limites de la chose avant la chose même. La détermination de la grandeur d'une chose par la comparaison avec l'unité, s'appelle mesure. Le concept de là dimension n'appartient pas non phis à la métaphysique. L'espace a trois dimensions 5 le temps n'en a qu'une. La dimension est proprement la représentation de la grandeur d'une chose qui, quanta la forme, diffère d'une autre. Le temps qui accompagne la pensée du temps est le présent; celui qui suit les pensées est l'avenir; celui qui les précède est le passé. L'existence qui suit la non-existence est le commencement; la non-existence qui suit l'existence est la fin.

Tout ce qui existe dans le temps existe ouH^ imUmU ou perdurabile. La durée est la grandeur de l'existence d'une chose. L'existence qui est

OHTOLOGIB. 197

plas petite que tout temps est le clin d*œil, qui est la limite du temps. L'existence qui est plus grande que tout temps y ou le temps sans limite^ est V éternité. La sempitemitas est la durée future infinie^ quoiqu'on n'aperçoive pas le commeneement infini. L'éternité , comme concept intellectuel , n'est qu'une durée illimitée) mais Téternité dans le temps est sempitemitas. Le concept des UmiteBj qui est un concept mathématique tel que le concept de l'infinité^ est parent du concept des bornes^ qui est un concept intellec- Uiel pur. La mesure d'une chose en soi est la totalité j c'est la quantité absolue qui est l'unité de mesure des choses^ car toutes les choses sont possibles par la limitation de eette totalité. Le concept des limites n'appartient qu'aux phéno^ mènes, mais celui des bornes appartient aux naumènes. L'espace corporel a pour limites la surfoce y l'espace surface a pour limites la ligne^ et la ligne le point. Le point est la position dëtermiiiée de l'espace. Le point est dans l'espace^ mais il n'en est pas une partie. La limite est la négation^ ut ens non sit nuuvimunu Le temps n'a qu'une limite , le clin d'œiL

138 ONTOLOGIB.

De la Cause et de rBlIét.

Il ne faut pas confondre la cause et le principe. Ce qui renferme la raison de la possibilité est ratio ou principium essendi. Lsl cau^e est le principe de la réalité ^ principium fiendi. Ce qui contient le principe de quelque chose s'appelle en général principium. La cause est ce qui contient le principe de la réalité de la détermination^ ou de la substance. Les trois lignes^ dans le triangle^ en sont à la vérité le principe y mais non la cause. La cause s'entend aussi de la négation ; par exemple, l'inattention est la cause de Terreur. Toute cause doit être en soi quelque chose de réel 5 car ce qui est le principe de la réalité est quelque chose de positif. Le rationatum de la cause est ce qui est causé (causatum). Ce qui est causé est dépendant. La cause ^ en tant qu'elle n'est causée par rien autre ^ est indépendante. L'être indépendant e$t Vétre par soi. H ne s'appelle pas ens a se parce qu'il a dû être par lui-même, mais parce qu'il existe sans cause. Il est ce qu'il y a de premier dans la série des effets et des causes. Le contingent n*est pas un ens a se, mais un être dépendant d'un autre, par conséquent

OlfTOLOGlS. 129

gvn être cau$é. Il est y dans la série des effets et des causes , im jpembre subséquent»

^n être contingent est aussi un être nécessaire^ mais d'une nécessité hypothétique ou conditionnée j mais des êtres en soi (entia a se) sont absolument nécessaires. Tout est donc nécessaire^ absolument ou hypothétiquement : car si quelque chose était contingent^ ce ne serait que par rapport au sujets et non par rapport à l'objet Est contingent^ ce dont la non-existence est possible. Je ne peux pas connaître cette non-existence par le principe de contradiction. La contingence absolue^ ainsi que la nécessité absolue d'une chose^ ne peut être aperçue ni par la raison^ ni par rexpériçnce} on ne peut en apercevoir qu» la contingence ou la nécessité relative. On ne peut reconnaître a priori j par de simples concepts^ si quelque chose est en soi contingent : car je puis faire abstraction de tout ; le contraire de toutes choses est possible, concevable (est pour ainsi dire un étemel néant)^ rien qe se contredit en cela dans mon concept Je ne puis conclure du changement successif de la chose ^ ou du non-ètre^ à la contingence^ pas plus que de l'existence à la nécessité de l'existence : car il s'agit ici de savoir si une chose peut être ou n'être pas dans le même temps ^ dans le même clin d'œilj mais je puis le voir impossible. Nous admettons ^ il est vrai ,

un être absolument nécessaire 3 mais nous n pouvons apercevoir comment ugi^tre suprême peut exister d'une [manière absolument nécessaire : car le contraire , la non-existence^ est concevable ; c'est-à-dire qu'il ne répugne pas dans mon entendement Nous ne pouvons'connaitre la contingence des choses que par leur naissance et leur mort^ et non par le simple concept. Est contingent, ce qui devient^ ce qui n'était pas auparavant^ et réciproquement. On appelle proprement contingent ce qui arrive 5 et pareille chose doit avoir une cause. Ce qui arrive est ou naissance, ou mort^ ou simple changement d'une chose. Le changement concerne simplement l'état 3 «t Je pxiis dire : Son état est contingent^ mais la* chose n'est pas pour cela contingente; je ne puis conclure la contingence d'une chose que de la naissance et de la mort Les états doivent donc avoir une cause; mais il n'est jamais question de la cause de la matière. Ce qui renferme la raison de quelque chose s'appelle^ ainsi qu'on Ta déjà dit^ principe; ce qui renferme la raison de la réalité s'appelle cause ou principium fiendi; ce qui contient la raison de la possibilité s'appelle principium essendi; ce qui contient la raison de la connaissance s'appellQ principium cognoscendi. Plusieurs causes réunies peuvent être cause de la réalité d'une chose ; elles s'appellent en con-

séquence concausœ. La cause s'appelle $olitaire si elle est unique. Les concausœ sont ou coordonnées ou subordonnées : subordonnées , si une ooncausa est le causatum de l'autre ; mais elles sont coordonnées si elles sont plusieurs eoneau«(9 d'un causati. Les causes coordonnées sont concurrentes j mais non pas les subordonnées. Toute •

cause est alors complementum ad sufficientiam ^ «t doit être regardée comme une partie comptémentaire de l'cfifet (oausati)-, elles sont coordonnées entre elles. Dieu seul est came solitaire; toutes les autres causes lui sont subordonnées y mais aucune ne lui est coordonnée.

Cama efftctpis. Plusieurs choses contiennent à la vérité le principe d'une chose ^ mais sans en être la cause réelle. II y a aussi bien des causes positives que des causes négatives. La caqse efficiente est une cause par une force productive. La condition sine qua non est une détermination des choses qui n'est pas négative^ il est vrai^ mais qui n'est pas non plus efficiente, quoiqu'on la re* garde comme cause. Ainsi ^ la poudre est la condition sine qua non du mouvement du boulet 3 et le soldat qui met le feu à la pièce ^ la cause effi^ dente. On distingue ^ parmi les causes cooi^données y la principale et la secondaire. Si l'une est principale et l'autre moins principale^ la dernière est auûDÏliaire. Des causes instrumentales sont des

133 ONTOLOGIB.

causes subordonnées , en tant qu'elles sont déterminées qaoad causalitatem par la cause principale^ par exemple les soldats. Ce qui est attribué à la cause instrumentale Test immédiatement à la cause principale^ si elle dépend complètement de la cause principale. Si elle n'en dépend pas complètement; l'imputation n'est pas entière ^ parce qu'alors la cause instrumentale a aussi sa spontanéité ; par exemple^ ce que fait le servi*^ teur^ en tant qu'il a plein pouvoir de son maître^ est attribué au maître comme cause principale^ mais pas pour les détails ^ puisque le serviteur ne dépend pas du maître à cet égard.

Une action particulière avec sçs effets s'appelle événement Le rapport dans lequel un événement arrive ; est une circonstance (circumstan* tia). Cet événement extérieur peut être considéré quant à l'espace ou quant au temps. Les circonstances forment ce rapport d'espace et de temps. L'ensemble de tous les rapports d'espace et de temps qui concourent à produire l'événement y s'appelle occasion. Il y a donc une occasion de lieu et une occasion do temps. La première s'appelle opportunité^ et la seconde tempestivité : on dit de celle-ci qu'elle doit être saisie ^ parce que le temps passe.

On dit que les circonstances changent la chose : Minima circumstantia variât rem. ^i les circon-

Stances ne concourent pas^ elles ne changent pas Tèvènement. Le principe Posita causn ponitur effectué^ découle de ce qui précède. Mais le principe Sublata causa tollitur effectus n'est pas moins certain. Au contraire^ on ne peut pas dice Sublato effectu tollitur causaj mais simplement tollitur causalitas causœ. Qualis causa talis effectus ne signifie pas que la cause est semblable à l'effet : car la cause et l'effet ne sont pas un rapport de ressemblance ou une liaison dans les concepts^ mais une liaison dans les choses. Gela signifie donc que les effets sont en rapport avec leurs causes , ou que nous ne nommons les causes que d'après les effets. Un effet est-il diffèrent d'un autre ^ sa cause doit alors avoir un autre nom- Mais il ne faut pas concevoir tautologiquement une cause et un effet: car ce sont des choses tout-à-fait différentes. La proposition : L'effet doit ressembler à la cause ^ ^réciproquement^ n'est applicable qu'à la, physiologie des êtres organisés. Effectus testatur de causa. Nous pouvons déjà regarder quelque chose comme effet avant de connaître la cause ^ par exemple tout ce qui est contingent. Mais il faut entendre par-là seulement qn' effectus testatur de causa quoad qualitatein eausalitatis : car j'entends par le tout de tous les effets immédiats les vires efficientes causœ ^ mais quant à la causalité seulement Nous ne pouvons

donc pas toot-à-fait connaître Dieu^ mais en* tant seulement qu'il s'est manifesté par le monde ^ dans la proportion de la grandeur du monde. La connaissance de Dieu est donc proportionnée à la connaissance des œuvres de Dieu* Reste à savoir maintenant jusqu'à quel point je connais les œuvres de Dieu. Il ne faut donc pas prendre à la rigueur la proposition : Effèctus testatur de causa* Ce nexuB est le neocus causalis, particulièrement Veffectivus. Ce nexm effecthus doit être distingué du nexufitialij et même dans la méthode de philosopher^ de manière à ne pas subsfituer le nexumfinalem à Veffectivo : par exemple, pour^ quoi une plaie dans le corps guérit-elle? Si l'on répondait, C'est parce que la Providence l'a voulu ainsi, ce serait lenexusfinalis^ mais non le nexus effectivus. Je veux savoir ici la cause de la manière dont la chose arrive, apercevoir le nexum effectivum : c'est le but^e la véritable philosophie. Si je n'avance pas dans la recherche des causes, et que je m'en rapporte au principium du nextis finalis^ il y a alors peiitio principiu Un grand nombre de philosophes ont admis le principium nexus finalis^ et ont cru par-là trouver beaucoup de choses. C est ainsi que Leibnitz admet qu'un rayon lumineux va d'un lieu à un autre par le chemin le plus court, et il dérive de là les lois de la dioptrique. Epicure rejetait tout-à-fait le

neœum finalenu Platon l'admettait^ au contraire^ partout et toujours. Ils avaient un égal tort : il faut concilier ces deux choses. Je dois chercher à tout dériver de causes^ autant que faire* se peut^ et admettre ensuite aussi une substance qui a tout disposé conformément à une Gn. Si je n'admets que le nexum finalem^ je ne connais cependant pas toutes les fins : je puis même concevoir des fins qui n'ont d'autre fondement que des chimères y et méconnaître la cause véritable. Mais c'est là un grand préjudice pour la science. L'appel à la came finale est un coussin de la philosophie paresseuse. On doit^ avant tout; en philosophie ^ chercher à tout dériver de causes ^ par conséquent suivant le principe du neœrn effectivi. Et^ quoiqu'on ne réussisse pas très-souvent^ la peine n'est cependant pas perdue : car la méthode et la voie pour rechercher quelque chose est conforme à la philosophie et à l'entendement humain. Ce sont beaucoup de suppositions fausses; mais si l'on continue à y chercher ^ on découvre quelquefois d'autres vérités contre des conjectures. C^cst ainsi que Rousseau supposait qu» l'homme est naturellement bon^ et que tout mal provient de ce qu'on ne l'empêche pas. Il dut soutenir que l'éducation devrait en conséquence être négative ; et que les hommes doivent être préservés du mal par Téducation, Ceci platt

beaucoup^ quoique le priucipç soit faux. Mais si je suppose que rhomme est naturellement méchant^ personne ne se donnera la peine d'empèch«r le mal^ parce qu'il est déjà dans la nature. Alors l'éducation dépendra des vœux adresses à l'Etre suprême pour qu'il mette fin au mal par une force surnaturelle.

On doit donc rester dans le neœu effecHvo, quand même on voit que Ton n'y avance pas partout

De la Matière et de la Foi

La difi[érence de la matière et de la forme est déjà dans la nature de notre raison.

La matière est le datum, ce qui est donné 5 par conséquent V étoffe. — Mais la forme est la manière dont ces data sont posés ^ la manière dont le divers est lié. Nous voyais partout matière et forme. Nous trouvons daft nos jugements et dans nos œuvres matière et forme. Les anciens disaient que Vuniversel ou le genre était la jnatière^ la différence spécifique , la forme : par exemple y l'homme était le genre ^ par conséquent la matière 3 mais l'homme savant était la différence spécifique j par conséquent la forme. Les anciens tenaient beaucoup à I4 forme) ils disaient qu'elle est l'essence des choses. C'est très-juste : car

ORTOLOGU. 1S7

nous ne pouvons^ dans aacnne chose > produire la matière^ mais seulement la forme; tel est le cas de tous les artisans et de tous les artistes. Les semsations sont la matière dans notre ame 3 mais tous nos concepts et tous nos jugements sont la forme.

La matière ^ dans le sens physique ^ est le substratum des objets étendus^ la possibilité des corps. Mais dans le sens transcendentalj tout datum est une matière; et le rapport de ce qui est donnée la forme. La matière transcenden talc est le déterminable ; mais la forme transcendentale est la détermination^ ou l'acte de déterminer. La matière transcendentale est la réalité ou le datum pour toutes choses. Mais la limitation de la réalité constitue la forme transcendentale. Toutes les réalités des choses sont en quelque sorte dans la matière infinie ^ où Ton sépare alors pour une chose quelques réalités j ce qui est la forme.

La matière se distingue en matière ex qua^ in quùj et circa quam. — La matière ex qua est le determinabile même; une chose est ce qui est déjà déterminé. La matière çirca quam désigne la matière in ip$o determinationis actu; par exemple ^ le texte d'un sermon n'est pas la. matière ex qua^ mais circa quam aliquis versatur. — La matière in qua indique le sujet d'inhérence. La matière

138 OITTOLOGIB.

eirca quam indique proprement les pensées par lesquelles la forme est donnée à une chose : par exemple y le plan d'un édifice est la matière circa quam ; mais les pierres^ le bois^ etc. ^ sont la nfàtière eœ qua. Lsi différence est subtile.

I^a Plillottoplile transeeii^toBtale»

La philosophie transcendentale est la philosophie des principes^ de% éléments des connaissances humaines a priori. C'est en même temps la raison de la possibilité a priori d'une géométrie. II est très-nécessaire de savoir comment une science peut être produite par nous ^ et comment l'esprit humain a pu ainsi créer quelque chose. Cette recherche ne serait pas si nécessaire par rapport à la géométrie^ si nous n'avions pas d'autres connaissances a ;7rton\ qui sont très- importantes et très - intéressantes ; par exemple sur l'origine des choses^ sur le nécessaire et le contingent^ et sur la question de savoir si le monde est ou n'est pas nécessaire. Ces connaissances n'ont pas la même évidence que la géométrie. Youlonsnous donc savoir comment une connaissance a * priori est possible pour l'homme, nous devons distinguer et rechercher toutes les connaissances a priori : alors nous pourrons déterminer lu limi-

outologiîl 139

k$ de V entendement humain^ et toutes les chimères^ qui sont d'ailleurs possibles en métaphysique^ seront ramenées à des principes et à des règles. Or, nous divisons les pridSkp^de la connaissance humaine a priori :

V En principes de la sensibilité a priori ** c'est VEêthéliqtM tramcendenlalej qui embrasse la connaissance et des concepts a priori d'espace et de temps 3 et «

2^ En principes de la connaissance mtellectuelle humaine a priori: c'est la Logique tranecen^ dentale. Ces principes de la connaissance humaine a priori sont les catégories de l'entendement^ Qomme nous l'avons déjà fait voir^ et ces catégories épuisent tout ce que l'entendement contient d'à jprior.!^ mais dont peuvent être encore dérivés d'autres concepts ensuite.

Si nous décomposions ces concepts transcendentaux.^ nous aurions une grammaire transcendentale j contenant la raison de la parole humaine; par exemple^ comment le présent ^ le parfait, le plus-que-^arfait) est dans notre entendement^ ce que c'est que les adverbes, etc. Si Ton réfléchit là-dessus^ on a une grammaire transcendentale. La logique contient l'usage formel de l'enten^ dément. Ensuite pourrait venir la philosophie transcendentale ) la théorie des concepts gén^ raux a priori.

140 ONTOLOGU.

De l*ldée et de ndéal.

U y*a des connaissances a priori par lesquelles Jes objets sont possibles. Il est étonnant qu'un objet soit simplement possible par une connaissance 3 mais tout ordre ^ tout rapport régulier^ est possible par une connaissancetPar exemple^ une vérité n'est pas possible sans une connaissance qui précède. La connaissance a priori par laquelle l'objet est possible^ est Vidée. Platon disait qu'on doit étudier les idées. Il dit que les idées sont en Dieu des intuitions^ dans les hommes des réflexions. Il en parlait^ enfin ^ comme si c'étaient des choses. — L'idée est immuable;

elle est l'essentiel^ le principe par lequel les objets sont possibles.

Un prototype est proprement un objet de l'intuition^ en tant qu'il est le principe de l'imitation, jéimij le Christ est le prototype de toute moralité. MaiSj pour regarder quelque chose comme un prototype j nous sommes obligés d'avoir auparavant une idée d'après laquelle nous pouvons reconnaître le prototype pour tel : car autrement nous ne pourrions pas reconnaître le prototype^ et nous pourrions par conséquent être trompés. Mais si nous avons une idée de quelque chose ^ par ex-

oirroLOGiB. 141

emple de la moralité suprême^ et qu'un objet de Tintuition nous soit donnée que quelqu'un nous soit représente comme conforme à Tidée y alors nous pouvons dire : Ceci est le prototype de cela. —Si nous n'avons aucune idée^ nous ne pouvons admettre aucun prototype ^ lors même qu'il viendrait du ciel. Je dois avoir une idée pour chercher le piDtotype in ayncreto. — Le modèle est un principe de l'imitation. Nous pouvons y il est vrai^ exécuter des ac|ions et des choses d'après un modèle et som idée; mais alors ^ si tout cela est conforme au modèle^ ce n'est que par hasard, n ne faut admettre aucun modèle en morale^ mais suivre le prototype^ qui est conforme à ridée de la sainteté.

Idée d« arende.

La Cosmologie y n'empruntant pas ses principes de Texpèrience^ mais de la raison pure^ peût^ par cette raison^ s'appeler Coimologie rationnelle. Mais^ d'un autre côté^ comme elle a aussi un objets et pas seulement des principes , et que cet objet appartient à la raison pure et non à l'expérience, elle peut s'appeler aussi iCosmologie transcendentale. Nous avons déjà parlé , dans l'Ontologie , des concepts de limites qui constituent les bornes de l'esprit humain dans la série des connaissances. — Nous avom trouvé dans la relation ces trois concents : le rapport de la substance à l'accident^ celui dé la cause à l'effet, et celui du tout aux parties. — Dans tou-

tes ces connaissances ; nous pouvons concevoir uii premier et un dernier ^u moyen duquel une totalité (complettAdo) est constituée dans chaque ordre de connaissances. — Dans le rapport de la substance à l'accident^ le substantiel est ce qui n'est plus accident de quelque autre chose. — Dans le rapport de la cause à l'effet^ la cause première est le concept final qui n'est causé par rien autre. — Dans le troisième rapport^ celui du tout aux parties^ le concept final est celui d'un tout qui n'est lui-même partie de rien autre^ le concept du monde. Ce concept est Intellectuel pur^ et n est point arbitraire : il est^ au contraire; nécessaire à la raison humaine. Notre raison n'est; en effet; satisfaite qu'autant qu'elle rencontre dans la série des choses une totalité; ou du moins qu'à la condition de pouvoir la concevoir. — \a monde est un tout substantiel; un tout d'accident n'est par conséquent pas un monde. Les accidents ne sont pas non plus considérés comme des par^s coordonnées (compartes) du tout. C'est ainsi; par exemple; que les pensées et les mouvements ne fout pas partie de l'homme : ce sont des parties de l'état; mais non du tout Le tout cosmiquRi est donc pas un tout formé de tous les étatS; mais bien de toutes les substances.

Dans le tout cosmique il faut faire attention à deux choses :

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