‹ Lecons de métaphysique de KantChapitre 3 sur 37 · TI PREFACE · texte numérisé non relu

TI PREFACE

Aussi des savants de plus d'une sorte ont-ils fort mauyaise grâce de la dédaigner. Pour peu qu'ils fussent conséquents 9 ils seraient très -facilement convaincus d'avoir des idées métaphysiques, d'avoir même une théorie métaphysique quelconque, ou d'être sans cesse en contradiction avec eux-mêmes , s'ils ne voulaient pas en convenir.

La métaphysique n'est donc pas, comme on se l'i- . magine trop souvent, un résultat fantastique de quelques cerveaux exaltés ou excentriques : c'est un produit universel et nécessaire de l'esprit humain. La philosophie n'en produit pas plus les idées fondamentales ou la matière , qu'elle ne produit les idées d'un autre genre. Sa mission, comme sa puissance, se borne à constater et à étudier ces sortes d'idées quant i leur origine, à leur valeur et à leurs rapports.

C'est parce que les idées métaphysiques sont naturelles, primitives, parce qu'elles se retrouvent au fond de toutes nos connaissances et dans toutes les tètes humaines; c'est-à*dire, parce qu'elles sont objectivement et subjectivement universelles, qu'elles passent inaperçues pour beaucoup d'esprits. Semblables à la lumière, elles sont comme invisibles par elles - mêmes, et servent à illuminer, à rendre intelligible tout le reste. Si* la lumière du soleil n'avait, pas ses phases » ses absences et ses retours, si les ténèbres ne la remplaçaient pas périodiquement, je ne serais point surpris qu'elle n'eût point de nom parmi les hommes, qu'elle fût même niée par un grand nombre, et qu'enfin ceux qui en proclameraient l'existence fussent

BU TRAOUCTEUB. VU

regardés du même œil qu'on voit généralement le». métaphysiciens dans le monde.

Tant pis pour le monde et pour les savants mêmes qui nient Jusqu'aux idées métaphysiques. Il ne faa* drait pas un quart d'heure de discussion pour réduire ces sortes d'adversaires à reconnaître soit qu'ils nient ce qu'ils ne comprennent pas, soit qu'ils nient d'un côté ce qu'ils affirment de l'autre , soit qu'ils sont métaphysiciens à leur insu, sans cependant que leur métaphysique en vaille mieux; soit enfin que s'ils ne veulent pas l'être, il faut qu'ils se jettent entre les bras du scepticisme le plus radical.

Voilà le sort logique inévitablement réservé à ceux qui nient les idées métaphysiques.

Quant à ceux qui les reconnaissent, il faut qu'ils conviennent que ces idées sont susceptibles d'être étudiées comme toutes les autres espèces d'idées; qu'une théorie, une science métaphysique, est dealers possible; qu'elle est de la plus haute importance, puisque les idées qui en sont l'objet sont comme le noyau de toutes nos aufres connaissances; — ou qu'ils nient que nous ayons la faculté de réfléchir sur des idées dont nous avons conscience, ou bien enfin qu'ils démontrent que cette réflexion n'aboutit sdentifiquement à rien.

S'ils contestent la possibilité de réfléchir à cet égard» ils rejettent un fait.

S'ils nient que la métaphysique ^it possible et qu'ils le démontrent ou croient le démontrer, ils font

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Maii (ri b WÊMiUr^ et b ■étapfarfifQe est U0Mk; fi ti feteMse en est pomMe, dAt-elle être ■élP^Uir^; fi aiSa ratiKté 4e cette fcience, quel qn'ea ioit ie résaltst (poonm qu'il foft fcientiliqiieBicBt établi et qa'il poiife être re$^ràé comme Trai),9 cette utilité, di»|e, est impOMiMe à mécoiiDattre, em même tempi qo'elle est de h pitii hante gniTÎté : — H importe extrêmement d'en fa?orifler Tétode.

Pour le (aire utilement, il nous a paru que rien n'était plus convenable que de prendre cette srience au p<iiot où elle était restée parmi nous, et de donner êu% amU de la philosophie un traité qui est comme la transition d^ U métaphysique de Descartes, de Utiïmiz et de Wolff, c'eatrà-dire de la métophjrfque itij 17' tlécîteàsellcdu 19^

DU TBADUGTEUR. IX

Otf cette transition est très -bien représentée par les Leçons de Métaphysique de KanL

Ces Leçons, qui étaient moins ayancées que la Critique de la Raison pure , et qui ont un caractère positif que la métaphysique semble avoir perdu dans cet immortel monument, sont loin d'être trop arrié* fées pour le public français , même pour ce public qm s'occupe un peu sérieusement de philosophie.

C'est donc par là qu'il conyient de renouer avec notre propre passé, et de nous acheminer à quelque chose de mieux peut-être.

Les Leçons de Métaphysique de Kant n'ont pas été publiées par lui, ni même sur des manuscrits qu'il ait laissés. Ce sont , à proprement parler, des rédactions , ou ^ut6t des notes prises à ses cours par des auditeurs , à deux ou trois époques différentes.

L'éditeur, M. Pœlitz, qui a long-temps professé la philosophie, le droit naturel et des gens, Thistoirè et la statistique dans différentes universités allemandes; M. Pœlitz, auteur de plusieurs ouvrages originaux estimés, nous est un sûr garant déjà de l'importance des Leçons de Métaphysique et du zèle intelligent qui a présidé à leur publication.

Nous croyons d'autant moins nécessaire de noua justifier de donner cette traduction d'une œuvre indirecte et posthume de Kant, qu'en comparant ces leçons avec les ouvrages de même nature publiés par ce philosophe, on reconnaît au fond la même pensée, la même doctrine, le même système, avec cette différence que certaines parties ne sont souvent qu'en

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