‹ Lecons de métaphysique de KantChapitre 37 sur 37 · TUÉ0L0GI · texte numérisé non relu

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a direction extraordinaire. Une direction extraordinaire est toujours un miracle; et quelque petite qu'elle puisse paraître à nos yeux^ elle n'en est pas moins un miracle. Dieu peut soulever un vent d'une manière extraordinaire^ ou déranger le cours de l'univers^ par rapport à lui il n'y a aucune différence entre ces deux choses. Toute la question est ici de savoir si ce que Dieu dirige est ou n'est pas conforme à l'ordre de la nature. S'il n'y a pas conformité à cet ordre^ il y a miracle^ grand ou petite admettre une direction extraordinaire y c'est donc admettre des miracles. Tout dans le monde est soumis à la direction divine^ tant ordinaire qu'extraordinaire. Il entre dans l'éternel décret concernant tous les événements y qu'ils puissent arriver ou n'arriver pasj et s'ils arrivent , qu'ils aient lieu suivant la direction divine. Mais quand on dit qu'un événement arrive j alors il a lieu conformément au dessein de Dieu. Tom les évèneinents sont des moments

de V éternel dessein de Dieu.

Tout bien qui s'accorde avec les fins absolues n'est pas lui - même une fin : ce n'est souvent qu'un moyen de la fin. L'air^ par exemple^ a beaucoup de bonnes conséquences qui sont d'accord avec la fin^ mais qui ne sont pas elles-mêmes des fins. La destination de la neige n'est pas que l'homme puisse se promener en traîneau^ et la

destination de notre nez n'est pas de porter des lunettes. Les conséquences doivent être déterminées d'après Vidée du tout. Il est par conséquent téméraire^ dans les événements et les actions particulières^ de donner quelque chose comme la fin de Dieu, par exemple d'attribuer immédiatement à Dieu le bonheur à la loterie, ou d'imputer un malheur à la direction de Dieu. // est donc téméraire aussi de déterminer^ dans chaque cas particulier^ celle des deux directions de Dieu à laquelle le cas appartient j et fiela lors même que Vévènement semble tendre à Imgloire de Dieu : car les fins, et les desseins de Dieu nous restent toujours cachés. Nous sommes toujours autorisés, au contraire^ à chercher les fins de Dieu dans l'ordre général de la nature; nous y sommes même destinés. Le plus petit insecte nous invite à cette recherche. La providence divine^ par rapport aux actions libres de l'homme, peut être ou un decretum ahsolutumj ou un decretum conditionatum. Le décret absolu j par rapport au bonheur ou au malheur de l'homme, est celui qui a lieu avec dessein de rendre l'homme ou positivement heureux, ou positivement malheureux. Une telle volonté absolue est absurde en soi: car il n'y a que l'absolument bon en soi qui puisse avoir lieu d'une manière absolue. Or, le bonheur et le malheur ne sont pas absolument bons, mais relativement. L'hom-

me ne peut être heureux ou malheureux que $otA$ certaineê condilionê : par conséquent le dessein àb%olu de Dieu concernant le bonheur ou le malheur de l'homme serait absurde. On ne peut pas penser^ quelle que soit la croyance de certains partis religieux à ce sujet, qu'ils soient les auteurs de la proposition que nous combattons ici^ ou la cause qu'elle dure encore : car il n'est pas facile de faire disparaître une opinion religieuse^ même erronée. Toutes les religions qui ont été unies à un certain enthousiasme^ ont établi une semblable prédestfeiation. On ne peut pas non plus accorder par la même raison un dessein absolu de Dieu par rapport aux actions li-^ bres de l'homme : car une pareille proposition rendrait les actions pratiques impossibles.

De la Fin dernière da Monde*

La fin dernière de la création divine est le souterain bien. Les deux éléments du souverain bien sont le bonheur et le mérite d'être heureux. Les êtres raisonnables sont seuls capables d'atteindre cette double fin : car seuls ils peuvent être bons en

etuv-mémeê, seuls ils constituent la fin du monde; le reste n'est ^'un moyen des êtres raisonnables, en tant qu'il est propre à la fin dont nous parlons. Tous les desseins de Dieu étant condition^

nésj la condition de cette félicité est la moralité

ou le mérite d'être heureux. Un être raisonnable sera donc heureux suivant la mesure de son mérite : telle est la fin de Dieu. Si; de notre côté^ nous cherchons par notre conduite à nous rendre dignes de cette félicité ^ nous pouvons espérer alors avec confiance que nous l'obtiendrons.

Fllf.

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