‹ Lecons de métaphysique de KantChapitre 7 sur 37 · DU TRADUCTEUR. XVII · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. XVII

tapbysique. Cette distinction, que nous croyons neuye ' et du plus haut intérêt, pour être un peu subtile, n'en est pas moins juste. En effet , les idées ne sont ([ue de purs faits de conscience , des états intellectuels de l'ame, des déterminations du moi, si Ton fait abstraction de leur yaleur objective, de leur sens intellectuel, comme c'est l'hypothèse dès qu'on ne les ^visage que comme faits de conscience. On aurait beau les regarder toute sa vie comme des états internes, comme des déterminations du moi, on n'en tirerait pas la moindre instruction. On n'obtiendrait pas davantage la science dont elles sont la matière première, en s'occupant de leur origine.

Ainsi considérées psychologiquement, c'est-à-dire comme actiLelles ou comme primitives, c'est-à-dire encore dans le présent et dans le passé, elles ne rendront jamais que deux choses, leur présence dans l'esprit, et la manière certaine ou probable dont elles y ont fait leur apparition d'abord.

c) Pour faire les sciences métaphysiques, il faut donc nécessairement sortir du point de vue psychologique des idées, et s'attacher à leurs points de vue ontologique et logique, c'est-à-dire à leur sens objectif et à leurs rapports entre elles : car toute science n'est qu'un système d'idées ayant un sens objectif ou impersonnel, et dont toutes les parties sont liées par des idées encore.

Or, les idées sont entre elles dans un rapport anah/tique ou synthétique. Le premier de ces rapports est un capport par identité totale ou partielle; le second, un

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rapport i'affinité dout la loi forme ce qu'on appelle Tassociation des idées. Mais on aurait beau connaître psychologiquement et la loi du rapport analytique des idées ou loi d^dentité, et la loi du rapport synthétique ou loi d'affinité y on n'aurait pas encore posé la première pierre de Fédifice d'une science quelconque; et cependant, c'est là le necplus ultra de la psychologie empirique en fait de science. Elle est donc absolument impuissante adonner directement la solution des questions métaphysiques.

Pour le mieux comprendre , qu'on nous permette l'exemple des mathématiques. Assurément, celui qui commence à apprendre l'arithmétique et la géométrie peut avoir et a réellement eu général les notions fondamentales de ces deux sciences: il sait comp-

ter; il a l'idée de l'unité, de la multiplicité et de leur rapport; il a des notions complètes de l'espace,

et de l'étendue dans les trois dimensions de l'espace considérées isolément ou réunies. Or, je le demande, deviendrait- il un grand mathématicien en étudiant toutes ces idées sous le rapport psychologique? Ne faut-il pas, au contraire, qu'il perde complètement ^ de vue cette manière d'envisager les idées fondamen«taies de la science, pour ne les considérer que sous le point de vue rationnel ou logique, c'est-à-dire dans leurs rapports?

Si l'on m'objecte que ces rapports mêmes sont du ressort de la psychologie, je répondrai qu'à ce compte la psychologie serait la science universelle, puisqu'il suffirait qu'une idée fût un fait de conscience, qu'une

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