AVERTI SSE3IENT
fait par le public à ces leçons n'a point trompé réditeur. Il s'attendait bien à ce que les véritables penseurs de l'Allemagne n'auraient pas encore oublié^ quoique distraits pour cette foule de systèmes pbilosopbiques plus récents , le grand penseur qui a réellement ouvert une nouvelle voie dans les recherches sur les intérêts les plus graves de l'espèce humaine.
Encouragé par ce succès, il publie encore aujourd'hui des Leçons de Kant sur la Métaphysique. Qu'elles soient bien l'expression de la pensée de Rant, c'est ce qui ne souffrira pas le moindre doute pour ceux qui ont quelque connaissance de son système et de sa manière. L'éditeur n'a donc à s'occuper ici que de deux choses :
Il doit, d'ahordj faire connaître les manuscrits dont il s'est servi pour sa publication. Ils sont au nombre de deux, qui sont devenus sa propriété par acquisition légitime. L'un , le j^//(s ancien quant à la rédaction, ne portait pas la date de Tannée où les leçons de Kant avaient été recueillies. Il était, en général, plus étendu et plus substantiel que l'autre. Il a été fidèlement suivi pour la Cosmologie j la Psychologie et la Théologie rationnelles. — Le second manuscrit (qui contient aussi la Logique publiée par Jaesche) date de 1788, et porte des annotations marginales d'une autre main, des années 1789 et 1790,
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annotations qui ont pour but de corriger, mais surtout d'étendre et de compléter les premières rédactions par les suivantes. Ce manuscrit, collationné d'un bout à l'autre avec le premier, et quelquefois amélioré par suite de cette opération, a fourni V Introduction et V Ontologie : de sorte qu'on peut dire que cet ouvrage, pris dans son ensemble, a été imprimé sur deux manuscrits et sur des cahiers rédigés d'après les leçons de Kant faites trois fois sur la métaphysique. Les personnes qui s'y entendent conviendront, si elles sont équitables, que c'est montrer assez de respect pour la mémoire d'un grand homme, que de publier ses cahiers en coUationnant d'un bout à l'autre trois manuscrits recueillis à trois cours différents sur la même science. — L'éditeur s'est ici comporté comme il l'avait fait déjà (et les juges les plus compétents l'en ont félicité dans les feuilles publiques) lorsqu'il publia les Leçons sur la Religion. Il ne s'est permis aucun changement dans les manuscrits, pas même dans les endroits qui exprimaient des vues contraires aux siennes. Tout ce qu'on peut lui imputer, c'est la correction de la ponctuation, et quelquefois la suppression de certaines superfluités, telles que des mais^ des ou^ des donc, particules qu'on n'évite pas toujours, quand elles pourraient l'être, dans la chaleur d'une exposition
a AVERTISSEMENT
orale. Il a même laissé subsister des mots passablement barbares , tels que necessitiren, Bonitœt, et quelques autres semblables^ qui auraient très-bien pu être remplacés par des mots allemands : le tout par un sentiment de piété envers un homme illustre, et comme garantie de l'authenticité du ton (des Tones). Il n'a biffé qu'un trèspetit nombre de passages qui avaient été sûrement mal recueillis : car, quoiqu'ils eussent très-bien pu se justifier d'après l'esprit des opinions de Kant sur les mêmes matières et consignées dans ses autres ouvrages, l'éditeur a cependant préféré de n'en rien faire, par respect pour l'authenticité du tout. Les lecteurs ont donc, en fait, dans chaque ligne imprimée, du Kant pur.
Pour ce qui est du rapport intrinsèque des deux principaux manuscrits collationnés, l'éditeur fait remarquer que Kant a suivi dans tous deux — par conséquent dans ses leçons des différentes années — le même ordre dans la disposition des matières, qu'il s'est constamment attaché aux mêmes principes, et que le petit nombre de variations qu'on rencontre, ne concernent que les exemples donnés comme explication, ou des modifications insignifiantes. — La plus grande différence entre les manuscrits tient à ce que le plus récent est un peu plus restreint que l'autre, soit que cette brièveté ait sa raison dans l'expo-
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sition pius concise de Kant^ à cause peut-être qu'un semestre académique se trouva plus court que deux autres^ soit parce que la rédaction de l'auditeur a été faite d'une manière plus serrée-
Le second point sur lequel l'éditeur doit s'expliquer avec les lecteurs de cet ouvrage ^ est relatif au caractère et à l'esprit propre de ces leçons, et à leur rapport avec les progrès et les changements de la métaphysique depuis Kant.
Cependant; comme il a consacré à ce dernier objet; sur la demande du libraire ^ V aperçu historique qu'on va lire^ il se bornera ici à dire encore un mot sur le caractère et l'esprit propre de ces leçons de métaphysique.
Un léger coup d'œil fait déjà voir que Kant^ dans l'exposition de la science fondamentale de la philosophie, ne s'éloigne pas de la division ordinaire en ontologie, cosmologie j psychologie et théologie. On aperçoit; en pénétrant plus avant dans l'esprit de ces leçonS; que les doctrines propres à l'auteur du système critique sur les catégories; le temps et l'espacC; le rapport des choses en soi aux phénomènes, l'insuffisance de tous les arguments spéculatifs en faveur de l'existence de Dieu; la croyance morale en DieU; le mérite pour le bonheur; etc.; dominent sans doute également ici; mais cependant que la forme et l'expression de son exposition académique semblent