XIV PREFACE
santeur . n'est pas plus du domaine direct de l'expérience que quelque autre force que ce puisse être : la force telle qu'on Tentend ordinairement n'est qu'une concepti on qui s'ajoute à celle de cause et la détermine.
5" Tout en disant que « la métaphysique est la science de la raison pure, qu'elle comprend la psychologie rationnelle et la physique rationnelle, » l'auteur ne détermine pas ici ce qu'il faut entendre par raison pure. — C'est la capacité d'avoir des idées non-sensibles.
U^ Lorsqu'on fait dire à Kant « que le sujet moi est senti, que le moi est la seule substance que nous puissions percevoir, » on le met en contradiction avec lui-même comme auteur de la Critique de la Raison pure. Et c'est, nous n'en faisons pas le moindre doute, la doctrine exposée dans ce dernier ouvrage qui est la vraie, et qu'il est juste d'attribuer exclusivement à l'auteur. — Ajoutons pourtant que, dans cet ouvrage même, il a quelquefois l'air peu conséquent, puisqu'en plus d'un endroit, surtout lorsqu'il parle de l'unité synthétique a priori, de l'aperception pure, etc., il prête à penser qu'il croit à l'intuition du moi substantiel.
S*' Je ne sais si l'on se comprend bien lorsqu'on dit que « l'immatériel est présent dans l'espace sans remplir un lieu. » — Il est du moins un sens suivant lequel H y aurait là contradiction.
C Ne fait -on pas aussi une confusion lorsqu'on dit: «Quand je compte, j'ai la conscience des nombres? » Les nombres, comme tels, ne sont point des faits de conscience: c'est Vacte de nombrer qui a ce
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caractère; ce sont les idées de nombre qui sont des faits de conscience, et non point leur valeur rationnelle ou objective.
Cette réflexion nous semble d'autant plus importante, que la confusion qu'elle est destinée à dissiper est pour quelques bons esprits ^ une occasion de confondre la psychologie empirique ou expérimentale avec les sciences métaphysiques ou rationnelles.
Il est très-vrai que ces sciences ne peuvent être faites sans idées, et que toute idée, en tant qu'elle fait son apparition dans l'esprit humain, est un fait de conscience. Mais est-ce à dire, comme on aTair de le croire, que la psychologie bien faite non-seulement donnerait la clef de toutes les difficultés métaphysiques, mais en serait même une solution directe, serait une métaphysique complète? Nous ne le pensons pas, et voici pourquoi :
a) La psychologie expérimentale ne comprend que les idées mères, fondamentales des diiférentes sciences métaphysiques, et non les idées déduites qui résultent de la combinaison des premières. Elle ne comprend pas davantage leur disposition en un tout, leur systématisation; sans quoi il y aurait dans la raison native de chaque homme non-seulement la matière et la forme en puissance de toutes les sciences métaphysiques, mais encore cette matière et cette forme en réalité. Or, il n'en est rien : c'est évident. Donc la
< Tel que -M. JoufTroy. V. sa préface aux OEiivres de Reid.