PREMIÈRE PARTIE
nOBALE THÉORIQUE
DEUXIÈME LEÇON. — Analyse de la conscience morale. — La responsabilité, ses conditions et ses degrés. — L'intention. . 15
Objet et plan de la morale théorique : 1* Y a-t-ii une loi morale et où faut-il la chercher? 2* A quels caractères la reconnaitra-t-on ? 3* Examen critique des principales doctrines proposées; 4* Le devoir pur; b* Principes auxiliaires du devoir; 0* Les sanetions du devoir : Le devoir et la destinée humaine
La coiucleace morale. ~ Ses rapports avec la conseienee psychologique. — Qall est nécessaire de partir des faits qa*elle noas offre, et pourquoi. — Sur quoi elle porte; faits qai lui éohappent, même dans la conduite humaine ; seuls les actes conscients et Yoolns relèvent d'elle.
Analyse : Jugements que nous portons sar les actes de nos seoiblables; Sentiments qu'ils nous inspirent. — Jugements que nous portons sur notre propre conduite, et sentiments correspondants.
Ces jugements et ces sentiments varient, mais décalent partout un idéal moral et la responsabilité dé Thomme. — Quatre éléments de la responsabilité : 1* Conscience de ce qu'on fait; y Discernement et réflexion ; 8* Sentiment de la liberté ; 4* Notion d'une régie. — Degrés de la responsabilité; comment elle croit et diminue; comment l'instruction l'augmente. — Les irresponsables.
L'intention. — Si c'est d'elle seule qu'on est responsable : dangers de cette opinion; la direction d'intention (Pascal). — Excès inverse de la doctrine janséniste. -~ Conclusion : La loi morale est bien avant tout, et même uniquement, une loi de la volonté, mais elle suppose, sinon quelque chose de plus que la bonne volonté, du moins certaines règles et conditions qui la garantissent.
TROISIÈME LEÇON. — - Caractères propres de la loi morale. — Obligation et autonomie 29
Résultats obtenus dans la précédente leçon; — Objet de celle-ci.
Nécessité de déterminer plus rigoureusement les caractères que doit offrir une loi de la liberté. — Les lois logiques et physiques sont nécessaires; la loi morale ne peut pas l'être. — Elle n'est pas, d'autre pari, un simple conseil. — Elle est obligatoire, un « impératif catégorique » (Kaut). — En quel sens elle est, par suite, universelle, éternelle, immuable. — Ce oommandement moral ne peut venir du dehors : a autonomie de la volonté. »
— Différence de la loi morale et des lois civiles et politiques. Conception chimérique de la vertu imposée par la législation.
Objection : N'est-il pas contradictoire de présenter la loi morale à la fois comme impérative et comme ne pouvant être imposée?
— Réponse : Synthèse de ces deux caractères. — Dans quels cas la loi apparaît plutôt comme impérieuse, dans quels cas comme attrayante. — Autre reproche qu'on pourrait faire à cette conception de l'autonomie morale. — Réponse : L'autonomie n'est pas ilsolement de la personne, mais au contraire le sentiment qu'elle prend de son rtle dans le tout. — Comment l'idéal meut les volontés.
QUATRIÈME LEÇON. — U loi morale est-elle la recherche du plaisir? — Doctrine Cyrénaïque. — Doctrine de Fourier. — Critique de la volupté comme règle de conduite 39
Où il faut chercher la loi morale. — La formule antique : < Suivre la nature; » Son défaut. — Réduction de tous les principes d'action volontaire à trois, de toutes les doctrines morales à trois types.
Premier principe d'action : la recherche du plaisir. — Exposé: L'agréable identifié à l'honnête, le plaisir sans choix proclamé e seul bien. — Les Cyrénalqnes. — Ch. Fourier et le phanslère.
DisGotaion de ce principe ~ En quoi il est spécieux au premier abord. — Que le plaisir, en réalité, n'offre aucun des earsctères requis. — Qu'il n'est surtout pas obligatoire et ne peut, érigé en principe de conduite, rendre compte d'aucune des données de la conscience. — Qu'il est même faux de proclamer le plaisir comme le but universel et dernier de la vie animale. — A plus forte raison, il ne peut être le but unique de Tactivité raisonnable. — Critique de la volupté : ses effets. — Citations de Vlnet.
Conclusion : Le plaisir objet du devoir (en qoei sens), et lié à lai (de quelle manière).
CINQUIÈME LEÇON. — La loi morale est-elle la recherche du bonheur? — Doctrine de Tintérôt bien entendu. — Examen critique de la morale épicurienne &0
Différence entre l'agréable et l'otile, la passion et l'intérêt, le plaisir et le bonheur.
Exposé de TÉpicurisme : en quoi il est supérieur à la doctrine cyrénaïque, et comme théorie et par ses effets pratiques. — Épicure (S4i-270 av. J.-G.), sa vie et. sa morale. — Quatre préceptes: L'arithmétique des plaisirs. — Comment la vertu même trouve place dans le calcul : Frugalité, bienfaisance, amitié, clémence, etc. — Conclusion : Égoîsme délicat, prudent et timide.
Examen de cette doctrine : Ce qu'elle contient de vrai. — L'égolsme partout mêlé en fait à nos vertus (mots de La Rochefoncault), partout présent dans Téducatlon.
Deux genres de moralistes : peinture satirique de l'homme tel qu'il est, et détermination de ce qu'il doit être. — Quand l'égoïsme serait le fait, doit-il être la règle? — Plus il est notre loi psychologique, moins il peat être la loi morale (mot de Bentham).
L'Épicurisme peut produire la sagesse pratique et l'ordre extérieur, mais il fausse et détruit toute vertu (exemples). — Mot de Vinet sur le parfait épicurien. — L'égoïsme a toujours scinde se dissimuler, en quoi il rend hommage au désintéressement.— Si la recherche du bonheur est une loi universelle et étemelle. — Qu'elle n*e8t ni impersonnelle ni fixe (Bossuet), ni absolue et inconditionnelle, ni infaillible et claire, ni surtout obligatoire. •— Cette loi ne rend compte d'aucun des faits de la conscience morale. — Toutes les vertus épicuriennes ne valent pas un mouvement de charité.
Conclusion : L'intérêt objet de la morale (en quel sens).— L'égoïsme dans l'éducation. — Le bonheur lié à la vertu (de quelle manière).
SIXIÈME LEÇON. — La loi morale est-elle d'agir en vue de l'intérêt général? — Doctrine de Jérémie Bentham. — Critique de la morale utilitaire 63
Retour sur les conclusions de la précédente leçon.
La morale de llntérét général. — Jérémie Bentham (1748-1833); ses écrits. — Rapports de sa morale avec celle de Hobbes. — Formule générale. — « L'arithmétique morale. » — Mérites de cette tentative.
Toute spécieuse qu'est la doctrine de J. Bentham, elle repose sur un malentendu. — L'intérêt général moins clair encore que l'intérêt personnel. — Désaccord et anarchie (Bentham et la Révo* Intion française). — L'intérêt public ne peut obliger l'individu
contradietioA rt#»ale. — Objection : Lei harmonies économiques.
— Réponi e.
La conscience n:«ral« ne Jage pes selon la règle de Bentbam. —
La fin ne justifie pas les moyens.
Crltiqne de Bentham par Herbert Spencer. — Pétition de principe
de l'utilitarisme. — Bentliam jugé par un disciple.
SEPTIÈME LEÇON. -^ L'utililarisme contemporain. — Littré. — Stuart Mill. — Herbert Spencer 78
Dernier mot sur la doctrine de Bentham.
NouTsUe forme de rutilitarisme comtemporain.
I. Origine de l'idée de justice selon M. Littré : Lldée de justice n'aurait été d'abord que l'idée de compensation ou de dédommagement.
Réponse : 1' ce qu'il y a de yrai dans cette yne historique; 3* comment M. Littré s'élève lui-même au-dessus de sa propre thèse : le juste déclaré par lui distinct de l'utile et identique an Trai.
II. Oenèse du sens moral selon Stuart Mill : Le sentiment du juste est un Tif mcuyement de défense personnelle généralisé. --L'autorité da mot justice tient a ce qu'il résume tonte Texpérience humaine relativement à rutilité des actions.
III. Herbert Spencer se déclare pour la morale utilitaire : Comment il ri^eunit la doctrine en faisant intervenir l'hérédité, et la rend plus spécieuse encore qu'elle n'est ches Mill.
Qu'il est particulièrement nécessaire de dissiper ici tout malentendu : 1* caractère hypothétique de cette construction pseudohistorique; 2* elle n'explique pas le caractère sacré du devoir y quand cette théorie serait vraie et rendrait compte de tous les faits, elle ne résout pas la question de l'idéal moral (mot de Kant).
Conclusion générale touchant les doctrines utilitaires : L'utile, objet du devoir, mais distinct de lui. — « Fais ce que dois. >
HUITIÈME LEÇON. — La loi morale est-elle d'obéir au sentiment? — Doctrine de la sympathie (Adam Smith) 91
La morale du sentiment : en quoi elle diffère de la morale de lln-
térét et de la morale du plaisir.
Bxposé général de la doctrine sentimentale. — Principales formes
de cette doctrine dans l'histoire de la morale : Hutcheson. —
— D. Hume. — A. Smith. — Ferguson. — J.-J. Rousseau. — Jacobi.
Critique générale de la doctrine sentimentale : 1* Grande part de vérité ; 3* Le sentiment n*a pas les caractères de la loi cherchée.
— Dangers de Tamour pris pour guide unique (Bossuei). — Dilemme.
La morale de la sympathie (Âd. Smith). ^ Exposé : Analyse de la sympathie. — Comment elle inspire nos jugements moraux : 1* Sur autrui; 2* Sur nous-mêmes. — Réle laissé à la raison.— Gomment cette doctrine explique le mérite et le démérite, la satisfaction et le remords, les vertos d'aetion et les vertus d'abstention.
Critique d'Ad. Smith. — La morale impossible en dehors de la société. — Pourquoi la sympathie plutôt qu'un autre sentiment? Hétéronomie. — Respect humain. — Réponse d'Ad. Smith : La conscience, spectateur impartial. — Réplique : Double contra-
diction. •-> Ad. Smith a pris Teffet pour la eanie. — Oppoiitioa de U jastica et de la sympathie .
CondasioD. — Vrai rôle du sentiment en morale.
NEUVIÈME LEÇON. — Le devoir pur. — Formules de la loi morale selon Kant. — Dignité de la personne humaine. . . 103
Résultats da travail d'élimination opéré jusqu'ici. — La loi morale
est d'agir par devoir ou par raison. — La bonne volonté. Valeur eiceptionnelle de Kant comme interprète de cette doctrine.
— Sa vie (1724-1804); ses principaux ouvrages.
La raison pratique : L'obligation. - Obligation et liberté. — Le bon vouloir.
Objection. — Réponse : La liberté, à la fois scijet et objet du devoir. — Valeur absolue de la personne. — Autonomie,
!'• formule de la loi morale : La personne humaine fin en soi. — 2« formule. — 8* formule.
Devoir et sainteté. —- Apostrophe au devoir. — Le sentiment moral, sa nature et son rôle. — Les postulats de la conscience. — Conclusion de la morale de Kant.
Excellence de cette doctrine.
Nécessité d'une leçon complémentaire sur le souverain bien.
DIXIÈME LEÇON. — Le souverain bien. — Théories anciennes du souverain bien 114
Pourquoi nous avons fait tant de place à la morale de Kant. — Nécessilé de la rattacher à la tradition des grands moralistea. — - Critiques qu'on peut élever contre la morale kantienne. — Le devoir et le souverain bien.
Doctrines morales les plus anciennes : Morale des Égvptiens; — des Hébreux; — de llnde (brahmanisme et bouddhisme); — de la Perse (Zoroastre) ; >- des Celtes et des Gaulois ; — de la Chine (Confucius et Mencius).
Les Sept sages de la Grèce. — Socrate : son démon; — son dogme de la Providence; — sa dialectique des ac*'ons; — sa vie et sa mort. — Platon : hdée dn bien ; >— l'expiai .on; — la vie future;
— la morale et la politique.
ONZIÈME LEÇON. — Le souverain bien. — Théories anciennes du souverain bien (suite) 136
Aristote : le souverain bien; ^ la vertu; — l'amitié.
Les Cyniques (Antisthènes et Diogène).
Les Stoïciens grecs et latins : Zenon et Chrysippe; Sénèque; Épictète ; Marc-Aurèle. — La métaphysique stoïcienne. — Morale de Teffort ; — lutte de la passion et de la liberté ; — le souverain bien des stoïciens. — Grandeur et défauts de cette doctrine. — Mot de Pascal sur Épictète.
Citations d'Épictète et de Marc-Aurèle.
DOUZIÈME LEÇON. -« Du souverain bien (suite et fin). — Rapports de la morale avec la métaphysique et la religion. . . . HO
Pourquoi nous avons fait tant de place aux doctrines antiques du
souverain bien.
Le souverain bien selon Malebranche.
Comment nous devons le concevoir à notre tour : Synthèse de la
bonne volonté et du bonheur, leurs rapports.
Comment la conception du souverain bien mène à celle de Dieu.
Rapports de la morale et de la religion. — Qu'il est impossible et périlleux de renverser ce rapport et de faire reposer la morale sur un oredo métaphysique.
Si la morale a pour base l'obéissance à la volonté de Dieu? — A quelles conditions cette formule est acceptable. — La morale estelle donc indépendante? — Réponse. — Gomment la morale se complète et s'achève par le sentiment religieux. — Synthèse de tous nos principes d*action dans le sentiment de la perfection. ~ Le vrai, le beau et le bien.
TREIZIÈME LEÇON. — Les sanctions de la morale. — Les postulats de la conscience 155
Nouvelle voie par où la morale conduit aux questions métaphysiques et religieuses. — Des sanctions en général. — Que la loi morale ne peut s'en passer.
I. Sanctions sociales; — elles sont de deux sortes: A, temporelles ou positives; — B, spirituelles ou proprement morales.
insuffisance des sanctions positives : elles punissent et ne récompensent pas ; — elles sont superficielles et faillibles.
Insuffisance des sanctions qui proviennent de Topinion : défauts analogues; — manque d'autorité.
II. Sanctions individuelles : [a], positives; — leur insuffisance;
— [b], intimes : bien que supérieures, elles sont encore imparfaites.
m. Nécessité morale d'une sanction suprême : les postulats de la conscience. — Rapports vrais de ces croyances avec l'obligation morale. — Qu'une plus grande clarté sur ce point n'est ni nécessaire, ni moralement désirable.
QUATORZIÈME LEÇON. — Devoir et droit. — Devoirs stricU et devoirs larges. — Justice et charité. — La vertu 166
Objet de cette leçon. — Le devoir. — Le droit. — Rapports de ces
deux notions.
Y a-t-il lieu de distinguer des devoirs stricts et des devoirs larges?
— Vrai sens de cette distinction.
La justice et la charité : la loi de respect et la loi d'amour. — Dans
quels rapports sont entre elles la justice et la charité. La vertu et le vice.