La famille. — La famille est la société constituée
teurs et du chef de famille, laquelle constitue la société domestique.
111. Importance de la famille. — La famille joue un grand rôle au point de vue moral et au point de vue social.
A. IMPORTANCE DE LA FAMILLE DANS L'ORDRE MORAL. Pour les parents comme pour les enfants la famille est une excellente école de vertu morale. Les père et mère aiment leurs enfants, et à ca’.se de cela, ils veulent leur bonheur, ils désirent éloigner d’eux tout ce qui pourrait leur nuire. Ils savent bien que le moyen le plus apte pour exercer leur paternelle influence auprès de leurs fils et de leurs filles, c’est
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toujours le lon exemple. Aussi, dans toutes les circonstances, i's doivent faire taire la voix des passions et marcher dans le droit chemin. De plus, cet amour bien comptis nécessite de leur part des sacrifices très coûteux ; cet amour donc, est une source de dévouements généreux, d’abnégation continuelle, dévouement et abnégation qui assurent le bonheur et la stabilité des familles. —- De leur côté, les enfants, déjà enclins par instinct naturel à aimer leurs parents, témoins des actes vertueux de leur père et mère, conçoivent pour eux une estime faite d’une solide vénération et d’un sincère attachement. Ils n’ont besoin d'aucun effort pour marcher sur leurs traces, et, ainsi, comme saturés par les bons exemples du foyer paternel, ils grandissent dans la pratique des vertus et deviennent pour la société des sujets recommandables. Il est donc vrai de dire que là où le père et la mère comprennent leurs devoirs, la famille est un sanctuaire de vertu morale. Heureux les enfants qui y naissent et y vivent !
B. IMPORTANCE DE LA FAMILLE DANS L'ORDRE SOCIAL. La valeur morale d’une société dépend de celle des éléments qui la constituent. Or la société se compose des familles comme d’autant de cellules vivantes. Plus ces dernières sont fortes, exemptes de tous germes morbides, plus la vie coulera dans l’organisme, abondante et généreuse, Aussi bien, pouvonsnous dire, les familles sont le baromètre de la société. En effet — c’est le témoignage de l’histoire — la décadence de certaines nations, les orages qui ont amené leur ruine, comme leurs périodes de progrès et de prospérité, ont toujours été la suite naturelle et inévitable des baisses et des hausses de la moralité des familles. Âjoutons que, par son expansion hors du foyer domestique, la famille agrandit son champ d’activité, donne
de l’élan au commerce et à l’industrie, et partant, contribue au développement de la puissance sociale.
112. Le mariage est le fondement de la famille. — Le mariage est l’union librement consentie et indissoluble de l’homme ct de la femme. Cette union constitue la société conjugale, et, parce que de cette société sont issus les enfants, on dit avec raison qu’elle est la base, le fondement de la famille. Le mariage a pour but principal le bien des enfants, et, secondairement, l’assistance mutuelle des conjoints. Jésus-Christ a élevé le contrat matrimonial à la dignité de sacrement. Quoique voulu par Dieu, le mariage, cependant, n’est pas prescrit à chacun en particulier, mais seulement aux hommes en général. Aussi il n’est pas obligatoire ; et, par conséquent, mal inspirés sont ceux qui condamnent le célibat comme immoral. La société conjugale est constituée sous l’autorité de l’homme. Celui-ci, en effet, par certaines qualités, est supérieuré à la femme, laquelle, toutefois, ne doit pas être l’esclave de l’homme, ni sa servante, mais sa compagne.
113. Indissolubilité du mariage. — L'union librement consentie entre l’homme et la femme doit durer toute la vie. Seule la mort de l’un ou de l’autre conjoint peut la rompre. Ni les époux, ni aucune autorité n’ont le droit de briser le lien matrimonial. Plusieurs raisons militent en faveur de l’indissolubilité du mariage. Voici les principales.
A. LE BONHEUR DES ENFANTS RÉCLAME L’INDISSO- LUBILITÉ DU MARIAGE. Les parents ont le devoir strict de travailler au bien de leurs enfants, et cela durant toute leur vie. Comment pourront-ils satisfaire à cette obligation si, à un moment donné, il leur est loisible de se séparer ? La grande œuvre de l’édu-
cation exige le concours continu des deux. Au père elle demande l'autorité et la force, à la mère, la persuasion et la tendresse. Après la séparation que deviendront les enfants ? Si on les confie au père, ils prendront nécessairement la part de leur mère injustement maltraitée et n’auront que du mépris pour lui et sa nouvelle compagne. En restant avec leur mère qui peut-être se remariera, ils s’exposent aux antipathies du nouveau conjoint qui ne sera pas du tout encouragé à travailler péniblement pour soutenir des enfants à lui imposés, qui ne sont pas siens et dont le père est encore vivant. La situation ne sera pas meilleure si l’on donne les fils au père et les filles à la mère. Alors ce sont des colères nouvelles qui s’éveillent et des procès qui s'engagent ; ce sont des générations déchirées par la haïne et des vies à jamais brisées.
B. Le BIEN DE LA socréré DEMANDE L’INDYSSOLU- BILITÉ DU MARIAGE. Les familles, nous l’avons vu, sont un sanctuaire sacré où règne la vertu morale et d’où sort, pour rayonner sur toute la société, une bienfaisante influence. Elle est une école où se forment les citoyens de demain. Au foyer les enfants apprennent à obéir, à respecter l’autorité, et les exemples dont ils sont quotidiennement les témoins les stimulent au bien. Pour eux leurs père et mère sont l’image vivante du pouvoir dont ils dépendront plus directement quand ils seront devenus chefs de famille. La séparation de leurs parents, outre le scandale qu’elle donne, les fait sortir de leur milieu naturel, les jette sur le pavé, en fait des mécontents, des insubordonnés, et souvent de tristes sujets. Sans compter que tous les désordres qui s’ensuivent, les haines, les procès, mettent la rivalité entre un bon nombre de familles et troublent la paix, condition vitale de toute société,
C. LE BONHEUR DES ÉPOUX VEUT QUE LEUR UNION 80IT INDISSOLUBLE. En sachant qu’ils vont s’unir pour toujours, les futurs époux sont plus prudents dans leur choix, ils tiennent compte davantage de leur caractère, de leurs goûts, de leur degré de culture. 11 suit de là que les mariages sont plus sérieux et mieux assortis. Au contraire si l’union ne devait être que transitoire, si l’un des conjoints pouvait, pour un prétexte quelconque, laisser l’autre partie, le sort de l’un et de l’autre, surtout de la femme, serait bien à plaindre. Le mariage, institution divine, deviendrait alors affaire de caprice, une source d’ennuis pour ceux qui le contractent. L’amour sain, l’amour raisonnable, son principe, en serait à jamais banni.
114. Futilité des raisons invoquées en faveur du divorce. — L'indissolubilité du mariage est l’objet d’une foule d’objections dont la futilité saute aux yeux de quiconque veut réfléchir. Pour répondre à ces objections, il est nécessaire de rappeler, avec saint Thomas, que, dans la question du mariage, (on con-
sidère davantage ce qui convient au grand nombre, que ce qui regarde un cas particulier ». Qu'il y ait certaines circonstances où le mariage devienne un joug intolérable, alors par accident, pour le bien privé, celui d'une famille, la séparation de corps qui laisse indissoluble le lien matrimonial peut être accordée. Mais le bien général demande que cet homme et cette femme momentanément ou perpétuellement séparés ne puissent contracter un nouveau mariage. — Mais, dit-on, le mariage est un engagement libre. Pourquoi ne pourrait-on pas le dissoudre avec la même liberté ? — L'acceptation libre ne change pas la nature de ce qui en fait l’objet. Le mariage, il est vrai, est un contrat
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libre, mais de sa nature il est indissoluble. Autre chose est de s'engager librement et autre chose est de s’engager pour toujours. — Si l’on permettait le divorce complet, pensent quelques-uns, beaucoup de maux dis- Paraîtraient. — La plupart de ces maux, s'ils sont réels, cessent avec la simple séparation de corps et de bien. Admettons même que dans certains cas le seul remède efficace soit la dissolution du contrat. Alors quelle règle faudrait-ii suivre ? Quels sont les cas où le divorce complet s'impose et ceux où la simple séparation de corps suffit ? Cette règle est impossible à fixer. Chacun réclamerait le divorce complet, ce serait la porte toute grande ouverte à des désordres sans nombre.
115. Le mariage et le pouvoir Civil. — Étant le fondement de la famille, laquelle, à son tour, est un élément de la société civile, le mariage n’est pas absolument indépendant du' pouvoir établi. Pour ce qui est de sa nature intime, en tant que contrat indissoluble librement passé entre les deux conjoints, le mariage n’a rien à faire avec l'autorité civile. Comme tel, c’est le libre consentement de l’homme et de la femme qui le constitue. Le droit divin et ecclésiastique en déterminent les conditions. Cependant, le bon ordre dans la société veut que la famille accepte certaines charges, soit soumise à certaines obligations. Ainsi le Pouvoir civil peut faire des lois au sujet des héritages, imposer des taxes, etc. C’est pourquoi nous disons que le mariage, dans ses effets civils, dépend du pouvoir établi.
116. Les devoirs des époux. — Avec l’exemple d’une vie chrétienne, les époux se doivent réciproquement fidélité et support. Pour vivre en paix, ils sont tenus d’adopter et de pratiquer ce que saint Paul appelle
« la loi du Christ,» c’est à-dire de « ne rien faire souffrir à personne et souffrir tout de tout le monde». Au mari incombe le devoir d'appui, de protection physique et morale, envers sa femme. C’est lui aussi qui par son travail est obligé de pourvoir à la subsistance et à la sécurité communes. Quant à la femme, elle doit soumission et déférence à son mari. Son rôle se fait sentir à l’intérieur, il consiste avant tout à mettre la joie au foyer et à maintenir l’ordre dans le ménage.