‹ Leçons de morale [microforme]Chapitre 20 sur 31 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Lu société familiale (suite)

117. Devoirs des parents envers leurs enfants.— Nous pouvons dire que tous les devoirs des parents à l'égard de leurs enfants se ramènent à l'éducation. En effet, pour atteindre la fin du mariage les époux ont l'obligation stricte d’élever leurs enfants, c’est-à-dire, de travailler à leur développement physique, intellectuel et moral. Ils doivent donc les nourrir, et leur enseigner avant tout la pratique de la vertu et leur procurer les connaissances nécessaires au salut. Quel degré d'instruction profane les parents sont-ils obligés de donner à leurs enfants? Le devoir des pa- | rents va-t-il jusqu’à les commander d'envoyer leurs enfants à l’école ? Sans doute seraient gravement coupables les parents qui, sans motif plausible, laisseraient croupir leurs enfants dans l'ignorance. Mais, il ne faut pas l'oublier, ce aue là iustice demande aux barents, c’est de faire de leurs enfants de bons chrétiens, des citoyens honnêtes, capables de gagner honorablement

Lesmane Ânyl mevierenr à Dar rar du ère

leur vie. Or pour atteindre ce but, l’instruction profane puisée à l'école n'est pas strictement nécessaire. Ce n’est donc pas la justice mais bien la charité qui, dans certains cas, demande aux parents de donner ou de faire donner à leurs enfants une instruction plus ou moins étendue selon que l’exigent les circonstances.

Le droit à l'éducation des enfants est un droit conféré aux parents par la nature elle-même. C'est un droit sacré, intangible et inaliénable, Et puisqu'ils ont droit à la fin, ils peuvent aussi choisir à leur guise les moyens jugés les plus aptes à les y conduire, C’est Pourquoi en vertu de ce droit il appartient aux parents « de choisir eux-mêmes les maisons d'étude, les méthodes d’enseignement, les maîtres et les instruments de savoir qu’ils estiment les plus propres à assurer la bonne éducation des jeunes êtres dont la Providence leur a confié la garde. Une seule autorité leur est, en cela, supérieure, et peut leur commander : c’est l'Église. Quant à l’État, toute tentative faite par lui contre le libre exercice et les libres déterminations, en matière scolaire, de Ja puissance paternelle, mérite le nom de vexation et d’oppression.» (

Pour ce qui est de l’éducation religieuse, elle est du ressort de l’Église qui a sur elle un droit direct et immédiat. Dans l’ordre surnaturel les parents ne sont que les mandataires de l'autorité religieuse. Ils ne perdent Pas pour cela leur droit, mais ils le subordonnent au droit divin qui est supérieur à celui conféré par la nature aux parents.

118. L'éducation dans la famille. — La famille est la première école que fréquente l'enfant. L’éducation qu’il y puise aura une grande influence sur toute

(1) L.-A. Paquet, L'Église et l'Education, pp. 256-257.

MORALE SPÉCIALE 69 sa vie puisque ce sont les leçons reçus dès l’âge le plus tendre qui se gravent le mieux dans l'esprit, et partant, produisent les fruits les plus durables. Il faut donc que l'éducation des tout petits soit bien soignée : leur bonheur en cette vie et dans l’autre en dépend. C’est dire que les parents, pour être fidèles à leur mission d’éducateurs, doivent connaître et apprécier, comme ils le méritent, les lourds devoirs de leur charge. Nous ne saurions faire mieux ici que de citer textuellement un passage de la belle lettre pastorale que les pères du premier concile plénier de Québec écrivirent en l’année 1909. Cette lettre admirable traite de « l'esprit chrétien dans l'individu, dans la famille et dans la société ». Voici ce que les pères disent au sujet de l'éducation dans la famille.

« Pères et mères, sachez-le bien, le foyer domestique est la première école de l’enfant ; cette école peut à la rigueur remplacer toutes les autres, mais elle ne peut jamais impunément être remplacée par aucune. De cette école vous êtes les maîtres, et l’enseignement que vous y donnez ne relève que de Dieu... L'âme de votre enfant, enveloppée dans la chair et comme captive des sens, attend de vous seuls l’acte éducateur qui la tirera de sa prison, et l'impulsion bienfaisante qui l’élèvera vers la vérité, vers le devoir, vers Dieu... Ministère sublime, qui vous associe à l’œuvre créatrice et qui fait de vous les aides de Dieu. Tâche délicate, qui réclame toutes les lumières de la foi et toutes les puissances de la grâce |

«Tournez de bonne heure ces chères âmes du côté du ciel ; ouvrez-les aux salutaires influences de la foi, et apprenez-leur à prier...

« Avec la piété il faut jeter dans l’âme de l'enfant la semence des vertus chrétiennes, et en surveiller avec

“mare nel metres à Pur grrr à me ares

soin la germination et la croissance, Parmi ces vertus, nous vous signalons tout particulièrement le respect de l'autorité, l’obéissance prompte et affectueuse à ceux qui commandent, la tempérance dans le boire et le manger, la charité envers le prochain, la compassion pour les malheureux et la pratique de l’aumône..…

(A la parole joignez l’action. Saisissez avec joie toutes les occasions qui se présentent de faire pratiquer à vos enfants les vertus que vous devez leur enseigner, Donnez-leur vous-mêmes, d’abord, l'entraînement si Puissant de vos bons exemples ; puis, par des actes répétés, faites-leur contracter de bonne heure la salutaire habitude de la vertu ».

En résumé, l'éducation dans la famille doit être avant tout chrétienne. Le meilleur moyen pour arriver à ce but, c’est le bon exemple donné par les parents. ()

119. Le monopole scolaire. — On entend par monopole scolaire, le droit exclusif d'ouvrir des écoles. Ce droit, l’État le réclame comme lui appartenant, à lui seul, à l'exclusion des Parents. Le monopole scolaire est un attentat au droit naturel qu'ont les pères de famille d'élever leurs enfants comme ils l’entendent. Ce droit à l’éducation de leurs enfants atteint aussi les écoles : le droit à la fin s'étend aux moyens. Le rôle de l’État n’est que supplétif et secondaire. I] vient à la rescousse des parents là où ceux-ci ne peuvent pas remplir leurs devoirs. Ainsi les chefs de famille d’une Paroisse pourront faire appel à l’autorité lorsque la municipalité ou eux-mêmes sont incapables de faire les dépenses que nécessite la fondation d’une école. Mais,

(1) A lire avec profit la Lettre Pastorale des Archevêques et Évêaues des provinces ecclésiastiques de Québec, de Montréal et d'Ottawa, mars 1894, ‘

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