‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 1 sur 252 · M DCCC I.XXXI1I · texte numérisé non relu

M DCCC I.XXXI1I

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Nous soumettons aujourd’hui à l’appréciation du public nos leçons de Pathologie externe. Chargé depuis longtemps de ce cours, soit à l’Ecole de médecine, soit à la Faculté, nous tenons à prouver que nous avons fait tous nos efforts pour nous dévouer aux fonctions qui nous ont été confiées. Nous espérons que ces leçons, qui ont été suivies avec empressement, pourront encore servir à notre jeunesse médicale.

Nous n’avons voulu publier ce livre qu’après de nombreuses années d’enseignement. Un tel ouvrage est, en effet, un travail de vulgarisation, et pour qu’il soit aussi complet que possible, il faut du temps pour bien connaître le mouvement scientifique et acquérir un esprit critique plus judicieux. Nous ressemblons au voyageur qui décrit les divers pays qu’il a parcourus, et qui cherche à en présenter la description d’une façon aussi intéressante que possible. Pour que le voyage soit

retracé d’une manière complète et utile, il faut se résigner à n’être qu’un narrateur un pou tardif.

Il eut semblé peut-être convenable de placer après chaque question un index bibliographique. La forme d’un cours ne comporte pas, selon nous, ce procédé d’érudition tout naturel pour un traité de Pathologie. Nous avons dû, par conséquent, laisser de côté bien des indications de travaux originaux. Nous prions les auteurs de ne nous accuser ni d’oubli ni d’indifférence. Nous tenons à faire une observation spéciale pour la théorie du microzyma appropriée à la suppuration. Nous avons cité pour cette théorie le nom du professeur Grasset, à cause de son mémoire de 1873; mais il est bien évident que tout ce qui a rapport à la théorie du microzyma appartient au professeur Béchamp.

Nous nous sommes astreint, dans nos leçons, à étudier surtout les questions de Pathologie chirurgicale générale. Voici pourquoi : l’enseignement chirurgical comprend actuellement en France deux chaires: la chaire théorique et la chaire clinique. Le rôle des deux professeurs nous semble distinct. Au professeur théorique, appartient le devoir d'initier l’élève aux idées générales de la Pathologie chirurgicale. A lui d’enseigner l’inflammation, le traumatisme, la gangrène, les tumeurs en général. Le professeur de clinique doit, au contraire, spécialiser son enseignement à propos de chaque malade : à lui d’étudier l’inflammation, le traumatisme, la gangrène de telle ou telle partie, la tumeur de telle ou telle région. Plus que tout autre, nous proclamons l'importance de ce dernier enseignement. C’est au lit du malade, c’est dans les salles d’hôpital, véritables labo-

ratoires médicaux, que l’élève doit se former définitivement. Mais, pour être à même d’utiliser ces précieuses ressources, il doit être initié tout d’abord aux problèmes de la Pathologie générale.

Plus que jamais, le mouvement de spécialisation nous entraîne cà des résultats qui seront peut-être heureux; mais, pour que la spécialisation ne reste pas stérile, il faut qu’elle repose sur un fond solide de connaissances générales.

17 mars 18S3.

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