THÉORIES DE L’ ULCÉRÂT! ON — THÉORIE ACTUELLE
faire connaître et à apprécier la théorie actuelle. Cette théorie que l’on peut appeler la théorie de la gangrène moléculaire, théorie de l’élimination, était déjà formulée dans l’ouvrage un peu délaissé maintenant de Vidal (de Cassis). Pour les partisans de cette doctrine, la solution de continuité ne provient pas de l’absorption des molécules des parties qui s’ulcèrent; cette solution de continuité se constitue par le fait de la destruction des parties vivantes, de leur désagrégation moléculaire, de leur gangrène moléculaire. Par suite du travail inflammatoire, la nutrition se modifie, s’altère, les éléments se détruisent, s’éliminent, l’étoffe organique arrive à se déchirer.
Pour soutenir cette théorie, on peut faire valoir les raisons suivantes :
1° L’observation microscopique permet toujours de reconnaître les débris des molécules élémentaires des parties au niveau desquelles l’ulcère s’établit. Ces résidus moléculaires deviennent souvent très manifestes; ainsi, dans le pus fourni par l’ulcération au niveau d’un os, on constate très facilement la présence dès éléments osseux.
2° L’absorption n’est nullement plus active au niveau des parties qui s’ulcèrent; le phénomène inverse se rencontre, au contraire, plus fréquemment : l’absorption est plutôt diminuée au niveau d’une ulcération.
3° L’on constate presque toujours une production purulente plus ou moins abondante au niveau de l’ulcère, preuve que l’absorption ne joue pas le rôle important, puisque lesjphénomènes d’excrétion sont, au contraire, manifestes dans les points où l’ulcération a lieu.
Cette théorie de la gangrène moléculaire permet de mieux comprendre l’influence que toutes les causes débilitantes exercent sur la production et sur la marche de l’ulcération. Ce phénomène se produit de préférence chez les individus affaissés, cachectiques ; la gangrène moléculaire est, en effet, plus réalisable dans ces organisations pathologiques où les liquides
organiques sont plus ou moins altérés, où la vie en général est clans des conditions plus imparfaites.
L’ulcération, c’est, après tout, la perte de la vie dans un certain nombre des éléments d’une partie de l’organisme.
Avec cette théorie, vous comprendrez mieux la production de l’ulcération survenant aux membres inférieurs. Aux membres inférieurs, en effet, la circulation se fait dans des conditions moins faciles, les stases sanguines sont plus à redouter, la moindre inflammation aura, par conséquent, plus de chance de se terminer par ulcération.
Cette théorie est celle que nous adoptons complètement. Elle se rapproche, du reste, plus qu’on ne le pense au premier abord de l’opinion ancienne. Dans l’une et l’autre doctrines, il y a l’idée d’une cause étiologique entravant la nutrition générale.
En résumé, l’ulcération est bien un travail essentiellement désorganisateur, un travail d’élimination s’accomplissant à la surface ou à la profondeur de nos tissus et aboutissant par désagrégation moléculaire des parties à la création d’une solution de continuité spéciale. Il y a, comme vous le voyez, un rapport d’analogie très grand entre l’ulcération et la gangrène, ou mieux, comme nous l’avons dit antérieurement, l'ulcération n’est, en somme, qu’une forme de gangrène.
DE L’ULCÉRATION
DE L’ULCÉRATION
1* L’ulcération est un processus morbide essentiellement désorganisateur, s’accomplissant soit à la superficie des tissus, soit dans leur profondeur et déterminant plus ou moins rapidement des solutions de continuité.
2“ Les solutions de continuité sont de deux espèces :
j Solutions de cause externe.
| Solutions de cause interne.
3” Les solutions de continuité de cause externe peuvent se diviser en cinq catégories :
A. Plaie.
B. Contusion.