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THÉORIF.S DR L’ULCÉRATION — THÉORIE DE HUNTER

dans une assez juste proportion. C’est l’état delà vie normale, de la nutrition régulière. Au commencement de la vie, le mouvement d’assimilation est un peu prédominant ; au déclin de l’existence, le mouvement de désassimilation tend à devenir un peu plus fort, et c’est au milieu de la vie que la compensation est à peu près complète.

Quelquefois l’équilibre est rompu. Tantôt on voit alors le mouvement de composition l’emporter, il se produit ce que l’on a désigné sous le nom d’hypertrophie. Tantôt c’est le mou vement de décomposition qui est plus accentué, il y a dans ces conditions ce que Hunter a appelé L’absorption interstitielle,

’ L’absorption progressive,

L’absorption ulcérative.

Dans l’absorption interstitielle, un organe quelconque, un tissu diminuent, maigrissent dans des proportions plus ou moins considérables sans phénomène apparent de solution de continuité.

Dans l’absorption progressive, les molécules organiques des tissus disparaissent sans laisser de traces de solution de continuité apparente, bien que le raisonnement indique que cette solution de continuité doive cependant avoir lieu dans une certaine mesure. C’est ce qui arrive, par exemple, dans le cas où un corps étranger chemine peu à peu dans l’épaisseur de nos tissus.

Enfin, quand il y a absorption ulcérative, on voit se produire une solution de continuité plus ou moins accentuée.

Hunter est aussi un des premiers qui ait dénommé l’absorption ulcérative l’inflammation ulcérative. Cette expression est très exacte, comme nous l’avons déjà indiqué, quoiqu’elle paraisse au premier abord peu convenable, puisque le mot d’inflammation rappelle plus habituellement un travail de néoformation, de prolifération, un travail plutôt de création qu’un travail de désorganisation comme le processus ulcératif.

Ainsi, pour Hunter, la solution de continuité que représente

l’ulcération vient de la disparition progressive des molécules organiques qui rentrent dans le torrent de la circulation.

Pour soutenir cette théorie, on a fait valoir les raisons suivantes :

1° L’absence de tout détritus sur les surfaces ulcérées ; 2° L’identité du liquide exhalé par les surfaces ;

3° L’activité bien réelle de l’absorption à ce niveau.

Malheureusement pour la théorie, aucune de ces raisons n’est juste. Souvent, il est vrai, on ne voit à la surface des ulcères aucun détritus bien apparent, mais si l’on soumet les parties à un examen plus complet, à l’examen microscopique, par exemple, on constate très facilement des molécules d’élimination qui rappellent parfaitement la composition des parties qui s’ulcèrent. Ainsi vous constaterez le fait, soit au niveau d’un ulcère cancéreux, soit au niveau d’un ulcère de telle ou telle région. Les particules détachées contiennent toujours, ou bien des cellules cancéreuses, ou bien des cellules rappelant l’organisation élémentaire de la partie où l’ulcération existe.

L’identité du liquide qui s’écoule des surfaces ulcérées, soidisant les plus hétérogènes, n’est donc pas un fait positif, c’est une identité illusoire. L’ichor qui découle des ulcères présente réellement des variétés en rapport avec la nature du tissu ulcéré, en rapport avec la différence des tissus qui se désagrègent et dont les molécules spéciales pourront être parfaitement reconnues à l’examen microscopique.

Quant au phénomène de l’absorption, il est bien réel au niveau des surfaces ulcérées, mais cette absorption s’accomplit également à la surface d’une plaie, à la surface d’un vésicatoire, et cela sans qu’il j ait dissociation des molécules organiques et reflux de ces molécules dans le torrent circulatoire.

La théorie huntérienne est certainement ingénieuse, mais les faits sur lesquels elle s’appuie sont faux ; il est logique, par conséquent, de la rejeter.

3° Théorie actuel le. — Il nous reste, en dernier lieu, à vous

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