C. Liquide sécrété
(Expression vicieuse.)
1 2° Au niveau de la
S Liquide provenant de la décomposition, de liquéfaction des éléments des tissus. Ichor , sanie.
Mélange de sang.
\ — de pus.
I — de détritus organique.
Composition variable, puisque les détritus peuvent varier.
/ Liquide plastique, lymphe plastique,
) Liquide d’organisation.
Composition identique dans les diverses plaies.
Outre les caractères physiques que nous venons de passer en revue, il en est d’autres, d’ordre physiologique, dont nous devons aussi vous parler.
Phénomènes d’ordre 'physiologique. — Pour bien décrire ces phénomènes physiologiques de l’ulcère, il faut tenir compte essentiellement de la marche du processus morbide, c’est-à-dire des périodes que l’ulcère présente. Cette étude encore incomplète dans la plupart des traités de pathologie offre cependant quelques détails d’une certaine importance.
Au point de vue de la marche, on peut distinguer pour l’ulcère une première et une seconde période.
Première période. — A la première période, celle du début, pendant que la rougeur apparaît sur la partie malade, la chaleur augmente. Le simple toucher permet souvent de s’assurer de la différence de température qui existe entre les deux membres. L’observation thermométrique le démontre, du reste, d’une manière plus rigoureuse, et les tableaux que vous trouverez dans le mémoire d’Auzilhon indiquent sou vent près de 1° à 2° d’augmentation au niveau de la jambe affectée.
On constate à ce moment des troubles de nutrition très accusés :
f Desquamation épithéliale accentuée ;
I Exagération des productions pileuses;
La peau du membre est souvent brunâtre ; elle est le siège de démangeaisons, d’éruptions, de sécrétion sudoripare exagérée.
On constate en même temps des modifications sérieuses de la sensibilité thermique. Dans une thèse de 1877, le docteur Séjournet a fourni sous ce rapport quelques observations très intéressantes, empruntées aux expériences entreprises par le docteur Terrier.
lu Quelquefois les individus atteints d’ulcère présentent un simple retard dans la perception du chaud et du froid. Si l’on
PHENOMENES D'ORDRE PHYSIOLOGIQUE - PREMIERE PÉRIODE 52ô
touche la surface ulcérée, soit avec un corps chaud, soit avec un corps froid et que l’on interroge le malade sur la sensation qu’il éprouve, il hésite à répondre; on voit que cette sensation est en tout bien peu accusée.
2° Quelquefois le retard ne porte que sur la sensation du froid, la sensation du chaud étant normalement perçue.
3° Quelquefois l’anesthésie thermique est complète. Ainsi chez un malade qui fait le sujet de l’observation 7, l’anesthésie thermique est absolue sur une hauteur de 1 centimètre au niveau de la demi -circonférence inférieure de l’ulcération.
4° D’autres fois, la sensation de chaud est confondue avec celle de froid, et réciproquement le malade confond le froid avec le chaud.
Cette confusion, cette véritable perversion thermique semble, au premier abord, un phénomène assez étrange. Quand on se représente cependant que l’action prolongée d’un froid intense sur une partie du corps est capable de déterminer des lésions à peu près semblables à celles des brûlures, et qu’en réalité on peut très bien dire qu’un froid excessif est un froid qui brûle, on comprend qu’une hyperesthésie très prononcée du sens que l’on peut appeler thermésthésique expliquera ce phénomène. Ce sens ainsi exalté transformera une sensation de froid ordinaire en une sensation beaucoup plus vive, et si le sujet est interrogé
ayant les yeux fermés il pourra affirmer une sensation de chaleur.
Il semblerait que cette explication puisse se contrôler bien facilement en constatant, par exemple, si dans les cas de perversion thermique, il y a exagération de la sensibilité générale, hyperesthésie générale. Mais les troubles des sensibilités tactile et thermique ne se correspondent pas; souvent des malades qui accusent de l’hyperesthésie à la piqûre sont insensibles à la perception du chaud et du froid. Quand on dit, par conséquent, que l’hyperesthésie peut rendre compte de la perversion de la thermo -sensibilité, c’est de l’hyperesthésie thermique seulement qu’il s’agit.
Les troubles que nous venons de vous faire connaître sont, comme vous le voyez, de diverses espèces; il est un point à retenir, c’est qu’ils sont constants. Tout ulcère peut être considéré comme le siège d’un retard au moins dans la perception du froid ou du chaud.
Nous venons de décrire ces symptômes comme appartenant à la première période de l’ulcère; il est probable qu’ils doivent même précéder le moment où l’ulcère se produit. Si l’observation démontrait qu’il en est toujours ainsi, ces phénomènes constitueraient alors des signes d’une importance capitale; indice de troubles trophiques sérieux, de nutrition imparfaite des parties, leur constatation permettrait d’affirmer souvent, dans un délai plus ou moins rapproché, la réalisation d’une ulcération. Le pronostic en serait aussi éclairé, et toutes les fois que ces divers symptômes se percevraient d’une manière exagérée, la guérison de l’ulcère serait plus difficile.
b) Seconde période. — 1° Dans la seconde période de l’ulcère, les phénomènes inflammatoires vont en diminuant, puis lorsqu'ils ont disparu, la vitalité elle-même des parties semble faiblir. Ainsi la température du membre qui porte l’ulcère est toujours un peu plus basse que celle du membre sain. La différence, assez sensible, est parfois de 1° à 2°. Quelques tableaux que vous trouverez dans le mémoire d’Auzilhon indiquent ce résultat d’une manière bien complète. Parfois le seul toucher, au dire de cet observateur, permettrait de reconnaître ce fait.
2° La sensibilité locale diminue. Si l’on touche, par exemple, avec une plume les deux membres du sujet, le malade éprouve du côté sain une sensation de chatouillement très marquée, alors qu’elle n’existe pas du côté opposé; en se servant des procédés de Weber pour juger de la délicatesse du toucher dans les diverses parties du corps, on arrive à des résultats très appréciables.
Les causes de ces deux phénomènes peuvent être facilement indiquées. La première dépend de la formation de