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ÉTIOLOGIE DU PHLEGMON DIFFUS — CAUSES GÉNÉRALES

violentes, les broiements, les plaies d’armes à feu, les infiltrations au milieu des tissus de liquides spéciaux, comme l’urine et la bile, les injections dans le tissu cellulaire sous- cutané de liquides simplement irritants comme les injections simples de vin, par exemple, dans le tissu cellulaire des bourses. Les fractures comminutives se compliquent souvent de phlegmon diffus. Les traumatismes dus à la dent du cheval déterminent souvent cette complication.

Il est facile, dans ces conditions, de se rendre compjte de l’action de ces diverses causes. Il n’est pas besoin, en effet, dans ces cas, d’influence générale modifiant l’économie; la cause locale est suffisamment active pour déterminer à elle seule l’inflammation diffuse du phlegmon. Cependant, il est une influence spéciale que quelques pathologistes ont fait valoir. Ils supposent qu’à la suite du traumatisme il s’opère immédiatement au niveau des tissus broyés, dilacérés ou simplement contusionnés, des altérations chimiques particulières : ces produits absorbés passent dans la circulation générale et deviennent ainsi la cause intérieure des accidents même locaux qui surviennent.

Causes générales. — Des causes générales peuvent provoquer quelquefois le développement du phlegmon diffus, et cela de deux manières : 1° d’une façon complète ; ainsi, dans quelques cas, on voit survenir le phlegmon diffus spontané. Le point d’origine est alors complètement en dehors du sujet ; peutêtre la muqueuse pulmonaire ouvre-t-elle, dans ces cas, une voie à l'intoxication générale de l’organisme. Le fait, est bien rare, et le plus souvent 2° la maladie se développe à l’occasion seulement d’un traumatisme si léger qu’il soit, l’état général présentant alors des modifications plus ou moins graves. Ainsi, l’état sénile, la débilité consécutive aux maladies graves, l’alcoolisme, le diabète, l’albuminurie, des lésions du foie, d es lésions du cœur, peuvent devenir l’occasion d’inflammations phlegmoneuses diffuses.

La thèse de Favalc, Paris, 1877 (De la vieillesse dans ses rapports avec le traumatisme), celle de Peyrot, 1878 (Du pronostic dans les accidents gangréneux du diabète sucré), révèlent des faits tout à fait en rapport avec ce que nous venons d’avancer.

L’influence de l’albuminurie, un peu moins connue jusqu’à présent à ce point de vue, a été cependant indiquée dans la thèse de Dépasse, en 1877 (Essai sur quelques causes des calamités chirurgicales à la suite des opérations les plus légères ), et tout dernièrement le professeur Verneuil a publié dans la Revue de chirurgie de 1878, plusieurs faits de phlegmon bronzé survenant chez des malades atteints de néphrite, à l’occasion de traumatisme insignifiant.

Pouget Ferrand, en 1876, Faucher, en 1877, ont étudié dans leur thèse l’influence des maladies du foie et du cœur. A ce point de vue, le lien étiologique est loin cependant d’ètre aussi formel que dans les cas précédents.

Nous aurons, du reste, à apprécier ces résultats d’une manière plus complète lorsque nous nous occuperons de la question du traumatisme. En terminant cette étude étiologique, ajoutons les deux observations qui suivent. Le phlegmon diffus est habituellement plus fréquent chez l’adulte que chez l’enfant, moins fréquent chez la femme. Nousavons indiqué déjà que lefait d’une inflammation antérieure ou d’un traumatisme un peu grave prédisposait les parties aux inflammations diffuses.

Pour fixer dans votre esprit la division étiologique que nous venons d’analyser et les observations générales que nous vous avons présentées, vous pourrez parcourir les deux tableaux suivants.

ÉTIOLOGIE OU PHLEGMON DIFFL’S

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