‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 173 sur 252 · ETIOLOGIE DU PHLEGMON DIFFUS · texte numérisé non relu

ETIOLOGIE DU PHLEGMON DIFFUS

Quelquefois la maladie peut se développer sans qu’il y ait érosion de la peau.

Les matières septiques d’un phlegmon diffus peuvent aussi déterminer par leur contact ou leur inoculation des accidents semblables de phlegmon diffus. Des observations de Duncan, d’Hut chinson, de Maclachlan, que vous trouverez recueillies, soit dans le Compendium de chirurgie, soit dans l’article de Godin, inséré dans les Archives de 1839 (IIe série, t. 15), viennent complètement à l’appui des propositions que nous venons d’énoncer.

D’un façon générale, les expériences de Chauveau, que nous vous avons fait connaître à propos de la suppuration, ont démontré que l’inoculation des liquides inflammatoires tend à produire des phénomènes locaux inflammatoires d’autant plus graves, d’autant plus rapprochés du phlegmon diffus qu’ils ont été puisés à une source inflammatoire plus caractérisée.

Cette cause spéciale constitue ce que nous pourrions appeler une cause complète. Il y a, en effet, dans ces conditions, d’une part, une cause locale qui irrite plus ou moins la peau ou le tissu cellulaire sous-cutané ; d’une autre part, une cause générale, le virus, peut-être le microbe, peut-être telle ou telle substance chimique, qui modifie l'économie tout entière.

Causes locales. — Les causes locales peuvent elles- mêmes se subdiviser en deux catégories. Des causes locales quelquefois insignifiantes, d’autres fois des causes locales qui agissent avec une intensité excessive. Ainsi le phlegmon diffus survient souvent à la suite de contusions même légères, au niveau d'une bourse séreuse, au niveau du talon, par exemple, au niveau du coude. Depuis longtemps déjà Nélaton avait fait remarquer que les blessures du petit doigt et du pouce exposaient plus particulièrement au phlegmon diffus, cela tient à la disposition des gaines tendineuses de ces deux doigts, gaines munies toutes les deux d’une bourse synoviale, l’une externe, l’autre à la partie interne communiquant avec la synoviale du fléchisseur commun à l’avant-bras.

Berne. — Pculi. chir.

La contusion un peu forte de certains durillons par une chaussure trop étroite a pu, dans quelque cas, devenir l’occasioii de la maladie.

Lorsque les causes traumatiques insignifiantes agissent dans le sens que nous venons d’indiquer, il faut que L’économie ait été modifiée en même temps par suite de l’action de causes générales.

Ainsi, à la suite de mauvaises conditions hygiéniques, à la suite de conditions morales déprimantes, à la suite de travaux physiques trop considérables réalisant pour l’homme ce qui constitue ce que l’on a appelé le surmenage chez l’animal, la plus petite cause traumatique déterminera une évolution phleg masique grave. Cette cause eût été insignifiante dans d’autres circonstances, mais les forces du sujet sont moindres, les liquides vitaux sont plus ou moins modifiés, altérés 5 la réaction est alors toute déviée, tout anormale ; ce n’est plus une inflammation locale circonscrite qui surviendra, mais souvent alors un véritable phlegmon diffus.

Dans une thèse de 1875 sur les phlegmons diffus des parois du tronc, le docteur Serex a signalé comme cause les exercices gymnastiques trop longtemps continués ; la maladie se développe quelquefois après des marches forcées, de longs voyages ; en un mot, après toutes les fatigues résultant d’un travail musculaire excessif. D’après cet auteur, la lésion se déclarerait plus souvent du côté gauche que du côté droit parce que les masses musculaires de ce côté se fatiguent plus facilement.

Quelle modification du sang ou des tissus agit dans ces cas comme cause d’irritation ? Est- ce simplement l’acidité des muscles qui se trouve augmentée après un exercice forcé? Est-ce une diminution de l’alcalinité du sang? Il est bien difficile encore de pouvoir formuler une opinion exacte.

Causes locales graves. — Les causes locales qui déterminent le phlegmon di ffus sont quelquefois des causes locales agissant avec une intensité exceptionnelle, tels sont les contusions

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