‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 177 sur 252 · PRONOSTIC DU PHLEGMON DIFFUS · texte numérisé non relu

PRONOSTIC DU PHLEGMON DIFFUS

Pronostic. — Les symptômes que nous avons décrits vous indiquent que le phlegmon diffus est sans aucun doute d’un pronostic d’une gravité exceptionnelle, non seulement parce que la mort survient souvent, mais encore parce que la maladie occasionne toujours, même quand elle se termine par la guérison, des désordres locaux d’une importance extrême et qui ne peuvent se guérir qu’après un temps excessivement long. La mortalité a été appréciée d’une façon différente. Quelques auteurs indiquent une mortalité de 50 0/0 ; pour d’autres, elle serait seulement de 38 0/0. Ces chiffres n’ont pas une valeur significative bien grande, car les divers auteurs, avons-nous vu, sont bien loin de s’entendre sur les caractères réels du véritable phlegmon diffus.

D’une façon générale, voici, au sujet du pronostic, les observations que vous devrez retenir.

l°Les cas de guérison sont un peu plus fréquents que les cas de mort.

2° Le phlegmon diffus, survenu à la suite de l’action d’une cause septique locale, le phlegmon diffus spontané sont, toutes choses égales d’ailleurs, d’une gravité plus grande.

3° Si le phlegmon évolue dans une région importante, chez un vieillard, chez un sujet très affaissé, le pronostic sera plus grave. Aux membres inférieurs, le phlegmon diffus semble plus grave, l’éloignement du centre circulatoire favorise habituellement la terminaison d’une inflammation par gangrène. Le pronostic dépendra de la variété du phlegmon diffus, phlegmon sus-aponévrotique, sous- aponévrotique, panniculaire ou total.

4° Chez les diabétiques , le phlegmon diffus expose tout particulièrement le malade à un immense dangerj quelques auteurs ont émis l’opinion que dans ces cas il fallait s’abstenir de l'intervention chirurgicale. Cependant les observations de Lodentu conduisent à une manière de voir différente. D'après cet auteur, le phlegmon diffus, abandonné à lui-même chez le diabétique, se termine le plus souvent par la mort. La guérison est, au cou-

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traire, beaucoup plus fréquente, si l’on tente un traitement. Une statistique de Peyrot vient complètement à l’appui de cette proposition. Dans 21 cas de phlegmon diffus survenu dans ces conditions, sur S cas où la lésion a suivi sa marche naturelle, sans traitement chirurgical, 7 fois l’affection a eu une issue funeste. Dans 13 cas où un traitement a été employé, 11 fois l’intervention a été suivie de succès.

5° Le traitement le plus convenable, bien exécuté, modifie dans des proportions très grandes le pronostic de la maladie.

Nature du 'phlegmon diffus. — Avant de vous décrire le traitement du phlegmon diffus, il nous paraît convenable d’appeler votre attention sur la nature de cette maladie, en recherchant quel est son siège positif, quelles en sont les causes intimes.

Quel est son siège primitif ? — La plupart des auteurs ont rangé le phlegmon diffus dans les maladies du tissu cellulaire ; mais on doit se demander dans quelle partie du tissu cellulaire?

Or, quand on se rappelle, d’après les travaux de Mascagni, de Fohmann, de Lauth, de Panizza, les relations étroites qui unissent le tissu cellulaire au système lymphatique, quand on songe que c’est dans les mailles du tissu cellulaire, véritables lacunes lymphatiques, que les capillaires lymphatiques prennent leur origine (Ranvier); quand enfin on constate la marche de la maladie procédant presque toujours des parties inférieures vers les parties supérieures, il est impossible de ne pas placer, au moins à son début, le siège du phlegmon diffus dans les vaisseaux lymphatiques du tissu cellulaire. Dans presque toutes les observations, on a noté au début et comme premiers symptômes les traînées rouges de lymphangite, le gonflement douloureux des ganglions voisins. La propagation ultérieure de la maladie par les vaisseaux lymphatiques expliquerait assez facilement la marche diffuse du phlegmon et sa propagation rapide des parties superficielles vers les parties profondes, malgré les aponévroses les plus épaisses ctlesplus résistantes. Le doct uir Bourieau, dans

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