TRAITEMENT DU PHLEGMON DIFFUS
sa thèse de 1877, a développé cette pensée. Duncan avait soutenu déjà que l’inflammation du tissu cellulaire suit presque nécessairement celle des vaisseaux lymphatiques.
Le phlegmon diffus est presque toujours, avons-nous dit, d’origine infectieuse. La diffusion du poison se fait dans le sens du cours de la lymphe. Quant à savoir si la cause infectieuse est un microbe toujours identique ou une substance chimique spéciale, nous aurons à discuter ces diverses questions lorsque nous nous occuperons de la septicémie et de l’infection purulente.
Sans doute, les symptômes différents que présentent certains processus morbides font penser à la spécialisation complète des causes traumatiques différentes produisant des effets divers. La lésion produite, par exemple, par l’action de l'acide sulfurique est différente de celle qu’occasionne l’acide nitrique ou toute autre substance irritante. Les lésions causées par l’action du froid different de celles produites par l’action de la chaleur. Peut- on conclure par analogie que le phlegmon diffus, bien différent dans sa symptomatologie de la gangrène foudroyante et de l’érysipèle œdémateux, a pour cause spéciale un microbe particulier ou une substance chimique nuisible toujours la même ?Les travaux si importants de Pasteur permettent de le penser, mais il serait encore prématuré de l’affirmer complètement.
Occupons-nous, en dernier lieu, du traitement du phlegmon diffus.
Traitement. — Le traitement du phlegmon diffus comprend tout d’abord un traitement préventif et un traitement curatif.
Le traitement préventif consiste à enlever, le plus rapidement possible, la cause infectieuse que le raisonnement démontre exister au niveau souvent des plus petites plaies qui deviennent l’occasion de la maladie.
Pour los piqûres anatomiques en particulier, l’on conseille presque toujours des cautérisations au nitrate d’argent; il vaut mieux laver simplement la plaie à grandes eaux, pratiquer une
succion un peu prolongée et faire saigner abondamment; on entraîne ainsi les matières nuisibles qui sans cela sont promptement absorbées.
L’on prescrit fréquemment, comme moyen préservatif, des onctions sur les parties qui doivent être en contact avec des matières suspectes, soit avec des corps gras, soit avec de l'essence de térébenthine. Ce dernier moyen est même considéré par certains auteurs comme d’une grande valeur. Pour le docteur Maclachlan, l’usage du blanc de baleine aurait une action préservatrice spéciale. Il cite à ce sujet quelques faits dont il a été témoin et qui semblent le démontrer pleinement.
Nous aurons à vous exposer plus tard d’une manière plus complète le traitement des plaies empoisonnées.
Traitement curatif. — Le traitement curatif du phlegmon diffus comporte
| des indications locales,
(des indications générales.
Les indications locales sont de beaucoup les plus importantes; elles s’adressent, en effet, aux symptômes locaux. Les indications générales ont sans aucun doute une importance réelle; elles s’adressent aux symptômes généraux; mais ces symptômes sont habituellement d’une gravité si exceptionnelle qu’il est bien difficile de pouvoir les combattre avec succès.
Indications locales. — Les indications locales consistent [ à évacuer le pus,
\ à favoriser son écoulement,
I à empêcher les étranglements et diminuer ainsi les 1 chances de mortification.
Pour réaliser ces indications, les deux moyens les plus importants sont les incisions et la cautérisation au fer rouge. La méthode des incisions préconisée parHutchinson, par Lawrence, a été étudiée surtout avec un soin tout particulier par Chassaignac. Dans son Mémoire de 1856, Chassaignac a donné les détails pratiques les plus complets, les plus précis sur le nombre,