‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 217 sur 252 · DE LA REPARATION DFIS PLAIES · texte numérisé non relu

DE LA REPARATION DFIS PLAIES

deux divisions naturelles : une première, comprenant la réparation des tissus par la formation du tissu cicatriciel ordinaire; une deuxième, ayant rapport à la cicatrisation par régénération des tissus. Nous nous occuperons surtout de la première question; la seconde est, en effet, plutôt une question de pathologie spéciale; car c’est principalement à propos des plaies des nerfs, des os, des tendons, en d’antres termes, à propos des plaies des divers tissus que l’on doit envisager cette deuxième partie de la question.

De la réparation des plaies par la cicatrisation. — Lorsque l’on examine la cicatrisation dans le sens seulement de la réparation des tissus par la formation d’un tissu cicatriciel, il est nécessaire d’établir quelques divisions pour que cette étude soit complète et qu’elle soit faite avec ordre. Voici celles que nous établirons :

1° Phénomènes cicatriciels, lorsque les lèvres de la plaie sont rapprochées : c’est ce que l’on appelle la cicatri-

Isation par première intention.

2° Phénomènes cicatriciels , lorsque les lèvres de la plaie sont éloignées vune de l’autre et exposées, en outre, à l’influence de l’air extérieur: c’est ce que l’on i appelle la cicatrisation par seconde intention.

J 3° Phénomènes cicatriciels, lorsque la cicatrisation s’ef- I fectue sous une croûte (cicatrisation sous-crustacée).

' 4° Phénomènes cicatriciels, lorsque la plaie n’est pas exposée à l’influence de l’air, c’est-à-dire cicatrisa- \ tion de plaies sous-cutanées.

Réunion par première intention. — Examinons tout d’abord ce qui se rapporte à notre première division.

1° Lorsque les lèvres d’une plaie récente sont rapprochées sans trop de difficulté et que la plaie n’est pas d’une étendue très considérable, voici comment les phénomènes évoluent. La douleur que nous avons signalée comme symptôme primitif tend tout d’abord à cesser, l’hémorragie s’arrête. Quelquefois, a fait

observer Billroth, les lèvres de la plaie semblent d’une coloration rouge plus foncée; cela indique presque toujours qu’une compression un peu trop forte gêne la circulation et qu’il est nécessaire de diminuer le rapprochement des bords affrontés. On voit bientôt suinter entre les lèvres de la solution de continuité un liquide légèrement sirupeux, d’une teinte légèrement opaline, c’est le liquide que les divers auteurs ont désigné sous les noms de

blastème cicatriciel, suc nourricier, lymphe plastique.

Cette lymphe plastique apparaît d’une façon très évidente quelques heures après que l’on a rapproché les bords d’une plaie. Si à ce moment on écarte ces bords, on peut en avoir une quantité très appréciable. Masse qui, en 1866, a publié un bon travail sur la cicatrisation, employait, pour s’en procurer en grande quantité, le procédé suivant. Il produisait sur un animal une plaie assez grande en divisant les tissus avec l’écraseur linéaire. Il y avait dans ces conditions peu d’écoulement sanguin, et l’on pouvait alors se rendre compte bien plus facilement de la production véritable de la lymphe plastique.

La lymphe plastique a été soumise à des analyses nombreuses; une des plus importantes est celle de Barruel. Sans vouloir entrer sous ce rapport dans des détails trop minutieux, nous vous indiquerons cependant les observations suivantes :

1° C’est un liquide plastique; il contient de l’eau, de l’albumine, de la fibrine, en somme une certaine quantité de substances protéiques mélangées de quelques sels. Inutile, croyonsnous, de fixer dans votre esprit les chiffres exacts représentant les rapports de ces diverses substances.

2° Dès l’apparition de ce liquide, l’examen microscopique permet d’y signaler la présence de granulations et de cellules. La lymphe plastique n’est donc pas du tout, comme quelques auteurs l’ont prétendu, un liquide essentiellement amorphe. Les

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