REUNION PAR PREMIERE INTENTION - SYMPTOMATOLOGIE
éléments cellulaires qui existent dans la lymphe plastique ont été surtout étudiés par Lebert; ce sont les éléments que cet auteur a décrits sous le nom de-globules granuleux do l’inflammation, cellules régulièrement arrondies renfermant un ou plusieurs noyaux, cellules ressemblant, du reste, tout à fait aux globules blancs du sang, cellules connues aujourd’hui sous le nom de cellules lymphatiques.
D’où provient la lymphe plastique? Les uns, tels que Lebert, Hunter, la font dériver du sang. Le phénomène doit se comprendre alors de la manière suivante : les vaisseaux divisés laissent tout d’abord écouler du sang ; puis, les orifices vasculaires se resserrant, le sang ne peut plus s’échapper avec tous les éléments qui le composent, et l’on voit, à un moment donné, suinter seulement la lymphe plastique.
D’autres ont pensé que ce liquide n’était autre que le liquide qui circule dans les mailles du tissu cellulaire, liquide que l’on peut considérer comme situé soit au niveau des espaces stellaires du tissu conjonctif, soit directement dans la cellule même. Enfin, comme l’a fait observer Masse, la lymphe plastique peut dépendre aussi des cellules elles-mêmes du tissu cellulaire. Ges cellules, sous l’influence de l’irritation traumatique, peuvent se ramollir, se liquéfier, et leurs éléments s’ajouter au plasma qui s’est exsudé tout d’abord des canaux plasmatiques.
Quoi qu’il en soit, la formation du blastème n’est qu’un premier point dans le travail de la cicatrisation. Dans une seconde phase du processus, cette lymphe plastique devient du tissu conjonctif, un peu spécial, cicatriciel, si vous voulez, mais qui rappelle, après tout, parfaitement les caractères du tissu conjonctif. Ce changement delà lymphe plastique en tissu conjonctif constitue le véritable travail de cicatrisation. Voici les phénomènes que l’analyse démontre :
Pour peu que la lymphe plastique soit pure, qu’elle ne se trouve pas, par exemple, mélangée avec une trop grande quantité de sang un d’autres substances étrangères, elle se sèche, se
solidifie, se coagule. Les corpuscules granuleux sc modifient et arrivent à devenir de véritables cellules plasmatiques; puis, dès le troisième ou le quatrième jour, des vaisseaux nouveaux apparaissent. Une fois les vaisseaux formés, le tissu cicatriciel est réalisé, et le travail de réparation est alors achevé.
11 nous reste à vous donner quelques détails sur la formation des vaisseaux. Nous vous énoncerons cl’abord les diverses théories qui ont été formulées :
1° Les uns ont pensé que les vaisseaux de nouvelle formation provenaient toujours des vaisseaux voisins. Sous l’influence de l’impulsion cardiaque, l’extrémité des vaisseaux se dilate, il se produit à ce niveau comme une expansion digitiforme, expansion qui arrive, à un moment donné, à empiéter sur le tissu de nouvelle formation. Cette opinion a été soutenue par Lebert.
2° D’autres pensent que les vaisseaux se créent directement dans le tissu nouveau.. Les vaisseaux se constitueraient par suite de l’arrangement spécial des cellules de la lymphe. Entre ces cellules il se trouve des espaces, et ce sont ces espaces qui deviendraient le centre du canal vasculaire.
3° Quelques auteurs ont fait dépendre la formation des vaisseaux de l’extension des canaux plasmatiques.
4° Quelques-uns ont pensé que les vaisseaux nouveaux, ou mieux la circulation nouvelle, dépendaient le plus souvent de l’inosculation bout à bout des vaisseaux sectionnés au niveau des deux bords de la plaie. Ce phénomène surviendrait surtout dans les cas de cette réunion immédiate admise par Tiersch (Pitha et Billroth), indiquée par Rindfleisch dans son Traité d’histologie 'pathologique , réunion qui se placerait avant la réunion par première intention et qui se ferait par la simple juxtaposition des surfaces divisées, et avec une rapidité tellement extraordinaire, que même l’exsudation n’aurait pas le temps de se faire. Nous devons dire qu’un bien petit nombre d'observations peuvent être fournies pour venir à l’appui de cette opinion qui, par suite, est encore contestable.