‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 69 sur 252 · DE L'ABCÈS FROID SUIVANT LES IDÉES DE LANNELONGUE · texte numérisé non relu

DE L'ABCÈS FROID SUIVANT LES IDÉES DE LANNELONGUE

compromis. «Comparables aux tumeurs sarcomateuses, dit-il, les éléments néoplasiques de la paroi des abcès froids gagnent de proche en proche les tissus voisins, en amènent la destruction et se substituent en définitive à leurs éléments. »

• Contenu de l'cibcès. — Pour la description du contenu de l'abcès , l’auteur insiste beaucoup sur les différences que l’on doit établir entre ce liquide et le véritable pus de l’abcès chaud. Nous vous avons déjà énoncé quelques-unes de ces différences. Pour lui les caractères différentiels sont si tranchés qu’il n’y a entre ces deux formes de suppuration qu’une analogie très éloignée. Ainsi, dans le liquide de l’abcès froid, il indique la présence à peu près constante des débris membraneux, des

amas caséeux plus ou moins volumineux que l’on y rencontre presque toujours, enfin la proportion quelquefois énorme des globules rouges. En un mot, ce liquide de l’abcès froid, n’est pas, à proprement parler, du véritable pus, mais un liquide comparable au contenu des hématocèles anciennes.

11 est une différence que l'auteur aurait pu signaler et que nous vous avons indiquée il y a peu de temps, lorsque nous avons décrit les propriétés phlogogènes du pus. Les expériences de Chauveau ont démontré, en effet, que les injections dans les

I tissus du pus d’abcès chaud déterminaient toujours des effets beaucoup plus graves, plus inflammatoires que les injections du pus d’abcès froid. Quoi d’ étonnant, puisque le liquide de l’abcès froid ne serait pas en réalité du véritable pus.

Les observations les plus originales et les plus importantes surtout se résument dans les recherches que l’auteur a faites sur la constitution histologique des parties que nous venons de passer en revue. Ainsi, qu’est-ce que cette membrane dont nous venons de vous retracer les caractères extérieurs ? Faut-il la considérer de nouveau , ainsi que l’avaient fait limiter, Dupuytren et surtout Delpech, comme une véritable membrane pyogénique? Faut-il la considérer, au contraire, ainsi que nous l’avons fait pour les abcès chauds, comme un peu de lymphe

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plastique organisée, résultat de l’inflammation consécutive déterminée par la présence de l’abcès?

Pour le docteur Lannelongue, le doute n’est pas possible, cette membrane est de nature tuberculeuse. Son affirmation est basée sur des préparations microscopiques faites au Collège de France, par M. Vignal dans le laboratoire de Ranvier.

Voici, du reste, la description que vous pourrez retenir, elle est consignée dans le travail de l’auteur (Abcès froids el tuberculose osseuse) :

l°En se servant tout d’abord d’un faible grossissement (25 à 60 diamètres) pour examiner le bord tangent de la cavité, on voit qu’il n’est pas uni ; il présente des sinuosités, de grandes dentelures d’inégale longueur (la figure 1 de la planche 2 indique bien cette disposition). Ces dentelures sont généralement perpendiculaires, rarement obliques.

2° Quelquefois ces dentelures représentent de véritables anfractuosités terminées par des culs-de-sacs arrondis ; on dirait de véritables glandes en tubes, isolées les unes des autres. Ces anfractuosités sont habituellement vides ; le produit qu’elles pourraient contenir est tombé tout naturellement dans la cavité.

F i g . 1 0. — Coupe d’ensemble de la part d’un abcès froid.

Cetlo coupe ne comprend que le bord tangent à la cavité ; on y voit les ouvertures do nombreux follicules tuberculeux a. a, a. Des tubercules élémentaires 6, b sont disséminés le long de ce bord ; d'autres sont sur le point do s’ouvrir dans la cavité de l’abcès.

3° En d’autres points, on aperçoit des cavités plus anfractueuses comprenant une partie de la paroi (espaces pariétaux). Les figures 10, il, 12 et 13 indiquent bien cette disposition.

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