TRAITEMENT DE L’ABCÈS PAR CONGESTION (LANNELONGUE
Oa a proposé quelquefois, après cette décortication, de tenter la réunion parpremière intention; Trélat a procédé ainsi. Une nous semble pas logique de réaliser cette idée. L’état dans lequel se trouvent les tissus après cette opération ne ressemble pas, en effet, à celui d’une plaie ordinaire récente, et, comme le dit Lannelongue, « une infiltration plus ou moins grande d’éléments embryonnaires a déjà envahi les parties voisines plus ou moins profondément, et s’il sont susceptibles d’entrer envoie d’organisation immédiate, ces éléments peuvent aussi bien devenir l’objet d’un travail de régression et de destruction. »
Outre ce traitement local, un traitement général devra toujours être scrupuleusement prescrit. La théorie nouvelle, en démontrant que l’abcès froid simple est d’origine tuberculeuse, indique tout naturellement les soins que l’on devra prendre pour modifier profondément l’état général.
Médication tonique, moyens pour pousser l’économie dans un sens de restauration,
aération convenable, eaux minérales, fer, quina,
alimentation spéciale.
Il nous paraît impossible d’entrer dans des détails trop complets; nous tenions seulement à bien affirmer l’indication générale.
Il nous reste à passer en revue le traitement de l’abcès froid ossifluent sessile et celui de l’abcès froid ossifluent par congestion.
Traitement de V abcès froid ossifluent sessile. — Le traitement de l’abcès froid ossi Huent sessile est à peu près semblable à celui que nous venons de vous faire connaître. Les moyens généraux ne diffèrent pas des précédents; pour l’abcès, l’indication locale sera la même. Le chirurgien devra donc
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instituer seulement un traitement spécial pour la lésion osseuse. 11 est facile de le formuler.
Tantôt la lésion osseuse est bien visible, modérément grave, bien susceptible d’être attaquée. Dans ce cas, ruginez l’os, réséquez les portions malades, l’indication est nette, et si vous avez soin de ménager le périoste tout en modifiant ou en enlevant les portions fongueuses (fer rouge, chlorure de zinc, iodoforme), vous pourrez espérer obtenir la reproduction de la portion d’os enlevée. Les faits publiés chaque jour par notre collègue, le professeur Ollier, ne peuvent laisser de doutes à cet égard.
Tantôt la lésion osseuse est peu accessible, d’autres fois cette lésion siège soit à la face, soit au niveau d’une partie où l’attaque présentera des dangers ou des inconvénients graves ; dans ce cas temporisez.
Autrefois, lorsque la lésion locale existait au niveau d’une articulation, on donnait volontiers le conseil de temporiser. Actuellement avec le pansement de Lister, on peut être beaucoup plus audacieux, et souvent vous pourrez et même vous devrez ouvrir une articulation et cautériser la surface malade. Les observations modernes ont enregistré assez de succès pour autoriser une conduite semblable.
Traitement de l'abcès froid ossif vient par congestion. — Pour le traitement de l’abcès ossifluent par congestion, il est nécessaire de distinguer celui des membres et celui des cavités. Dans le premier cas, le traitement sera le même que celui que nous venons d’analyser pour l’abcès par congestion des cavités; dans le second cas, le traitement est plus compliqué, plus difficile à bien appliquer.
L’abcès ossifluent par congestion correspond le plus souvent à une lésion osseuse soit des vertèbres, des côtes, de l’os iliaque ou du sacrum ; dans ce cas, on devra presque toujours tenter la guérison sans ouverture ; c’est ce que l’on appelle le traitement par absorption ; ce traitement comporte l’application des indications suivantes :
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I 1° Améliorer J’état général clu malade ;
2° Chercher à diminuer la production du pus en agissant sur la lésion osseuse. Pour arriver à ce résultat, on conseille habituellement l’application de ( cautères au niveau des parties osseuses malades ;
3° Activer la résorption du liquide par la compression de l’abcès, l’excitation de la paroi externe, l’électrisation, les cautérisations légères, les frictions à la i teinture d’iode.
Si le succès n’est pas obtenu, on peut alors avoir recours au traitement chirurgical. Ce traitement se rapproche du traitement de l’abcès froid ordinaire, ouverture de la poche, soit par le bistouri, soit par les caustiques, ou enfin la ponction combinée le plus souvent avec les injections irritantes. Le plus souvent, du reste, on arrive à un résultat peu avantageux ; aussi les avis ont été bien partagés au sujet d’une intervention chirurgicale active. On peut dire, sous ce rapport, que les chirurgiens se divisent en trois catégories :
les partisans de l’action, les abstentionnistes, les mixtes.
Les partisans de l’action font valoir la gravité de la maladie, la rareté fie la guérison naturelle.
Les abstentionnistes, au contraire, représentent et le danger de l’intervention et les chances plus fréquentes qu’on ne le croit d’une guérison naturelle.
Enfin les partisans d’une opinion pondérée essaient seulement de spécifier les cas où l’intervention est indiquée ou non ; ils conseillent, par exemple, d’intervenir au moment où la peau est sur le point de s’ulcérer.
Nous ne rechercherons pas s’il y a plus d’autorités chirurgicales d’un côté que de l’autre. Les noms les plus iin portants peuvent se classer dans l’une et l’autre de ces trois catégories, et vraiment il est bien difficile d’arriver à une
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indication précise ; l’abstention a été jusqu’à présent le parti préféré.
Actuellement la vérité semble se dégager, et grâce aux pansements de Lister, l’ouverture de l’abcès peut être tentée dans la majorité des cas. Des observations assez nombreuses ont été publiées: Lucas -Ghampionnière, Lannelongue ont obtenu des succès ; on s’engage dans cette voie à Lyon (thèse du docteur Brottet, 1881), et sans pouvoir affirmer encore bien définitivement que cette méthode devra être complètement acceptée, carie nombre de faits n’est pas encore assez important, c’est évidemment là la voie de l’avenir et du progrès.
La méthode de Lister appliquée à la guérison de l’abcès par congestion, cadre aussi avec les idées que nous venons de vous exposer ; au lieu d’enlever immédiatement la membrane de l’abcès, vous la modifierez par les injections. L’application du drain permet de suivre avec plus de rigueur l’exfoliation de cette paroi, et la guérison s’obtient avec une sécurité complète. La durée du traitement sera nécessairement plus longue, puisque la poche est, dans ces cas, plus considérable et qu’il existe dès lors un foyer plus profond qu’il sera nécessaire de modifier.
Au surplus le tableau suivant vous donnera une idée bien précise du traitement de l’abcès froid envisagé à un point de vue général.
Nous venons de vous exposer les idées nouvelles du docteur Lannelongue; elles ont, sans aucun doute, une importance extrême ; mais, avant de les admettre d’une manière complète, il faut attendre encore et des observations plus nombreuses et des interprétations histologiques plus universellement acceptées. Ainsi pour l’abcès froid ganglionnaire, Virchow, Rokitansky et la plupart des Allemands, Corail, en France, soutiennent que l’inflammation ganglionnaire peut avoir pour terminaison un produit caséeux, sans que ce produit dérivé nécessairement de l’existence antérieure de tubercules. En d’autres termes,
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l’abcès froid ganglionnaire ne serait pas toujours un abcès tuberculeux.
Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les autres abcès froids à produits caséeux, et l’apparence que prend dans ces cas la membrane pjogénique ne tient-elle pas simplement à l’état général qui modifie ainsi la constitution de cette paroi ?
Dans les cas d’abcès chauds, l’action du pus sur les parties environnantes n’a pas le temps de produire une membrane à organisation bien apparente. Dans l’abcès froid, au contraire, le liquide purulent séjourne ; il reste longtemps en contact avec les parties voisines; la réaction est alors plus complète, et l’on voit se former une paroi plus accusée. L’état général plus ou moins altéré permet d’expliquer la dégénérescence caséeuse que l’on voit ensuite se produire. Les observations histologiques donnent certainement raison sur bien des points au docteur Lannelongue ; mais en histologie le progrès est constant, les interprétations se modifient chaque jour, et ces idées sur la composition du tubercule tel que le définit Koster, ces idées, consacrées par la haute et légitime autorité du professeur Charcot, sont-elles destinées à être contredites? Serontelles, au contraire, acceptées plus universellement ? Nul ne peut l’affirmer.
Une observation permet encore d’hésiter, c’est la marche qu’affectent ces lésions prétendues tuberculeuses. Elles guérissent, en effet, le plus souvent; or, cette terminaison heureuse est bien rare quand il s’agit de tubercules pulmonaires. Cette différence si profonde dans l’évolution d’un même processus, suivant son siège dans le poumon ou dans tel autre point de l’économie, ne semble-t-elle pas nous autoriser à penser que dans les néoformations décrites par Koster et Brissaud il y a certainement quelque chose qui ressemble au tubercule, mais qui ne l’est pas en réalité?
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