TRAITEMENT DE L'ABCÈS FROID ORDINAIRE (LANNELON’GUE
i'ouveL'ture s’est faite et qu’un trajet fistuleux s’est formé. Deux points surtout devront fixer l’attention :
l°La constatation de l’abcès et de son origine tuberculeuse;
2° L’affirmation d’une lésion osseuse.
Pour ce qui est de l’origine osseuse de l’abcès, la question est souvent difficile à juger, et si le stylet peut aisément arriver sur l’os malade lorsqu’il y a un trajet fistuleux, pourvu que ce trajet ne soit pas d’une étendue trop considérable, il n’en est plus de même quand la peau est encore intacte. On ne peut guère dans ces cas établir un diagnostic précis qu’en examinant attentivement les différentes portions du squelette et en tenant grand compte des douleurs parfois assez vives que la pression > réveille sur tel ou tel point.
Le diagnostic est néanmoins habituellement assez facile, et si l’on cite des exemples d’erreurs commises parles plus grandes autorités chirurgicales, cela tient, sans aucun doute, à des conditions spéciales que vous apprendrez mieux à connaître dans les cours de clinique.
Pronostic. — Gomme pronostic, vous tiendrez compte de l’abcès et de la lésion osseuse.
Pour l’abcès, vous l’apprécierez au point de vue de son siège, de son volume, et surtout des conditions générales du sujet.
Vous tiendrez compte de son mode de formation, l’observation semblant démontrer que l’abcès par congestion, suite de la végétation cellulo-tuberculeuse, est toujours plus grave que l’abcès par congestion développé à la suite de l’enkystement d’une première masse tuberculeuse osseuse.
Traitement. — Ces nouvelles données sur les abcès froids ont conduit naturellement Lannelongue à formuler sur le traitement quelques conseils spéciaux qui peuvent se résumer dans des indications thérapeutiques relatives
aux abcès ossifluents par congestion.
DOUZIÈME LEÇON
Il nous reste à les envisager rapidement, c’est la dernière partie de la question des abcès que nous allons passer en revue.
Traitement de V abcès froid ordinaire. — Pour l’abcès froid ordinaire, Lannelongue a proposé l’ablation de la membrane. Si cette membrane joue, en effet, le rôle important que nous avons apprécié, il est tout naturel de chercher à arriver à ce résultat. Donc:
f Ouvrir l’abcès dès que l’on a reconnu l’existence de la
! fluctuation ;
Chercher ensuite à extirper directement la membrane elle- même.
Cette idée paraît d’autant plus applicable, qu’il n’y a pas à faire le sacrifice d’un organe important, et qu’en agissant ainsi on se débarrasse cependant complètement de l’ennemi.
Le procédé comporte les détails suivants :
1° Appliquer la bande d’Esmarck pour ne pas être gêné par le sang.
2° Ouvrir la cavité en dessinant par une incision un petit lam beau cutané.
3° Disséquer ensuite la paroi aussi minutieusement que possible. 4° Pratiquer l’extirpation de la membrane en procédant à sa décortication ou à son ablation à l’aide d’un instrument un peu émoussé, comme une spatule, un grattoir ou des ciseaux. Le doigt lui-même peut aider à enlever les détritus caséeux qui font corps avec la paroi.
5° Lorsque la poche présente une ou plusieurs cavités secondaires, on agit sur elles comme sur la cavité principale et l’on a soin d’extirper aussi complètement que possible les bourgeons envahissants, qui sont, avons-nous dit, les éléments essentiels de la propagation.
Telle est déjà la manière de procéder de bien des chirurgiens actuels, et il y a peu de temps, le professeur Trélat communiquait au Congrès d’Alger une série d’observations heureuses où des succès avaient été obtenus par cette méthode.