‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 88 sur 252 · PÉRIODE DE GANGRÈNE CONFIRMÉE · texte numérisé non relu

PÉRIODE DE GANGRÈNE CONFIRMÉE

physiologique. Ils correspondent, du reste, à deux moments d’évolution, deux phases, pour ainsi dire :

Une première phase de fluxion, d 'irritation;

Une seconde phase de décomposition , de modification, de destruction.

Mais souvent il n’est pas possible d’indiquer bien exactement le commencement de l’une et de l’autre de ces deux périodes.

a) Phénomènes d’ordre anatomique delà phase de fluxion. — Les tissus prennent tout d’abord une teinte rouge violacée. Il est facile de se rendre compte de ce fait : la matière colorante du sang abandonne les globules rouges, et se mêlant tout d’abord à la sérosité, elle imprime une couleur spéciale aux tissus que cette sérosité imbibe. Les veines s’accusent à la surface sous forme de traînées d’un rouge sombre. Les tissus se tuméfient, soit par l’effet d’une hypérémie vasculaire plus prononcée qui survient, soit par l’infiltration, dans leurs mailles, des liquides séreux colorés par suite de la première altération des globules rouges.

On voit bientôt les parties affectées se couvrir de plaques à teinte variable, gris verdâtre, rouge brun, noir clair et noir foncé. Racle a voulu donner comme signe absolu que la teinte noire était toujours précédée d’une coloration grise au début; l’observation a quelque chose de vrai, sans pouvoir être formulée cependant d’une façon aussi précise. Du reste, la coloration des plaques varie suivant les divers tissus et les divers organes où le processus gangréneux s’exprime ; ainsi la gangrène des muqueuses offre souvent une teinte seulement grise, la gangrène des poumons, une teinte ardoisée, tirant un peu sur le vert. Dans la gangrène du cerveau, la coloration est verdâtre. Dans la gangrène intestinale, vous verrez souvent une teinte feuille morte, bien connue des chirurgiens. Au niveau des tendons, des nerfs, la coloration normale est presque conservée. Enfin au niveau des muscles, Nélaton a signalé un des premiers une coloration brun violet.

QUATORZIÈME LEÇON

Dans les parties superficielles, le sérum coloré par le mécanisme dont nous avons parlé pénètre clans le derme et favorise bientôt le décollement de l’épiderme. Grâce à l’imperméabilité de cette dernière couche, le sérum s’amasse sous elle et détermine alors la production des phlyctènes, dites phlyctènes gangréneuses, à contenu plus ou moins trouble et hématique.

b) Phénomènes anatomiques de la 'phase de mortification. — Les phénomènes de destruction et de mortification surviennent ensuite. Ils se produisent tout d’abord au niveau des éléments mêmes des tissus. Leur étude ne pouvait être faite dans les anciens ouvrages de pathologie qui n’indiquent pas cette distinction de l’élément et du tissu ; aussi est-ce dans les traités modernes d’histologie que vous trouverez seulement des indications sur ce sujet.

l°Les cellules subissent tout d’abord une sorte de rigidité cadavérique ; ce premier phénomène dépend de la coagulation des principes albumineux qu’elles renferment.

2° Elles deviennent troubles, comme imprégnées d’une poussière fine.

3° Elles se réduisent eusuite en granulations plus ou moins volumineuses constituant de petites masses appelées à disparaître plus tard.

Rindfleisch, dans son Traité d’ histologie pathologique , a décrit minutieusement ces modifications destructives, pour l’ensemble des divers éléments. Nous nous contenterons de vous indiquer les observations suivantes :

Les fibres du tissu connectif, les fibres musculaires lisses ou striées se modifient rapidement. Les premières deviennent opaques, en sens inverse de l’effet que produit sur elles l’acide acétique; elles segonflent, présentent un aspect granulé, et, per dant la netteté des contours, finissent par se réduire en une masse trouble et mucilagineuse.

Pour la fibre musculaire, la coloration rouge vif est remplacée par une teinte rougeâtre, la striation n’apparaît plus, et la libre

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