‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 90 sur 252 · Muscles, Disques de Bowman ; — 2. Nerfs · texte numérisé non relu

Muscles, Disques de Bowman ; — 2. Nerfs

Les éléments nerveux, les fibres élastiques, les cellules épithéliales, résistent habituellement beaucoup plus longtemps; aussi n’est-il pas rare de trouver ces éléments souvent intacts alors que le processus gangréneux est cependant déjà très avancé; cela est vrai surtout pour les cellules épidermiques et pour les fibres élastiques.

Pour les éléments nerveux une observation doit être signalée: les gros troncs nerveux résistent longtemps, mais leurs ramifications plus fines se dissocient, au contraire, assez rapidement.

La destruction des éléments conduit tout naturellement à la destruction des tissus. L’on voit alors, à un moment donné, les parties affectées de gangrène former des escarres plus ou moins étendues, molles ou sèches, noires verdâtres ou quelquefois jaunâtres. Nous les décrirons plus complètement dans un instant, en nous occupant des formes spéciales de la gangrène.

QUATORZIÈME LEÇON

Pendant que s’accomplissent ces changements anatomiques , on constate des phénomènes d’ordre physiologique. Nous en présenterons la description pour les deux périodes de fluxion et de destruction.

c) Phénomènes d'ordre 'physiologique de la période de fluxion et de destruction. — 1° La chaleur diminue tout d’abord dans la région atteinte. Il est facile, du reste, de se rendre compte de la cause de ce phénomène, puisque la sang cesse d’arriver dans les parties et que les actes nutritifs sont suspendus. La température des parties tend ainsi à se mettre en équilibre avec le milieu ambiant. Dupuytren avait essayé de soutenir que cette température s’abaissait dans des proportions plus grandes, cette opinion ne mérite pas d’être discutée. L’abaissement de température est un symptôme d’une importance capitale, et c’est ce symptôme qui bien souvent éveille tout d’abord l’attention du chirurgien.

2° Gomme troubles de la sensibilité, voici habituellement ce que l’on constate au début de cette période. Le malade accuse quelques fourmillements, si la gangrène existe au niveau des extrémités; il se plaint quelquefois de douleurs violentes : tantôt ces douleurs s’expriment sous la forme de sensation de brûlure, tantôt sous la forme de sensation de broiement ou d’élancements. A un moment donné, les parties deviennent complètement insensibles. Ges phénomènes s’expliquent assez bien par les détails d’anatomie pathologique que nous venons de vous indiquer. Les nerfs, avons-nous dit, résistent longtemps; ce fait explique les douleurs que les malades ressentent, et comme les extrémités périphériques s’altèrent, au contraire, assez rapidement, on peut ainsi s’expliquer les fourmillements du début.

Lorsque les éléments nerveux sont détruits, l'insensibilité est complète. On peut, à ce moment, traverser avec une épingle les parties les plus sensibles sans éveiller la moindre douleur.

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