Leçons de pathologie chirurgicale générale
Du pansement simple. — De la charpie. — A quel moment faut-il lever le premier appareil ? — Faut-il multiplier les pansements? — Avantages des pansements rares.
— Appréciation du pansement simple. — Des pansements spéciaux. — Classification des pansemenls spéciaux. — Classification de Gosselin. — Classificalion de J. Rochard.
— Classificalion du docteur Debaisieux. — Classification que nous adoptons. — Examen de quelques pansements spéciaux en particulier. — Pansement par occlusion de Chassaignac. — Pansement par incubation de Guyot. — Pansement de I.angenbeck, de Valette, d'Ollier. — Pansement à l’eau. — Water dressing. — Pansement à l’eau d’Amussal. — Balnéation continue de Leforl. — Irrigation continue. — Immersion.
— Observations générales pour les pansemenls à l’eau froide. — Pansement à l’acide carbonique. —Pansement de Burgraeve. — Pansement par occlusion. — Occlusion par aspiration pneumatique de Jules Guérin. — Aspiration continue de Maisonneuve.
— Occlusion par compression pneumatique, docteur Buys (de Bruxelles). — Appareils du docteur Chassagny (de Lyon). — Pansement d’Azam (de Bordeaux). — Pansement occlusif imparfait avec la double suture et le drain dans le fond de la plaie.
— Pansements à ciel ouvert. — Procédé de Rose. — Procédé des chirurgiens de Moscou. — Pourquoi les pansements à ciel ouvert réussissent-ils?
Messieurs,
Lorsque la plaie n’est pas dans les conditions à permettre la réunion immédiate, ou que ce traitement n’a pas réussi, il
Bbknk. — Pat h. chir., II.
TRENTIEME LEÇON
faut alors employer le pansement à plat, pansement simple. Autrefois, pénétrés cle cette pensée que toute plaie avec perte de substance passait successivement par les cinq périodes d’ inflammation, de suppuration, de détersion, à’ incarnation et de cicatrisation , les chirurgiens avaient imaginé, en conséquence, l’emploi des pansements suppuratifs, maturatifs, détersifs, incarna tifs, cicatrisants. Depuis la réforme que l’on doit surtout au bon sens de l’Académie de chirurgie, ces divers moyens ont été laissés de côté, et l’on se contente maintenant d’appliquer ce que nous venons d’appeler le pansement à plat, le pansement simple. Ce pansement a surtout pour but de préserver la plaie du contact de l’air et des corps ambiants, et de recueillir les produits de la suppuration.
Lorsque la plaie est superficielle, on place sur la surface saignante un linge fenêtré, enduit de cérat ou de glycérine. Autrefois le cérat seul était employé ; depuis lors, la glycérine a été conseillée. Demarquay, Denonvilliers, le baron H. Larrey ont fait ressortir les avantages de ce dernier produit. Sans doute, la glycérine maintient la plaie dans un état de propreté plus complet, elle se conserve plus facilement, constitue un excellent topique, mais elle se déssèche rapidement et adhère alors fortement aux surfaces recouvertes 5 en outre, lorsqu’elle n’est pas très pure, elle devient irritante, cause du prurit, de la cuisson, de la douleur; aussi, en ayant soin d’employer du cérat de très bonne qualité, vous éviterez le plus souvent ces inconvénients ; on met par-dessus une certaine quantité de charpie. Si la plaie est profonde, anfractueuse, 011 comble les vides par des bourdonnets de charpie ; 011 recouvre, dans l’un et l’autre cas, la charpie de quelques compresses, et l'on tixe le tout avec un bandage contentif modérément serré. E11 agissant ainsi, 011 égalise les surfaces, 011 empêche les pressions extérieures d’être nuisibles, on absorbe les liquides qui sont exsudés de la plaie, et l’on empêche le contact de l’air. Dans quelques circonstances, la charpie peut être imbibée de substances médicamenteuses ;