Q U A R A N T E - D E U X I È M E LEGO N
Des accidents causés par la foudre.— Historique. — Étiologie. — Carie de Boudin.
— Accidents plus fréquents dans certaines localités ; — plus fréquents chez l'homme, un peu moins fréquents chez l’enfant ; — plus fréquents chez les sujets qui sont dehors au moment d'un orage. — Si le sujet qui est frappé n'est pas directement sur le trajet de la foudre, l'accident n'est pas habituellement mortel. — Choc en retour. — Détails pathologiques.- — lésions extérieures apparentes. — Lésions internes. — Troubles généraux sans lésions apparentes. — Mort sans lésions extérieures apparentes. — Lésions extérieures: légères; graves; très graves.
— Les lésions légères comprennent: 1° des enduits fuligineux déposés sur la surface cutanée; — 2° des phénomènes de coloration diverse apparaissant à la peau; — 3° des images particulières que l'on rencontre sur la peau; — 4° des lésions dites punctiformes lenticulaires; — 5° des lésions sous forme de raies; — 6° des lésions ressemblant à la flagellation ou à des incisions; — 7° des altérations des cheveux et des poils; — 8° des brûlures à divers degrés. — Lésions graves et très graves : an-achements de tissu; — fractures; — résections. — Lésions semblables aux lésions par armes à feu. — Hémorragies peu fréquentes. — Phénomènes gangréneux, rares. — Lésions internes: épanchements sanguins dans divers organes.
— Tache triangulaire sur la sclérotique. — Cataracte. — Troubles généraux sans lésions apparentes. — Intoxication spéciale. — Douleurs, névralgies, troubles intellectuels, mouvements convulsifs. — Paralysies diverses. — Mort apparente. — Mort sans lésions apparentes. — Causes de la mort. — Pour les uns, raréfaction de l'air; pour les autres, refoulement de l’air dans les poumons, déchirure des vésicules.
— La mort dépend probablement de la paralysie du cœur et des muscles respirateurs. — Pronostic. — Anatomie pathologique. — Le sujet l'ondoyé reste quelquefois dans la position où il était au moment de l'accident. — Rigidité cadavérique. — Putréfaction très rapide du cadavre. — Traitement: 1° dans les cas de mort apparente ; 2» dans les cas de convulsions : 3° dans les cas de paralysies. — Quelques conseils prophylactiques.
Messieurs,
Les accidents déterminés par la foudre ont été l’objet d’études peu nombreuses, et quoique très certainement les occasions soient fréquentes de constater des lésions produites par cet agent, peu de travaux ont été publiés sur ce sujet.
Ainsi dans la collection hippocratique, on ne trouve aucun document. Gelse ne parle pas de cette question. Fabrice d’Aquapendente, dont les écrits représentent assez bien la chirurgie du seizième siècle, n’en dit rien. Parmi les auteurs modernes qui ont publié des traités généraux de chirurgie, aucun ne mentionne ce genre d’accidents. Follin, pour la première fois, a réservé quelques pages à cette description, ef dans l’ouvrage de Billroth quelques lignes seulement sont consacrées à cette étude. Actuellement, des travaux plus importants ont été produits. Nous vous signalerons Y Histoire médicale de la foudre , publiée en 1854 et 1855, dans les Annales de médecine légale et d'hygiène ; les deux volumes de Sestier {De la foudre, ses formes et ses effets, 1866), un mémoire du docteur Vincent couronné en 1875 par la Société de médecine du Nord. Nous examinerons cette question au triple point de vue étiologique, pathologique et thérapeutique.
Etiologie. — Il est bon de se rendre compte tout d’abord de la fréquence des accidents occasionnés parla foudre. La statistique n’est certainement pas aussi complète à cet égard qu’on pourrait le désirer ; nous possédons cependant quelques renseignements qu’il nous paraît convenable de vous communiquer en les résumant dans les propositions suivantes :
1° En France, de 1832 à 1863, il y a eu 2.392 cas mortels survenusà la suite de l’action de la foudre, ces cas ont été constatés sur les tableaux dressés par les soins du ministère public, c’est environ une moyenne de 82 personnes frappées chaque année. Cette statistique ne doit pas comprendre évidemment l’ensemble de tous les faits malheureux. Ce chiffre n’est donc qu’un chiffre minimum; il ne représente ni les blessés qui ont échappé à la mort, ni les infirmes. Comme les cas de décès sont irrégulièrement distribués dans les divers départements, Boudin a pu dresser une carte de la France, dont les teintes régulièrement distribuées indiquent le maximum et le minimum des cas de fulguration. Ainsi dans le département du Calvados, dans celui