‹ Leçons de pathologie chirurgicale généraleChapitre 135 sur 270 · PRONOSTIC UES ACCIDENTS DUS A LA FOUDRE · texte numérisé non relu

PRONOSTIC UES ACCIDENTS DUS A LA FOUDRE

tiques favorables; ainsi quelques paralysies ont pu être guéries après des coups de foudre. Diemerbroek en a cité un exemple remarquable. Un enfant âgé de six ans avait été paralysé à peu près de tous les membres à la suite d’une [vive frayeur; cet état dura jusqu’à l’âge de quarante- quatre ans. A cette époque, au moment d’un violent orage, le malade subit l’action de la foudre et recouvra aussitôt l’usage des membres inférieurs. Dans tous les cas de paralysie par anémie médullaire, on comprend bien que l’influence électrique puisse amener assez subitement un résultat heureux. On a cité des cas de guérison de surdité, de guérison de tumeurs. Une observation rapportée par Sestier semble aussi probante que possible. Une tumeur devait être enlevée; quelques jours avant l’opération, la malade reçoit, au moment d’un orage, un coup de foudre sur la partie gauche de la poitrine. Des accidents graves ont lieu tout d’abord ; la malade se remet; puis, quelques jours après, la tumeur diminue et disparaît. Nous aurons, du reste, l’occasion de revenir sur ces faits lorsque nous nous occuperons des tumeurs.

En résumé, après tous les faits que nous venons de passer en revue, on comprend bien les paroles que Boudin prononçait il y a quelques années : « La foudre tue, blesse ou guérit. ))

Anatomie pathologique . — Gomme dernière indication de la partie pathologique de notre sujet, retenez ces quelques détails :

L’attitude des individus foudroyés mortellement n’offre souvent rien de particulier. L’homme foudroyé s’affaisse quelquefois à l’endroit même où la foudre l’a frappé, et rien ne témoigne ni à côté du cadavre, ni sur le cadavre lui-même, d’aucun symptôme d’agonie ou de lutte.

Un des effets remarquables de la foudre, c’est de laisser quelquefois le sujet frappé dans l’attitude qu’il avait au moment même de l’accident; de nombreuses observations ont démontré la réalité de ce fait; ainsi on a trouvé le cadavre de foudroyés

Berne. — I>< th. cliir ., II.

assis. Un individu est frappé au moment où il ramait, on ne s’aperçoit pas tout d’abord de l’accident, on le croyait endormi. Dans son traité de statistique médicale, Boudin a cité le fait d’un individu foudroyé étant à cheval, et ramené chez lui mort et en selle. Gomme le foudroyé passe instantanément de la vie à la mort, les traits ne paraissent habituellement pas altérés, le plus souvent les yeux sont fermés. Une circonstance assez importante à signaler comme fait de médecine légale, c’est la tuméfaction de la verge.

La rigidité cadavérique se prononce presque instentanément, mais elle tend ensuite à disparaître. Ce phénomène est d’autant plus prononcé que le courant électrique a été plus intense ; aussi lorsqu’un individu a été foudroyé mortellement, il peut très bien se faire que quelques heures après la mort la rigidité cadavérique n’existe plus. Ces faits expliquent pourquoi Hunter, par exemple, avait pu émettre l’opinion que la raideur cadavérique manque chez les foudroyés.

Le cadavre des foudroyés se putréfie très rapidement. La plupart des observateurs l’ont constaté, et quand on sacrifie un animal par une décharge électrique, dix à douze heures après la mort on voit les phénomènes de putréfaction s’accentuer.

En dernier lieu, nous signalerons à votre attention une particularité assez bizarre. Il semble que parfois les cadavres des personnes foudroyées restent chargés d’une certaine dose d’électricité comme une bouteille de Leyde. Ils pourraient alors foudroyer consécutivement ceux qui s’en approchent. En 1854, Boudin a communiqué à l’Académie des sciences quelques faits de ce genre. Une femme est foudroyée au Jardin des Plantes de Paris ; deux soldats cherchent à la relever et reçoivent euxmêmes une forte décharge qui les renversent.

Résumons ce que nous venons d’étudier; nous examinerons ensuite ce qui a rapport à la thérapeutique.

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