PRONOSTIC DUS ACCIDENTS DUS A LA FOUDRE
mortels pour ceux où la décharge atteint le crâne, et il est à remarquer que la mort n’a presque jamais lieu après les fulgurations de la face ou de l’abdomen. Quelques résultats expérimentaux ont même démontré ce fait chez l’animal. Ainsi Troostwyk et Kraycnholt ont fait passer sur des lapins des décharges extrêmement puissantes, sans que l’animal ait jamais été tué lorsque l’étincelle n’atteignait par le crâne.
6° 11 semble, au premier abord, que le pronostic doive varier beaucoup, suivant la gravité des lésions externes. Ces lésions peuvent, comme vous le savez, être graves, très graves ou légères ; or, voici les chiffres que la statistique indique :
Dans les cas de lésions légères, la mort a été de 32 0/0 ;
Dans les cas de lésions graves, de 25 0/0 ;
Dans les cas de lésions très graves, de 35 0/0.
La différence, comme vous le soyez, est à peu près insignifiante. Pratiquement vous pourrez en déduire le conseil suivant : Gardez-vous déconsidérer comme complètement perdu le blessé chez lequel la mort n’étant pas immédiate vous constaterez une lésion externe même très grave. D’un autre côté, ne vous hâtez pas trop de croire à une terminaison heureuse, lorsque le sujet présentant, du reste, d’autres phénomènes généraux, n’offre cependant à l’extérieur que des traces d’accidents locaux de peu de gravité.
7° La mortalité est moindre lorsque la foudre tombe sur un grand nombre de personnes réunies.
8° 11 est généralement plus dangereux d’être foudroyé en rase campagne, sur une route, que sous un arbre, et surtout dans l’intérieur d’un appartement ; ainsi sur des individus en rase campagne la mortalité est des trois quarts; elle est de la moitié lorsque l’individu est placé sous un arbre ; d’un cinquième, lorsqu’il se trouve dans une chambre. Derièreune porte ou au lit, la mortalité est à peu près équivalente à celle que nous avons indiquée pour la position sous un arbre. Ces différences peuvent très bien s’expliquer à l’aide des observations suivantes. La
foudre, avons-nous dit, est d’autant plus dangereuse pour l’homme qu’elle est moins divisée, qu’elle frappe plus spécialement le haut du tronc, et surtout la tête. Or, la foudre qui tombe sur un individu debout dans un champ ou sur une route arrive tout entière sur lui et tend naturellement à le frapper surtout à la tête. Lorsque la foudre, au contraire, atteint un sujet placé sous un arbre, elle frappe tout d’abord l’arbre, se divise et peut quelquefois ne quitter le conducteur qu’au niveau des membres inférieurs; or, dans ces cas, avons-nous dit, le danger est toujours moindre. Au lit, la tête est découverte et peut-être alors atteinte plus directement. Sous une porte, le fluide électrique qui suit le mur tombe souvent perpendiculairement avant d’avoir atteint le sol.
Gomme le danger de mortalité est moindre lorsque l’on est placé sous un arbre, il semble logique, au premier abord, d’en déduire le précepte de se placer dans ces conditions au moment d’un orage. Cette déduction n’est pas admissible : sous un arbre, en effet, si la chance de mortalité est moindre, la chance de fulguration est par contre beaucoup plus considérable.
9° Signalons, en dernier lieu, une particularité de pronostic assez bizarre. Le danger de mortalité est beaucoup plus grand pour l’animal que pour l’homme ; l’homme posséderait-il une plus grande résistance à l’action destructive de la foudre ? c’est peu probable. Cette immunité relative tient probablement aux vêtements qui protègent notre corps, et à ce que l’animal est plus exposé à recevoir la décharge au niveau de la colonne vertébrale. Quoi qu’il en soit le fait est positif, Pline l’avait déjà indiqué. L’aigle seul, dit-on, résisterait davantage aux chances de fulguration.
Comme appendice au pronostic des accidents dus à la foudre, il nous paraît convenable de vous entretenir en peu de mots de cas spéciaux où la fulguration a pu, au contraire, améliorer la santé des foudroyés et produire parfois des résultats thérapeu-